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Publié le Samedi 02 décembre 2006
Par chromatix
Petit bouddha, petit bout d'art

Communiqué de presse du 9 septembre 2003 envoyé par
un "Jusqu'au bouddhiste", militant humaniste des arts, des sciences et des technologies
(probablement Chromatix)

Venant du Département Afghanistan-Pakistan du musée national des arts asiatique-Guimet, ce stuc, a été numérisé sans contact, par des procédés optiques ; bombardé de science et de technologie, ce petit bouddha, petit bout d'art afghan, de style gréco-bouddhique est un résistant, un opposant culturel, cultuel aussi pour certains. Il représente un travail d'équipe, assez considérable, figure un projet de voyage humanitaire qui fut reporté. Numérisé en trois dimensions, reproduit le plus fidèlement possible en résine stéréophotolithographique à l'aide d'un laser UV, ensuite un moule en silicone pour le premier prototype à l'échelle 1/3 forment les grandes étapes de la réplication matérielle et virtuelle de la statue. Les « défauts » de l'original ont ainsi été re-transcrits ; se sont ajoutées nos propres traces de besogneux faussaires. Le travail se poursuit sur tous les plans et s'oriente également vers la polychromie de la sculpture et les outils logiciels d'aide à la restauration virtuelle. Le prototype en résine à l'échelle 1 est maintenant réalisé et nous devons aussi, après bien des retouches, tirer des copies de qualité. Les copies de ce bouddha seront vendues au profit de l'association Afghanistan Demain qui oeuvre à la réinsertion des enfants, orphelins, victimes de 30 ans de guerre, qui errent dans les rues de Kaboul.

bouddha-original-profil.jpg

Vue de profil de l'original du musée Guimet, département Afghanistan-Pakistan. Hauteur 27 cm, stuc, IIIème siècle de notre ère (photo : février 2003). Objet fragile, culture menacée, histoire "interdite"...
    bouddha-replique-patinee.jpg

Une des répliques patinées vendue au profit de l'association Afghanistan-Demain pour venir en aide aux orphelins de guerre par leur hébergement leur scolarisation notamment (photo : janvier 2006)
       
bouddha-franges.jpg

L'original en cours de numérisation dans une réserve du musée Guimet, un mardi. En quelques heures toutes les prises de vue sont effectuées et un long travail d'assemblage commence pour tout raccorder avec précision.
    bouddha-resine.jpg

La réplique en résine stéréophotolithographique sortant de la machine de prototypage (au CREATE-ECP, 2003). Figure positive servant à la fabrication d'un moule en élastomère ; elle ressemble à du miel. De ce moule sortent les répliques mises en vente par souscription.
      
Peut-être homme, peut-être femme ? Humain assurément, le petit bouddha longuement miré et admiré, détail des yeux mi-clos, incomparable sourire, rêveur éveillé, a aussi une histoire de notre temps. Loin des montagnes du Panjshir, où je me vis séjourner dans la soif, la pierraille, le soleil de plomb et songeant, las, au thé, au Musée Guimet... c'est bien là que le rêve a commencé. Les « étudiants » allaient bombarder les bouddhas géants-gênants de Bâmiyân, Massoud était assassiné le 9 septembre 2001. Comme dans tous les processus de colonisation, il leur fallait faire disparaître les traces de la langue comme celles de la culture. Le visage dérange, la représentation de l'humain et de la vie interdite, le voile tombe sur les femmes et les fillettes mais ne dévoile rien de la complexe souffrance cachée. Sous la burka, la crainte, la maladie, la famine, l'ignorance sont, paraît-il, bien dissimulées. Fragilité du stuc, de l'humain, du savoir, dureté des certitudes, voilà aussi ce que nous avons rencontré en empruntant les chemins du bouddha.
Vous avez peut-être assisté à l'une des phases de ce projet et votre regard sur le petit bouddha est déjà un soutien pour nous comme pour les enfants de Kaboul. Pensez aussi à vous libérer pour assister à la présentation de tous les résultats et objectifs de ce projet le 2 octobre au musée Guimet.
Entre réel et virtuel, original et réplique, réalité et imaginaire, vrai et faux les questions surgissent sur cette ingénierie de la culture.

«...mais combien de sculptures nous touchent moins que leurs photos, combien ont été révélées par celles-ci ? A tel point que le musée commence à ressembler au Musée Imaginaire : les statues y sont de moins en moins groupées, de mieux en mieux éclairées, et la Pietà Rondanini de Michel-Ange, au château Sforza (isolée, elle aussi) semble - admirablement - attendre ses photographes. Elle appartient à la fois au monde réel des statues, et à un monde irréel qui le prolonge,...»

André Malraux
« Les voix du silence -- Le Musée Imaginaire », éd. nrf Gallimard, 1965, p. 110



Vous pouvez acquérir une de ces répliques pour 180 € TTC frais d'envoi inclus (tarif pour la France) .
Vous recevrez joint à la sculpture le film du projet sur DVD en passant commande à :

Afghanistan Demain
7, bd Saint Marcel
75013 Paris
www.afghanistan-demain.org
mail : ad.paris@freesurf.fr
tél : 01 44 62 99 64




Les commentaires
Publié le Mardi 12 décembre 2006
Par Clovis
Une interrogation soudaine : et si la situation actuelle en Afghanistan, à savoir, la poussé d'un extrémisme religieux, naissait d'une recherche identitaire douloureuse.
Les médias ne cessent de nous affirmer que c'est la pauvreté qui est le seul facteur de cette situation désastreuse, histoire de rejeter encore une fois la responsabilité de l'autre dans le domaine du mythe. Mais la pauvreté seule ne peut suffir, il faut en l'espèce une idéologie pour pouvoir arriver à une explication convenable.
Et si le désastre afghan provenait simplement de la nécessité pour la population de marquer une rupture après des années d'occupation soviétique ? Rupture avec les mondes étrangers et notamment l'occident qui a imposé une union de façade à une région dont les disparités ethniques et culturelles sont telles que cela a donné le résultat que l'on connait dans de nombreuses régions d'Afrique ?
Ce Bouddha est alors une cible toute choisie, c'est miraculé de la construction nationale : signe d'une occupation grecque et indienne, plus que centennaire, symbole d'un complot international contre l'Afghanistan et sa population.
Mais une autre interprétation est défendue en Afghanistan même : l'Afghansitan est une frontière qui a vu ses tribus chinoises et autres influencé par les perses, les grecques, les européens en quêtes de soie, les indiens et enfin les arabes. Mais cette position, plutot que préjudiciable, est avant tout un privilège qui fait de cette région un condensé des cultures qui ont marqué notre monde, un condensé bien particulier laissant une place aux savoirs Kouchans et autres qui existaient au départ sur place et continuent d'exister.
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Rose : Bonjour, les commentaires ne partent pas .
Perdida : lâcher prise sur le visible et y revenir réenchantée . A quand le prochain voyage ?
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