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Publié le 30/12/2007 à 13:02
Par algerian_artist
LE SOUVENIR DE NOTRE JEUNESSE
Une pensée pour les folles années Fugitives comme un rêve oublié.
L'homme vit à son insu, ignorant Ne sait pas ce qui l'attend: Deuil ? Joie ou tourment? Au souvenir des jours de félicité Avec les êtres chers disparus,
J'étais tel un jeune plant au vert feuillage Respectueux sous l'autorité des parents sages
Ores, je suis sur le tard solitaire A grimper une pente raide et austère.
Ah ! Combien il est agréable d'être jeune et sage Quand mon cœur était sincère et plein de courage
Et mon esprit joyeux, même nu ou déchaussé Nous suivions à la trace, la vie et notre destinée
Elle, enragée, va à toute hâte, sans cesse Seul l'homme patient peut triompher de justesse.
J'ai vécu de beaux jours heureux J'en garde encore le souvenir affectueux
Lorsque j'ai un loisir ou désir, La vie le repousse comme un délire
Point de trahison sur ma vie en péril Fais du bien, il te sera utile.
Texte original en berbère (inspiration chanson C.KHEDDAM)
SLAM F ZZMAN N TEMZI
Slam f zzman n temzi Am targit ruhen 3adan I3ac l3avd ur yezri D acu i s-theggin wussan Wissen d lehzen d imetti Wissen t-am3ict di laman
Mi d-mmektagh ussan iw Mi lligh gher widak hemmlegh D axalaf zegzaw yiger-iw Rray lwaldi du3egh Tura lweqt ifut-i Bdigh tasawent wehdi Abrid deg i d-3adagh yeqda3
Zzman n temzi yemleh Mi yella wul d ssafi Lxater-iw yezha yefreh Ma 3rrigh ama ddigh hafi Ddunit nebgha a t-nettef Nettat treggwel tneccef Yerna-t willan d a3afi
Yumayen yelhan 3acegh D widak i d-netmekti Mi bghigh lhaga a t-awdegh Zzman isba3d-it felli Ay arwih hader ak-ixda3 Xdem lxir ad ak-infe3 Tixer i w'illan d imghwelli
Publié le 30/12/2007 à 18:36
Par algerian_artist
Biographie Kateb Yacine est né le 6 août 1929 à Constantine.
Il est issu de la tribu des Keblout du Nadhor (Est algérien), et d'une famille de lettrés : Kateb signifie écrivain. Son père est oukil judiciaire (homme de loi en droit musulman) et apôtre de la double-culture.
Ecole coranique et école française. Kateb Yacine semblait voué par la signification même de son nom patronymique en langue arabe à un destin d'écrivain. Issu d'une lignée de lettrés, l'enfant passe, par décision paternelle, de l'école coranique à l'école française.
Le 8 mai 1945, à la fin de la seconde guerre mondiale en Europe, Kateb Yacine participe aux soulèvements populaires du Constantinois pour l'indépendance. Il est arrêté à Sétif et incarcéré au cours d'une répression sanglante (50 000 morts).
Sa vie bascule : sa mère le croyant mort sombre dans la folie, il est exclu du collège, devient militant de l'indépendance de l'Algérie et se découvre poète.
En septembre de cette même année, à Annaba, il rencontre sa cousine, Nedjma, dont il s'éprend. Le personnage de « Nedjma », la femme et la patrie confisquée, inaccessible, hantera toute son œuvre.
En 1948 il devient journaliste à l’Alger-Républicain, quotidien algérien de langue française, d'obédience communiste où Albert Camus l'a précédé, il se fait docker, manœuvre, écrivain public pour subvenir aux besoins de sa famille à la mort de son père.
Pendant la guerre d'Algérie, Kateb Yacine doit s'expatrier.
De 1952 à 1959, il habite à Paris. Il y rencontre Bertolt Brecht et côtoie de nombreux écrivains. Alors commence sa collaboration avec Jean-Marie Serreau.
En 1955, Le Cadavre encerclé première pièce de théâtre d'un auteur algérien, paraît dans la revue Esprit. Mise en scène par Jean-Marie Serreau, la pièce est interdite en France. Elle sera finalement jouée à Bruxelles.
