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Le blog de algeriartist
Publié le 05/05/2009 à 00:25
Par algerian_artist

Biographie











B A H I A   F A R A  H

1917  -  1984 
 

De son vrai nom Bounouar Fatima Zohra, Bahia Farah est née à Bouira en 1917.

Orpheline dès son enfance, elle est prise en charge par son oncle qui décide de s'installer en Tunisie. Elle est inscrite dans un centre de formation artistique, où elle étudie les rudiments préliminaires de la danse .
 


La jeune Fatima Zohra se trouve à Paris en 1931, pour tenter une carrière artistique.

Agée de 14 ans, elle est accueillie par des compatriotes qui, tout en l'encourageant à exercer son art, lui assurent le minimum pour s'installer. 
 


Ses prestations dans la danse orientale lui valurent beaucoup de succès au sein de la communauté émigrée à Paris. Malgré son jeune âge, elle est vite intégrée au sein de la troupe artistique maghrébine que dirigeait le grand compositeur et interprète tunisien Mohamed El Jamoussi (1910 - 1982).
 


En qualité d'interprète chanteuse, elle choisit de reprendre certaines œuvres du grand compositeur Mohamed El Kamel (1919 - 1953) comme "Sghira mesrara", "Bent ami", "Edounya" et "Zmane el youm".
 


Malgré son succès dans la chanson, grâce à son timbre de voix particulier, elle continue à assurer certains de ses numéros de danses orientales.

Chacune de ses représentations provoquait l'ovation du large public qui se déplaçait pour l'apprécier.
 


Bahia Farah, son pseudonyme, devient l'artiste modèle, mais aussi la digne représentante de son pays d'origine.

En 1937, elle fit une rencontre avec le grand peintre Mohamed Temmam dit Sid Ali  (1915 - 1988), nouvellement inscrit à l'école supérieure des arts décoratifs de Paris, qu'elle épousera plus tard.
 


Mohamed Temmam est considéré comme une figure de proue de la miniature algérienne, mais aussi un musicien jouant du banjo et du violon avec une grande adresse.

Bahia Farah l'intègre dans son orchestre à l'occasion d'une grande tournée artistique organisée à travers les sanatoriums de France au profit des travailleurs maghrébins en France.
 
 

Ali ou Amara, l'un de ses amis les plus proches veillait au bon déroulement de cette tournée, ainsi que toutes les autres représentations et galas où figurait Bahia Farah, il était son manager. Musicien lui même, jouant du tambourin ( tar ), il était aussi son protecteur le plus fidèle. 


La maison d 'édition Pathé Marconi, lui fit appel en 1949 pour l'enregistrement de six disques 78 tours en arabe dont les titres suivants : "Rayeh maâdoum", "Ya omri lik" et "Yalli qlaqtou".
 


Une année plus tard, c'est avec le grand chanteur marocain Hocine Slaoui qu'elle réalise, un autre titre en duo intitulé " El Hbib el ghali " chez le même éditeur.

Ahmed Wahby sortait pour la première fois chez Pathé au même moment son succès éternel " Wahran wahran ".
 


En dépit de la dispersion des membres de la troupe artistique maghrébine, au lendemain du déclenchement de la Lutte de Libération Nationale, Bahia Farah n'a pas cessé de chanter. Elle estimait qu'il fallait, bien au contraire, se mobiliser pour mieux exprimer sa solidarité avec la cause nationale au sein de la communauté algérienne rongée par la nostalgie, la solitude et le désarroi.
 


Plusieurs artistes se joignent à elle, en constituant une troupe composée de 24 personnes, dont elle assumait la responsabilité. Appelée "troupe artistique du FLN", cet ensemble sillonnait l'Ile  de France et bien au delà, transmettant un seul message, celui de l'Algérie qui a décidé, plus que jamais, de se libérer du joug colonial.
 


C'est durant cette période qu'elle rencontre Slimane Azem,  avec lequel, elle réalise en duo deux chansons intitulées "Kem aouk dhnek" et "Atass issevragh". Cette seconde chanson qui veut dire "j'ai tant patienté" lui apportera un large succès auprès du public qui lui témoignait de beaucoup d'admiration et de respect.
 

