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Le Blog de Delphine Gaston
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Publié le Lundi 02 juin 2008 à 16:15:16
Par Delphine


On a parfois des surprises sur ce qu'on ne sait pas et ce qu'on sait...
Publié le Lundi 24 mars 2008 à 20:45:56
Par Delphine
Dans la collection des "Essentiels Milan", mon premier ouvrage sur les séries télévisées américaines sort en ce mois de mars 2008.
J'ai été ravie d'écrire enfin un livre sur mon sujet de prédilection. En espérant que ce soit le premier d'une longue série.

Publié le Samedi 17 novembre 2007 à 12:59:46
Par Delphine


Ma dernière publication en date. Deuxième tome des Miscellanées de France et de Navarre (paru en novembre de l'année dernière). Si Claire, ma mère et ancienne co-auteure, n'a pas son prénom au côté du mien cette fois-ci, c'est à mon plus grand regret. Mais, elle est bien présente entre les lignes de ce livre, son esprit voguant de syllabes en capitales. Merci maman.


« Anthologie : recueil de textes choisis, miscellanées d’informations diverses », dit le dictionnaire. La Nouvelle Anthologie de France et de Navarre répond parfaitement à cette définition.
Recueil iconoclaste de faits et d’anecdotes sur la France, ses traditions, sa culture et son histoire, ce livre est le seul où les signes astrologiques des présidents de la République  voisinent avec les mots d’argot ou les épitaphes les plus singulières.
Le lecteur y découvre également la passionnante histoire de la niniche de Quiberon, de la crème de cassis de Dijon ou encore les mots célèbres de l’Histoire de France. De même, le parcours du sabre de Napoléon, les 149 plus beaux villages de France, les proverbes en provençal, mais aussi les fromages de Normandie ou les palais de la République… ce qui fait la petite (ou grande) spécificité française n’aura plus de secret !
Un recueil iconoclaste d’informations futiles et essentielles. Un livre inclassable mais totalement indispensable !
City Éditions, 2007.

http://www.amazon.fr/Nouvelle-anthologie-futile-essentielle-Navarre/dp/2352881129/ref=sr_1_2?ie=UTF8&s=books&qid=1195299800&sr=1-2

Publié le Vendredi 09 novembre 2007 à 10:05:50
Par Delphine


Une réorientation plus jeune du magazine que je rédigeais. Prenant quelques distances, je n'ai signé que quelques pages de cette nouvelle mouture.
Publié le Lundi 15 octobre 2007 à 00:09:00
Par Delphine
Ingrédients :
400 g de crème de marrons
200 g de Sucre
4 œufs
200 g de farine
200 g de beurre
1/2 sachet de levure

Tambouille
Séparez les jaunes et les blancs d’œufs. Montez les blancs en neige.
Faites fondre le beurre. Incorporez la crème de marrons, le sucre, les jaunes, la farine, la levure, les blancs.
Chemisez votre moule (le mien est rond, 27 cm de diamètre) avec du beurre et une bonne dose de sucre.
Cuire 30 mn à 180°C. (Si le cœur n’est pas très cuit, il n’en est que meilleur ! Il ne faut pas, quand même, qu’il soit cru. À tâtons, comme toujours.)

Publié le Jeudi 27 septembre 2007 à 12:34:36
Par Delphine
Ingrédients :
Un peu moins d’1 pot de 750 g de Nutella® (garder le fond du pot pour accompagner une bonne soirée télé ;))
4 œufs
Une poignée de noix de pécan (environ 50 g – comme ça vous chante, en fait)
300 g de farine
2 sachets de levure chimique
2 sachets de sucre vanillé

Tambouille :
Faites ramollir au bain-marie le Nutella®.
Mélangez les jaunes d’œufs et le sucre.
Montez les blancs en neige.
Mélangez l’ensemble en ajoutant les quelques noix de pécan concassées à la main.
Si vous peinez un peu à touiller, détendez avec un chouille de lait.
Je vous conseille de mettre du papier sulfurisé au fond de votre moule (le mien est rectangulaire, 25x18)
Cuire à 180°C pendant 20 mn. Il est meilleur avec un cœur fondant. Plantez votre couteau au milieu pour vérifier qu’il n’est quand même pas trop cru. Au besoin, rajoutez 5 mn de cuisson. Et revérifiez !

