iBLOG précédent iBLOG suivant



Publié le 25/05/2007 à 21:42
Par Alain

Partir courir le monde, c’est un rêve vieux de 30 ans…
 



 
Le voyage imaginaire 

« C'est la contemplation silencieuse des atlas, à plat-ventre sur le tapis, entre dix et treize ans, qui donne ainsi l'envie de tout planter là. Songez à des régions comme le Banat, la Caspienne, le Cachemire, aux musiques qui y résonnent, aux regards qu'on y croise, aux idées qui vous y attendent... Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. La vérité, c'est qu'on ne sait comment nommer ce qui vous pousse. Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu'au jour où, pas trop sûr de soi, on s'en va pour de bon. Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait ». Nicolas Bouvier.
 

Je me retrouve complètement dans ce passage de « l’Usage du Monde ». La puissance qu’ont pu exercer les cartes sur mon imagination d’enfant est encore aujourd’hui la source de mon incapacité à me fixer où que ce soit. Il me suffit de plonger mon regard sur l’une d’entre-elles pour que me démange l’envie de prendre le large…
A 10 ans, c’est quand on réalise que sa chambre est située sous le 45° degré de latitude que l’esprit  vous transporte sous d’autres hémisphères. Alors, la magie des couleurs et l’exotisme des mots invitent à pénétrer des univers fantastiques où Chimborazo, Kamchatka ou Cap de Bonne Espérance résonnent comme des terres d’aventures où tout peut arriver.  




 
Courir le Monde 

A 14 ans, pour la première fois, je partais seul dans un autre pays que le mien. On s’y exprimait dans une langue qui ne m’était pas familière mais qui allait, avec le temps et les visites répétées, le devenir. Je fût chaleureusement accueilli et choyé par des hôtes formidables qui ont su me prodiguer beaucoup d’amour et de temps, et m’ont fait découvrir leur belle région des Midlands. Je tombais passionnément amoureux de l’Angleterre.
Je lui suis resté fidèle jusqu’à mes 23 ans. Les Etats-Unis ont alors pris toute la place. Deux années d’études à Philadelphie furent un joyeux prétexte à la découverte du nouveau continent et de « l’American way of life ».
De retour à Lyon, j’ai multiplié les emplois qui me permettaient de courir le monde. J’ai vu une vingtaine de pays différents. Toutefois, bien que perpétuellement en mouvement, je n’étais pas complètement disponible au voyage car plus soucieux d’arriver que de vivre. 

« Je sais, d’expérience, que courir le monde ne sert qu’à tuer le temps. On revient aussi insatisfait qu’on est parti. Il faut faire quelque chose de plus ».
Ella Maillart. 




 
Le voyage vers soi-même 

« Quand on ne veut qu’arriver, on peut courir en chaise de poste, mais quand on veut voyager, il faut aller à pied. » Jean-Jacques Rousseau. 

A 30 ans, je saute le pas. Je démissionne, vends mes meubles, et pars léger de par le monde. Je n’ai jamais été sportif et plutôt rétif à l’effort. Sans que je puisse, encore aujourd’hui, expliquer pourquoi, je quitte ma terre natale à pieds sur les chemins de Compostelle.
Cette expérience à la fois physique et spirituelle m’a fait découvrir d’autres dimensions de mon être et a enrichi mon rapport au monde. Elle m’a ramené à l’essentiel. Ce voyage initiatique fût bien plus passionnant que les autres… 

J’ai repris ma voiture à Saint Jacques de Compostelle. C’était le retour vers le monde illusoire dans lequel nous vivons tous. J’ai traversé l’Espagne et une partie de l’Afrique. A Ouagadougou, à court d’argent, je rentre au bercail pour travailler.
Tant qu’à faire, autant travailler au soleil et je choisis le Maroc que j’avais tant aimé, pour m’installer quelques temps. Ce seront 9 années où j’exercerai successivement les activités de professeur de Marketing, d’accompagnateur de voyages éthiques et de randonnées, de rédacteur de guides touristiques, et d’hôtelier.
La vente, dans de bonnes conditions, de ma maison d’hôtes à Marrakech, me donne le temps et les finances pour aller au bout de mon rêve : partir, à pied, à la découverte du monde, et de moi-même.  

« Je voyage non pour aller quelque part, mais pour marcher. Je voyage pour le plaisir de voyager. L’important est de bouger, d’éprouver de plus près les nécessités et les embarras de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation, de sentir sous ses pieds le granit terrestre et les silex avec leurs coupants. »
Robert Louis Stevenson.
Mes liens
Aucun lien à afficher