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Publié le 18/06/2007 à 21:28
Par Alain
Humeur : Souriante


En 1071, Youssef Ben Tachfine, petit-fils du premier souverain conquérant almoravide, venu de Mauritanie, fonde la cité de Marrakech, et les bases d'un empire qui allait s'étendre sur tout le Maghreb et la péninsule ibérique, descendre jusqu'au Sénégal et atteindre les frontières du Soudan actuel.

Un siècle plus tard, le grand sultan almohade Yacoub el Mansour assoit les bases de cet empire en fortifiant toutes les cités (nous lui devons les murailles et portes monumentales de Marrakech, Fès, Rabat, Tanger, Séville et Grenade). Il fait ériger de monumentales mosquées à l'architecture sobre et élégante. Trois minarets, qui devaient être vus à plus de 40 km furent édifiés dans les trois capitales de l'empire: Marrakech, Rabat et Séville. Koutoubia, Tour Hassan et Giralda sont les trois legs les plus représentatifs de cette époque almohade et je compte les relier à pieds sur 854 km. Je traverserai cet ancien Royaume qui su faire vivre en harmonie juifs, chrétiens et musulmans, et qui parvint, pendant 800 ans, à faire s'embrasser Europe et Afrique au sein d'une même culture: Al Andalous.


 


Première Partie : 400 km à pieds du haut Atlas à Rabat


Je profite de 2 jours de Repos à Rabat pour donner des nouvelles et répondre aux questions que certains d’entres-vous m’ont envoyé par mail. A ce propos, je tiens à remercier tous ceux qui m’encouragent par de petits messages sympas, cela fait chaud au cœur et donne envie de poursuivre. Ultreia !

J’ai trouvé préférable de donner des nouvelles par rubriques. Ainsi, chacun pourra trouver plus facilement ce qui l’intéresse.


 

La forme du marcheur



Superbe soleil depuis mon départ d’Ansa, sans discontinuer. La température est montée certains jours jusqu’à 45° à l’ombre (alors quand il n’y a pas d’ombre, je vous laisse imaginer…). Je suis donc tout bronzé : bras et visage j’entends car les régions traversées ne m’autorisent guère à faire du naturisme ou montrer toute autre partie de mon corps faute d’être lapidé par les autochtones.

Passé 40 ans, je m’inquiétais quelque peu du fait d’avoir pris du ventre ! Bon, après 18 jours de marche, le problème est réglé. Conseil aux complexés des poignées d’amour : marchez, marchez, marchez encore !

Le problème, ça a tout de même été les pieds. Bon, il faut dire que j’ai fait fort : dès le premier jour, j’ai trouvé le moyen de marcher plusieurs kilomètres dans l’eau, rien de tel pour faciliter la formation des ampoules. Pour m’assurer de bien réussir dans ce domaine, j’ai pris des chaussures de marche de qualité moyenne, et des sandales en cuir. Résultat, à J + 3, j’avais déjà 5 belles ampoules qui n’arrivaient pas à cicatriser.

 

Remède n° 1 : L’argile verte

J’en avais emporté un peu. Sur ce coup là, je remercie ma sœur Anik. Elle n’a pas été scout mais connaît tous les tuyaux quant aux manières de guérir toutes sortes de maux, pas chiiir, et éfficace. Ca m’a bien aidé… mais pas guérit. Il faut dire qu’à coup de 30 km par jour, les pauvres petons se demandaient ce qui leur arrivait. Aussi :

 

Remède n° 2 : Un sain repos plein d’amour

Cela m’a été donné tout au long du chemin mais particulièrement chez Rahal qui a vu débarquer chez lui ce pèlerin vers les 21 h 00 dans un état pitoyable, après 14 km à travers un désert sans une goutte d’eau ! J’ai beaucoup de sollicitude pour cet homme qui a dû supporter que je me déchausse devant lui. L’état et l’odeur de mes pieds auraient fait fuir un régiment de putois. Lui est resté stoïque et m’a laissé avec une bassine d’eau chaude… Je suis resté deux jours chez ces gens adorables qui m’ont accueilli chez eux comme un des leurs.