Publié le Samedi 22 septembre 2007 à 23:40:12
Par Delphine
Je crois avoir déjà évoqué dans ces pages ma tendance à rejeter, adolescente, tout ce qui pouvait susciter l’intérêt de mes parents. J’ai été une ado, quoi ; même si je ne comprends toujours pas ce qui peut nous pousser à honnir quelque chose – souvent des plus magnifiques de surcroît – sous prétexte que nos géniteurs sont impliqués. Si seulement je pouvais refaire ma vie et faire psy… dans la vie. Et comprendre. Peut-être parce que j’ai entendu toute mon enfance maman et papa se moquer de la psy.
Selon ce principe de refus massif, la première fois que mes parents m’ont traînée à une exposition de leur ami François Hilsum, j’ai rechigné et manifesté mon peu d’enthousiasme à l’égard de cette peinture moderne et abstraite. L’enfance est désarmée par l’abstraction. Elle n’a pas la liberté de l’envisager.  
Les années ont passé, j’ai grandi, mon esprit est devenu plus indépendant. J’ai eu le coup de foudre pour la peinture de François. Il suffisait, il suffit que je regarde nombre de ses toiles pour comprendre pourquoi je vis. Personnellement, mon existence trouve un sens quand j’éprouve. Et rarement mes émotions sont à ce point jaillissantes que lorsque j’entre en contact avec les œuvres d’Hilsum.  
Je l’aime aussi parce que j’en partage le goût avec maman. Intéressant retournement de situation. Pour son dernier anniversaire, il m’est apparu comme une évidence de lui offrir une toile de l’artiste. Je suis allée dans son atelier regarder, choisir celle qui lui était destinée. J’en pleurais presque de plaisir d’être là, au milieu de ce pur art, aux côtés de cet homme adorable et grand, de sa compagne exactement comme on imagine la femme d’un poète. Puis, j’ai trouvé la toile. Évidemment, je n’avais pas tout à fait les moyens de repartir avec l’une de ces colossales créations qui font aussi son génie, mais je n’en aimais pas moins le petit tableau qui allait devenir la propriété de Claire. J’ai appris rapidement que son titre était « Bonheur bleu ». Décidemment, c’était celle qui me fallait. Bonheur comme ce que je souhaitais lui faire effleurer ; bleu comme son regard sans pareil. Je suis la première à me plaindre de ce qui fait le quotidien de ma profession. La proportion des travaux alimentaires inhérents. En sortant de chez François ce jour-là, toutes les heures passées à écrire, sans passion, sur telle star ou tel potin ont trouvé raison de s’être écoulées. L’argent que j’en avais tiré s’était magiquement transformé en œuvre d’art. Œuvre d’art qui, par-dessus le marché, ne quitterait jamais maman.
En ce moment, François expose une grande partie de son travail, ancien et nouveau, dans ce château de la Roche-Guyon (95780). Fin le 14 octobre. Bien entendu, j’en recommande la visite. Donnez-vous la chance de ressentir au moins le centième de ce que j’éprouve, vous vous serez déplacé pour tout.


