Deux curieux vous racontent leurs vadrouilles parisiennes, franciliennes, françaises, internationales , littéraires, cinématographiq ues, théâtrales ...
CITATION DU MOMENT :
Les citations sont les béquilles des écrivains infirmes. Paul Morand
LIVRE S EN COURS :
- La découverte de la lenteur de Nadolny
- Gamines
PROCHAINES VADROUILLES :
- Musica nuda
- Chirico au MAM
PROCHAIN S ARTICLES :
euh là on est plus qu'en retard mas promis, on reviendra écrire un jour !
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Publié le Mercredi 23 avril 2008 à 00:38
Par cjcenvadrouille
 | J'ai découvert Philippe Claudel avec Les âmes grises. Le thème principal de son premier film "Il y a longtemps que je t'aime" n'est pas si éloigné. Juliette sort de prison après 15 ans de captivité. Sa soeur Léa la loge chez elle. Ces deux soeurs ne se connaissent plus et de nombreux malentendus s'insinuent entre elles. Mais qu'a fait la mystérieuse Juliette ? Pourquoi se mure-t-elle dans ce silence lourd et pesant ?
Ce film est très lent mais l'intrigue est efficace. On veut connaître le secret de Juliette, de sa famille et de sa "victime". Je ne veux pas trop en dire... Alors allez le voir et on en discutera ! |
Publié le Mercredi 23 avril 2008 à 00:05
Par cjcenvadrouille
 | Alice est folle ! Alors elle a son âme-ange gardien-pianiste qui l'aide à prendre les bonnes décisions. Après une soirée très arrosée, Alice passe sa vie en revue. Travail : styliste qui commence à avoir du succès Santé : fume comme un pompier, boit beaucoup et atteint bientôt l'âge de péremption pour avoir un bébé Famille : des parents qui la dénigrent Amour : Bertrand qui vient de lui poser un lapin à la soirée, apprécié par tout le monde, adore lire son journal et le bowling !
Ah Bertrand ! C'est le premier souci de la bonne âme qui veille sur Alice ! Cette bonne âme fait tout pour rendre heureuse son Alice mais comment faire quand votre protégée fait n'importe quoi ?
Cette pièce est un mélange de théâtre, de théâtre musical, de loufoqueries, de délires, d'histoire comico-dramatique, etc.
Ecrit par Sylvain Moreau, joué par Cathy Martin, Djahîz GIL , mis en scène par Mélanie Allart.
A la Providence (Paris 19) jusqu'à fin juin . |
Publié le Vendredi 18 avril 2008 à 23:15
Par cjcenvadrouille
 De ses cinq sœurs, Cass était la plus jeune et la plus jolie. D'ailleurs, Cass était la plus jolie fille de la ville. Cinquante pour cent de sang indien dans les veines de ce corps étonnant, vif et sauvage comme un serpent, avec des yeux assortis. Cass était une flamme mouvante, un elfe coincé dans une forme incapable de la retenir. Longs, noirs, soyeux, ses cheveux tournoyaient comme tournoyait son corps. Tantôt déprimée, tantôt en pleine forme, avec Cass c'était tout ou rien. On la disait cinglée. On : les moroses, les moroses qui ne comprendront jamais Cass. Pour les mecs, elle n'était qu'une machine baiseuse. Cinglée ou pas, ils s'en moquaient. Cass aimait la danse, le flirt, embrasser les hommes, mais, sauf pour deux ou trois, au moment où les types allaient se la faire, Cass leur avait toujours filé entre les pattes, salut les mecs. Ses sœurs lui reprochaient de mal utiliser sa beauté, et de ne pas se servir assez de sa tête. Pourtant, Cass était intelligente, et elle avait une âme. Elle aimait la peinture, la danse, le chant, la poterie, et quand les gens souffraient, allaient mal, Cass avait vraiment de la peine pour eux. C'est bien simple : Cass ne ressemblait à personne ; Cass n'avait pas l'esprit pratique. Ses sœurs étaient jalouses parce qu'elle séduisait leurs bonshommes, et puis elles lui en voulaient de ne pas mieux les exploiter. C'est avec les laids qu'elle se montrait la plus gentille, les soi-disant beaux mâles lui répugnaient : " Rien dans le ventre, rien dans la tête, disait-elle. Un joli petit nez, des petites oreilles bien ourlées, et ils commencent à rouler. Tout en surface, rien à l'intérieur. " Telle qu'elle était, Cass frôlait la folie ; telle qu'elle était, on la traitait de folle. L'alcool avait tué son père et la mère avait disparu en abandonnant ses filles. Les filles étaient allées voir un oncle, qui les mit au couvent. Là, plus encore que ses sœurs, Cass avait été malheureuse. Toutes les filles étaient jalouses de Cass, et Cass avait dû se battre avec la plupart. Elle était marquée au rasoir sur le bras gauche, en souvenir de deux bagarres. Une cicatrice lui barrait la joue mais cette cicatrice, loin de l'enlaidir, rehaussait sa beauté. J'ai connu Cass au West End Bar quelques nuits après sa sortie du couvent. Plus jeune que ses sœurs, elle avait été relâchée la dernière. Elle est venue s'asseoir à côté de moi, sans façons. J'étais sûrement l'homme le plus laid de la ville, ça a peut-être un rapport.
