
VERS UNE CRISE DE L'IMMOBILIER EN FRANCE ?
Depuis quelques temps, des échos alarmants nous viennent des Etats-Unis où des prêts ont été consentis à tours de bras à des prétendants à l'accession à la propriété peu solvables. Le manque de moyens financiers des particuliers tourne à la catastrophe lorsque ceux-ci sont obligés de revendre ce qu'ils n'ont pas fini de payer, et cela bien entendu à perte. Le ricochet touche immanquablement les sociétés de crédit et cela oblige les Banques Centrales à intervenir massivement sur les marchés car la spirale est hautement dangereuses pour tout le monde. Faut dire que la bulle enflait de façon démesurée et comme pour toute exagération, il y a inévitablement une fin un jour.
En France aussi, nous avons connu le même phénomène d'envolée des prix d'achat des logements et par voie de conséquence des loyers; le pire, c'est qu'avec des taux d'intérêts assez bas, de nombreux ménages se sont lancés sans grands moyens, donc sans grandes garanties, dans la construction neuve. La Banque Centrale Européenne a déjà dû intervenir plusieurs fois de façon aussi massive qu'aux Etats-Unis. Nous sommes à deux doigts d'une crise grave de l'immobilier ou tout simplement d'une énorme vague à contre-courant. Tous ceux qui ont spéculé vont déchanter car leurs propres revenus ne suivent pas. Pour s'en convaincre, il suffit de prendre en compte le relèvement des taux d'intérêts, ce qui risque de freiner les investissements, d'un autre côté, comment faire autrement car l'inflation menace de repartir de plus belle.
D'un côté comme un autre, c'est toujours une question d'argent : a-t-on les moyens de ses ambitions ou bien a-t-on les yeux plus gros que le ventre ?
La commune de SANGATTE connaît depuis quelques années un accroissement démographique conséquent dû à de nombreuses constructions neuves. On peut et on doit s'en réjouir car cela signifie plus d'enfants dans les écoles, et aussi plus de clients dans les commerces, plus de dotation pour la commune, signe d'un dynamisme globalement évident. Seulement, toute médaille a son revers. Déjà, quelques acheteurs connaissent de grosses difficultés et vont certainement devoir se séparer d'un bien en n'ayant jamais été propriétaires.
Au niveau des locations, surtout pour la saison estivale, le phénomène est le même, certains logements restent désespérément vides et les prix commencent à baisser, signe d'un manque flagrant de clients au point que certains propriétaires ont déjà sérieusement envisagé de louer à l'année. Il y a de fortes chances pour que l'on assiste bientôt à une grande braderie à Sangatte-Blériot-Plage comme partout ailleurs en France.
Tout un chacun a un porte-monnaie, les commerçants aussi. Certains se réjouissent à juste titre d'une journée de braderie devant leurs portes car bien entendu, les affaires marchent. Seulement, dès le lendemain, ils se disent qu'une journée positive ne suffit pas car les charges, elles, courent toute l'année.
En résumé, il en est des braderies comme de l'immobilier: pour que les affaires soient bonnes, il faut faire du chiffre en continu, sinon, les deux mots se rejoignent et on obtient une braderie dans l'immobilier. Ne dit-on pas en France : quand le bâtiment va, tout va ? Dans le cas contraire, le moral est au plus bas surtout quand les solutions viennent à manquer. Acheter sans argent, c'est prendre le risque de ne pas pouvoir assumer ses responsabilités.
Claude SEGARD.