Publié le Jeudi 13 septembre 2007 à 05:06:36
Par Delphine


Fans de Prison Break, tous à vos kiosques ! D'autant que la saison 2 commence ce soir sur M6.
Publié le Dimanche 15 juillet 2007 à 13:55:15
Par Delphine
J’ai conscience que le mot est galvaudé pourtant ce film est une fresque. Je ne trouve pas d’autre mot pour le définir. Par extension. Au sens figuré. La métaphore picturale pour une  direction de la photographie magistrale. Mon dieu cette lumière ! J’en ai encore les yeux éblouis. Ce qui me plait, c’est l’exagération. C’est trop beau pour être vrai et donc, on voit que c’est faux, que c’est du cinéma.  Exactement ce que ce film est : du cinéma. Comme la vie de cet homme qui n’est que mensonge, faux-semblant, scénarios et mise en scène. Agent secret ou acteur ? L’un ne pouvant pas aller sans l’autre, De Niro use de ce prétexte pour délivrer un regard, presque testamentaire, sur sa profession de comédien, sur son univers du 7ème art. En la matière, le choix de Matt Damon est une preuve supplémentaire : il est trop beau. Trop beau pour jouer cet individu de l’ombre, lambda malgré son pouvoir. Les acteurs ont un physique souvent beaucoup trop agréable pour jouer des hommes ordinaires. Idem pour Angelina Jolie qui, en plus de son patronyme, affiche une sensualité et une plastique insolentes. Quel mortel peut s’enorgueillir d’avoir une femme comme Angelina ? Si ce n’est Brad Pitt, autre extra-terrestre et ami de Matt Damon… Vraiment, ce film ne parle que d’Hollywood ! Ce qui le rend deux fois plus riche, racontant l’histoire fascinante – mais peu fouillée : je le répète, je ne pense pas que ce soit le sujet – de la CIA au premier plan. On entend souvent que les services secrets américains subventionnent l’industrie Hollywoodienne pour faire leur pub. Est-ce également la volonté du réalisateur de suggérer ce fait ? De l’influence des services secrets américain sur l’histoire mondiale. De l’influence du cinéma américain sur l’histoire mondiale. On redemande à être manipulé quand c’est fait avec tant de brio. Finalement, c’est le dupe-citoyen-spectateur qui a tout le pouvoir. Usez de ce pouvoir d’aller vous faire embobiner par Raisons d’État.    
Publié le Jeudi 12 juillet 2007 à 19:59:08
Par Delphine


Le numéro 2 est en kiosques !
Publié le Lundi 09 juillet 2007 à 10:39:59
Par Delphine

Je me demande si quelqu’un qui n’écrit pas un tant soit peu est à même de goûter la saveur de ce film. J’irais même plus loin : ne faut-il pas avoir été biographe soi-même pour entrer dans la psychologie de cet homme ? Comme lui devient quasiment son sujet – l’excentrique Howard Hughes – plus le film avance. Car c’est vraiment ça être biographe : s’oublier et renaître dans la peau d’un autre. Au péril de son équilibre mental parfois. Pour tous ceux que le thème laisse froids, Faussaire vaut aussi pour son retour historique, son regard satirique sur le monde de l’édition, la truculence de son second rôle, la farce des situations et l’inventivité (« vraie ») de l’arnaque. L’histoire ne dit pas si cette biographie de biographe est le résultat d’une imposture ! Toujours est-il que je ne me suis pas senti volée en sortant.  

Publié le Samedi 07 juillet 2007 à 11:22:53
Par Delphine
Lorsque j’ai décidé de faire vivre ce site en y postant des chroniques, j’avais l’intention de faire des critiques de films et non de téléfilms… En parlant de The Lookout, c’est ce que je sens devoir faire. Sans pouvoir d’ailleurs expliquer pourquoi j’ai ce sentiment qu’il aurait été plus à sa place dans la grille de la fin d’après-midi d’un jour férié de M6 que sur un grand écran de cinéma. Ce n’est pas que ce soit très mauvais, le thème de la mémoire et son absence étant plutôt dans mes prédilections, donc gardant mon œil attentif. Seulement le manque d’envergure de l’ensemble le range dans un mode de consommation immédiate et son souvenir disparaît pas plus tôt le générique de fin lancé. Réussi pour un film qui traite de l’amnésie.
Publié le Samedi 07 juillet 2007 à 10:37:19
Par Delphine

Je suis très partagée. Je n’ai pas pris de plaisir à voir ce film unanimement salué. Je me suis ennuyée, hormis lorsque l’histoire iranienne est – un peu trop – simplement expliquée. Je n’ai éprouvé aucune sympathie pour le personnage principal, qu’elle soit enfant, adolescente ou jeune adulte. Je n’ai pas accroché à l’univers graphique général, quoique certaines images soient assez poétiques, j’en conviens. Le problème est que ce qui m’a majoritairement déplu est sans doute le message principal de Persepolis. À savoir finalement que, quel que soit l’environnement dans lequel elle évolue, une jeune fille reste une jeune fille comme les autres. Et là, on n’échappe pas au catalogue de clichés. Marjane grandit dans un pays où ses proches sont exécutés mais elle reste une petite fille agaçante de curiosité ; ado, elle s’exile seule mais fait une crise carabinée comme majorité de ses semblables, premier chagrin d’amour obligé ; elle rentre ensuite dans son Iran natal devant vivre selon les lois insupportables des intégristes mais déprime  car son mariage n’est pas un conte de fées. Etc. Pourtant l’existence en elle-même de ce film est la preuve que Marjane Satrapi n’est pas une femme ordinaire, j’aurais voulu le ressentir davantage à l’écran.  

