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Publié le 06/02/2008
Par claude.segard
 

COMPTE-RENDU DE LECTURE.

 

« LA GLOIRE DE MON PERE »

DE MARCEL PAGNOL

( écrivain et dramaturge français ( 1895 – 1974 )


   Des souvenirs de sa propre enfance, qui n'en a pas ? La plupart des gens les gardent pour eux ou bien les partagent en petits comités. Une minorité, bien souvent des écrivains, les rassemble en un seul ou même plusieurs ouvrages. Marcel PAGNOL, homme de lettres, reconnu à juste titre pour son talent non seulement à écrire avec élégance mais aussi et surtout à transmettre des émotions, des atmosphères, des paysages et des senteurs, nous fait participer à sa manière au compte-rendu d'une période de sa vie et d'une région oh combien symbolique, la Provence, chère à son coeur.

   Au delà de tous les résumés que l'on peut trouver ici et là et en particulier sur internet, je retiendrai de ce livre éblouissant de sincérité le lien privilégié qui lie un fils à son père; j'en veux pour preuve évidente le titre qui pourrait déjà en lui-même faire l'objet d'une rédaction ou mieux d'une dissertation. Un titre n'est jamais innocent, jamais donné ni choisi au hasard; le choix d'un mot ou d'une expression porte en soi l'idée directrice; ici, il est patent que Marcel PAGNOL voue une saine et franche admiration pour son père qui réussit en particulier à tuer deux superbes bartavelles ( perdrix rouges royales ) lors d'une partie de chasse.

   Un fils fier de son père, quel bel hommage d'une génération à une autre, écrit sur le ton de la reconnaissance pure et sincère.


                                                       

LA GLOIRE D'ANDRE SEGARD PERE.
BLERIOT-PLAGE, COMMUNE DE SANGATTE


   « LA GLOIRE DE MON PERE », comment ne pas penser à son, à mon propre père ? Les années passent à une vitesse folle, c'est un constat que l'on fait volontiers une fois que l'on a atteint comme l'on dit un certain âge. Avec le recul, autrement dit l'âge mûr venant, une prise de conscience s'opère : nous devons tous quelque chose aux générations qui nous ont précédés, et je suis personnellement redevable à mon père de l'exemple qu'il m'a laissé en héritage et en référence.

   Quoi de plus naturel, habitant au bord de la mer, que d'aimer la pêche, d'abord pour le plaisir, mais aussi bien sûr pour manger du frais. Suivant les heures des marées, surtout l'hiver par des températures voisines de zéro, elle demande de la passion et le sens de l'effort. Vouloir atteindre des objectifs nécessite bien sûr une certaine discipline louable à bien des égards vu que de temps en temps si ce n'est assez souvent, il fallait concilier les horaires de travail avec ceux des marées.

   Mon père parlait peu, mais ses longs silences en disaient plus que les plus beaux discours exaltés faits le plus souvent par ceux qui n'ont pas grand chose à dire, tout compte fait. Il ne parlait pas des valeurs, il en avait, tout simplement. Fallait savoir l'écouter quand il parlait du travail et de l'école, deux monuments qu'il vénérait plus que tout. Servir de modèle n'est pas donné à tout le monde, ni même chose aisée, c'est une vigilance de chaque instant, et pour cela, il faut être doté d'une rigueur morale constante, capable de résister à nombre de tentations diverses.

   Une vie remplie de travail et de dévouement, malheureusement interrompue brusquement par un accident de la route; mais là encore, quel courage et quel exemple à suivre ! Quelle énergie après être sorti du coma et des années de rééducation suite aux nombreuses opérations surmontées les unes après les autres. Chaque épreuve physique était l'occasion de montrer une force morale pour surmonter l'adversité et garder la tête haute en tant qu'être humain.

