Deux curieux vous racontent leurs vadrouilles parisiennes, franciliennes, françaises, internationales , littéraires, cinématographiq ues, théâtrales ...
CITATION DU MOMENT :
"La vraie tragédie n'est pas de vieillir mais de ne plus être capable de voir la beauté qui vous entoure" Laura Morante
LIVR ES EN COURS :
- l'Africain de Le Clézio
- La ferme des animaux de George Orwell
PROCH AINES VADROUILLES :
- Fête de l'huma
- Juliette en concert au Casino de Paris
- Be happy (cinéma)
PRO CHAINS ARTICLES :
- La petite fille de Monsieur Linh
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Publié le Lundi 08 septembre 2008 à 22:50
Par cjcenvadrouille
Tout le monde connaît la nouvelle de Stefan Zweig, n'est-ce pas ? Eh bien le théâtre Essaïon propose une bien belle interprétation de cette oeuvre majeure.
Madame R a une quarantaine d'année quand elle se retrouve seule après la mort de son mari. Issue d'une famille bourgeoise, elle a toujours été epargnée par l'exaltation des sentiments forts malgré un attachement solide à son mari et à ses enfants. Sa vie bien rangée lui a permis de connaître un bonheur simple.
En se retrouvant seule, elle se sent inutile et perd toute envie de vivre. Elle décide de voyager afin d'oublier cette mélancolie. Elle se retrouve quelques années après à Monte Carlo et passe un peu de temps dans les casinos, des lieux que lui a fait découvrir son mari. Elle n'y va pas pour jouer, mais pour regarder les personnes aux tables, surprendre leurs émotions : leurs explosions de joie, leur désarroi devant la défaite, la vie qui pour elle est terminée. Elle se rappelle des propos de son mari, qui aimait regarder les mains des joueurs, qui rassemblées au dessus de la table de jeu trahissent toutes les émotions. Elle s'amuse de ces moments passés dans les casinos, comme spectatrice discrète et passive. Elle va être complètement hypnotisée par un jeune homme. Dès les premières minutes, elle va voir dans ses mains, ses gestes une force incroyable, une puissance, et une intensité à laquelle elle ne va pas pouvoir résister. Son regard va irrésitiblement quitter les mains de cet homme, qu'elle ne connait pas, pour se diriger vers son visage. Elle va alors découvrir un jeune homme d'environ 24 ans aussi expressif que ses mains jouant avec anxiété les derniers deniers qui lui restent. Après avoir liquidé tout son argent, il sort du casino ébété. Elle voit dans son comportement qu'il n'a pas perdu que son argent, il a perdu beaucoup plus et elle ne peut pas le laisser partir, elle sait qu'il va faire une betîse, et sans réfléchir, elle le suit. Elle ne sait toujours pas pourquoi, elle ne sait pas comment elle va agir, elle sait qu'elle ne peut pas rester là sans rien faire. Elle doit le rattraper et lui parler pour le ramener à la raison. Alors, elle court derrière lui, elle réunit tout son courage pour l'aborder, lui parler et le raisonner. Ces craintes étaient justifier, il ne nie pas le fait qu'il veut en finir. Elle va tout faire pour qu'il abandonne ses projets funèbres, mais les choses se bousculent et elle est entraînée dans un tourbillon de sentiments passant de la crainte à la confiance, de la tristesse à l'exaltation. Nous ne vous raconterons rien de plus. Vous avez le choix entre lire cette magnifique nouvelle ou aller voir la pièce qui se joue actuellement au théâtre l'Essaïon jusqu'au mois de novembre ou faire les deux d'ailleurs, pourquoi choisir ?
 | Juste un petit mot sur la pièce : Cette pièce a vu le jour après deux essais de mise en scène par la comédienne elle-même. Elle a demandé à un de ses amis d'essayer et ça a donné cette pièce. Madame R raconte son histoire à l'assemblée qui représente un jeune homme qu'elle souhaite sauver de ses démons. Elle est accompagnée de sa servante qui plus que lui donner la réplique, l'accompagne certains moments clé avec son violoncelle. La mise en scène est réussie et l'amour de la comédienne pour l'oeuvre de stefan Zweig transparaît de son jeu. Un vrai régal ! |
24 heures de la vie d'une femme au théâtre l'Essaïon, près du Café de la Gare (oui on se repère aux théâtres...), d'après Stefan Zweig, avec Laure Meurisse et Mona Lou, mis en scène par Freddy Viau. Jusqu'en novembre.
Publié le Dimanche 07 septembre 2008 à 22:21
Par cjcenvadrouille
 | Invités à une avant-première, nous nous sommes laissés tenter non pas grâce au synopsis d'UGC qui est très mauvais mais parce qu'il s'agissait d'un film islandais. Curieux comme nous sommes, nous n'avons pas pu résister à l'envie de découvrir un cinéma inconnu.
Un synopsis (j'espère meilleur que celui d'UGC) : Une petite fille meure d'une maladie à l'hôpital tandis que son père veille sur elle. En parallèle, Un homme se fait assassiner, le crâne fracassé. Un inspecteur est chargé de l'enquête. Il suit un fil qui le conduira jusqu'au père de la petite fille et dans les méandres de la génétique. Quel lien existe-t-il entre le meurtre d'un vieil homme et le décès "naturel" d'une enfant ?
