Pour le Nigeria, les enjeux sont considérables. «Des millions de personnes à travers le monde connaissent notre pays uniquement à cause de ces courriers», s'indigne Nuhu Ribadu, président de l'EFCC. «Notre pays a laissé passer des centaines de millions de dollars d'investissements étrangers car la communauté internationale ne lui fait plus confiance. Les Nigérians ne peuvent même plus passer des commandes par e-mail, car tout courrier venant de notre pays est considéré comme suspect.»
Le pays a été lent à réagir pour traiter le problème: «Nous n'avons malheureusement rien fait pendant longtemps pour lutter contre cette pratique devenue courante», reconnaît-il.
La commission a déjà récupéré plus d'un milliard de dollars extorqués aux victimes, a-t-il précisé. Une cinquantaine de cas sont actuellement devant la justice. Suite à une récente enquête dans la capitale, Lagos, l'EFCC a identifié plus de 1.000 personnes impliquées dans des arnaques; la majorité étant lancée depuis des cybercafés. «On trouve en moyenne 20 auteurs de scams par café».
La situation devrait évoluer car, désormais, les propriétaires de ces commerces locaux, ainsi que les FAI, peuvent être poursuivis suite au vote d'une nouvelle loi. D'ailleurs, à des fins dissuasives, l'EFCC vient de lancer une campagne d'information avec une série d'affiches.







