L’Europe pour ceux qui ont tout ou pour ceux qui n’ont rien ?
C’est parce qu’on a la paix que l’on peut construire l’Europe et non l’inverse, mais de quelle Europe voulons-nous ?
Certains partisans du OUI parlent d’une grande Famille européenne comme s’il y avait toujours une formidable entente mais la plupart d’entre eux n’ont pas de bile à se faire pour leurs retraites, n’ont pas de problèmes d’emploi, parfois même, ils cumulent emplois et différentes fonctions et veulent donner des leçons d’humilité à tous ceux qui souffrent à des degrés divers.
Les petits, les chômeurs, les sans-grade, ceux qui travaillent mais qui ont du mal à vivre malgré tout, les oubliés du progrès – progrès pour qui d’ailleurs, les spéculateurs et cumulards en tout genre ? – n’ont pas besoin d’un respect à sens unique qu’ils devraient aux autres, eux, en tout cas, n’ont rien à perdre.
Cette constitution, c’est tout bénéf pour certains.A chaque nouveau traité, les partisans du OUI disent que les choses vont s’améliorer, pour qui ? Les faiseurs de promesses feraient bien de vérifier s’ils ont tenu les leurs et ce à tous les niveaux.De plus, les décideurs subissent rarement les conséquences de leurs propres décisions.
Ce traité prévoit que les lois européennes primeront sur les lois nationales, cela revient à créer une hiérarchie, une sorte de droit d’aînesse, un ordre de priorité qui n’a pas lieu d’être.
La priorité, c’est la France, notamment en matière de défense.Je n’ai pas envie d’une Europe sous tutelle américaine avec l’Otan et la langue anglaise comme cadre incontournable et irréversible.
Si cela continue, les langues européennes s’effaceront devant le rouleau compresseur anglo-américain.Le petit blériotin, qui baigne dans son patois, le baraclier, sans pour autant négliger le Français, sera-t-il obligé de parler une sorte de basic english pour survivre dans cette Europe de plus en plus libérale et non sociale ?
A l’heure où l’on célèbre la fin de la guerre mondiale et où l’on rappelle avec force que la France et l’Allemagne sont les ciments indispensables de la construction européenne, il est étonnant de voir les langues des partenaires privilégiés s’effacer de plus en plus devant l’anglais devenu le Seigneur à la tour de Babel européenne.
Nous avons besoin d’une Europe généreuse au service des gens, non empêtrée dans le carcan des 3 % de déficit budgétaire maximum « autorisé « par la Banque Centrale Européenne.
La différence de niveaux de vie ne doit pas servir de prétexte à un nivellement par le bas avec la flexibilité comme argument.Les efforts doivent être partagés, pas demandés seulement aux petits, à ceux qui le deviennent ou le deviendront prochainement, surtout avec la directive Bolkestein, les routiers en savent déjà quelque chose.Veut-on supprimer des emplois en France et dans d’autres pays européens pour une fausse solidarité en « permettant « à des ouvriers de l’est de travailler mais aussi de subir la loi de l’argent ?
La France et l’Europe ont besoin de gens qui les servent et non de gens qui se servent et s’en servent pour des intérêts particuliers.
Claude SEGARD.
Professeur d’allemand.
Européen convaincu.
