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Mon bloc perso.

Je suis de retour, apres quelques semaines .....

Merci de votre fidélité, et de votre amitié.


Publié le 06/09/2006 à 15:52
Par chanut-peintre

Lorsque j'étais enfant et que je rêvais à l'arrière de la voiture, j'imaginais une machine qui aurait pu manger le paysage de chaque côté de la route.
J'avançais dans un monde uniquement tourné vèrs l'avenir et le passé s'y détruisait de lui-même.
Maintenant, j'ai vieillié; je me retourne; je fouille et je trie toutes les vieilleries du passé, et, ma peinture elle aussi à vieillie, et accumule des strates, comme un sol mille fois piétiné et qui garderait la mémoire de tous les pas.
Elle participe à cette exhumation du passé: mon regard crée et recrée son propre monde et un pur moment de bonheur lorsque je retrouve une petite chose oubliée et que je peux arriver à placer idéalement à sa juste place ...

Je ne prétends pas que mon travail devient limpide avec les années, mais plutôt qu'une direction se distingue, une lueur au bout d'un sentier.
J'écarte et je trie plus que je ne construis, ou bien alors, j'ai construit peu à peu mon langage en
multipliant les signes que l'on retrouve à présent dans mes toiles, comme une enfant joue et manipule les mots avant même de les comprendre totalement.

Ma peinture est un journal qui voudrait embrasser les choses qui m'entourent.
Publié le 06/09/2006 à 16:54
Par chanut-peintre

Je peins comme je vis, avec la même intensité, la même éffervescence, le monde que j'habite, qui me bouleverse et que je peins pour saisir.
Je joue avec la matière et l'espace, l'étrange étant provoqué par les contrastes, dans la proportion des figures, par l'intrusion des objets.
Il faut souligner que j'aime surprendre, mélanger les genres, torturer les formes.
J'adopte une vrai approche critique et réfléchie, voire anti-moderniste de la peinture, sans pour autant en rejeter les séductions et les éffets de lamatière.
Ma peinture peut vous apparaître froide et lisse, alors qu'elle est vivante, et renvoi courageusement à toutes sortes de références personnelles ou partagées.
Ma palette est teintée de mystère. Mon jaune vire plutôt à l'ocre, mes rouges sont souvent brûlés et mes bleus crayeux s'apparentent parfois au gris.
Dans mon atelier, mon univèrs, la matière prend corps, se déploie, s'harmonise, pour donner une vision nouvelle du monde.
A mon avis, le peintre doit relever le défi en recherchant sans cesse à provoquer de nouvelles sensations.
Attentive aux problèmes de mon temps, ma peinture est faite pour déranger le conventionnel.

Mon oeuvre globale est un cri pour ceux qui s'avent voir au-delà des images ...
Publié le 07/09/2006 à 14:24
Par chanut-peintre


L'art abstrait, est l'incompris du monde artistique. Loin du figuratif, l'abstraction fait peur , nous entraîne dans un monde sans limites, sans règles.
Beaucoup de questions nous viennent à l'esprit lorsque l'on essaye de " décrypter " une oeuvre abstraite.
L'incompréhension sème le chaos au fond de nous même, puis notre regard se détourne, nous fuyons en quelque sorte.

Devant une oeuvre abstraite, ne fuyons plus, mais laissons voguer notre imagination jusqu'à ce qu'il trouve par lui-même la solution, parce qu'il y a toujours une sensibilité qui ressort de chaque oeuvre abstraite. Cette sensibilité, il faut la faire " naître ". C'est paradoxal, allez vous dire. Oui. Mais il ne faut rien forcer. Laissez faire les choses. Laissez vous envahir par les milliers de questions qui vous envahiront en une seule seconde. Ne cherchez pas la solution, laissez la venir à vous, doucement sans vous forcer, et vous verrez votre inconscient en accord avec votre imagination fera le reste du chemin.


Puis quelle satisfaction de voir que seul et contre tous on ressent quelquechose d'inexplicable.

