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Publié le 06/03/2009
Par claude.segard

RÉPONSE À UN LECTEUR, À FABRICE

AU SUJET DE L'ENTREPRISE TIOXIDE À CALAIS.

IL N'Y A PAS DE PARACHUTE SOCIAL !


Fabrice,

 

   Dans votre commentaire d'hier sous mon hommage à Monsieur Gaston Lannoy, ancien agriculteur-éleveur de Sangatte-Blériot-Plage, vous me posez la question de savoir si l'entreprise TIOXIDE va fermer. Les 270 employés de l'usine ont raison de s'inquiéter pour leur avenir car les perspectives ne sont pas bonnes, non seulement pour TIOXIDE, mais aussi pour de nombreuses entreprises du Calaisis. A cet égard, il faut souligner que nous sommes dans une crise mondiale et que la situation ne touche donc pas que CALAIS.   
   Dans des articles précédents, j'ai bien indiqué que cette crise va durer au moins quatre ans car les mêmes causes produisent les mêmes effets; nous n'avons malheureusement pas encore touché le fond de cette dépression et le plus déplorable, c'est que pour l'instant, aucune véritable remise à plat du système qui l'a provoquée n'est envisagée. La plupart des pays agissent sur les effets extérieurs et apparents sans prendre le problème à bras le corps; pratiquement partout, il est question de plans de relance sans s'interroger à fond sur les mécanismes qui amènent les crises économiques. Le plus aberrant, c'est que des parachutes dorés existent pour des gestionnaires indélicats généreusement récompensés pour leur incompétence; par contre, il n'y a pas de parachute social pour les salariés qui subissent la loi des actionnaires qui n'ont d'yeux que pour la bourse. Il ne s'agit pas d'opposer les uns aux autres, il s'agit de trouver de nouvelles règles du jeu où l'humain ne serait pas oublié, car c'est bien de cela qu'il s'agit. L'argent-roi, le crédit facile sans garde-fou, la spéculation effrénée à tous les niveaux et par tous les acteurs de la vie économique font des millions de victimes dès que la machine déraille.

   Les entreprises comme les particuliers ont un porte-monnaie; dès que les sorties d'argent dépassent les rentrées, la sonnette d'alarme est tirée et la question de la survie est posée; comme l'on dit familièrement, ça ne peut plus durer comme ça! Une autre logique d'harmonie, de coopération et de développement économique- au passage, on devrait s'inspirer des pays nordiques!- doit être instaurée au niveau mondial, sinon, nous sommes condamnés à revivre des tensions nationales et internationales que personne ne souhaite mais qui réapparaîtront si nous ne changeons pas la donne.
   Aussi bizarre que cela puisse paraître, il faudrait que cette crise s'accélère pour provoquer une réelle prise de conscience que le système bancaire ne doit pas s'opposer à la question sociale. J'en veux pour preuve que la Banque Centrale Européenne vient de baisser son taux directeur et qu'elle envisage un nouveau « geste » à plus ou moins brève échéance, cela signifie que nous sommes bien dans un risque de déflation généralisée ( baisse des prix et même baisse des revenus ! ). La balle est dans le camp des dirigeants de ce monde; en tout cas, il est urgent d'agir non pas pour sauvegarder le système mais pour en construire un autre sur des bases beaucoup plus saines. En attendant, les réalités s'imposent à nous, et les particuliers que nous sommes n'avons qu'un seul choix possible : ne pas nous engager à la légère dans de gros crédits car l'avenir-et les revenus- sont encore incertains.

 

Amicalement, Claude SEGARD.

 

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Les commentaires
Publié le 06/03/2009
Par Ernest
C'est la crise du capitalisme sauvage que vous dénoncez là! Bravo!
Moi, je suis retraité et je n'ai plus de bile à me faire, mais je pense à tous ces jeunes qui démarrent dans la vie avec la perspective du chômage de masse. Vous qui êtes prof, vous devez avoir du mal à conseiller les jeunes, mais je sais que vous tenez le langage du bon sens; il faut faire des efforts, et comme vous l'écrivez, ne pas vouloir tout avoir tout de suite à crédit, car il faut le payer ce crédit ! J'ai connu heureusement une époque où on pouvait quitter un patron pour 5 centimes de plus, maintenant, c'est le contraire, c'est à celui qui paira le moins ses ouvriers, sinon, c'est la porte pour embaucher des ouvriers de l'est près à travailler pour moins cher que les ouvriers français, mais mieux que chez eux. Vous avez raison, il faut un autre système bancaire mondial, sinon, ce sera la catastrophe. Vous qui avez étudié l'histoire, vous savez comme moi que les guerres viennent souvent des crises économiques comme celle de 1929, espérons que les politiques trouveront rapidement un terrain d'entente.
Ernest de Saint-Omer.
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