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Publié le 28/10/2008
Par claude.segard

LA BOURSE OU LA VIE ?

IL EST TEMPS DE REMETTRE LES PENDULES À L'HEURE !

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   L'heure est grave, c'est ce que l'on entend de plus en plus. Nous venons de passer à l'heure d'hiver mais l'économie mondiale est entrée en léthargie depuis le krach immobilier américain. La crise financière actuelle ne date pas d'aujourd'hui et elle était prévisible, la bulle inflationniste se nourrissant elle-même dans un système on ne peut plus spéculatif. L'endettement à l'américaine pour faire fonctionner l'économie montre à nouveau ses limites surtout dans le domaine du logement, une logique suivie par beaucoup de pays européens, la France en particulier, certes dans une moindre mesure vu que en général les Français sont plus prudents que les Américains, faut dire aussi que les lois françaises en matière de crédit sont plus restrictives. Seulement, surtout après la chute du mur de Berlin et l'ouverture des frontières,l'Euro et la mondialisation sont passés par là sans soupapes de sécurité, de sorte que la moindre secousse aux Etats-Unis provoque aussitôt des remous dans le monde entier.

   Nous assistons en fait à une épreuve de vérité de notre modèle de société, de notre développement basé sur la bourse et non sur le travail. Tous les pays touchés par la crise qu'il faut bien appeler récession essaient de remettre les pendules à l'heure, opération bien difficile non seulement à cause du décalage horaire, mais aussi c'est évident, du décalage dans les réponses pour sortir de la crise qui ne sera certainement pas finie avec le retour à l'heure d'été en mars 2009. La dépression mondiale que certains appellent plongeon s'installe dans la durée. Dans un premier temps, il faut s'attendre à une forte montée du chômage dans la plupart des pays industrialisés même si de nombreux chefs d'état ont bien pris conscience que le « système » ne peut plus fonctionner ainsi et qu'il faut absolument en changer les bases. L'affaire n'est pas simple car le niveau de développement de certains pays accentue la cacophonie dans les mesures immédiates qui sont déjà prises ou envisagées, j'en veux pour exemple la Pologne où il est question de geler les salaires alors que le problème se situe bien au niveau du pouvoir d'achat trop faible des ménages par rapport aux prix !

   Il est vrai que tant que la course en avant de la production, de la répartition des richesses, de la croissance reposait sur une base spéculative, presque tout le monde se prenait au jeu en espérant faire partie des gagnants. La production de voitures par exemple va être très ralentie, du moins interrompue pendant un certain temps ( combien de temps ?) vu que les acheteurs ne se bousculent pas au portillon, mais c'est surtout dans l'immobilier que le phénomène est le plus sensible et où les aberrations sont le plus visible : malgré les besoins en construction de logements, on a trop construit dans certains secteurs géographiques de sorte que les prix des maisons baissent tout comme le niveau des loyers d'ailleurs, les rares acheteurs et locataires en profitant pour négocier à la baisse comme dans la ville du Havre, et même là où il y a encore pénurie de logements, les acheteurs potentiels attendent pour acheter en espérant bien entendu de meilleures conditions, c'est à dire une baisse générale des prix vu que l'offre augmente. Quant à ceux qui n'ont pas ou plus les moyens financiers, soit ils vendent soit ils trouvent d'autres solutions d'attente.

   Attendre, attendre, c'est devenu comme la nouvelle devise de ceux qui ont compris qu'ils pourront faire une bonne affaire si la chute des prix se confirme dans les domaines qui les intéressent et les autres attendent tout simplement que le niveau des prix soit redevenu « normal » par rapport à leurs revenus. A ce propos, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne: en face de la pauvreté grandissante que l'on peut déjà qualifier de misère subsiste l'extrême richesse pas toujours gagnée à la sueur du front. Dans un précédent article, j'ai déjà évoqué le scandale des parachutes dorés où les erreurs de dirigeants sont largement récompensées par des indemnités qui font rêver la plupart d'entre nous tant leurs montants défient toute vie consacrée au travail. Nos députés, toutes tendances confondues, qui se sont d'ailleurs voté il n'y a pas si longtemps une jolie loi comparable leur garantissant un parachute confortable pendant cinq ans en cas de non-réélection, seraient bien inspirés de prévoir des mesures de solidarité pour l'ensemble de la population et non pour une minorité à laquelle ils appartiennent.

   Encore une fois, là où le bât blesse, ce n'est pas qu'il y ait des riches dans les pays riches, et la France en fait partie, mais qu'il y ait des pauvres et d'autres qui n'ont pas envie de le devenir. Pour sortir de la crise qui n'a rien  de virtuel, il ne s 'agit pas de restaurer, de sauver un modèle extrêmement dévastateur quand la machine se met à dérailler, mais d'en trouver un autre à mi-chemin entre le système américain à bout de soufle et un système étatique qui a certes des avantages mais aussi ses inconvénients. Pour conclure, entre deux modèles bancaires extrêmes et les modèles de société qui vont avec, il y a sûrement la place pour des solutions raisonnables qui respectent les gens et leur travail comme dans les pays nordiques par exemple.

 

Claude SEGARD. Cliquez aussi sur       http://blog.ifrance.com/segard.sangatt

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