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Les citations sont les béquilles des écrivains infirmes. Paul Morand
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euh là on est plus qu'en retard mas promis, on reviendra écrire un jour !
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Publié le Jeudi 15 mai 2008
Par cjcenvadrouille
| Un universitaire nous fait partager les moments forts de sa vie, ceux qui lui ont fait prendre les tournants importants, qui l'ont construit tel qu'il est au jour où il raconte cette histoire. Il est devant un hommage que lui ont offert ses étudiants, un cadeau qui le touche, mais qui lui fait prendre conscience qu'on le voit différemment de ce qu'il est, il ne peut pas en vouloir à ses étudiants de l'imaginer comme un homme qui a toujours été passionné par les études, et les livres dès sa plus jeune enfance, et pourtant c'est loin de la réalité. Il profite de ce moment pour se remémorer certains moments qui l'ont marqué, qu'il ne saurait oublier.
Son père était instituteur, il a donc vécu dans cette ambiance particulière, stricte assez rigide, il ne pouvait distinguer l'image de l'homme, du père, de celle de l'instituteur qu'il voyait sur son extrade. Cette instruction lui a fait prendre en horreur les études et la littérature, et c'est sous la contrainte qu'il va partir pour l'université à Berlin. Son manque de volonté va vite l'entraîner sur des chemins très éloignés de ce qu'imaginait son père, émerveillé par la grand ville, les soirées, les fêtes, et les jeunes filles qui tombent très vite sous son charme. C'est donc l'alcool, la musique, les amies, et les aventures qui vont rythmer son premier semestre.
C'est une visite impromptue de son père qui va lui faire prendre le premier tournant de sa vie. Cet homme reste silencieux devant ce qu'il découvre, la chambre de son fils est à l'image de cette vie dissolue, et il voit ces livres qui n'ont vu l'université que le premier jour de l'année. Prêt à se révolter contre son père, à faire barrage à tout autorité, Roland est ému et bouleversé par la réaction de son père : il ne se fâche pas, ne s'énerve pas, il demande juste à son fils ce qu'il compte faire. Cette confrontation d'adultes, réfléchie et émouvante va le faire grandir, lui faire prendre conscience qu'il ne doit pas juste agir pour s'opposer à son père, mais pour lui. Il décide donc de déménager, de changer d'université, et de repartir du bon pied. Il arrive dans une petite ville, où les tentations seront moins grandes qu'a Berlin. Le premier contact qu'il a avec son professeur de littérature anglaise le transforme, l'émerveille, le laisse sans voix. Il est absorbé par l'énergie de cette homme, par la passion débordante qu'il communique pendant son exposé, il fait vivre son sujet, ceux qui sont avec lui ... ce professeur a une telle aura que lui ne peut que rester figer devant ce groupe d'étude.
Ensuite, tout va très vite, il est pris d'une envie insatiable de lire, de découvrir Shakespeare. Il vit dans un studio qui se situe juste au dessus de celui de son professeur et de sa femme. Jour après jour, un lien assez fort se crée entre eux. Ils passent beaucoup de temps ensemble à étudier, à discuter. Il arrive à le persuader qu’il faut qu’il écrive un livre, qu’il mette sur papier tous ces discours si captivants qu’il tient en conférence. C’est le projet d’une vie, le livre que le professeur a toujours voulu écrire, sans en avoir la force. Pourtant, cette amitié, et ce lien de confiance qui se construit sont difficiles à saisir, d’humeur attachante, mais changeante le professeur trouble les sentiments de ce nouveau disciple. Un secret pèse sur leur relation, la relation de couple entre le professeur et sa femme, la relation d’amitié entre le professeur et l’étudiant, les relations de collègues entre les différents professeurs de l’université, et même les relations sociales que ce professeur qu’il adore a avec le reste de la ville. Cette tension est accentuée par des périodes où cet homme disparaît complètement, sans donner de nouvelles et sans s’expliquer.
Je vous laisse découvrir quel est ce secret qui apparaît très tôt dans l’histoire et que l’on ne découvre qu’à la fin. Avec ce secret, se dévoile aussi un personnage complexe, un éventail de sentiments, de peurs qui font que ce roman est très fort. Il pourrait même être perturbant, s’il n’était écrit avec cette subtilité, et finalement cette pudeur qui donne toute la force à ces personnages. J’ai beaucoup aimé l’histoire, l’écriture et l’ouverture que ce livre nous propose.
La confusion des sentiments de Stefan Zweig. |
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