CRISE DE L'IMMOBILIER : LA GRANDE BRADERIE CONTINUE.
FAUT-IL VENDRE, ACHETER OU LOUER ?

Il y a déjà huit jours, je publiais un article concernant la crise de l'immobilier en France qui a bel et bien commencé. Le hasard du calendrier nous oblige à nous rappeler que l'histoire se répète. La crise actuelle n'est pas la première et elle résulte comme toujours d'un déséquilibre d'abord financier entre l'offre et la demande, mais elle est surtout due au fait que l'on ne construit pas assez de logements en France à certaines époques pour ne pas dire toujours.
Après la première guerre mondiale, la crise sociale et la pénurie de logements étaient telles que fut votée le 13 juillet 1928 une loi du nom d'un député du Nord, plusieurs fois ministre, Louis LOUCHEUR en faveur de la création des HBM = Habitations à Bon Marché, ancêtres des HLM = Habitations à Loyers Modérés. L'objectif était à l'époque d'en construire 200 000 en plus de 60 000 maisons ou appartements à loyers moyens sur une période de cinq ans.
Cette loi eut un succès indéniable de sorte qu'elle a continué à servir de référence même longtemps après la deuxième guerre mondiale. La crise immobilière actuelle relance évidemment l'intérêt pour des lois anciennes et de celle-ci en particulier pour tenter de faire face à un problème qui risque de prendre de l'ampleur si rien n'est fait. On peut se passer du superflu, on peut se passer de vacances pour limiter les dégâts, mais on ne peut pas se passer de logement ni faire de miracles avec des moyens financiers insuffisants pour rembourser des prêts ou même tout simplement pour payer des loyers devenus inabordables à la majorité tant la spéculation est forte à cause de la faiblesse de l'offre de logements.
La question que l'on peut se poser est de savoir si, après la chute des prix des logements à la vente, on assistera à une chute des loyers. Dans l'immédiat, il est probable que non. Alors, comment échapper à cette logique de loyers très et trop élevés pour de nombreux Français ? Cette crise du logement va de pair avec la montée en flèche du prix de l'énergie, carburants en tête, et l'on va certainement voir se développer la co-location comme se développe le co-voiturage, sinon, bon nombre de ménages et de personnes seules courent à la catastrophe, autrement dit à la faillite.
Les nouvelles données vont contraindre de plus en plus les gens à penser différemment, à savoir s'adapter à la vie chère et donc à trouver des parades pour limiter les dégâts, ne serait-ce que pour faire face aux charges incontournables. Des efforts devront être faits, et le premier sera de ne pas s'engager à la légère dans des projets disproportionnés par rapport au porte-monnaie au risque de perdre plus que ce que l'on espérait gagner. Il est urgent d'attendre que le marché immobilier redevienne plus raisonnable dans un cadre global, notamment celui de l'emploi et des revenus, plus favorable.
Claude SEGARD.
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