Publié le Jeudi 28 juin 2007 à 01:10:25
Par Delphine

Ocean’s 13 m’a porté malheur… La réalité a dépassé la superstition : j’y ai laissé mon téléphone portable. Outre cette perte fâcheuse, que je n’ai pas l’excentricité d’imputer au film ou son numéro prophétique mais seulement à ma négligence, je n’ai pas grand chose de manifeste à raconter à propos du troisième volet des aventures de la bande à Clooney. L’esprit et l’ambiance des précédents sont conservés, mais une certaine paresse se fait sentir. La réalisation est à son minimum syndical (échelon Soderbergh quand même) et le charme de George et Brad est naturel, donc pas besoin de faire beaucoup d’effort à ce niveau. L’histoire n’est pas passionnante. Al Pacino s’est sans doute fait remplacer par une doublure. Les blagues de potaches ne sont pas vraiment inspirées. Reste quelques séquences d’humour au second degré souriantes. Si le but était de transmettre au spectateur que les 13 d’Ocean étaient un peu usés de monter des arnaques brillantes et qu’ils préféreraient que l’âge de la retraite ne soit pas repoussée, c’est réussit ! L’ennui et l’usure sont rendus à la perfection. Si telle n’était pas l’intention, pas de quoi revendiquer un treizième mois.  

Publié le Mercredi 27 juin 2007 à 10:39:12
Par Delphine

Le nom de Jacques Vergès est devenu une espèce de marque déposée. Un peu comme on dit un Picsou pour un avare, on dirait un Vergès pour un avocat galeux. En stylistique, on appelle ça une antonomase. En cinéma, cela s’apparente à un coup marketing. Ce n’est pas critique quand je dis ça. Je constate simplement que ce doc bien orchestré et intéressant, quoiqu’un peu long, ne présente pas exactement ce que son titre annonce. À savoir un portrait de Jacques Vergès. Encore une fois, ce n’est pas tout à fait grave car il permet au spectateur de faire le plein de culture historique, option terrorisme, tout le temps de la seconde moitié du XXe siècle. Ce qui ne peut jamais nuire. D’ailleurs si, comme moi, vous n’avez aucun vernis sur ce sujet, vous avez intérêt à vous accrocher et ne pas relâcher l’attention une minute. Il faut suivre ! Sur le personnage, je regrette que l’on ne retire que cela : il est l’enfant métisse de pays colonisés alors cela explique qu’il ait défendu des terroristes indépendantistes. Je caricature, bien sûr, mais pas tant que ça. On comprend aussi qu’il l’a souvent fait pour l’amour de femmes. C’est sans doute pour cette raison que l’objet fil rouge de ce documentaire est le cigare. Il doit falloir chercher une symbolique là derrière… À la fin du film, un trombinoscope de tous les dictateurs qu’il a défendu. Cela n’apporte rien. Si ce n’est la confirmation que l’auteur est passé, selon moi, à côté de son sujet. 