L'intrigue est curieuse et très bien ficelée. L'acteur principal est parfait dans son personnage d'inspecteur de police qui inspire le respect et la droiture. Les paysages islandais que l'on voit ici, changent de ceux des cartes postales. Le film bien que froid, laisse apparaître quelques pointes d'humour qui ajoutent une touche sympathique. Cette première expérience islandaise est très prometteuse.
A savoir : 1/3 des islandais ont vu ce film !
Jar city : réalisé par Baltasar Kormakur, avec Ingvar Eggert Sigurðsson, Ágústa Eva Erlendsdóttir, Björn Hlynur Haraldsson. Sortie le 10 septembre 2008 |
Publié le Mercredi 27 août 2008 à 19:20
Par cjcenvadrouille
 | et ses trois chéries sont bien embêtées ! Tonton Achille a gagné le gros lot et il le laisse aux trois petites filles de la DDASS qu'il a recueillies ... oui mais à condition qu'elles se réconcilient après 4 ans de brouille pour une histoire d'argent. Elles ont toutes les trois suivi des chemins différents pour arriver au même point : fauchées, seules et paumées. Alors le chèque de tonton Achille serait le bienvenu...
Les comédiennes sont pleines d'énergie et c'est ça qui est bien... La pièce n'est pas mal même, si comme vous le pressentez peut-être, nous ne sommes pas attirés par les comédies de ce type de prime abord... enfin, nous avons passé une bonne petite soirée et c'est ça qui compte ... à vous de voir !
RDV au Théâtre des deux rêves jusqu'au 29 août et en octobre 2008. Avec Laurence BUSSONE, Delphine CHICOINEAU et Cécile BATAILLER, de Caroline GESKENS et Jean-Marc SANTINI |
Publié le Dimanche 24 août 2008 à 23:55
Par cjcenvadrouille
| Sylvie écrit depuis qu'elle ne peut plus conduire son bolide en rallye. Oui mais voilà, son inspiration, elle la puise dans l'homme qui passe dans sa vie et Pascal est parti. Poursuivie par les impôts et par son éditeur, elle ne sait plus comment s'en sortir. Avant de commettre l'irréparable un pari stupide lui donne une dernière chance.... trouver une muse par petite annonce.
Bruno est au chômage depuis que l'hiver est arrivé ... il est jardinier. Sa femme est partie avec son patron sur la côte d'Azur pour le "travail". Il décide de mettre fin à ses jours pour la énième fois depuis l'âge de 13 ans.
Quand ces deux-là se rencontrent, c'est explosif ... surtout lorsque la muse s'aperçoit qu'on se joue de lui.
Cette pièce est plus compliquée et plus recherchée que ce que je veux bien vous en dire pour le moment mais je ne veux pas gâcher votre plaisir. Le texte est bien, la mise en scène très bien faite et les comédiens parfaits dans leur rôle. Mention spéciale pour Emmanuelle BODIN qui nous met les larmes aux yeux...
Pour voir "Noces de Sable", RDV au théâtre des deux Rêves (et non du passage vers les étoiles, hein JC ?!) Paris 19ème, jusqu'au 30 août (reprise en octobre 2008). Avec Emmanuelle BODIN et Tristan PETITGIRARD, de Didier Van Cauwelaert. |
Publié le Vendredi 25 juillet 2008 à 17:00
Par cjcenvadrouille
Nous ne sommes pas très bavards ces derniers temps et on en est désolés. A notre décharge, de nouvelles aventures ont débuté et surtout l'été est arrivé !!!
Nous vous souhaitons de merveilleuses vacances et espérons revenir vous raconter nos vadrouilles dès que possible !!!
CC et JC
Publié le Mercredi 02 juillet 2008 à 20:20
Par cjcenvadrouille
 | Petit rappel, l’alambic comédie est un théâtre que nous connaissons déjà pour y avoir été il y a quelques temps voir week-end en ascenseur. Nous avons bien sûr encore en tête cette charmante ouvreuse qui nous avait impressionnée avec sa généreuse … moustache. Alors sera-t-il, ou plutôt il faut bien remettre chaque chose à sa place, sera-t-il là une fois de plus ?
| Nous resterons sur notre faim, elle, enfin il doit être occupé ailleurs pour cette soirée.Effectivement, il a quitté Paris, sa foule, sa pollution, ses problèmes quotidiens pour rejoindre la tranquillité de la campagne.Il nous invite donc chez lui, enfin chez eux, puisqu’il s’est installé avec un ami. Leur quotidien est fait de choses simples : manger, dormir, discuter.Ne vivant pas uniquement de chasse et de pêche, il leur faut gagner un peu d’argent pour faire les courses indispensables. Et voilà, le sujet critique est dévoilé : trouver de l’argent, c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Ils ont bien tous les deux des occupations. L’un se dit artisan, créateur, et est très fier des ses porte gomme, porte cure dents, et autre porte bougie (oui on sait c’est un bougeoir mais ça va mieux dans le texte !).L’autre est éleveur de tout et de rien surtout.
