
MOHAMED RAClM, Miniaturiste-Enlumineur
Mohamed Racim est né en 1896 dans
Mohamed Racim s’est très jeune initié à la miniature dont il a su bien vite maîtriser la technique, aidé en cela par l’influence familiale. Il consacra toute son existence à cet art qui le rendit célèbre.
Lors de sa scolarité à l'école primaire de
Avant d'atteindre la notoriété il dut, pour gagner sa vie comme tant d`autres artistes, se contenter de petits travaux.
Très imprégné des valeurs de la civilisation musulmane et d'un passé Algérois prestigieux, malheureusement révolu, Mohamed Racim semble avoir voulu faire revivre, à travers ses miniatures, ce passé qui lui tenait tant à cœur.
Mais la révélation pour Racim fut sa rencontre et l'amitié qui en découla avec Etienne Dinet, peintre orientaliste converti à l'lslam, installé à Bou Sâada, à côté du poète Slimane Ben Ibrahim.
Mohamed Racim décora plusieurs livres de Dinet et de Ben Ibrahim (ex Khadra), mais surtout il découvrit grâce à Dinet l`art persan.
Cela nous a valu des œuvres remarquables, hautes en couleurs, comme cette galère barbaresque voguant toutes voiles dehors au large d’Alger et évoquant la glorieuse épopée des corsaires algériens ou ce magnifique cavalier arabe à l’allure fière et indomptable rappelant les cavalcades effrénées et tumultueuses de la cavalerie de l’Emir Abdelkader, ainsi que de nombreux autres chefs d’œuvres retraçant les us et coutumes de la vie d’autrefois.
Tout en conservant dans leur intégralité les techniques esthétiques propres à la miniature, Mohamed Racim a su, par son génie et de savantes recherches, enrichir ce patrimoine artistique sans en altérer l’authenticité.
Minutie, patience, poésie, sens du décor, sûreté de la main, choix des nuances, sont autant de facteurs qui président aux créations de Racim.
Décrochant haut la main le grand prix artistique d’Algérie en 1933 ainsi que la médaille des Orientalistes, cet artiste a vu ses œuvres exposées aux quatre coins du monde et certaines d’entre elles faire l’objet d’acquisition de la part de plusieurs grands musées.
Mohamed Racim a compris que la lutte peut aussi être menée sur le front de l'art. Et c'est pour cela qu'il veut que dans son œuvre, tout soit faste, somptueux et grandiose, comme l'était l'Algérie avant l'ère coloniale et comme il la voulait après l'indépendance. Racim voulait réveiller la fierté en son peuple, exciter sa « jalousie », son amour-propre et sa nostalgie.
Les convictions les plus profondes et les plus souveraines de Racim sont allées à la rencontre de son peuple et de son pays pour corriger leur histoire falsifiée par les occupants.
Il devînt l'ami et le compagnon d'intellectuels algérois comme Emmanuel Robles, Albert Camus, Albert Marquet ou Mouloud Féraoun.
Il déclara à son ami Louis Gillet (de l'Académie Française) : " Jamais je me suis tenu pour autre chose que pour un Français (il avait épousé une Suédoise). A l'école, jusqu'à quinze ans personne ne m'en avait fait douter. C'est seulement plus tard que j'appris que je ne l'étais pas..."
Et l'Académicien ajouta : " je vous assure que venant d'un tel homme, une telle parole serre le cœur... (Extrait de Paris-Midi du 27 Mars 1937)
Longtemps professeur à l’école Nationale des Beaux-Arts d’Alger, ses miniatures ont été rassemblées dans plusieurs ouvrages dont La vie musulmane d’hier et Mohamed Racim Miniaturiste Algérien.
Il décède, ainsi que son épouse à El-Biar, en 1975, dans des circonstances tragiques et jamais élucidées.
Chronologie:
- 1896, naissance au sein d’une famille d’artistes enlumineurs, graveurs et sculpteurs sur bois de