A l'indépendance, Bahia Farah n'a pu rejoindre le pays, objet de son plus beau rêve, pour des raisons professionnelles.

Elle rentre définitivement  à Alger, le 1er Février 1965, pour se mettre aussitôt au service de cheikh Noureddine Meziane qui dirigeait une émission musicale à la chaîne II de la R T A.
 


Elle interprétera une série de chansons, sous la direction orchestrale de Chérif Kheddam et de cheikh Noureddine, dont un titre en duo avec Chérifa intitulé "Ourthet sough iguelilène".
 


Pour la Télévision nationale, elle réalise deux chansons filmées.
 
Cette dernière n'a jamais daigné, les diffuser à ce jour (2003).
 
Avant de quitter la R T A en 1967, elle enregistre son ultime chanson ayant pour titre "Thefouk el ghorba thefouk".
 


Elle décide à compter de cette date, de ne se consacrer qu'à l'animation des fêtes familiales et des galas publics.

Bahia Farah, constitue, pour ce faire, une troupe féminine appelée " El Farah " avec laquelle, elle répond aux multiples sollicitations de ses admirateurs.
 


La fin de sa vie a été marquée par un très long silence, qu'elle vécut aux côtés de son époux le grand peintre Mohamed Temmam. C'était surtout le mépris de la part des responsables artistiques de l'époque et la déception d'un vécu qu'elle n'a jamais imaginé au moment où elle militait âprement  pour la libération du pays.
 


Fatiguée et affaiblie par la maladie, elle s'éteint par une journée printanière le 24 Avril 1985. Elle était âgée de 68 ans.

La phonothèque centrale de la radio algérienne a sauvegardé 22 titres de ses chansons. Bahia Farah  en a réalisé, en tout une cinquantaine.
 



Quelques titres extraits du répertoire de Bahia Farah :  

1. Rayek maâdoum

2. Ya omri alik

3. Yalli qlaqtou

4. Ffloucek qebl el klam

5. El habib el ghali    (duo avec Hocine Slaoui)

6. Adhve dleme laâouène

7. Saâdiou  anidha throuhedh

8. Ichour lahlalisse

9. El mektoubik

10. Silbhar  ghardine

11. Ilha svar

12. Ayaghriv

13. Embrouk el aidh

14. Ourthet south iguelilene (en duo avec chérifa)

15. Akye khdhaâ rebi ayouliw

16. Imessassène


 
 

17. Thebouyi el moudja

18. Atir el âli

19. Miss el qasba

20. Ouretsrou ourets khemim

21. Atassaï nesbar

22. Yeqsiyi ouzrène

23. Zahriou irouh

24. Dhil ghorva inigh midemektigh

25. Kem aou dhmek   (en duo avec Slimane Azem)

26. Atasse issevragh   (en duo avec Slimane Azem)

27. Thefouk el ghorba thefouk

Abdelkader bendamache

Publié le 05/05/2009 à 00:33
Par algerian_artist
biographie  
 
Farid Ali, la voix révolutionnaire 

 
Farid Ali (alias Khelifi Ali) est né le 9 janvier 1919 à Ikhlefounen, dans la commune de Bounouh.  

Après de brèves études chez les Pères blancs, études couronnées par l’obtention d’un certificat d’études professionnelles,
il quitta son village natal en 1935. 
 

Alors que le pays se broyait dans les crocs du colonialisme, Farid Ali débarqua à Alger. 
 

A la rue Randon, il exerça le métier de cordonnier.
 

En 1937, après la mort de son père, il décida de prendre le chemin d’outre mer. 
 

De café en café, il fut envahit : par des idées nationalistes auxquelles il ouvrit son cœur. 
 

Encouragé par les différents chefs d’orchestre du moment : Mohamed El Kamal et Mohamed Jamoussi, et, plus tard, Amraoui Missoum, le chanteur se consacre à la musique dès la fin des années 1940.
 

En 1949, il participe aux deux récitals organisés par Mohand-Said Yala à la salle Pleyel (Paris), en compagnie de Mohamed El Kamal, Allaoua Zerrouki, Mohamed Jamoussi et les frères cubains Baretto. Il était programmé pour un numéro de claquettes dont il était virtuose.
 

