




Troisième partie: Une semaine à Séville.
Mais qu'auras-tu donc fait pendant une semaine à Séville ? Me demanderez-vous.
Je me suis reposé, j'ai joué au touriste, et j'ai goûté de cet arte de vivre sévillant qui tient au climat et aux richesses agricoles de la région. Je me suis surtout préparé à mon départ, le 14 juillet, sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle. J'ai suivi les conseils de mon ami Michel Lachaud et suis allé à Decathlon pour investir dans de VRAIES chaussures de marche et j'ai récupéré le paquet que ma soeur m'a envoyé avec tous les guides et cartes du parcours.
J'ai beaucoup aimé Séville et je vous explique pourquoi.
Une région agricole riche, base de la gastronomie andalouse




Dès que vous pénétrez dans la province, les reliefs s'aplanissent et vous marchez au coeur d'immenses cultures et haciendas. Dans le delta du Guadalquivir, la région ressemble un peu à la Camargue, avec ses taureaux, ses rizières, ses canaux et marais.
La cuisine est variée et les restaurants et bars proposent une impressionante variété de tapas (ces petites recettes maisons composées de salades, charcuterie, fruits de mer, servies en portions). Le soir, avant le dîner, le tapeo est une institution. Les bars étalent leurs tables sur les trottoirs et les rues sont envahies par les gens qui discutent, une cerveza bien fraîche à la main. Tout en causant, ils grignottent leurs tapas.
Les plats incontournables, car faits à partir de produits locaux sont: la paëlla, le gazpacho (je vous livre la recette en fin d'article), le Rabo de Toro (il s'agit de la queue du taureau en sauce).
Le taureau est partout, et chaque petit village dispose de ses arènes. Ici, la corrida, peut être plus qu'ailleurs, est une institution. J'aurais pu, mais n'ait pu me résoudre à assister à l'une d'entres-elles, ni visiter la Plaza de Toros, et le musée de la tauromachie. Ma logeuse a eu beau m'expliquer que cela fait vivre de nombreuses haciendas qui peuvent vendre leurs meilleurs taureaux jusqu'à € 40,000.00 (l'un !), que rien n'était gaspillé puisque dans le taureau tout se mangeait, je n'ai pas voulu contribuer à cette activité qui reste, quoi qu'on dise, la célebration d'une mise à mort, et un spectacle sanguinaire.
Une ville verte, à taille humaine





J'ai aimé ses jardins, nombreux. Bien sûr, ceux de l'Alcazar, qui sont une vrai merveille, mais aussi tous les parcs publics comme le parque Maria Luisa. Il y a des bandes cyclables de partout. Le réseau de transport en commun est très bien agencé (bus, tramway) et de nombreuses rues piétonnes permettent au marcheur de pouvoir se déplacer en ville sans trop être ennuyé par les voitures. Un systèmes de bornes de vélos que vous pouvez louer à l'heure a été mis en place.
Chaque quartier a su garder son âme. J'ai beaucoup aimé le quartier populaire des céramistes de Triana. Avec ses ruelles étroites, ses ateliers qui travaillent encore de manière traditionnelle (céramique peintes à la main), ses petits troquets le long du Guadalquivir, son marché central, c'est un village dans la ville.
J'ai résidé dans le quartier historique, très touristique mais typique de Santa Cruz. Les belles maisons avec leurs patios fleuries, les ruelles étroites, tout cela ne va pas sans rappeler les médinas du Maroc, en beaucoup moins agité.
Une architecture mozarabe remarquable





C'est comme si je n'avais pas vraiment quitté le Maroc. Le leg oriental, suite à 3 siècles d'occupation musulmane, et la proximité, durant 500 ans, du califat de Grenade, ont considérablement influencé l'urbanisme, l'architecture civile, militaire et privée de la cîté. Je vous laisse admirer une série de photos de l'architecture mozarabe. Ceux qui connaissent le Maroc retrouveront tous les matériaux, styles, des meilleurs écoles d'architecture arabo-andalouses.
L'ancien palais de Pierre le Cruel, actuelle résidence à Séville des souverains espagnols, est un véritable joyau, et ses jardins, inspirés de ceux de Grenade et Marrakech, prodiguent au promeneur sensation de fraîcheur, de paix et d'harmonie.
Qu'est-ce qui bouge, le c... des andalouses... C'est ...




