TEMPÊTES, CATASTROPHES NATURELLES ET SERVICE MILITAIRE OBLIGATOIRE.
Hier, dans ma réponse à monsieur Bernard Valais, j'écrivais que nous n'en avons pas fini avec les catastrophes naturelles et la tempête qui touche la France actuemllement nous prouve malheureusement que nous ne sommes pas à l'abri de phénomènes extrêmes, vu que les vents vont dépasser allègrement les 100 km/h pour atteindre en certains endroits les 160 km/h même de courte durée, le temps de faire des dégâts. Les vents violents tourbillonnant localement à la limite de la tornade, associés à une belle dépression vont provoquer des inondations par cumuls de précipitations.
Les côtes atlantiques vont bien entendu être particulièrement exposées à cause des forts coefficients de marée, mais d'autres régions d'une large partie nord de la France et spécialement la région nord, Côte d'Opale y compris, vont connaître des trombes d'eau fort localisées. Les vents changeant sans arrêt de direction nous promettent un temps perturbé pendant encore une semaine environ avec pourquoi pas de la neige à la clef avant dimanche prochain précédant à mon avis un beau retour du froid.
Le sud de la France n'a pas encore pansé ses plaies dues aux vents violents qu'à nouveau le même phénomène menace accompagné cette fois-ci de fortes pluies surtout sur le sud-ouest ( Biarritz et Pau seront concernées en priorité ) et les conséquences risquent d'être à nouveau d'importance comme les coupures de courant, les toitures arrachées, les arbres déracinés avec en plus les pieds dans l'eau. Les zones montagneuses ( Alpes et Pyrénées ) après les fortes chutes de neige récentes vont être particulièrement dangereuses à cause du redoux car il faudra compter sur de grosses avalanches.
Pour simplifier, presque la France entière va subir à un degré ou un autre les soubresauts de l'hiver qui n'est pas encore terminé. Alors, pourquoi faire le lien avec le service militaire obligatoire ? Dans le monde, d'autres catastrophes se produisent avec leurs lots de désolation souvent extrêmes comme en Australie, au Maroc ou au Bengla Desh et si les services de secours traditionnels jouent leur rôle avec un dévouement exemplaire, le recours à l'armée est cité comme un atout supplémentaire décisif pour apporter de l'aide aux sinistrés de toutes sortes. L'armée représente dans ces cas-là un symbole de solidarité d'une partie de la population pour la population toute entière.
Mais pourquoi limiter cette mission à seulement une partie de la population ? L'effort à fournir doit concerner l'ensemble des habitants. Le pays a besoin d'une osmose, d'un lien très fort, entre sa Défense et toute la population. L'attitude citoyenne n'en est que renforcée, par une prise de conscience de l'appartenance à un groupe très large où l'entraide n'est pas un vain mot. Certes, rétablir le service militaire obligatoire qui n'a été que suspendu sous Jacques Chirac- cette fois-ci pas seulement réservé aux jeunes hommes, mais étendu également aux jeunes filles- suppose une réflexion sur sa durée, ses modalités et ses missions essentielles. Les nouveaux défis des temps modernes doivent conduire à une redéfinition des contenus du service militaire qui ne doit pas être réservé à une élite; comme dans de nombreux domaines, les efforts à fournir ne doivent pas être demandés à une minorité qui endosserait en même temps les responsabilités. Les droits et les devoirs doivent concerner l'ensemble de la population. Lorsqu'une catastrophe arrive, chacun compte sur la solidarité nationale, alors pourquoi ne pas demander à chacun de contribuer à la nécessaire cohésion du pays. À l'automne 1974, les agriculteurs du nord de la France ont accueilli à bras ouverts les militaires en particulier ceux du 7ème Régiment de Chasseurs d'Arras venus leur prêter main forte pour sauver une récolte de pommes de terre menacée par de fortes pluies plusieurs jours d'affilée. La disponibilité, la rapidité de la « mobilisation » des hommes ont servi de catalyseur pour régler un problème urgent. L'exemple du sauvetage de patates ne doit pas nous faire oublier que sauver des vies humaines comme dans le cas de l'Australie actuellement est une noble mission directe ou indirecte de l'armée qui possède les moyens logistiques pour repérer les zones à risques par exemple par les voies aériennes.
Au delà de ces considérations, c'est un état d'esprit qu'il faut forger dont chacun est susceptible de bénéficier, c'est comme un retour sur investissement, c'est un croche-pied à l'individualisme qui caractérise les périodes de crise, le chacun pour soi aggravant les effets négatifs des tempêtes économiques ou des éléments de la nature.
Claude SEGARD. Cliquez aussi sur
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