" Hé, mademoiselle..", fleur de lys fragile, rosée du matin éphémère, zone tropicale chaude et humide ou, au contraire, jeune pucelle ? Telle est l'idée que se font, de moi, certains hommes dans la rue. Je ne me reconnais pas dans leur regard qui me dévisage, je ne suis rien de cela et tout à la fois.
Pourtant, la rage au ventre, et la violence de vivre plein les intentions, je suis si différente de cette image qu'ils se font de moi, lorsqu'ils m'envisagent. J'en étais arrivée à raser les murs, pour ne plus me poser de questions. Je ne suis pas plus jolie ou plus vilaine qu’une autre. Que veulent ils ces imposteurs ? J'ai décidé de les oublier pour me concentrer sur l'essentiel. Je ne suis pas une femme avec laquelle on joue, je ne sais pas faire.
Ainsi, plus on m'a humiliée, plus je me suis battue. Plus on m'a trahie, plus j'ai aimé. Plus on a voulu me faire peur, plus j'ai ouvert les yeux. Plus on me renie et plus j'existe. Plus on m'a fermé de portes, plus j'ai avancé. Je me sens forte à ce point, je me sens grande, si je suis aimée. Je suis ainsi faite. Un seul souhait : que l'amour ne soit plus un problème. Aimer sans détours.
On a souvent assimilé les fantômes aux êtres revenus sur terre après leur mort. Je crois, au contraire, que l'on ne revient jamais d'outre-tombe. Ces présences sont ces âmes que l'on côtoie de leur vivant. Et si, demain, leur amour devait s'arrêter, il serait tel celles qui vous hantent, alors que vous avez encore la force d'avoir de la mémoire; et la faiblesse de ne plus lutter. Lutter contre ce halo de réminiscence, laissé comme l'empreinte d'une évocation douce et amer.
Lutter pour, hier, trop avoir aimé... Lutter pour, demain, y croire encore.