En 1956, avec Nedjma, son premier roman édité au Seuil, l'auteur fait une entrée fracassante en littérature.
En juillet 1962, après la déclaration d'indépendance de l'Algérie, il rentre à Alger et reprend sa collaboration à l’Alger-Républicain.
En 1966 paraît son second roman Le Polygone étoilé, mais l'auteur n'a de cesse de publier dans les revues littéraires et journaux des deux rives de la Méditerranée.
Le Vietnam, il y effectue plusieurs voyages entre 1967 et 1970, marque un tournant important dans sa vie. "A notre époque, disait Kateb, pour atteindre l' horizon du monde, on doit parler de la Palestine, évoquer le Vietnam en passant par le Maghreb".
Entre 1972 et 1975, Kateb Yacine quitte l'Algérie pour une tournée au Festival d'Automne à Paris, avec ses nouvelles productions : Mohamed prends ta valise et La Guerre de 2000 ans.
Sa troupe, "l'Action Culturelle des Travailleurs" (A.C.T), fondée en 1970, sous l'égide du ministère algérien du Travail, sillonne plusieurs régions de France et de RDA.
En 1979, "l'Action Culturelle des Travailleurs" est dissoute et Kateb Yacine est isolé à Sidi Bel Abbès, où il prend la direction d'un théâtre vétuste au début des années 80. Déterminante, la rencontre avec un public populaire, celui des opprimés dont il s'est toujours senti solidaire, l' a conduit, lui le Maghrébin errant, à rentrer au pays pour se vouer à l' édification d'un théâtre qui parle et exprime les préoccupations d'un peuple "sans voix".
En 1986, L'Oeuvre en fragments, textes de l'auteur réunis par Jacqueline Arnaud, paraît aux éditions Sindbad. L'année suivante Kateb Yacine reçoit le Prix National des Lettres, décerné par le ministère de la Culture en France.
En 1988, Kateb Yacine s'installe provisoirement en France, dans la Drôme pour travailler à sa dernière pièce Le Bourgeois sans culotte ou le Spectre du Parc Monceau présentée à Arras et à Avignon à l'occasion du bicentenaire de la révolution de 1789.
Il entreprend un premier voyage aux USA pour la présentation à New York en version anglaise de La Poudre d'intelligence. En octobre de la même année éclate à Alger une émeute de la jeunesse algérienne, excédée par la corruption de l'équipe dirigeante, réprimée dans le sang.
Le 29 octobre 1989, Kateb Yacine s'éteint à Grenoble, atteint d'une leucémie. Sa dépouille est rapatriée en Algérie où il est enterré au cimetière des martyrs d'El Alia à Alger.
Dramaturge de la libération des peuples, il laisse en friche une pièce sur les émeutes d'Octobre 88 en Algérie et le projet d'une vaste fresque sur les révolutions dans le monde (dans laquelle s' intégrait la pièce sur la Révolution française montée au Festival d'Avignon à l' occasion du bi-centenaire). Mais son oeuvre se prolonge en rameaux vivaces : ceux dont il a délivré la parole : ouvriers, lycéens, femmes...rajoutent des épisodes aux pièces jamais définitivement achevées tandis que d'autres trop nombreux à citer, suivent des pistes d'écriture qu'il a tracées. Par ses changements de forme, de public, l'écriture de Kateb a exploré des voies originales et novatrices tout en restant fidèle à ses racines, l' amour et la révolution.
Repères bibliographiques :
L’œuvre complète de Kateb Yacine est éditée aux Editions du Seuil.
Nedjma - 1956 Mise en scène de Ziani-Chérif Ayad, Théâtre national algérien, 2003

Le cercle des représailles - 1959
 Le polygone étoilé - 1966
 L’homme aux sandales de caoutchouc - 1970
 L’œuvre en fragments - 1986
Le Poète comme un boxeur, entretiens - 1958-1989
 Boucherie de l’espérance Mise en scène de Gilles Chavassieux / Philippe Mangenot, Théâtre les Ateliers, 2001

Théâtre en arabe dialectal algérien :
Mohammed, prends ta valise, 1971
La Voix des femmes, 1972
La Guerre de 2 000 ans, 1974 Mise en scène de Med Hondo, TGP, 2003
La Palestine trahie, 1977
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