Voilà la part three, c'est un peu chiant mais bon, je veux pas faire trop décousu, et pis vous êtes habitués si vous lisez mes fics x)
Sarah tapa le code de la porte d’entrée puis attendit l’ascenseur qui la conduirait au 5ème. Le hall n’était pas éclairé mais le gardien la reconnu en passant et la salua. L’ascenseur arriva, vide, l’occasion de s’ennuyer un moment encore. Le voyage s’arrêta, trop court comme d’habitude. Elle se réveilla alors et alla frapper au 51. Puis, comme elle n’entendit pas de réponse, elle tourna la poignée, c’était toujours ouvert. L’entrée était assez étroite, mais une fois franchie, on arrivait dans un vaste appartement, très ouvert. Au centre, deux marches sous le niveau du sol le salon, souvent désert. Au fond la cuisine et à gauche, deux grandes vitres formaient l’entrée du seul coin habité de la pièce. Là, il y avait au mur trois grands écrans au dessus d’un vaste bureau très chargé, divers bouquins, des composants électroniques, deux claviers, un ampli où convergeait une vingtaine de câbles.
À l’extrémité de l’un d’eux, sous son casque, Lucas semblait endormi, les pieds sur son bureau, plongé dans son confortable fauteuil. Sarah baissa lentement le volume du son pour lui signaler son arrivée. Un large sourire l’accueilli lorsqu’il ouvrit les yeux. « Tiens Sarah, te voilà ! » Il la serra dans ses bras une seconde puis débrancha son casque et lui proposa un fauteuil qu’elle refusa. Midnight in a perfect world était à présent diffusé dans tout l’appartement. Exactement ce dont elle avait besoin, un truc calme, merci Lucas. Elle s’appuya contre le montant d’un des vitres et croisa les bras, dévisageant la pièce qu’elle la connaisse déjà par cœur. Lucas, les pieds toujours sur le bureau faisait tourner sa chaise négligemment, les mains derrière la tête. Il avait toujours cet air nonchalant, un peu rêveur et blasé. Ses cheveux courts et ébouriffés et sa barbe mal rasée confirmaient ce caractère presque négligé. Pourtant cette simplicité n’en faisait pas moins un type hors du commun, notamment pour Sarah. Déjà parce qu’il était un de ses seuls amis, forcément quand on tue des gens on en a pas beaucoup. Le voir toujours autant dans les nuages la rassurait un peu à vrai dire, sans trop savoir dire pourquoi.
« Alors ça va, tu t’es remise ? Commença-t-il.
-Oh oui oui… De toute façon je devais le faire. Elle frissonna malgré tout.
-C’est sûr que ces deux là avaient l’air de plus pouvoir être arrêtés, j’suis désolé que ce soit toi qui ait dû le faire mais tu vois, y’a des trucs pour lesquels j’suis doué, et puis le reste…
-Non t’excuse pas, l’interrompit-elle. Même si c’est pas vraiment une fierté pour moi, je comprends bien que tu sois plus doué ici et moi sur le terrain. C’est juste que…c’est dommage d’en arriver là à chaque fois. Bien, ne parlons plus de ces deux là maintenant. »
Ces deux là c’étaient Mickaël Kingston et son oncle Harry, deux salopards qui avaient affaires dans toutes sortes de trafics et opérations louches. Et ils n’étaient pas vraiment inquiétés, Hervé était relativement bien installé au sein de la police et ça, ça leur faisait un alibi en béton. Personne ne faisait attention à rien, pourtant Sarah, un jour au commissariat (après y avoir accompagné un autre enfoiré qu’elle avait amoché), était tombée sur ce Hervé et le bonhomme lui était un peu resté en travers de la gorge. Le type qu’elle détestait, imbu de lui-même et se sentant tellement invincible derrière son uniforme. Quand en plus il avait essayé de la draguer avec ses méthodes de mâle puant la testostérone, elle s’était posé des questions quant-à sa présence au sein de la police. Elle flairait les types louches comme personne. Alors elle en avait parlé à Lucas qui avait commencé ses recherches. Il accédait difficilement à des dossiers de la police mais, il y avait tellement d’autres méthodes. Quand on rencontre une jolie Samantha sur un chat internet, la langue se délie rapidement par exemple, surtout pour ce genre de type. Donc un emploi du temps approximatif était arrivé assez rapidement. Pour remplir les horaires vides, Sarah le filait de temps en temps, de là avaient démarré les recherches sur Mickaël qu’il rencontrait souvent. Là où ils étaient les plus dangereux, c’était justement par le pied qu’ils avaient dans la police, qui leur permettait non seulement de semer le trouble dans la ville et autour, mais en plus de brider les forces de l’ordre de l’intérieur. Ils avaient finalement décidé de les éliminer avant trop de désordre.
Lucas interrompit le silence : « Je veux bien qu’on arrête d’en parler mais avant, j’aimerais quand même que tu me raconte, comment ça s’est passé, pour les deux. On s’est pas vus depuis que t’es partie descendre le vieux l’autre soir. »
Sarah n’était pas vraiment à se vanter de ses « exploits » mais elle pouvait bien lui raconter, au moins à lui. Elle se redressa alors, murmura un vague « O.K. » et alla s’enfoncer dans le canapé au centre de la pièce. Lucas lui servit un jus de citron et fixa son attention sur elle. Elle ferma les yeux et se rappela.