Une gentille querelle va les affronter au moment de faire le bilan sur leur butin, après de longs mois de dur labeur.L’artisan fait et refait ses comptes, avant de déclarer qu’il gagne très bien sa vie : 30 € par mois. Ca semble difficile de vivre, même en profonde campagne avec cette fortune, et les placards sont destinés à rester vides.Coté élevage maintenant. Hélas, il fait naître beaucoup plus de moqueries et de railleries que de jeunes animaux. Pourtant, notre baba cadre ne manque pas d’imagination, il a réussi à faire un enclos pour ses moutons, il a même réussi à l’électrifier pour être sûr qu’ils ne pourront pas s’échapper : seul problème les animaux en sont resté immobiles, enfin morts électrocutés. Il n’a pourtant pas baissé les bras, et il a commencé un élevage de canards, qui ont dû être les seuls canards de la région à se noyer, marchant au fond de la mare, en raison des bagues un peu trop lourdes que leur avait mis leur gentil maître.La liste de ces erreurs de débutant est il faut le dire très longue, parce qu’il passe à chaque fois de débutant qui a raté pour une espèce à débutant qui va faire des bêtises pour une autre.
On leur pardonne volontiers de ne pas être des artisan et éleveur parce qu’on passe un très bon moment devant ces deux amis qui se chamaillent, et essaient de se faire une petite vie saine, mais qui finalement ont beaucoup de mal à vivre à la campagne.Ils sont drôles, usent des jeux de mots, et des blagues.Ils sont plutôt touchants, à essayer de vivre ensemble, comme deux vieux amis complices, mais plutôt grognons.
On peut vous assurer que malgré les récits plutôt dramatiques pour les animaux, aucun n’a été embauché comme comédien et n’a souffert, heureusement parce ce que les derniers canards, qui auraient pu parait-il s’envoler … à chaque coup de vent, tellement ils étaient maigres et légers auraient été tristes à voir.Il n’en est par contre pas de même pour les créations de notre moustachu emblématique. A notre étonnement, une tombola a eu lieu à la fin de la pièce, et nous avons eu la chance de repartir avec un porte … euh un porte truc, composé d’une base en bois et une pince à linge sur laquelle était peinte une jolie fleur.Ah non, on a aussi gagné un grand sourire, et un bon souvenir de cette pièce.
Publié le Mardi 01 juillet 2008 à 23:30
Par cjcenvadrouille
Il y a près de 40 ans 3 grands monstres de la chanson française se rencontraient autour d’un micro de radio. Cela est resté dans notre mémoire grâce à la photo en noir et blanc que l’on retrouve chez tous les vendeurs d’images et de photos. Lorsque Brassens, Brel et Ferré se parlent de tout et de rien, de l’âge adulte, des artistes et des poètes, des femmes, de l’anarchie, etc., on écoute, on rit, on se souvient… Les paroles restent d’actualité même après 4 décennies voire prennent un sens nouveau. Lorsqu’il est question de la différence entre artiste et chercheurs d’argent, on ne peut que penser à certaines émissions qui transforment les inconnus en stars. Les réflexions sur les hommes politiques et leurs ambitions nous font réfléchir sur ceux que nous avons « la chance » d’avoir. Trop jeunes pour avoir des souvenirs des personnages, nous avons au moins eu l’occasion d’entendre et d’aimer les chansons de ces trois grands personnages. Les trois personnalités sont très bien rendues. On se croirait il y a 40 ans devant Brassens, Brel et Ferré. Les mimiques sont présentes, les ressemblances sont frappantes. Un défi difficile à relever mais oh combien réussi.
Retrouvez-les au Funambule Théâtre en septembre !
Auteur : Georges Brassens, Jacques Brel, Léo Ferré, Aurore Ly Artistes : Erwan Courtioux (Brel), Alain Lagneau (Brassens), Alain Pretin (Ferré), Gildas Loupiac (le journaliste). Metteur en scène : Aurore Ly
Publié le Samedi 07 juin 2008 à 20:15
Par cjcenvadrouille
 | Lui : il lui a concocté un voyage merveilleux Elle : Il a été incapable de se servir d’internet Lui : C’est le voyage qui va les rapprocher Elle : Elle le suit pour lui faire plaisir, mais à contre cœur Lui : C’est leur petit nid d’amour Elle : C’est un hôtel minable Lui : Elle va adorer la déco fleur bleue de la chambre Elle : Beurk, mais c’est horrible Lui : Ca y est, j’ai ma serviette, mon maillot de bain …. A nous les plages de rêve Elle : Mais il s’est vu, et cette serviette, mais c’est pas possible, je ne peux pas me montrer avec lui Lui, c’est le mari, et elle la femme, ils sont mariés depuis 10 ans, et leurs vacances ne s’annoncent pas comme leur seconde lune de miel. Pourtant, il a tout prévu, il veut que ça soit très bien, il la regarde le sourire aux lèvres. Oui, mais elle en a marre de ce sourire, de ce regard … en fait de lui. Elle craque, elle rentre seule à l’appart rempli de cafards et lui pose un lapin sur la plage, après lui avoir demandé un cocktail. Mais voilà, après avoir fait une sieste pour se calmer, elle s’inquiète qu’il ne soit pas rentré. Elle va alors faire appel à un détective qui va l’aider à retrouver son mari. Cette femme détective va-t-elle mener cette mission à son terme ? Pourquoi a-t-il disparu ? Où est il ? Et que va devenir ce couple ? Une pièce légère, amusante, où l’on rigole beaucoup. Nous l’avons vu à la providence, un petit théâtre dans le 19 très agréable et sympa. Une bonne idée pour commencer une soirée, avant d’entrer dans le resto d’en face, prendre une bonne soupe, et un non moins excellent plat. Mais c’est déjà une autre histoire … et peut être un autre article.
