Les yeux fermés, dans l'ambulance menant à l'hôpital. Mon corps s'est mis à trembler, sur mes joues des larmes chaudes ont coulé. J'étais gelée. " Maman, maman..." Ce seul mot occupait mon esprit "maman". Le bruit de la sirène ne m'atteignait pas. Le silence, juste le silence en dedans. Un corps balloté de bras en civière, de draps en infirmières. Les murs blancs, les murs puants.
Les yeux clos, le coeur battant... ne battant plus. Le sommeil venant, ne venant plus. "Réveillez vous. Ne dormez pas". Ces mots faisaient éccho dans ma tête. " Combien de comprimés avez vous pris ? Combien ? Répondez moi ?" Le silence, juste le silence d'une voix qui ne venait pas. " Pupilles, pouls... dépéchez vous".
L'urgence... Ce fléau s'abattait sur mon coeur comme le silence venait de briser mon âme. L'urgence, d'un réveil. Viendra t il ? Une mélodie emplissait ma tête et m'empêchait d'avoir de la mémoire... Une nocturne de Chopin. Celle que je préfèrais. Oublier, ne plus regarder. Partir ? Rester. Lutter. Pour qui ? Pour quoi ?
Les sanglots et les premiers mots : " Je suis encore là...noooooooooon. Non, je ne voulais pas. Ca aussi je l'ai raté. Non. Laissez moi". Avant le soupire suivant, avant le coma douloureux infligé à mon peit frère. Mon chérubin. Mon amour. Pourquoi être venu ? Pourquoi y assister ? Pourquoi ne comprends tu pas ? Pourquoi as tu si mal ? Je le sais...
Des tubes. Du sang. Partout, l'odeur de l'ethere et la blancheur macabre d'une blouse froide. " Réveillez vous ". A present, mon petit frère me prenait dans ses bras, pleurait, ne respirait que très peu. Des secousses basculaient sont corps frêle. " Je la deteste. Je la deteste. Pourquoi quand je l'aime ca ne lui suffit pas ?" Gorge éteinte, corps secoué de mille contractions, visage rougit par le manque d'oxygène. Mon amour suffoquait. Cette vision venait de le tuer un peu, encore.
Maman venait de se donner la mort. Maman avait manqué son heure. Maman ne regrette rien. Mon frère est mort encore. Mon corps en vie enferme une âme éteinte qui s'anime de quelque émotion qui la surprend parfois. "Hier maman est morte. Ou aujourd'hui, je ne sais pas ". C'est nos deux carcasses sans vie qu'elle a laissé là. C'est mon cherubin d'amour qui y a laissé son âme. C'est moi qui pleure, secrètement, quand les heures se fânent.