Apparaît alors une fusion entre l'oeuvre et soi-même, une fusion inexplicable, mais que l'on essaye de justifier par n'importe quel prétexte, couleurs infiniment douces, formes géométriques nous rappellant quelque chose qui nous est proche, qu'importe, ne cherchons pas d'explications qui de toutes les façons sont éphémères ...

La compréhension n'est-elle pas indissociable de l'incompréhension ? ...

Publié le 07/09/2006 à 15:46
Par chanut-peintre

" Désir ", mot sensuel qui évoque pour moi une envie grandiose faisant partie du plus profond de nos sens.

Pourquoi ai-je choisi de " baptiser " ma collection ainsi ? Simplement parceque le mot désir fait partie de la vie de tous les jours.

Le désir laisse une empreinte vitale sur moi, dans ma vie, mes pensées, mes actes, mes souvenirs et même lorsque je me projette dans le futur le mot désir y fait partie intégrante.
C'est pour cette raison profonde que j'ai choisi de lui rendre hommage, de le faire naître et renaître sur chaque oeuvre jusqu'à épuisement total et libération finale.
Ce " projet " date depuis longtemps. Il a mûri plusieurs mois, voire une année.
Moments durant lesquels, secrètement j'ai analysé ce sentiment.
Je l'ai projeté au devant de la scène de ma vie afin de mieux le comprendre, de mieux le cerner, et de vivre avec.

Je me suis sentie vibrer au plus profond de moi-même chaque fois que j'évoquais le mot " désir ". Lentement j'ai appris à vivre à côté de lui pour doucement ne plus faire qu'un avec lui.
Je me suis imprègnée de son odeur, de sa sensualité, de son sens réel sans aucune transfiguration.
Après ce long cheminement qui fût le mien durant pratiquement une année, j'ai pris conscience que le désir faisait partie intégrante de l'être humain. On ne vit pas à côté du désir, ni avec le désir, mais on est les désir. La fusion est telle que le désir s'identifie à nous et vice vèrs ça.

C'est à ce moment là, précisément que j'ai eu besoin de l'exterioriser, de le projeter. La collection était en prémisse au plus profond de moi.

Tout à tour, je me suis sentie chèf d'orchestre, musicienne, chorégraphe, peintre. Je me suis sentie morte et renaître ...

   - Comme un musicien qui compose sa musique et qui cherche les notes les plus justes, mes mains recherchaient les sensations les plus profondes en éffleurant la toile, pour s'arrêter quand je pensai la ressentir vibrer.

   - Comme un chorégraphe qui recherche les mouvements les plus justes pour exprimer telle ou telle sensation, mes mains empreinds de peinture déambulent sur la toile de façon à rechercher l'osmose totale.

   - Comme le peintre qui recherche l'harmonie des couleurs, je recherche l'harmonie des vibrations du bout des doigts.

   - Epuisée, je me sentais morte quand d'un dernier élan de la main, devant moi se dessinait le cercle de la vie.

La naissance et la mort ne sont-ils pas indissociables, tout comme les sensations profondes que ressentent tour à tour, peintre, chorégraphe, musicien ?

Lentement la collection " désir " prend forme et dans chaque oeuvre cette notion de pluralité est empreinte.
A nous de la découvrir selon nos sensations les plus profondes, selon nos propres désirs.

Publié le 07/09/2006 à 15:52
Par chanut-peintre

La mémoire, dans mes oeuvres, n'est pas un repli sur des préoccupations intimes, mais un travail par la mémoire du réel, un désir de prolonger dans ce que la réalité apporte comme sédiment d'identité et de culture.
L'art pour moi ne se résume pas à un statut ou à une formule, mais à un caractère opérationnel d'une pratique qui se substitue à la représentation et à la simple appropriation de la réalité et de la nature.
L'art est la réalité, et la réalité se présente comme une contraiction partagée.


L'art " objet du quotidien, pas vraiment utilitaire, qui sollicite fortement l'imaginaire et qui parle ou procure du plaisir. "
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