A la Providence (Paris XIX) les jeudis de juin. Pièce écrite par Elodie Wallace, jouée par Stéphanie Boffi, Jérôme Rodrigues, Elodie Wallace et mise en scène par Elodie Wallace (eh oui encore elle !)
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Publié le Vendredi 06 juin 2008 à 23:36
Par cjcenvadrouille
Et si on vous proposait de devenir une œuvre d’art ? Vous réagiriez comment ? Apprécié pour votre beauté, votre originalité, votre physique unique, vous seriez exposé dans les plus grand musées, photographié comme les célébrités, regardé et admiré et critiqué pas des centaines voir des milliers de personnes.
Comme beaucoup d’œuvre que l’on peut trouver dans les musées, vous auriez été créés pour plaire, mais surtout surprendre, choquer. Pièce de collection parmi les autres, vous seriez réduit au rang d’objet, la création d’un artiste, la propriété d’un musée ou d’un collectionneur, qu’elle serait alors votre place dans la société. Plus aucune place ? Enfin, pas plus qu’une toile, une sculpture ou tout autre objet qui n’a pas les moyens de s’exprimer. Bien sûr, vous vous pourriez le faire, mais vous n’en auriez plus le droit, ni l’occasion. En fait, qu’est ce qui pourrait pousser quelqu’un à accepter ces conditions de vie ? Et qui pourrait avoir l’idée de créer ce concept ? Pour cette fois, ce n’est pas un artiste, enfin si un peu tout de même puisque c’est Eric Emmanuel Schmitt, mais son œuvre n’est pas un humain, mais un roman : « Lorsque j’étais une œuvre d’art », où il nous fait vivre l’histoire de Tazio Firelli. Jeune homme de 20 ans, il pense avoir tout raté dans sa vie, jusqu’à ces multiples suicides ratés. Ses deux frères jumeaux sont de très célèbres mannequins qui font chaque jour la couverture des magazines. Lui n’est ni célèbre, ni beau, ni même laid, il est juste banal, et selon lui inutile. Il ne voit plus qu’une issue à sa vie, y mettre fin. Il choisit l’endroit idéal pour que tout se passe bien, enfin plutôt comme il le souhaite, vu que de toute façon il voudrait réussir cette fin tragique. Les rochers tranchants ne peuvent lui faire de cadeau, tout comme la mer déchaînée, le vent qui souffle en rafale. Oui, mais voilà, un homme interrompt ce moment personnel, pour lui proposer un marché : comme lui ne veut plus de sa vie, il lui propose qu’il lui en fasse don. Lui, c’est Zeus Peter Lama, un artiste excentrique, il veut juste que Tazio lui laisse 24h de sa vie, pour le faire changer d’avis. Le jeune homme fait alors un premier pas dans l’engrenage infernal, il signe un pacte avec le diable. Emerveillé par le monde de l’artiste, dans lequel il prend un rôle central, Tazio accepte de tout donner, de renoncer à sa vie pour devenir une œuvre d’art. Sa mort est alors mise en scène pour que rien ne puisse être un obstacle au projet de son nouveau créateur. Le début est assez passionnant, voire excitant, il quitte la peau du jeune homme sans intérêt pour devenir : Adam bis, la vision déjantée de l’homme dans l’esprit tourmenté d’un savant fou, qui veut marquer les esprits. Finalement devenir un objet quand on avait comme seul but dans la vie de mourir, ce n’est pas si gênant. Mais, être un objet quand on rencontre deux personnages attachants, et que parmi eux, il y a la femme dont on tombe amoureux, la seule qui arrive à réveiller cette flamme qui fait dire que c’est bon de vivre, et qui apprécie chaque moment subtil de la vie, c’est là que la situation devient gênante.
Une bataille va être menée par ce personnage qui a appris un peu trop tard que la vie n’est pas si mal et qu’elle vaut le coup d’être vécue. Il a la chance de ne pas avoir sauté de sa falaise, car il semble qu’il soit plus facile de s’échapper de l’emprise d’un artiste fou que de la mort, et pourtant comment prouver qu’on est un être humain, quand on a réussi à montrer qu’on était en fait qu’un objet, qu’une créature de musée. Une histoire surprenante parce que basée sur un thème difficile à imaginer mais qui fait réfléchir à beaucoup de chose : à la définition de l’art, à ce qu’on à le droit de faire mais surtout à la valeur de la vie. Un cadeau précieux qu’il serait dommage d’abandonner, même si elle n’est pas toujours aussi somptueuse, et avec autant d’éclat qu’on le voudrait.
| Lorsque j'étais une oeuvre d'art d'Eric-Emmanuel SCHMITT en Livre de poche, 2002. |
Publié le Mercredi 28 mai 2008 à 00:27
Par cjcenvadrouille
On est au centre culturel de Sablé-sur-Sarthe !
