
Deinococcus radiodurans a été découvert en 1956 par un chercheur américain qui voulait stériliser des boîtes de corned beef en les soumettant à un fort rayonnement gamma. A sa grande surprise tout n’avait pas été tué par le traitement de choc. La bactérie D. radiodurans est capable d’encaisser des doses de radiations des centaines de fois plus élevées que les doses mortelles pour l’homme.
Le génome de la bactérie, qui a la particularité d’être circulaire, est alors éclaté en plusieurs centaines de fragments. Les cellules semblent mortes pendant environ 1h30, notent les chercheurs. Pourtant, trois heures après l’irradiation, l’ADN est rassemblé.
La reconstitution du puzzle se fait en deux étapes, ont découvert Miroslav Radman (Université René Descartes, Paris ) et ses collègues français et croates.
Les fragments se débarrassent de leurs extrémités endommagées et s’assemblent avec des fragments complémentaires. Les morceaux servent de modèle pour initier la synthèse d’ADN et former une longue chaîne à simple brin. Intervient alors une étape de recombinaison génétique au cours de laquelle ces brins se lient avec des brins complémentaires pour reformer les chromosomes. Dans cette phase de résurrection la synthèse d’ADN est plus rapide qu’au cours de la réplication habituelle de la bactérie, soulignent les chercheurs.
Miroslav Radman espère que ces découvertes encore très fondamentales permettront un jour de concevoir une nouvelle médecine régénératrice, notamment pour lutter contre la mort des neurones.
