DE L'ART DE COMMUNIQUER AU SUJET DES MOULIERES DE SANGATTE...
Après le soulagement bien prématuré en juin dernier, le dossier des moulières de SANGATTE n'est décidément pas clos. Les mytiliculteurs normands contestent la décision du tribunal administratif qui considère que l'arrêté leur permettant d'exploîter des moulières était illégal. Si l'on peut s'interroger sur leurs motivations à continuer l'action en justice avec à nouveau une incertitude quant à l'issue de ce dossier, la population de SANGATTE-BLERIOT-PLAGE est en droit de savoir comment on en est arrivé là, car si toute histoire connaît une fin heureuse ou non, elle a forcément eu un début et ensuite un enchaînement où les retours en arrière sont extrêmement difficiles.
Le journal Nord-Littoral de Calais du mercredi 29 août 2007 dernier a très bien retracé la chronologie de ce dossier: si l'enquête publique ouverte par les affaires maritimes le 24 mars 2005 jusqu'au 22 avril 2005 est de type « commodo incommodo et ne nécessite ni annonce dans la presse, ni présence d'un commissaire enquêteur » il n'en reste pas moins qu' »un cahier est ouvert dans la commune pour recueillir les avis des habitants. Il repart vierge de tout commentaire ». C'est justement là que le bât blesse; qui en mairie a réceptionné un dossier aussi brûlant et surtout pourquoi la population n'a-t-elle pas été mise au courant du projet en temps voulu pour pouvoir s'exprimer et même se mobiliser dès sa connaissance ? C'est tout de même fort de café !
Si l'on compare avec une simple course à vélo qui ne dure même pas une journée entière, il y a de quoi être perplexe; en effet, pour un événement de cette importance, un avis est distribué dans chaque boîte aux lettres de la commune stipulant par exemple que tout véhicule gênant aux heures indiquées subirait la fourrière. Et pour un projet de cette envergure touchant nos plages pour de très longues années, la communication a été maigre pour ne pas dire carrément inexistante dans les temps pour permettre à chacun de faire connaître son opinion. On a le droit d'être pour ce projet mais on a aussi le droit d'être contre mais à condition d'être au courant et de pouvoir donner son avis, de façon à ce que la décision du Préfet du Pas de Calais le 4 avril 2006 tienne compte des divers avis et notamment de toutes les réticences, et ne soit pas en présence d'une coquille vide.
La municipalité n'a sans doute pas pris en temps voulu la mesure d'un tel projet, en tout cas, le mal est fait, et si la population ne s'était pas mobilisée avec notamment le Docteur Pascal DUBUS à la tête du comité de défense de la plage de SANGATTE,avec ensuite le ralliement de personnalités extérieures à la commune, une décision nous aurait été imposée sans aucune concertation.
Le plus navrant dans cette histoire où l'on communique à tours de bras après-coup, c'est que les contribuables de SANGATTE-BLERIOT-PLAGE auront à supporter les frais engagés pour défendre les intérêts de la commune mais sans avoir été consultés, et ceci à une époque où l'on peut communiquer avec la terre entière mais pas forcément avec son voisin ou ses administrés. A l'avenir, il conviendra d'être plus vigilant à SANGATTE-BLERIOT-PLAGE certes, mais partout ailleurs aussi.
Claude SEGARD.