Lors d'un petit week-end familial bien mérité, nous avons profité du centre culturel de Sablé et des anciennes écuries du chateau pour aller écouter un groupe traditionnel slovaque (ils avaient tous de magnifiques yeux bleus) et voir l'exposition du Tchèque Petr Nikl.
 | "Formé à l’Académie des beaux-arts de Prague, Petr Nikl (1960) est un plasticien qui a d’abord fait partie du groupe d’artistes « Tvrdohlani », avant d’intégrer le collectif « Hardheads », comptant les créateurs tchèques les plus novateurs de la génération postmoderniste. Son travail est diffusé dans le monde entier à travers de nombreuses expositions individuelles et collectives. Peintre, photographe, performeur, il propose un univers paradoxal, mêlant à la fois, merveilleux, poésie et interactivité. Ses installations, produisant sons et effets lumineux, l’ont rendu célèbre." | D'un point de vue moins érudit, nous avons écouté avec étonnement les sons qui sortent de son oeuvre "Flip Machine". Mélange entre instruments de musique traditionnels et bricolage, entre amoncellement d'objets quotidiens et astuces inventives, cette machine nous entraine dans un univers complexe mais qui fait surtout référence aux contes de fées (avec les ogres, les sorcières). L'univers qui se rapprocherait le plus de cette oeuvre est celui de Jeunet et Caro dans La cité des enfants perdus.
Pour aller voir l'expo : Centre culturel de Sablé-sur-Sarthe (72) jusqu'au 8 juin 2008. http://www.sable-culture.fr/
Pour en savoir plus sur Petr Nikl : http://www.art-antiques.cz/catalogue/authors/64-petr-nikl/
Publié le Mercredi 21 mai 2008 à 20:12
Par cjcenvadrouille
Dans les années 50, une jeune fille de dix huit ans, Françoise « Quoirez » écrit un livre qui défraye la chronique : « Bonjour tristesse ». Le livre connaîtra un succès et vaut à son auteur le surnom de Mauriac « charmant monstre ». D’une faille de la haute bourgeoisie, Françoise doit choisir un autre nom, elle s’inspirera de Proust et deviendra Françoise Sagan. Toute sa vie, Sagan fera la une des journaux en raison de sa vie dépravée, elle qui ne supporte pas la solitude et n’aime la vie que si elle est bonheur. Sagan vivra entourée d’amis, se mariera deux fois, aura un fils et plusieurs maîtresse. Sa hantise d’être seule et sa fragilité la pousse dans les bras de l’alcool et de la cocaïne. Elle ne pourrait vivre sans écrire et malgré cela, elle ne fut jamais reconnue comme un auteur à part entière, ainsi comme la Sagan, la mondaine. Elle moura seule dans son lit d’hôpital. Grabataire, sans avoir pu renouer avec ce fils qui n’avait jamais pu atteindre les ambitions qu’elle avait pour lui.
Diane Kurys signe un magnifique film sur ce charmant monstre de la littérature. Sylvie Testud a été qualifiée de clone et elle le mérite bien que ce soit pour le physique, que pour son comportement, sa gestuelle et son langage ; l’actrice est Françoise Sagan. Cet auteur malheureusement boudé par les nouvelles générations, dont la nôtre, a eu le droit à un bel hommage. Derrière le monstre, se cachait une belle fragilité. | «Sagan, Françoise. Fit son apparition en 1954, avec un mince roman, "Bonjour tristesse", qui fut un scandale mondial. Sa disparition, après une vie et une œuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même.» |
Pour plus d'information sur Françoise Sagan :
http://www.denistouret.net/textes/Sagan_Francoise.html http://www.france-mail-forum.de/fmf36/lit/36garcin.htm Au cinéma à partir du 11 juin 2008 :
SAGAN réalisé par Dian Kurys, avec Sylvie Testud, Pierre Palmade, Lionel Abelanski, Jeanne Balibar
Publié le Mardi 20 mai 2008 à 00:25
Par cjcenvadrouille
 | Quand le fils prodige revient pour Noël, toute la famille K, soit la mère, le frère et la sœur est en ébullition. Sa venue est d’autant espérée, qu’il amène quelqu’un. Jackie O, sa sœur est folle … de lui. Il faut dire que jumeaux, leur mère pousse les deux jumeaux à ne faire qu’un depuis leur naissance. Alors, quand il rentre avec sa fiancée, première fille présentée officiellement à la famille, l’accueil est loin d’être chaleureux. Et comme si la situation n’était pas assez problématique, la fiancée est une canadienne d’un milieu social modeste, tandis que la famille K est adepte des rallyes (pas les courses de voitures hien !). Autant elle est naturelle, autant Jackie O est coincée dans ses manières bourgeoises et sa folie. Cette confrontation ne pourra qu’entraîner la découverte de mystères familiaux qui ne manquent pas autour de chaque membre de la famille. Cette pièce pousse à l’extrême l’opposition familiale entre une mère étouffante, l’éducation des jumeaux, la pression sociale, les secrets familiaux tels que la folie, la recherche de son individualité. La mise en scène est sombre et inquiétante tout comme le sont les personnages. Une pièce intéressante, morbide et dérangeante.
Jusqu'au 27 mai à l'Essaion http://www.essaion-theatre.com/document/spectacle/pdf/info_spectacle_14.pdf |
Publié le Vendredi 16 mai 2008 à 20:47
Par cjcenvadrouille
Ils n'ont rien en commun et pourtant... Premier de la classe, sage et proche de sa môman, "Cailloux, est amoureux d'un petit grain de folie surnommé Papillon. Papillon croque la vie à pleine dent et peu importe qu'elle soit futile, folle ou difficile à suivre. Pierre et Papillon se sont rencontrés à l'âge de l'adolescence, calvaire pour lui, épanouissement pour elle.
