RÉPONSE AUX LECTEURS, À MM YVES DUCROCQ ET NOËL ISAËRT.
LE PLAN DE RELANCE DE NICOLAS SARKOZY A-T-IL DES CHANCES DE RÉUSSIR ?

À vous deux, chers lecteurs, vous avez résumé les arguments qui ne poussent pas, du moins dans l'immédiat, à l'optimisme. Même si tout un chacun aspire à une sortie de crise, il faut regarder la réalité en face : il ne se passe pas une journée sans que l'on nous annonce une mauvaise nouvelle, la fermeture d'une unité de production avec du chômage partiel à la clef donc une perte de revenus pour les salariés; pire, certaines entreprises sont purement proches du dépôt de bilan.
Nous vivons actuellement une crise de surproduction, d'un excès de « toujours plus » déjà évoqué par François de Closets il y a plus de vingt ans. Coluche expliquait de façon humoristique certes les licenciements par les stocks démesurés que l'on n'arrivait pas à écouler assez vite, il expliquait aussi le retour des embauches par la reconstitution des stocks redevenus insuffisants. À ce petit jeu où les plus faibles ne rigolent pas, l'économie d'un pays, et maintenant du monde entier pratiquement, serait une suite de phases d'expansion et de récession.
Les deux secteurs les plus touchés actuellement et aussi les plus significatifs sont l'automobile et l'immobilier. Accorder une prime de 1000€ aux propriétaires d'un vieux véhicule pour l'achat d'un neuf part d'un bon principe, rajeunir le parc automobile, mais la question est toujours la même : les acheteurs potentiels disposent-ils du budget nécessaire et suffisant pour s'engager, vraisemblablement à crédit, encore que celui-ci est en régression lui aussi.Pour l'heure, le prix du pétrole est à la baisse en signe de recul de la consommation, alors pourquoi acheter un véhicule qui ne roulera pas beaucoup ? Doubler le nombre de « bénéficiaires » d'un crédit à taux zéro pour un achat immobilier relève d'un voeu pieux car c'est admettre que la plupart des Français à revenus insuffisants augmente.
À voir le nombre de pancartes ou d'annonces « à vendre » se multiplier de façon exponentielle aussi bien pour les véhicules que pour les logements et autres bureaux, il n'est pas facile de croire à la réussite d'un plan qui ne concerne qu'une partie de secteurs en crise. Nous n'avons pas encore touché le fond de cette crise due au système financier de modèle américain qui consiste à payer ses crédits avec un ou plusieurs autres crédits, c'est la spirale infernale, la fuite en avant. J'en veux pour preuve que nous sommes sans arrêt sollicités pour accepter un crédit pour tout et même n'importe quoi pour nous faire croire que l'argent est facile alors que nous sommes condamnés à redoubler d'efforts.
Pour conclure, je citerai une phrase pleine de bon sens de ma grand-mère Maria, que nous appelions affectueusement mémère Maria, « quand on n'a pas de sous, on n'achète pas! ». Il ne faut pas vivre au dessus de ses moyens, à condition d'en avoir bien sûr, raison de plus quand on n'en a pas! Pour l'heure, les clients redeviennent les rois surtout en ne se précipitant pas pour acheter, les vendeurs devront casser les prix au point que certains parleront de grande braderie dans tous les secteurs, dans l'immobilier et l'automobile en particulier pour se mettre justement au niveau des moyens financiers des acheteurs.
Claude SEGARD. Cliquez aussi sur
http://blog.ifrance.com/segard.sangatt