Dans son café à Boulogne., il lia amitié avec tous les artistes qui venaient chanter leur amour et la nostalgie du pays natal. 
 

Soupçonné de travailler en parfaite symbiose avec le FLN (Fédération de France), et suite à un attentat secouant une radio française en 1951, la police française engagea des poursuites qui le contraignirent à regagner son village natal.


Activement recherché, Farid Ali s’installa à Ikaânanen, un village reculé de Bounouh, lieu, où il recevait ses amis, Krim Belkacem, L’Hocine Faâdjaben…

En 1956, l’armée française l’arrêta à Bounouh. 
 

A Draâ El Mizan, il vit toutes les couleurs de la torture. 
 

Libéré en 1957, il s’engagea dans la lutte libératrice. 
 

En 1957/1958, Radio-Paris produit quelques sketchs et pièces radiophoniques où Farid Ali tient différents rôles.
Deux sketchs comiques et deux autres pièces de théâtre sont encore disponibles dans les archives sonores du fond Radio-Paris. Les deux sketchs en question sont : « Kirdouch et le marchand de loterie », enregistré le 09 novembre 1957, et « sin yeghyal dheg micro » (Deux nigauds au micro), enregisté le 15 décembre 1957.
 
En même temps, l’artiste participe à l’émission de radio où sont reçu les chanteurs amateurs qu’il est chargé d’engager : Oukil Amar, Taleb Rabah…
 

En été 1958, avec d’autres artistes algériens arabophones et kabylophones, il fait partie de la troupe artistique du FLN envoyée en Tunisie.
 
Là, il enregistre deux chants de veine patriotique, il s’agit de « Ayema aâzizen ur ettru » (O ! mère chérie ne te lamente pas) et « Afus deg-gwfus » (Main dans la main).
Les deux titres seront diffusés pendant tout le reste de la guerre d’Algérie sur les ondes de Radio-Tunis.
 
De nombreuses chansons de Farid Ali sont de la même veine patriotique.
Elles appellent au soulèvement du peuple algérien contre l’ordre colonial. « Abrid ik-yehwan awi-t » (Prend le chemin que tu veux !) est l’une des chansons les plus explicites quand au sens militant qu’il veut diffuser parmi le public.    
 

En 1964, suite à la crise politique de l’Algérie, il était l’hôte de la prison de Berrouaghia
où il composa un poème intitulé Saison morte :

Les nuages soupirent au
ras des eaux mortes,
Des roseaux nus déchirent
Leurs sombres cohortes
Grès sale, gris de roche
Un troupeau sur l’onde
triste s’effiloche
et danse une ronde
qui ne semble finir
Nuages qui passent
Un amour s’étire
Au fond d’un regard las


Il est libéré en 1965.
  
 

En 1967, réparti en France, il se consacré à la chose artistique, notamment la chanson.
 

A Paris, il travaille avec l’Académie berbère de Bessaoud Mohand Arab. "Lors des événements du Printemps berbère, il m’avait dit que c’était le plus beau jour de sa vie", se souvient son fils Arezki.

Il rentre au pays, puis pour des raisons de santé, retourna en France en 1977, pour rentrer définitivement, en 1978. 
 

Admis à l’hôpital de Boghni, le célèbre chanteur Farid Ali rendra l’âme le 19 octobre 1981, à l’âge de 62 ans.
  

Il est inhumé à Bounouh.
 

Ce n’est que le 05 juillet 1987 qu’une distinction lui est décernée par le président Chadli Bendjedid.
 Avec un parcours riche et difficile à cerner, Farid Ali restera un sujet de la mémoire collectif.

Son chant patriotique et son militantisme avérés ne sont en réalité qu’un cri arraché d’une âme dévouée à l’Algérie entière.
 

La quinzaine de chansons que nous a léguées Farid Ali montre qu’il fût en effet, l’homme d’une œuvre nationaliste et militante.
 

Assez connu du milieu artistique et admiré par un grand public, le répertoire du maquisard demeure méconnu au sein de la génération d’aujourd’hui.
 




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