Mais est-ce leur première rencontre ? Pour Papillon c'est certain tandis que Pierre se souvient d'une petite fille qui l'avait consolé.
Pierre et Papillon se retrouveront adultes. Lui mène une carrière, est fiancé et promise à un bel avenir. Elle, elle se cherche, pas trop sûre d'avoir envie de grandir tout en se préoccupant du monde qui l'entoure. Ils ne se sont jamais vraiment oubliés.
Mais peut-on s'aimer au quotidien lorsqu'on est si différents ?
Le théâtre Tallia nous a permis encore une fois de voir un spectacle agréable et intelligent. Les comédiens sont très bons (bravo pour les baisers goulus ! Bah oui ... Qui ici serait capable d'embrasser quelqu'un devant des spectateurs ?) J'ai beaucoup aimé la mise en scène et la musique qui m'a rappelé ma jeunesse (j'ai trouvé dernièrement un cheveu blanc sur ma tête). Les personnages, bien que caricaturaux, nous font penser à des connaissances, des proches ou à nous-mêmes. Nous sommes attendris par ce couple si différent et nous ne voulons qu'une chose, qu'ils se retrouvent pour de bon. Peut-être que finalement nous sommes tous des romantiques. Même moi !
 | Pierre et Papillon au théâtre Tallia (Paris XIII) jusqu'au 31 mai 2008. De Murielle Magellan, Mis en scène par Frédérick Sigrist, avec Paul Lapierre et Juliette Tresanini |
Publié le Jeudi 15 mai 2008 à 20:00
Par cjcenvadrouille
| Un universitaire nous fait partager les moments forts de sa vie, ceux qui lui ont fait prendre les tournants importants, qui l'ont construit tel qu'il est au jour où il raconte cette histoire. Il est devant un hommage que lui ont offert ses étudiants, un cadeau qui le touche, mais qui lui fait prendre conscience qu'on le voit différemment de ce qu'il est, il ne peut pas en vouloir à ses étudiants de l'imaginer comme un homme qui a toujours été passionné par les études, et les livres dès sa plus jeune enfance, et pourtant c'est loin de la réalité. Il profite de ce moment pour se remémorer certains moments qui l'ont marqué, qu'il ne saurait oublier.
Son père était instituteur, il a donc vécu dans cette ambiance particulière, stricte assez rigide, il ne pouvait distinguer l'image de l'homme, du père, de celle de l'instituteur qu'il voyait sur son extrade. Cette instruction lui a fait prendre en horreur les études et la littérature, et c'est sous la contrainte qu'il va partir pour l'université à Berlin. Son manque de volonté va vite l'entraîner sur des chemins très éloignés de ce qu'imaginait son père, émerveillé par la grand ville, les soirées, les fêtes, et les jeunes filles qui tombent très vite sous son charme. C'est donc l'alcool, la musique, les amies, et les aventures qui vont rythmer son premier semestre.
C'est une visite impromptue de son père qui va lui faire prendre le premier tournant de sa vie. Cet homme reste silencieux devant ce qu'il découvre, la chambre de son fils est à l'image de cette vie dissolue, et il voit ces livres qui n'ont vu l'université que le premier jour de l'année. Prêt à se révolter contre son père, à faire barrage à tout autorité, Roland est ému et bouleversé par la réaction de son père : il ne se fâche pas, ne s'énerve pas, il demande juste à son fils ce qu'il compte faire. Cette confrontation d'adultes, réfléchie et émouvante va le faire grandir, lui faire prendre conscience qu'il ne doit pas juste agir pour s'opposer à son père, mais pour lui. Il décide donc de déménager, de changer d'université, et de repartir du bon pied. Il arrive dans une petite ville, où les tentations seront moins grandes qu'a Berlin. Le premier contact qu'il a avec son professeur de littérature anglaise le transforme, l'émerveille, le laisse sans voix. Il est absorbé par l'énergie de cette homme, par la passion débordante qu'il communique pendant son exposé, il fait vivre son sujet, ceux qui sont avec lui ... ce professeur a une telle aura que lui ne peut que rester figer devant ce groupe d'étude.
Ensuite, tout va très vite, il est pris d'une envie insatiable de lire, de découvrir Shakespeare. Il vit dans un studio qui se situe juste au dessus de celui de son professeur et de sa femme. Jour après jour, un lien assez fort se crée entre eux. Ils passent beaucoup de temps ensemble à étudier, à discuter. Il arrive à le persuader qu’il faut qu’il écrive un livre, qu’il mette sur papier tous ces discours si captivants qu’il tient en conférence. C’est le projet d’une vie, le livre que le professeur a toujours voulu écrire, sans en avoir la force. Pourtant, cette amitié, et ce lien de confiance qui se construit sont difficiles à saisir, d’humeur attachante, mais changeante le professeur trouble les sentiments de ce nouveau disciple. Un secret pèse sur leur relation, la relation de couple entre le professeur et sa femme, la relation d’amitié entre le professeur et l’étudiant, les relations de collègues entre les différents professeurs de l’université, et même les relations sociales que ce professeur qu’il adore a avec le reste de la ville. Cette tension est accentuée par des périodes où cet homme disparaît complètement, sans donner de nouvelles et sans s’expliquer.
