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Le blog de algeriartist
Publié le 03/01/2007 à 00:50
Par algerian_artist
Biographie
M'hamed Issiakhem naît le 17 juin 1928 au Douar Djennad (Azeffoun) en Grande Kabylie. A partir de 1931 il passe son enfance à Relizane.

En 1943 il manipule une grenade, volée dans un camp militaire, qui explose. Deux de ses sœurs et un neveu meurent. Hospitalisé pendant deux ans, il est amputé du bras gauche.

De 1947 à 1951 il est à Alger élève de la Société des Beaux-arts puis de l’Ecole des Beaux-arts et suit les cours du miniaturiste Omar Racim. En 1951 il rencontre Kateb Yacine.

De 1953 à 1958 il fréquente Ecole des Beaux-arts de Paris où il retrouve Kateb Yacine - les deux artistes demeureront inséparables.
C’est à Paris qu’il réalise sa première exposition.

En 1958 Issiakhem quitte la France pour séjourner en RFA puis résider en RDA.

En 1962, boursier de la Casa Vélasquez de Madrid, Issiakhem rentre en Algérie. Il est alors dessinateur au quotidien Alger Républicain. En 1963 il est membre fondateur de l’Union Nationale des Arts Plastiques, de 1964 à 1966 chef d’atelier de peinture à l’Ecole des Beaux-arts d’Alger puis directeur pédagogique de l’Ecole des Beaux-arts d’Oran. Il illustre alors plusieurs œuvres de Kateb Yacine.

De 1965 à 1982 il crée les maquettes des billets de banque et de nombreux timbre-poste algériens.

En 1967 il réalise avec Kateb Yacine un film pour la télévision, Poussières de juillet, en 1968 les décors du film La voie, de Slim Riad. En 1971 Issiakhem est professeur d’art graphique à l’Ecole Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme d’Alger et crée les décors pour le film Novembre.

Il voyage en 1972 au Viêt Nam et reçoit en 1973 une médaille d’or à la Foire Internationale d’Alger pour la décoration du stand du Ministère du Travail et des Affaires sociales.

De 1973 à 1978 Issiakhem est dessinateur de presse.

Il dirige en 1977 la réalisation d’une fresque pour l’aéroport d’Alger.

Le Ministère du Travail et des Affaires sociales publie à Alger une plaquette dont Kateb Yacine écrit la préface sous le titre Issiakhem, Œil-de-lynx et les américains, trente-cinq années de l’enfer d’un peintre.

En 1978 Issiakhem séjourne quelques mois à Moscou et reçoit en 1980 le Premier Simba d’Or (Lion d’Or) de Rome, distinction de l’UNESCO pour l’art africain.

Expositions personnelles à Alger en 1974, 1982, 1984, à Tunis en 1985. Nombreuses expositions collectives en Algérie et à l’étranger. Il recevra à titre posthume le diplôme de mérite de l’Algérie en Arts plastiques en 1987.

Rétrospective commémorative à Alger et expositions à Oran et Bejaïa en 1986. " Baya, Issiakhem, Khadda " au musée des Arts Africains et Océaniens de Paris en 1987 et à la Vieille Charité de Marseille en 1988.

M’hamed Issiakhem a exercé une grande influence sur la peinture moderne algérienne et a contribué à l’imposer dans l’Algérie indépendante. Il est l’un des plus grands artistes algériens de notre époque. Il laissera une femme et plusieurs enfants.Il meurt le 1er décembre 1985 à la suite d’une longue maladie.

Kateb Yacine disait à son sujet :˝... C'était un narrateur inépuisable. Il me racontait son enfance, sa vie de tous les jours, jusqu'à notre rencontre. Il se livrait entièrement, ce qui ne l'empêchait pas d'affabuler et de brouiller les pistes, lorsqu'il se laissait prendre au charme du récit. Il devenait alors un grand écrivain, sauf qu'il parlait au lieu d'écrire.La plus vive sensibilité, une intelligence toujours en éveil, le don du verbe et du geste, tout lui appartenait, et il usait de tous ces dons, en tyrannique virtuose, mais aussi en martyr, car il vivait toujours sous le choc de cette maudite grenade américaine, qui lui explosa dans la main, et qui ne finissait pas d'exploser dans sa vie. Que faisait-elle en Algérie, cette grenade américaine ? Elle aurait dû servir à combattre les nazis. Au contraire, elle mutilait et tuait des enfants... Pour vivre la vie d'Issiakhem, il fallait exploser avec lui, pendant des heures, des nuits, et des semaines...Notre amitié ne fut jamais limitée aux artistes. Nous fréquentions aussi des ouvriers, des étudiants, des gens de tous les milieux. Nos amis étaient innombrables.Parfois, dans Paris ou à Mantes-la-Jolie, nous étions une horde : acteurs, musiciens, manœuvres, chômeurs, etc... D'autres fois, nous nous retrouvions à quatre ou à cinq, comme dans Nedjma. Nous étions alors une étrange famille, qui me faisait penser au roman de Dostoïevski : les frères Karamozov. C'est pourquoi Issiakhem m'appelait " karama ". Quant à moi, je l'appelais " Œil-de-Lynx ", pour sa clairvoyance. Nous avions ainsi tout un code. Nos délires collectifs, s'ils avaient pu être enregistrés, formeraient aujourd'hui une bibliothèque.
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