   C'est bien souvent lorsque les personnes ne sont plus là que l'on remarque leur absence, et l'on se surprend à se remémorer des épisodes de la vie familiale entrecoupée de visites et en particulier celles de copains de toujours comme Jean HAMEREL ou Jean DOLBET par exemple, mais c'est surtout Roger ROBBE, compagnon inéluctable de la période tragique de la deuxième guerre mondiale qui a marqué une camaraderie du sceau spécial de la durée et surtout de la fidélité.

   Un esprit de tolérance et de respect comme base à une ligne de conduite où la trahison n'a pas sa place, voilà le vrai droit chemin, celui de la dignité et de l'honneur qui triomphe toujours de la facilité où trop de gens s'engagent sans scrupules aujourd'hui comme hier. Une constance dans les principes, une générosité cachée par une froideur plus ou moins apparente pour ne pas dire un calme olympien, un esprit de sacrifice hors du commun, une humilité, une simplicité à dire que certaines choses se font et que d'autres ne se font pas, voilà une vraie richesse laissée en modèle, et même absent physiquement, être présent par et pour le devoir de mémoire où les souvenirs s'attachent à ne retenir d'abord que le positif et à être ensuite indulgent pour le reste car la compréhension est une forme de respect qui augmente avec le temps, et contrairement à ce que l'on entend assez souvent, le temps n'efface pas tout, il met seulement de la distance entre le présent et le passé et se prolonge inexorablement dans le futur.

   Une vie d'homme public également reconnue unanimement, faite d'humilité certes mais également de vraie conviction à défendre un idéal de justice sociale. N'importe quelle vie s'inscrit dans le Grand Livre de l'Histoire qu'il faut relire calmement pour y voir plus clair aujourd'hui et surtout demain, et la modestie est certainement quelque part une forme de noblesse de coeur. Et si d'autres, proches ou non, t'ont trahi pour des motifs inavouables, sache, toi qui avais une sainte horreur du mensonge, que la vérité finit toujours par percer, c'est une justice à te rendre, dans l'honneur, la fidélité et le vrai devoir de mémoire.

 

Alors, la « Gloire de mon Père », oui, pour le mien aussi.

 

Claude SEGARD.