Je vous laisse découvrir quel est ce secret qui apparaît très tôt dans l’histoire et que l’on ne découvre qu’à la fin. Avec ce secret, se dévoile aussi un personnage complexe, un éventail de sentiments, de peurs qui font que ce roman est très fort. Il pourrait même être perturbant, s’il n’était écrit avec cette subtilité, et finalement cette pudeur qui donne toute la force à ces personnages. J’ai beaucoup aimé l’histoire, l’écriture et l’ouverture que ce livre nous propose.
La confusion des sentiments de Stefan Zweig. |
Publié le Jeudi 15 mai 2008 à 00:38
Par cjcenvadrouille
C’est pour répondre à cette question ô combien existentielle qui vous taraude tous les matins, que nous nous sommes rendus à Saint Germain des près samedi après midi. Il faisait heureusement un temps superbe. | Saint-Germain-des-Prés a son festival de jazz qui s’appelle – roulement de tambours – « Jazz à Saint-Germain-des-Prés ». C’est bien trouvé non ? C’est donc avec un grand sourire et surtout avec ponctualité que nous nous sommes rendu au guichet place Saint-Germain – c’est bien fait quand même- pour retirer nos invitations : eh oui, c’était gratuit. Quand on nous a demandé si on voulait le bus de Saint-Germain ou Saint-Sulpice, on s’est dit saint pour saint, plouf plouf ça sera : Saint-Germain : fatale erreur, quoique …. |
| 14h50 : Ca y est, il est là, fièrement garé devant l’église Saint-Germain. Le bus d’une cinquantaine d’années ne fait pas son age. Il nous accueille aux places intérieures, alors que le groupe de jazz s’installe sur le plateau ouvert à l’arrière du bus. Les jazzmen ont un look de … jazzmen américains. Le bus, les musiciens, c’est déjà une invitation à vivre un moment dépaysant et agréable. 15h00 : le bus démarre. 15h02 : le bus s’arrête et calle. 15h04 : il redémarre 15h06 : il s’arrête définitivement. |  | C’est officiel, on est en panne. Le bus nous a majestueusement fait avancer de 200 mètres, dans un bruit « Teuf Teuf » digne d’une vieille voiture. C’est pas grave, l’ambiance dans le bus est toujours aussi bonne, entre rires et applaudissement pour le chauffeur qui au final passera plus de temps les mains dans le cambouis que sur le volant, et pour les conducteurs qui nous dépassent avec le sourire. | Le groupe de jazz quitter le navire … le bus pour jouer sur le trottoir d’en face, histoire d’en faire profiter tout le monde : les participants, et les passants. Ils jouent vraiment bien, ont de l’humour, s’amusent de la situation. Au bout d’un moment, on voit passer le bus de saint-Sulpice, lui il roule, c’est celui là qu’il fallait choisir. On nous propose un bus moderne pour finir le parcours, on préfère partir pour se balader, mais on a passé un très bon moment. | | Remerciement au chauffeur courageux, au bus qui a accepté de faire héroïquement ces 200 longs mètres, aux organisateurs du festival, aux musiciens, aux passants et aux automobilistes qui nous ont gratifié d’un grand sourire, aux passants et aux automobilistes qui nous ont gratifié eux, d’un grand coup de klaxon, et d’une grimace – sinon ou n’aurait pas pu grogner après les parisiens qui ne savent pas profiter d’un beau jour de soleil, pendant un long week-end, a coté d’un bus sympa qu’on ne voit pas tous les jours, en écoutant du très bon jazz joué par des musiciens au look qui devrait normalement déjà donner le sourire !! Festival Jazz à Saint-Germain-des-prés jusqu'au 23 mai 2008 à Saint-Germain-des-prés Toutes les infos sur : http://www.festivaljazzsaintgermainparis.com/
Publié le Mercredi 14 mai 2008 à 22:57
Par cjcenvadrouille
 | Même si le beau temps nous donne envie de profiter du soleil, de l'extérieur, des ballades et des terrasses on va de temps en temps au ciné profiter de la fraîcheur de la salle, du confort des fauteuils et aussi tout de même du plaisir de voir un bon film : cette fois, c’était le cas.
Qu'est ce qui pourrait donner envie à une personne qui semble tout avoir de tout quitter, pour partir loin ? Qu'est ce qui pourrait donner envie à cette même personne de dire les quatre vérités à ces amis, devenant assez insultant pour finir la soirée seul et le nez en sang ?
Il suffira d'une journée à cet homme pour perdre son boulot, sa femme, ses amis ... La sympathie de sa belle mère.
Alors pourquoi ? C'est la question de ce film qui risque de se faire apprécier en vous faisant couler une larme. Un indice pour répondre à toutes ces questions ? Qui est cette femme qui dîne en tête à tête avec lui ? Est ce vraiment sa maîtresse ? En résumé, divertissant, touchant, avec de bons acteurs.
Réalisé par Jean Becker, avec Albert Dupontel, Marie-Josée Croze, Pierre Vaneck |
Publié le Mercredi 23 avril 2008 à 00:38
Par cjcenvadrouille
 | J'ai découvert Philippe Claudel avec Les âmes grises. Le thème principal de son premier film "Il y a longtemps que je t'aime" n'est pas si éloigné. Juliette sort de prison après 15 ans de captivité. Sa soeur Léa la loge chez elle. Ces deux soeurs ne se connaissent plus et de nombreux malentendus s'insinuent entre elles. Mais qu'a fait la mystérieuse Juliette ? Pourquoi se mure-t-elle dans ce silence lourd et pesant ?