J’ai repris le chemin mais une journée de marche « hors sentiers » à travers le bled rocailleux a fini par faire rendre l’âme à mes pauvres pieds qui ont transformé les ampoules en énormes cors supurants… Mes excuses à ceux qui s’apprêtent à passer à table ! Là, j’arrive à Benahmed et la cuisinière, Fatima, sort le bon vieux remède local de grand-mère…

 

Remède n° 3 : Le Henné

Bon, dormir les pieds en l’air le temps que cela sèche (et prévoir d’aller aux toilettes avant !) n’est pas évident, mais je dois reconnaître que le traitement est efficace. Aussi, plusieurs soirs, où que je sois, j’ai eu droit à mon petit soin plantaire et j’ai fini par arriver à Rabat, les pieds noirs-oranges…

J’ai appris plus tard que ce remède ne s’applique qu’aux femmes… Cela m’a valu quelques colibets. C’est bien bête pour les marocains qui passent à côté d’un remède efficace, peu coûteux et souverain.

Pour le reste, tout va bien… Merci.

 



Qu’est-ce qu’il mange…



Il y a l’ordinaire du marcheur solitaire : pain (il faut souvent le demander et il est toujours offert, car les habitants des campagnes le font eux-mêmes, à la maison, et il n’est jamais vendu en épicerie), lait (dans les régions où il y a des vaches, là aussi, il faut le demander, et il est toujours offert), yaourts (quand les épiciers disposent de frigidaires, et pour cela, il faut l’électricité…), vache qui rit (le fromage industriel bien sûr, je ne me suis encore pas boulotté un ruminant hilare), sardines ou maquereaux en boîte, et parfois, mais rarement : fruits, melon.

Et puis il y a les invitations fréquentes à prendre le thé (souvent accompagné de pain et de beurre maison, parfois de miel), à partager le tajine, le couscous familial, accompagnés de salades et de pastèques.

Les produits sont toujours locaux, sains, ont du goût.

En ville, je retrouve les plaisirs plus variés des pâtes, des grosses salades et des glaces !

 



L’itinéraire



Avant de partir, je me suis fabriqué un petit calepin avec toutes les cartes au 50000ème des régions traversées. Je rends grâce au centre national de la cartographie de Rabat qui m’a très bien fourni. Les cartes sont fiables et à part quelques villages dont les noms administratifs ne sont pas toujours ceux utilisés localement (ce qui complique parfois la vie), je dois loûer le travail de ces éminents cartographes marocains.

J’ai, à très peu de choses près, suivi l’itinéraire que je m’étais fixé initialement. Le principe : éviter les routes, traverser le Maroc profond. Ce qui veut dire, loin de l’eau potable, de l’électricité. Je trouvais mes points d’eau en suivant les cortèges d’ânes et charettes chargés de bidons en tout genre.

J’avais surestimé les étapes sur le papier. J’avais planifié Ansa-Rabat en 13 jours, j’aurais mis 16 jours, plus deux jours de Repos chez Rahal à Tnine Mahara, un jour à l’orphelinat de Benahmed et un jour à Témara.

J’aurais fait 400 km sur 16 jours de marche, soit un moyenne de 25 km par jour.

 

Détails des étapes (pour ceux qui voudraient refaire le trajet pour voir…) :

28 mai: Ansa – Timazzit - 37 km

29 mai: Timazzit – Ras el Ain - 27 km

30 mai: Ras el Ain – Dbibzet - 20 km

31 mai: Dbibzet – Tnine Mahara - 20 km

01 et 02 juin: Repos salvateur chez Rahal

03 juin: Tnine Mahara – Cheik el Garni - 21 km

04 juin: Cheik el Garni – Mayat - 17 km (à travers rocailles par 45 °)

05 juin: Mayat – Dar Chaffai - 34 km

06 juin: Dar Chafai – Dr Lakchachna - 34 km

07 juin: Dr Lakchachna – Sidi Hajjaj - 24 km

08 juin: Sidi Hajjaj – Benahmed - 18 km (dont 5 km en calèches)

09 juin: Repos à l’orphelinat de Benahmed

10 juin: Benahmed – Sidi Sbaï - 30 km

11 juin: Sidi Sbaï – Dr Bouchouatena - 15 km

12 juin: Dr Bouchouatena – Dr Od Khlifa - 27 km

13 juin: Dr Od Khlifa – Ghbat Benslimane - 27 km

14 juin: Ghbat Ben Slimane – Témara plage - 36 km

15 juin: Repos à Témara

16 juin: Témara – Rabat - 18 km

17 et 18 juin: Repos à Rabat

Total: 400 km

 


 


Budget


Du 28 mai au 14 juin inclus, j’aurais dépensé 310 DH soit 28 Euros sur 18 jours, soit 1,5 Euro par jour !… Alors qu’en 4 jours de repos en ville, entre les hôtels (**), restos, cyber-cafés, j’aurais dépensé 2000 DH, soit 190 Euros !