Charles Bukowski
"La plus jolie fille de la ville", au Proscénium, Paris 11, jusqu'au 2 mai 2008.
Publié le Mardi 15 avril 2008 à 23:16
Par cjcenvadrouille
 | Une cafétéria au bord d'une nationale est un lieu de passage étonnant. Autour de cette cafétaria, des gangsters rôdent. Mais pas n'importe quels gansters, des ratés ! "J'ai toujours rêvé d'être un gangster", c'est plusieurs courts métrages mettant en scène un braqueur pas doué (Edouard Baer, excellent !), une serveuse pas très digne de confiance, cinq anciens braqueurs en manque de sensation, deux kidnappeurs improvisés, deux chanteurs qui s'entrevolent (Bashung et le formidable mais trop peu connu Arno).
Ce film est un hommage au cinéma. Il est bourré de références. Il est très drôle et même s'il a été beaucoup critiqué et bah nous on a bien aimé, na !
J'ai toujours rêvé d'être un gangster, un film de Samuel Benchetrit avec Anna Mouglalis, Edouard Baer, Jean Rochefort. |
Publié le Lundi 14 avril 2008 à 00:22
Par cjcenvadrouille
 | Retour à l'Aktéon Théâtre pour une nouvelle découverte : Les bonnes. Cette pièce de Jean Genêt est interprétée de manière très particulière par trois comédiennes en costumes burlesques. La mise en scène est très originale, presque clownesque. Deux bonnes, deux soeurs entretiennent une relation particulière avec leur maîtresse. A la fois leur protectrice et leur tortionnaire, elle abuse d'elles, de leur sens du travail. Les bonnes veulent s'en débarrasser mais leurs plans ne se déroulent pas tout-à-fait comme prévu. Réflexion sur le statut de gens de maison, cette histoire fait penser à celle des "blessures assassines" qui relatait l'histoire de l'affaire Papin.
Pièce de Jean GENET, jouée par Marion Flament, Laetitia Vercken, Muriel Poletti, mise en scène par Henry-Anne Eustache Pour la pièce : http://www.evene.fr/culture/agenda/les-bonnes-22869.php Pour plus d'information sur l'affaire Papin : http://www.cairn.info/revue-imaginaire-et-inconscient-2001-4-page-75.htm
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Publié le Jeudi 10 avril 2008 à 00:21
Par cjcenvadrouille
Qui ne s'est jamais attendri sur un père prenant son enfant par la main ou dans ses bras ? Qui peut définir les relations d'un père et de son enfant ?
Pierre-Olivier Scotto est parti de sa propre histoire pour parler de ce thème universel mais oh combien particulier, pour chacun de nous. Servies par un Thierry Beccaro quelquefois drôle, quelquefois dur mais toujours attendrissant, les histoires de pères-fils ou pères-fille nous rappellent à quel point notre père a participé à la construction de notre être. Parsemée d'extraits de textes classiques ou contemporains, romanesques ou biographiques (La Gloire de mon Père de Marcel Pagnol, Sur mon père de Tatiana Tolstoï, Lettre au Père de Franz Kafka, le Zubial d'Alexandre Jardin...), la pièce nous amuse, nous questionne, nous touche... Scotto et Beccaro nous mettent face à des pères aimants, durs, cruels, fous, amoureux de leur gosse, modèles, indignes... des pères qui s'ils sont nos héros n'en sont pas moins humains. La conclusion de la pièce met en parallèle le rôle de père qu'a revêtu l'enfant (nous restons toujours l'enfant de ses parents, eh oui !). Et si les enfants faisaient grandir leurs parents ?
Scotto a non seulement une écriture très plaissante mais a su ordonner les textes de manière à nous entrainer dans des émotions et des réflexions sur la paternité et sur l'enfance. Thierry Beccaro sait nous entrainer au fil des mots dans les différentes histoires. C'était la deuxième fois que nous retrouvions le duo sur les planches et nous en sommes très heureux ...
Il n'y avait que deux dates pour cette pièce mais si vous avez l'occasion d'aller voir Scotto et/ou Beccaro sur scène, laissez-vous tenter...
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