Ce film est très lent mais l'intrigue est efficace. On veut connaître le secret de Juliette, de sa famille et de sa "victime". Je ne veux pas trop en dire... Alors allez le voir et on en discutera ! |
Publié le Mercredi 23 avril 2008 à 00:05
Par cjcenvadrouille
 | Alice est folle ! Alors elle a son âme-ange gardien-pianiste qui l'aide à prendre les bonnes décisions. Après une soirée très arrosée, Alice passe sa vie en revue. Travail : styliste qui commence à avoir du succès Santé : fume comme un pompier, boit beaucoup et atteint bientôt l'âge de péremption pour avoir un bébé Famille : des parents qui la dénigrent Amour : Bertrand qui vient de lui poser un lapin à la soirée, apprécié par tout le monde, adore lire son journal et le bowling !
Ah Bertrand ! C'est le premier souci de la bonne âme qui veille sur Alice ! Cette bonne âme fait tout pour rendre heureuse son Alice mais comment faire quand votre protégée fait n'importe quoi ?
Cette pièce est un mélange de théâtre, de théâtre musical, de loufoqueries, de délires, d'histoire comico-dramatique, etc.
Ecrit par Sylvain Moreau, joué par Cathy Martin, Djahîz GIL , mis en scène par Mélanie Allart.
A la Providence (Paris 19) jusqu'à fin juin . |
Publié le Vendredi 18 avril 2008 à 23:15
Par cjcenvadrouille
 De ses cinq sœurs, Cass était la plus jeune et la plus jolie. D'ailleurs, Cass était la plus jolie fille de la ville. Cinquante pour cent de sang indien dans les veines de ce corps étonnant, vif et sauvage comme un serpent, avec des yeux assortis. Cass était une flamme mouvante, un elfe coincé dans une forme incapable de la retenir. Longs, noirs, soyeux, ses cheveux tournoyaient comme tournoyait son corps. Tantôt déprimée, tantôt en pleine forme, avec Cass c'était tout ou rien. On la disait cinglée. On : les moroses, les moroses qui ne comprendront jamais Cass. Pour les mecs, elle n'était qu'une machine baiseuse. Cinglée ou pas, ils s'en moquaient. Cass aimait la danse, le flirt, embrasser les hommes, mais, sauf pour deux ou trois, au moment où les types allaient se la faire, Cass leur avait toujours filé entre les pattes, salut les mecs. Ses sœurs lui reprochaient de mal utiliser sa beauté, et de ne pas se servir assez de sa tête. Pourtant, Cass était intelligente, et elle avait une âme. Elle aimait la peinture, la danse, le chant, la poterie, et quand les gens souffraient, allaient mal, Cass avait vraiment de la peine pour eux. C'est bien simple : Cass ne ressemblait à personne ; Cass n'avait pas l'esprit pratique. Ses sœurs étaient jalouses parce qu'elle séduisait leurs bonshommes, et puis elles lui en voulaient de ne pas mieux les exploiter. C'est avec les laids qu'elle se montrait la plus gentille, les soi-disant beaux mâles lui répugnaient : " Rien dans le ventre, rien dans la tête, disait-elle. Un joli petit nez, des petites oreilles bien ourlées, et ils commencent à rouler. Tout en surface, rien à l'intérieur. " Telle qu'elle était, Cass frôlait la folie ; telle qu'elle était, on la traitait de folle. L'alcool avait tué son père et la mère avait disparu en abandonnant ses filles. Les filles étaient allées voir un oncle, qui les mit au couvent. Là, plus encore que ses sœurs, Cass avait été malheureuse. Toutes les filles étaient jalouses de Cass, et Cass avait dû se battre avec la plupart. Elle était marquée au rasoir sur le bras gauche, en souvenir de deux bagarres. Une cicatrice lui barrait la joue mais cette cicatrice, loin de l'enlaidir, rehaussait sa beauté. J'ai connu Cass au West End Bar quelques nuits après sa sortie du couvent. Plus jeune que ses sœurs, elle avait été relâchée la dernière. Elle est venue s'asseoir à côté de moi, sans façons. J'étais sûrement l'homme le plus laid de la ville, ça a peut-être un rapport.
Charles Bukowski
"La plus jolie fille de la ville", au Proscénium, Paris 11, jusqu'au 2 mai 2008.
Publié le Mardi 15 avril 2008 à 23:16
Par cjcenvadrouille
 | Une cafétéria au bord d'une nationale est un lieu de passage étonnant. Autour de cette cafétaria, des gangsters rôdent. Mais pas n'importe quels gansters, des ratés ! "J'ai toujours rêvé d'être un gangster", c'est plusieurs courts métrages mettant en scène un braqueur pas doué (Edouard Baer, excellent !), une serveuse pas très digne de confiance, cinq anciens braqueurs en manque de sensation, deux kidnappeurs improvisés, deux chanteurs qui s'entrevolent (Bashung et le formidable mais trop peu connu Arno).
Ce film est un hommage au cinéma. Il est bourré de références. Il est très drôle et même s'il a été beaucoup critiqué et bah nous on a bien aimé, na !
J'ai toujours rêvé d'être un gangster, un film de Samuel Benchetrit avec Anna Mouglalis, Edouard Baer, Jean Rochefort. |
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