Que ne fait-on pas au nom de la sécurité depuis ces dernières années!
Fichages
La délinquance, la criminalité, la violence, ont-elles augmenté ou baissé ces dernières années? Difficle de s'y retrouver dans les chiffres que l'on nous annonce, qui font apparaître des hausses quand on veut justifier des lois en projet, des baisses quand il s'agit du bilan ...
après sept ans au moins d'arsenal législatif sécuritaire et répressif, de deux choses l'une : soit ce type d'arsenal a porté ses fruits et point n'est besoin d'y revenir sans arrêt pour le renforcer, soit il n'a rien enrayé, rien traité ni résolu , et cette fuite en avant permanente , cet empilage législatif, qui au passage viole des droits fondamentaux et restreint chaque jour davantage les libertés humaines, n'est justifié en rien.
extraits
citation
"La loi sur la sécurité intérieure (LSI) de mars 2003 a continué le travail de sape de la loi sur la sécurité quotidienne de novembre 2001, en élargissant les pouvoirs de contrôle policier par le croisement et l’extension des fichiers d’infractions ou d’"incivilités", tout en érodant le droit de la défense et la présomption d’innocence"
http://bigbrotherawards.eu.org/Nicolas-Sarkozy-ministre-de-l.html
nb : "criminaliser le rassemblement dans les halls d'immeubles " !)
Eloi
"Six mois après l’annulation par le Conseil d’Etat d’un fichier similaire, le gouvernement crée un fichier informatisé des étrangers en situation irrégulière "faisant l’objet d’une mesure d’éloignement" — Brice Hortefeux préfère le mot éloignement à celui d’expulsion...http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2434
différé, suspendu, pour le moment, mais qui risque, lui aussi, de revenir, par une autre porte, d'une autre manière
Ardoise
"Les fichiers de police refont parler d'eux. Au coeur de la nouvelle polémique, le nouveau logiciel Ardoise (Application de recueil de la documentation opérationnelle et d'informations statistiques sur les enquêtes) qui doit remplacer dans les prochains mois l'ancien système de rédaction des procédures dit « LRP ».
Ce système est utilisé par la police nationale pour enregistrer des informations sur des personnes impliquées dans ses enquêtes, qu'elles soient victimes, témoins ou prévenues. Ce logiciel est également connecté au fichier STIC (Système de traitement des infractions constatées "
(lire le débat dans les commentaires, très intéressant)
http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39380472,00.htm
Tout cela se passe de façon moins médiatique que les relations entre les ministres ou le style du Président, sa com et ses fréquentations.
Monsieur tout le monde est-il conscient de l'impact potentiel de tout cet arsenal sur lui, sa famille, ses amis? Ou pense-t-il toujours que cela ne touchera que "les voyous, les criminels, les gens potentiellement dangereux" ?
la majorité des Français est certes demandeuse de sécurité et donc de surveillance (des autres, surtout), de contrôle, elle semble prête à accepter beaucoup de choses dans l'espoir de vivre tranquille, à l'abri des agressions, et pour cela à céder une part de liberté
toute sa liberté?
et l'est-elle à ce point ? connaît-elle toutes les implications possibles de cet arsenal? est-elle prête à se voir refuser, par exemple , l'accès à un poste public à cause d'une mention la concernant, dans un fichier de police, mention qu'elle ne connaît même pas? à se voir dénoncer par un voisin, pour une infraction routière ? à vivre dans un monde où on fiche les syndicalistes, les homosexuels, pourquoi pas les intellectuels ?
état de la personne : homosexuel, cégétiste ...
l'étape suivante c'est le délit d'opinion ? voire le délit de personnalité ??? je "blague" bien sûr, mais....
ah, j'ai entendu parler d'un projet de loi de sécurité intérieure
encore???!!!
tout n'a pas été fait ?
pendant ce temps
moins médiatisé mais saisissant si on le rapproche du reste :
"devant le Medef jeudi 30 août, le président affirmant vouloir "mettre un terme" à la pénalisation du droit des affaires.
"La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme", a déclaré le chef de l'Etat, lors de l'université d'été du mouvement patronal à Jouy-en-Josas (Yvelines).
Nicolas Sarkozy a dit vouloir "rendre aux Français le goût du risque" et "le goût d'entreprendre" mais "comment y parvenir si au risque financier s'ajoute systématiquement le risque pénal? Si la moindre erreur de gestion peut vous conduire en prison?"
Déplorant que "tant et tant de contentieux qui pourraient être réglés au civil (...) viennent embarrasser nos juridictions correctionnelles et notre droit pénal", le président a annoncé que la ministre de la Justice Rachida Dati ferait "très rapidement des propositions". "
fin de citation
c'est en cours
ça a le mérite d'être clair
Filmages
dans la rue :
les caméras de vidéosurveillance fleurissent, partout, presque sans réactions
Presque. Par exemple, en voici une, qui date déjà de quelques mois :
citation
"On commence petit et ensuite des caméras partout des halls d'immeubles, aux centres-ville, en passant par les parkings d'hypermarchés.
C'est la traçabilité des êtres humains comme il y a celle de la viande ou des OGM.
Qaund on vous dit que le meilleur des mondes est à notre porte. Et ça ne fait que commencer "
fin de citation
http://ajaccio.energie.free.fr/articles.php?lng=fr&pg=10
l'atteinte à ces libertés-là est devenue banale
à l'Elysée
la sécurité est tout récemment devenue le motif pour éloigner les journalistes des ministres !
la préoccupation de protection contre les bousculades est sans doute réelle et fondée, mais vu le contexte on peut se demander si cette mesure n'est pas opportune pour d'autres motifs aussi, en cette période de dissonances entre discours ministériels !!
cette fois il y a eu une spectaculaire et médiatque réaction :
http://www.lefigaro.fr/politique/2008/04/23/01002-20080423ARTFIG00544-la-presse-se-rebelle-a-l-elysee.php
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La lutte contre la criminalité, le terrorisme, la délinquance (la vraie) , est légitime, utiliser des moyens modernes et performants pour cela, aussi.
Protéger des personnes d'agressions potentielles diverses l'est aussi.
Mais la liberté d'aller et venir, de fréquentation, d'opinion, d'expression , d'action, d'orientation de vie, de choix politiques... le sont aussi.
Si légitime que soit une fin, justifie-t-elle tous les moyens, utilisés de toutes les manières, à toute échelle ou degré de systématisation , d'automatisme, voire d'automatisation, dès l'instant où ces moyens existent ou peuvent exister ?
Jusqu'où va-t-on aller "par mesure de sécurité" ?