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Les commentaires
Publié le 07/02/2008
Par Elizabeth de Gémoleron
Pourquoi est on souvent en retard pour dire notre amour, alors que la haine ou la mésentente, se disent plus facilement. Pudeur, je pense, alors si les mots ne sortent pas utilisons nos bras pour aider, pour préparer de bons plats, nos yeux pour lire à nos anciens que les leurs ont lachés, et surtout tenons leur la main, et écoutons les parler de "leur temps" qui n'est pas si lointain.
Famille SEGARD, merci (transmettre à Jean aussi).
Bises.
Publié le 07/02/2008
Par Martin Maertens
Tout simplement chapeau pour l'hommage que vous rendez à votre père, et de jolie façon s'il vous plaît !
Martin.
Publié le 07/02/2008
Par Phil de Boulogne sur Mer
Moi qui ai perdu mon père assez jeune, j'ai eu plusieurs beaux-pères pas très régalants, je vous envie quelque part de pouvoir écrire ce que vous écrivez avec une certaine élégance. Cela fait la troisième fois que je viens sur votre blog et j'y reviendrai assurément car vous écrivez beaucoup ! Ce n'est pas un reproche de ma part mais je lis souvent le même article plusieurs fois pour mieux m'imprégner du contenu qui est riche chez vous!
Phil.
Publié le 07/02/2008
Par Veronique Douilly
Merci Claude pour l'hommage à mon père... Je viens de découvrir par hasard... Et l'hommage au tien... Je te découvre si sensible... Nous avons été voisins si longtemps et nous connaissons si peu. Un grand merci pour mon coeur de petite fille reparti dans des souvenirs blériotins via son père... Bonne continuation.
Publié le 07/02/2008
Par Alphabeta
Ce petit mot pour dire combien j'aurais aimé vous avoir comme professeur d'allemand; avec une générosité pareille, vos élèves doivent vous adorer. On parle beaucoup du prof qui est montré du doigt parce qu'il a giflé un élève qui l'avait insulté. Je trouve que c'est l'élève qui doit être puni, et son père aussi car il le couve trop et ne lui donne pas le bon exemple. Je pense que si les élèves ne faisaient pas de bêtises, ils ne seraient pas punis; le métier de professeur est de plus en plus difficile parce que beaucoup de parents pourissent leurs gosses. Quand j'étais gamin, je ne la ramenais pas large quand j'avais eu une punition, mon père m'en donnait souvent une deuxième pour mee faire réfléchir comme il disait, et je ne suis pas mort pour ça !
Continuez votre blog, il est plein de vérité et de sincérité.
Amitiés d'Alphabeta.
Publié le 08/02/2008
Par Lemaire Nathalie
Si Marcel Pagnol a rendu hommage à son père avec une authentique élégance, je peux vous dire que vous le faites au moins aussi bien pour le vôtre; vous n'êtes pas professeur pour rien ! En plus, vous connaissez plusieurs langues étrangères, c'est un avantage pourmieux saisir la langue française dans toute sa richesse. Je suis d'accord avec Alphabeta, il faut respecter les profs comme les policiers et les gendarmes d'ailleurs, mais il y a trop de parents qui soutiennent leurs enfants et qui contestent les punitions. Mon mari et moi sommes d'accord là-dessus, nous pensons queles profs prennent de bonnes décisions, et si punition il y a, elleest méritée. Il est vrai que le Français est contestataire, mais on ne peut pas tout remettre en question, sinon, où va-t-on ?
Publié le 10/02/2008
Par Cantaron
Très émouvant l'hommage que vous rendez à votre père M. Ségard. Plein d'humilité et de sincérité, c'est poignant. Une belle leçon à ceux de votre famille qui auraient oublié le devoir de mémoire !
Mais entre nous, sont-ils capable de comprendre ? C'est être plus humain qu'eux d'en avoir la conviction !
Sincèrement vôtre.
Publié le 14/02/2008
Par La crevette grise
Bonjour, je suis un ancien de Blériot exilé à Marquise et je me suis amusé à pianoter sur internet pour voir ce qu'il y a sur Sangatte et Blériot, voilà comment je suis tombé sur votre blog. J'ai connu un peu votre famille et j'ai été très étonné de lire tout ce qui s'est passé, surtout avec votre frère André; c'est dommage de voir une belle et grande famille se déchirer comme ça; en lisant l'hommage à votre père, je me dis que votre sens de l'honneur a dû à fleur de peau pour parler de devoir de mémoire. Votre père était très discret, très gentil, je n'ai jamais entendu dire du mal de lui même s'il avait des opinions politiques très marquées; en lisant vos divers articles sur de nombreux sujets différents, je vois que vous êtes aussi diplomate que votre père et aussi fermes sur les principes; je n'ai pas l'habitude de prendre parti dans les affaires des autres, mais je dois vous avouer que je penche de votre côté, à vous et à votre frère Jean car vous n'avez pas peur de dire la vérité sur internet en signant tout ce que vous écrivez; par ailleurs, votre frère Francis est décevant aussi, je l'ai connu à la pêche mais le comble , c'est l'attitude de votre mère, comment peut-on insulter des gens, même pour des raisons politiques ? Vous vous présentez aux municipales, je vous souhaite bonne chance, et j'espère que ça s'arrangera pour votre famille; encore une fois, je n'aurais jamais cru ça; dans un certain sens, vous avez raison de tout dévoiler, les habitants de Sangatte et de Blériot doivent savoir la vérité même si cela n'est pas agréable pour certaines personnes. Personnellement, je suis dans une famille unie et j'ai du mal à imaginer le contraire quand les gens se déchirent. Bon courage.
