RÉPONSE AUX LECTEURS, RÉPONSE À ANTOINE LEFORT, ANTONIO ET MAGALI.
SUR LES PLANS DE RELANCE DE BARACK OBAMA ET DE NICOLAS SARKOZY.

La crise actuelle, financière d'abord, économique ensuite et par voie de conséquence largement sociale, est mondiale. Si pratiquement aucun pays n'échappe à la récession, les réponses ne sont pas partout les mêmes bien que l'on parle de plans de relance mais ils sont différents dans leurs montants, leurs formes et surtout dans la rapidité de leur mise en oeuvre, dans les pays européens mais ailleurs également. L'Europe n'est pas encore un rempart contre notre dépendance vis-à-vis des États-Unis.
Presque tous les regards sont tournés vers les États-Unis justement où la crise d'abord immobilière a été révélatrice des inconvénients du système spéculatif américain, franchement financière ensuite; en réalité, les deux sont liées et la bulle boursière a fini par éclater, victime de son succès artificiel. La mondialisation toujours plus poussée et l'imbrication inévitable de nos économies avec le géant américain rend les pays développés tout comme les pays dits émergeants dépendants de la moindre secousse aux États-Unis, c'est la loi de la réaction en chaîne.En période euphorique, c'est l'illusion de la croissance économique; par contre, en période de crise, c'est la douche froide et la descente aux enfers de tous ceux qui sont endettés par un mauvais pari sur l'avenir.
Alors, quand la tendance va-t-elle s'inverser ? Les plans de relance de Barack Obama et de Nicolas Sarkozy vont-ils réussir ? S'il faut saluer l'élection de Barack Obama à la tête des États-Unis, il n'en reste pas moins vrai qu'un homme aussi talentueux soit-il ne peut réussir seul, il a besoin d'être bien entouré et bien conseillé car vouloir ne suffit pas; bousculer les habitudes est un défi à relever et il sera difficile à gagner. Barack Obama a promis la création de plusieurs millions d'emplois, ce qui est louable, seulement, les lobbies ne vont pas vouloir lâcher du lest facilement et changer un système purement libéral où les banques et la spéculation boursière jouent un rôle surdimmensionné au détriment du social. En ce qui concerne la France, nous avons la chance d'avoir un modèle social que certains pays nous envient mais qui connaît actuellement ses limites avec la crise car nous subissons au moins en partie les conséquences de la récession américaine. On pourrait souhaiter en France un plan de relance plus ambitieux avec un volet social plus marqué, seulement, la question essentielle n'est pas là.
Eh bien, où est donc la question essentielle ? Dans la place de l'argent et du travail dans la vie de tous les jours. Le modèle américain est basé sur la spéculation sur l'avenir, sur le crédit comme moteur de croissance, sur la confiance basée sur le risque payé par les autres en période positive, en résumé sur la fuite en avant. Suivre ce modèle conduit à la catastrophe dès que la machine déraille car les salaires ne suivent pas les hausses de prix dans différents secteurs et en particulier celui de l'immobilier où l'endettement démesuré entraîne la chute folle de pans entiers de l'économie où l'on voit les désastres provoqués par la rentabilité immédiate de l'argent-roi au détriment de la valeur travail et de l'humain.
Nous sommes malheureusement encore loin d'une régulation des mouvements de capitaux au niveau mondial et d'un système empêchant les abus. Si nous ne changeons pas de logique, nous ne sortirons pas de cette crise au mieux avant trois ou quatre ans car nous sommes encore dans une phase descendante qui durera au moins jusque la fin de cette année, nous aurons ensuite une phase attentiste d'au moins deux ans et c'est seulement après cette remise à plat que l'on pourra espérer une éclaircie. Un de mes lecteurs m'a posé la question de l'avenir pour Calais en particulier, ce sera le même scenario,même Tioxide est menacée.
Pour conclure, nous sommes condamnés à exercer le seul pouvoir qui dépende de nous-mêmes : faire des efforts importants voire énormes, et surtout à ne pas nous engager à la légère dans le crédit démesuré car c'est ce qui aggrave la crise à court ou à moyen terme. Nous devons revoir nos comportements au quotidien et ne pas céder à la consommation aveugle et à n'importe quel prix. Un nouveau modèle social est à créer, avec de l'imagination et de l'organisation, les pays nordiques devraient nous inspirer beaucoup plus.
Claude SEGARD. Cliquez aussi sur
http://blog.ifrance.com/segard.sangatt