On connait la chanson. Mais c'est un fait, les sévillanes, quelque soit leur âge, dégagent une grâce, une élégance, dans leurs déplacements, leur manière d'agiter leurs éventails, leurs habillements, qui ne laisseraient pas insensible un moine trappiste sexagénaire. Je ne les ai pas rencontrées, ces femmes vêtues de noirs, les cheveux couverts par les mantilles. Ici, ce n'est que profusion de couleurs. Les jeunes femmes n'hésitent pas et osent tenues très découvertes, proches du corps. La mode est au percing, pour les filles comme pour les garçons.
Le soir, tout s'anime. Séville est une ville branchée et qui bouge.
Flamenco





Par curiosité, j'ai visité le musée du Flamenco créé par Cristina Hoyos (voir le film "Boda de Sangre" de Carlos Saura...). Fantastique ! Ils sont rares les musées qui savent, de manière vivante et intéressante, faire sentir l'essentiel du sujet qu'ils traitent. J'ai beaucoup appris sur le Flamenco. On y découvre des vieux films du début du siècle dernier montrant comment il se chantait et dansait dans les fêtes de villages, puis on voit la professionalisation progressive de ce folklore qui s'institutionnalise et donne naissance aux grands courants et aux écoles que nous connaissons aujourd'hui.
J'ai eu la chance d'assister à un spectacle exceptionnel de Flamenco puro (sans fioriture, ni costume, ni éclairage), à la casa de la memoria, ancienne demeure sépharade du XVème siècle, qui n'a pas été sans me rappeler la Chérifa de Marrakech. Une jeune danseuse, Esther Velèz (retenez bien ce nom car je pense que vous en entendrez parler), s'est donnée corps et âme et a fait vibré très fort la salle pleine à craquer. Malgré la chaleur, quelle force, quel caractère et en même temps quelle grâce se dégageait de chacun de ses mouvements. J'ai été très impressionné par la passion qui se dégage de cette danse et il me semble qu'elle ne peut prendre sa vraie dimension que dans un espace assez réduit, dans lequel le spectateur reste très proche des artistes, et peut participer...
Céramiques




Dans le quartier de Triana, j'ai beaucoup pensé à ma céramiste de soeur qui aurait été dingue devant autant de créations.
Pour terminer cet article, comme promis, je vous livre la...
Recette du Gazpacho Andalou de ma logeuse 
Ingrédients pour 4 personnes : 1 concombre, 5 à 6 tomates, 2 oignons blancs, 1 poivron, 2 gousses d'ail (frais si possible) 2 tranches de pain de campagne sans la croûte, huile d'olive, vinaigre de Xeres, sel, poivre, Tabasco, eau ou glaçons.
Coupez les bouts du concombre, ouvrez-le en deux dans la longueur et enlevez les pépins avec une cuiller. Coupez-en 1/4 en petits dés (1cm), coupez le reste grossièrement. Pelez les tomates :(ou non si vous êtes pressé) faites une croix au couteau sur l'arrière de la tomate de façon à entamer juste la peau. Plongez-les ensuite dans l'eau bouillante 30s à 1 mn. La peau s'enlèvera toute seule. Coupez ensuite les tomates en quartiers, épépinez-les, coupez en 1/4 en petits cubes, réservez le reste. Hachez les deux oignons, réservez 1/2 oignon. Coupez le poivron en deux, otez les graines, le pédoncule et les côtes intérieures. Coupez-en 1/4 en dés, le reste en lanières. Hachez l'ail. Faites une vinaigrette et imbibez-en la mie de pain. Mettez ensuite tous les ingrédients (sauf les cubes réservés) dans le mixer avec des glaçons (pour consommer tout de suite) ou de l'eau. Ajoutez du liquide jusqu'à obtenir la consistance d'une soupe. Rectifiez l'assaisonnement, ajoutez un trait de tabasco.
Réfrigérez ou servez aussitôt si vous avez mis des glaçons, avec des raviers contenant les cubes réservés, huile d'olive, tabasco, sel, poivre, vinaigre à volonté.
FIN DU SENTIER ALMOHADE.
BIENTÔT, SUITE DES AVENTURES DU PELERIN SUR ...
... LES CHEMINS DE SAINT JACQUES. 
A compter du 14 juillet, le marcheur devient "officiellement" pélerin et entame le camino mozarabe appelé aussi Via de la Plata. Sur 1000 km à travers l'Andalousie, l'Extremadoure, la Castille et le Galice, il va suivre l'ancien chemin emprunté par les pélerins chrétiens qui vivaient en terre musulmane et se rendaient à Saint Jacques de Compostelle. Aussi, c'est un chemin tout autant historique, culturel que spirituel. Il se fait tout autant au dedans qu'au dehors.
Les principales étapes seront Mérida, capitale de l'Extremadoure et ancienne cîté romaine, Salamanque, et Saint Jacques de Compostelle, toutes inscrites au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO.