La crevette grise. Je ne mets pas mon nom, ma femme ne veut pas.
PS : Très belle la poésie la boîte à bonheur, elle est même dans la voix du nord d'aujourd'hui .
Publié le 15/02/2008
Par N.P.
C'est encore moi. Très touchant, cet hommage à votre père, vous avez du coeur, et aussi un sens de l'honneur, c'est beau ! Vous parlez du devoir de mémoire comme Sarkozy, mais ce n'est certainement pas le même en ce qui vous concerne, vous, c'est plersonnel et ancré en vous, cela se sent. Bon courage.
Publié le 20/02/2008
Par Chantal 62
Super hommage que vous faites là à votre père, j'espère que tous les Blériotins et les Sangattois vont comprendre pourquoi il faut voter pour René Lapotre qui n'a jamais insulté personne, lui.
Maintenant, les gens ne peuvent plus dire qu'ils ne sont pas au courant de l'attitude que votre frère André et même votre frère Francis ont eue en famille, et André en politique. Vous avez raison de publier la vérité, ceux qui se prétendent les héritiers de ceux qui ont trahi votre père ne méritzent pas d'être à la mairie. Votre père était un gars super, tout le monde l'estimait à Blériot.
Chantal 62
Publié le 22/02/2008
Par André de Gravelines, ancien Calaisien
Super hommage que vous faites à votre père, bravo ! J'ai travaillé avec votre frère Francis au commissariat de Dunkerque il ya quelques années déjà, je suppose que ne lui ferez pas un hommage du mêe genre; j'ai lu l'histoire de la famille Ségard, c'est vous qui avez raison, Francis veut tout gratuit, il joue de belles sommes au tiercé, et je ne suis pas étonné qu'il a pris de l'argent à sapropre mère; pour André, je suis un peu étonné, il avait quand même un bon salaire, non? C'est vrai qu'il faut beaucoup d'argent pour financer les campagnes électorales, c'est certainement là l'explication, des amis calaisiens et blérotins me l'ont confirmé. Le comble, c'est que Francis se mette maintenant à faire de la politique, en plus, se mettre avec Guy Allemand et Mme Ducloy qui se disent les héritiers d'André à la mairie après s'être insultés pratiquement en public, c'est à mourir de rire ! A Sangatte et Blériot-Plage, les gens ne vont pas tous être dupes de cet arrangement de circonstance; faut espérer que Monsieur Lapôtre soit élu pour faire cesser la supercherie.
Amicalement, André de Gravelines.
Publié le 22/02/2008
Par J.J.
Votre père doit se retourner dans sa tombe à voir ses enfants s'entre-déchirer.Vous avez raison, votre père était un gars bien pour parler familièrement. J'ai été abasourdie quand j'ai lu l'histoire de votre famille; si j'ai bien compris, votre mère a toujours avantagé André de façon exagérée; ma mère aussi avait un préféré mais il n'y a pas eu de débordement; votre frère André a certainement profité de la situation, je n'aurais honnêtement jamais cru ça de lui; en plus, lui et sa femme avaient de bons revenus. Mais dérober 10 briques en 1980, ça fait une énorme somme maintenant; et Francis qui a vidé les comptes de votre mère, c'est le bouquet quand on connaît sa profession, tout ça pour jouer au tiercé, et pas des petites sommes, je l'ai vu au PMU Il est tombé malade du jeu, mais pour jouer, il faut de l'argent !
Si votre père était encore là, il leur mettrait une sacrée correction. On parle beaucoup de la famille Ségard en ce moment à cause des élections, c'est vrai que votre mère avait insulté René Lapôtre que vous soutenez. Je n'ai rien contre Monsieur Allemand, mais je n'ai pas aimé le cinéma des socialistes quand votre frère André est décédé et qu'il a fallu élire un nouveau maire; Madame Ducloy a manqué de tenue et n'a pas montré ses meilleures couleurs, c'est pour ça que je vais voter René Lapôtre et pourtant je ne suis pas de droite, comme on dit, de toutes façons, gauche et droite, ça ne veut plus rien dire. Votrefrère Jean a raison, il faut regarder les personnes. Monsieur Allemand et Madame Ducloy sont à nouveau ensemble, seulement pour les places et les sous qui vont avec, mais tout le monde a compris leur manège.
Encore une fois, bravo pour l'hommage à votre père.
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