Connaissez vous l'écrit : " le dormeur du val ", d’Arthur RIMBAUD ? Ca n'est plus qu'une réminiscence de lectures lointaines. Pourtant, ce texte me parle encore. J'ai toujours eu un genou à terre tant la vie m'avait fait mener une lutte sévère.
Aujourd'hui c'est face contre terre, et couverte de boue, que j'essaie de deviner l'horizon salvateur. Mais aveuglée par une lueur solaire qui m'éblouie, je n'ai plus de repères. A présent, ayant perdu mon casque pendant la bataille, je suis plus vulnérable que jamais. Comme le dormeur du val, je saigne. Suis je encore vivante ? Oui, contrairement à lui. Me relever, trouver la force... ne jamais offrir mon dos à l'ennemi... me battre encore... telles sont mes préoccupations du moment.
C'est injuste car je suis aimée par une quantité confortable de gens qui me veulent du bien... Oui mais où es tu toi ? Réveille toi... relève moi pour que je sois forte demain, si tu dois tomber à ton tour.
Il y a comme un vide, comme un creux douloureux dans mon corps, une odeur de moisie dans mon âme, celle du deuil. Il y a comme un air de Chopin dans ma tête, contrasté avec des notes de violence dans ce que je touche; des airs de clémence de la part du ciel, quand je me rends compte que je tiens encore debout. Aime moi pour que je respire.
" Il n'y a, en réalité, ni amour ni preuves d'amour ; il n'y a que des demandes de preuves d'amour". Cette phrase sort tout juste d'une rubrique traitant de la psychologie du couple. C'est bien écrit ! Mais...
Je me fiche d'en connaître la définition, finalement. Mais, j'en veux à profusion. Je veux un homme primate, qui m'aime sans se prendre la tête. Des gens qui se désirent, en dehors des jours de fête. Je veux des chants de Noel en juillet, l'odeur de mon parfum dans tes rues, des baisers posés sur mes lèvres. Des gens nus prenant conscience de leur humanité. Des fleurs sur les balcons, et un petit coeur qui saurait combien il m'est vital. Des boujies dans ma chambre, des perles sur mon lit. Une rivière de tendresse se versant dans mon corps. Et t'entendre dire, tout bas : " ne me quitte pas, je t'aime encore ".
Toi qui me lis, ne sois pas choqué. Il y a des remises en question qui sont, parfois, inutiles. En ce qui me concerne, à force d'être insuffisante en tout, j'ai infiniment besoin du reste.
Mon petit coeur ne va pas bien. Mon petit corps est malade. Mais, demain peut-être...