Ces chiffres sont bien révélateurs de la réalité de nos vies urbaines où la société de consommation a pris le pas sur l’essentiel. On crée des besoins et ont fabrique leurs prix.

Ces 18 jours à travers le bled me laissent songeur sur l’utilité de tout ce qui fait notre univers de citadin…

J’aurais vécu le contraste entre une société marchande où chaque individu vit pour satisfaire ses besoins individuels et celui d’une société traditionnelle où chacun travaille pour apporter le nécessaire à la survie de la communauté.

 


 

Les rencontres


Celles-ci se sont faites au Bled. En ville, il est bien évident que je n’ai fait aucune rencontre, ou du moins, ce que je pourrais qualifié comme telle !
Ces rencontres ont toujours été d’une extraordinaire richesse car emprunte d’une sincérité et d’une vérité profondes.
Sur 16 nuits à travers le Bled, je n’ai eu à déplier ma tente que 5 fois. J’ai dormi dans 5 familles (dont une qui m’a accueilli 3 nuits), dans une maison forestière, 2 nuits à l’orphelinat de Benahmed, une dans une mosquée. L’hospitalité, la modestie, la gaîté, la grandeur d’âme de tous les gens qui m’ont spontanément ouvert leur maison a quelque chose à la fois d’irréel et de biblique. Ces communautés, dans leur grande majorité, n’avaient que leur lieu de vie (souvent le même espace commun) et leur repas à partager, et ils ouvraient grand leurs bras. J’ai souvent senti de la fierté à recevoir un étranger au sein de leur demeure. Il m’est difficile d’exprimer ma reconnaissance à ces pauvres parmi les pauvres qui m’ont montré ce qu’est la richesse du cœur. Cette richesse, elle est immense, elle est dense, elle est simple. Les conversations commencent toujours par des questions sur ma famille, mes origines ; ensuite ils me demandent ce que je pense de leur pays. Ils s’étonnent de ma démarche, mais m’encouragent et comprennent son sens.
Les problèmes récurrents qu’ils mettent en avant sont celui de l’eau et des pluies insuffisantes. J’ai pu constater ce problème de visu dans les campagnes : oueds à sec, champs à l’abandon, maigres récoltes (je marchais à l’époque des moissons).
Beaucoup me questionnent sur les possibilités de travail en France… Que leur répondre ?
La curiosité, la simplicité mais la précision des questions posées montrent l’intelligence de ces gens simples qui vivent de leur terre.
J’ai vu plus de noblesse, de sagesse et de beauté en 18 jours qu’en bien des années de vie.


Le sommet du bonheur, dans le partage de cette vie rurale simple, a eu lieu lors d’une soirée passée chez Larbi et sa famille, sur le haut plateau aride du Ghbat Benslimane.

Je suis fatigué ce jour là, mes pieds me font mal. Je passe devant une cahute faite de tôles et de bouts de plastique rafistolés. Là, accroupis, à l’ombre de la masure, devisent trois hommes. Un morveu écoute en silence. L’un des hommes m’interpelle. Après les salutations habituelles, il m’invite à prendre le thé dans sa petite maison de terre qui surplombe la colline. Il n’est que 10 h 30 et je n’ai marché que 15 kilomètres, mais je sens bien que je ne pourrais aller plus loin… J’ai trop tiré sur la corde la veille… J’accepte avec plaisir. Les paysans voient bien que je boitille et pensant que je ne comprends pas l’arabe, échangent quelques moqueries sur cet étrange nasrani (infidèle) descendu du ciel. Un hélicoptère nous a survolé une demi-heure avant notre rencontre. Je comprendrais plus tard qu’ils ont cru que j’en suis descendu… En effet, comment un étranger aurait-il pu venir autrement dans un lieu si retiré de tout?

Une fois installé, déchaussé, ils observent l’état de mes pieds et comprennent que je ne suis pas arrivé par la voie des airs. Je leur explique le sens de ma démarche. La glace est rompue. Les cœurs s’ouvrent. La mère m’offre un bain pour mes pieds, un cataplasme au henné. Nous buvons le thé, de manière traditionnelle.


