Ce soir la nuit est si belle. Il flotte comme un parfum de printemps, alors que nous allons toucher le mois de mars du bout des doigts. Le ciel n’est pas noir, il est d’un bleu profond. Ainsi illuminé, une blancheur étrange couvre les toits. Tout est calme, ici bien qu'il fasse froid, l’on ne se sent pas seul.
Ce soir, le ciel est mélancolique. Beau par sa clarté, il pousse à la rêverie. Il n’y a pas de tristesse, seuls les souvenirs s’éveillent lentement, se languissant de certaines heures passées. Celles qui ne reviendront plus. C’est aussi ce qui les rend inoubliables. Puis, elles laissent leur place à celles à venir. Je te rêve et je t’espère. Loin de la lourdeur du temps qui passe, viennent se poser ces si volatiles jours à découvrir.
Ce soir, une étoile brille. Une seule. J’en fais la mienne. Elle qui porte certainement un nom n’appartient à personne. Alors, pour un instant, un instant seulement, elle est à moi. Je la regarde tendrement, elle qui est le témoin de ce que je vis, de ce que je suis. Seule véritable complice de mes instants volés, je la contemple. Et je me dis, qu’où que tu sois, elle te voit aussi. Etant comme une sorte de lien intemporel entre nos deux vies, je l’aime. Mais, pour cela, je la jalouse aussi. Alors, je les remercie : ciel, étoile. Et toi aussi lune, si versatile, qui reçoit mes vœux mais ne les entend pas. Toi qui sait que je le rêve et que je l’espère. Enfantée par un peintre sans foi, vois comme je me noie. Entre désirs interdits et songes nocturnes, toi, enfant de la terre, de ta tour d’ivoire, ne me vois tu pas ?
Ce soir, ô ciel exprime tel un présage que je vais le revoir ! Traître que l’affect qui met à nu ce que je dois cacher, ce qui est inavoué. Je ne sais si ces mots seront utiles ou même un jour déchiffrés. Sans crainte dois-je le dire, quitte à te perdre, je te l’écrit sans gêne : je te rêve et je t’espère.
Tout ce-ci n’aura que d’incertaines résonances. Loin de la justification, fais ce que tu voudras de cette pauvre méditation. Je te la livre simplement, parce qu’elle est à l’image de ce que je suis : une éternelle fidèle à mes promesses non émises.
Ce soir je vais bien. Ce soir, je t’écris, donc je suis.