Il n’y a rien de plus beau, de plus convivial et solennel à la fois que cette cérémonie du thé à la menthe. La théière que l’on rince, une fois. Le thé que l’on pèse, au creux de la main et qu’on dépose au fond. C’est dessus qu’on verse un peu de cet eau bouillante, chauffée sur la braise, qui va garder l’âme du thé. On verse cette eau dans un verre. Le liquide est d’un beau jaune foncé. On rince alors le thé. Encore de l’eau mais cette fois, on la fait tourner dans la théière afin que les feuilles se lavent de leurs impuretés. En effet, quand le liquide est versé dans un autre verre, c’est de l’eau presque noire qui s’écoule. On peut alors remettre le thé du premier verre dans la théière, on y ajoute la menthe, le sucre, beaucoup de sucre, en gros morceaux grossièrement concassés, et puis l’eau. Pendant que l’on discute, le breuvage chauffe doucement sur la braise. Viens le moment de servir. Alors, dans le silence, on sert le premier verre, en levant le bras bien haut. L’odeur de menthe envahit la pièce. Cette odeur libère les esprits et réunit les coeurs. Les gens se regardent, apprécient. On remet le liquide dans la théière et on répète le geste plusieurs fois. Le maître de cérémonie goûte, ajoute du sucre, à son goût. Il sert dans chaque verre le beau liquide qu’il s’applique à bien faire mousser. Chacun peu savourer ce breuvage millénaire, venu d’Orient, devenu boisson nationale. « Bissmilah... » Louange à Dieu.
Que de fois j’ai pu participer à une telle cérémonie en 10 années de vie au Maroc. Rarement cérémonie n’aura été aussi simple, aussi belle, aussi sincère que ce matin là. Peut-être la marche, la douleur des derniers pas sur le chemin m’y avaient-ils préparé ?


Les hommes ont sorti la grande planche en bois, le couteau de boucher, le vieux tabac, et le kif… Ils ont préparé ce qui allait, pour le reste de la journée, nourrir les minuscules foyers en terre de leurs pipes. Ils m’expliquent, comme pour se justifier, que c’est leur manière de mieux prendre ce que la vie leur donne. Et elle ne leur donne pas grand chose. Ils se retrouvent donc, là, les quelques paysans du Bled, à tirer sur leurs petites pipes en roseaux. Ils parlent de leurs soucis, ne comprennent pas cette nouvelle loi, la Motawana, qui les oblige à verser une pension alimentaire à une femme qui les a abandonné à leur terre, et a préféré aller vivre en ville avec les enfants. Ils restent attachés à leurs lopins ingrats. Cette année, celui de Larbi n’a même pas produit de quoi nourrir les 4 moutons, les 6 chèvres et la vache. Seule la mère reste là. C’est la seule femme de la maison.

En une soirée, nous avons parlé de l’essentiel. Mon arabe limité, l’inexistence de leur français, n’ont eu aucune prise sur l’essentiel de ce sur quoi nous voulions échanger : le sens de la vie, Dieu, la famille et la valeur de la terre.

Je me souviendrai toujours de ce soir là, où, dans les fumées du kif, la religion qui était célébrée, était celle du cœur.


Quelques jours plus tard, j’arrive à Rabat. Dure transition : en bon pèlerin de Saint Jacques, je me rends à la maison Diocésaine des sœurs de Notre Dame de la Paix. A ma demande d’hospitalité pour 2 nuits, on me reconduit poliment et me donne le numéro de téléphone du père évêque qui doit statuer sur ce cas très particulier. J’appèle André Joguet que j’avais connu lorsque il était prêtre à Casablanca. Il m’explique de manière acerbe qu’il me faut trouver un logement ailleurs. Ce que je fis.


 

Quelques réflexions du marcheur

 

16 jours de marche au cœur du cœur du Bled, 4 jours passés en ville, et on reste devant une incompréhension. Deux pays se côtoient et ne se parlent pas. Ils ne se comprennent pas.

La richesse affichée de ces banlieues de Rabat, aux pavillons cossus - dans ces belles demeures, je sais que des petites bonnes, venues du Bled, arrachées à leurs famille à 7 ou 8 ans, vivent entassées dans les sous-sols, contre 300 dirhams (30 Euros) versés aux familles qui sont heureux de ne plus avoir cette bouche à nourrir; là, elles apprennent à laver tous les jours la maison à grande eau, cette eau qu’elles mettaient des heures, à dos d’ânes, à aller chercher au puits - quel contraste avec la pauvreté de ces campagnes où l’eau est rare, où l’on se bat pour garder le troupeau.


 

 

Paysages, nature



Ils ont été variés. Je n’ai globalement eu que peu de relief à part au début (descente depuis 2000 m d’altitude du Haut Atlas Central) et le passage des montagnes, jonchées de forêts, de Ben Slimane.

La première frontière naturelle aura été celle de l’Oum Errabia, cette grande rivière qui sépare le Maroc septentrional - essentiellement arabe - et le Maroc central, où l’on trouve de nombreuses communautés berbères. Ce sont deux modes de vies. Les douars (villages) du sud sont groupés autour de leur mosquée ou à défaut, salle de prière. Les cultures sont à l’extérieur. Plus au Nord, la propriété privé prend plus son sens. Les maisons sont plus espacées, les cultures sont entourées de clôtures naturelles, les chiens sont plus agressifs.

 

A part à proximité des centres urbains, j’ai vu très peu de pollution. Les gens sont naturellement soucieux de la bonne tenu de leur environnement.


 

 

Langage ...


Au Bled, très peu de gens parlent le français. J'ai bien été obligé de pratiquer mon Darija (arabe dialectal marocain). Je suis assez content de moi. Je parviens à me faire comprendre et à tenir une conversation simple. Je suis bien conscient de parler "petit nègre" mais il faut bien commencer. Quoi qu'il en soit, en 10 ans de vie au Maroc, je n'aurais jamais autant parlé le marocain.


 

Comment s’organisent mes journées



En général, comme ceci :

05 :00 Lever, rangement, petit déjeuner

05 :30 Marche

10 :30 Pause (déjeuner, sièste)

16 :00 Marche

19 :30 Etape, repas.

20 :30 Dodo.


 

Et pendant la pause, du déjeuner, de 10 :30 à 16 :00, tu fais quoi ?



Je médite, je contemple, je tiens à jour mon journal, je dors, cela si je suis seul. Si je suis invité, c’est un moment de partage et d’échanges.


 

 

Conclusion

Après 18 jours de marche, je commence tout juste à trouver mes marques. Mon corps, mes pieds surtout, vont devoir continuer à s’habituer à cette nouvelle vie. C’est essentiel pour que je puisse commencer à lâcher prise des pollutions de l’esprit et que je commence à laisser la place à l’Etre. Comme je suis de nature lente, ce sera sans doute un long processus.

 

 


Remerciements

A ceux qui m’ont accueilli : Rahal GOUMRI, Bouadi ERRACHEDY, Si Mohamed BAKIR, Taibi BENATA, Si Mohamed BEN BOUCHAIB, Salah MERD EL AITA, Larbi KHAIDOUSS et leurs familles, l’orphelinat de Benhamed, les villageois de Ouled Khifa qui m’ont ouvert leur mosquée.
A ceux qui m’ont donné un peur d’eau, de lait, de pain : Hamid BOUZID, Aziz ILMOUTAHABI, l’épicier de Cheikh el Garni, Salah AMANE et Lalla Aïcha, l’épicier de Sidi Sbaï, Ahmed KHADO.
Un merci spécial à ma sœur et aux miracles de l’argile verte.
A tous ceux qui m’envoient des messages d’encouragement.
A mon père et à ma mère à qui je pense chaque jour.


 

 

Pensée spéciale


A toi Gentiane, qui lutte entre la vie et la mort, dans le comas, dans cette clinique de Rabat où je suis passé te voir avant hier. Quand je pense aux formidables moments que nous avons vécu encore en octobre dernier dans ton paradis de la Maison des Oiseaux de Moulay Bousselham où je m’arrêterais sans doute dans 4 jours, je ne comprends pas pourquoi tu es allongée, sans signe de vie autre que les bips des machines qui permettent à l’air d’entrer dans tes poumons et à tes organes de fonctionner…

Je marche avec toi… dans l’espoir que tu nous reviendras belle et tendre, comme avant. Peut-être pourras-tu nous parler de ton voyage. Moi, je te parlerai du mien. C’est promis !

 

FIN DE LA PREMIERE PARTIE DU SENTIER ALMOHADE (SUITE PAGE 10)

 

 

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