Publié le Dimanche 24 juin 2007 à 11:16:33
Par Delphine
Pour se marrer devant ce film, il faut être soit fatigué, soit désespéré. J’étais un peu les deux. J’ai rigolé. Il y a parfois des jours où l’on a une envie presque physiologique de rire, comme s’il en était question de survie. Comme si du volume des décibels que l’on sortait de son thorax dépendait le bien qu’on se faisait. Il fallait que je me bidonne, alors je me suis exécuté. Avec le recul, je mesure à quel point cette réaction était symptomatique et non profonde, car il n’y avait pas de quoi se réjouir de ce film bête à pleurer, plutôt, facile et vulgaire. Pourtant la mid-life crisis chez les hommes est un sujet intéressant et pas si souvent exploité. Évidemment, là, pour se sentir concernée, c’était encore plus balaise que pour Shrek (voir ci-dessous). J’ai été faible, aussi, parce qu’amadouée par Travolta. Il suffit qu’on me mette Travolta devant les yeux pour que je me transporte dans Grease, La Fièvre du samedi soir ou encore Pulp Fiction et Volte Face, et là, ça suffit à faire mon bonheur. J’ai été faible aussi parce que j’ai pu me raccrocher à une brindille d’autodérision face au personnage du geek qui se fait tatouer une pomme sur le bras en Apple addict qu’il est (et que je suis un peu) et qui hésite à partir en virée s’il n’est pas certain de trouver des bornes WIFI sur le parcours. Forcément, je me marre car dix minutes plus tôt, j’expliquais à Sylvaine que je me renseignais sur le Club Med, pour enfin prendre des vacances, mais que j’avais des réserves parce que tous les villages n’avaient pas… le WIFI ! Ah, on rit de se voir si tarte en ce miroir de toile… même sous les traits d’un cinquantenaire désespérant. La bonne nouvelle est qu’il est celui qui rencontre le grand amour à la fin. Et que si je trouve personnellement l’équivalent masculin de Marisa Tomei, je me dis que ça méritait bien d’appartenir à cette catégorie, voire même d’aller se faire tatouer un MacPro entier !    
Publié le Dimanche 24 juin 2007 à 10:23:07
Par Delphine
Décevant. Juste moyen en fait. Un, parce que là où les créateurs avaient misé sur la dérision et presque l’incorrect, il n’y a plus vraiment, dans ce trois, d’audace. C’est devenu gentil comme un Disney. Deux, parce que même s’il y a des gags amusants, ils sont parachutés sur un terrain narratif plat et flasque, sans aucun rythme comique. Trois, parce que la production a voulu encore un peu plus le consensus. Ce Troisième  est un Shrek des familles. Ce qui n’est pas un défaut en soi mais explique que je n’y aies pas complètement trouvé mon compte. Même si je l’ai vu avec ma mannmannn ! Il est clairement pour les gamins, pour les ados aussi – et là je dois dire que, passionnée que je suis par toute la fiction adolescente, j’ai apprécié – et pour les (jeunes) parents – dont les préoccupations sont bien éloignées des miennes et dont les ressorts n’ont donc aucune prise sur moi – qui se reconnaissent dans cette angoisse de Shrek, puis son bonheur dégoulinant, à l’arrivée du premier chérubin. Je n’ai plus qu’à mûrir et devenir une adulte responsable, qui fait des trucs normaux d’adulte, pour savourer enfin ce Shrek… C’est le monde à l’envers ! Far Far Away…
Publié le Mercredi 20 juin 2007 à 16:13:03
Par Delphine


Aujourd'hui est paru le numéro 2 du magazine que j'écris, R&B Addict.
Publié le Mardi 19 juin 2007 à 12:44:42
Par Delphine

J’ai dix ans. Je sais que c’est pas vrai mais j’ai dix ans… Mais si, c’est vrai, dès que je me retrouve devant un film comme Spider-man, j’ai bien dix ans. La même naïveté, le même émerveillement, la même rafraîchissante simplicité. D’accord, c’est manichéen. D’accord, c’est perclus de bons sentiments, vecteur d’une idéologie presque religieuse, bien éloignée de mes conceptions, pourtant. J’ai envie de laisser tout cela et dire que le jeune Spider-man-Peter Parker montre que le côté obscur de l’homme n’est pas forcément où il paraît à première vue. Ce n’est pas tandis qu'il se laisse submerger par ses émotions négatives, qu’il porte sa mèche rebelle et enfile son costume noir que Spidey est mauvais. Il l’est davantage quand il est tout ce qu’il y a de plus humain : lorsque obsédé par sa propre personne, il néglige la douleur de Mary-Jane, lorsque grisé par l’enthousiasme populaire, il fanfaronne et fait le paon, embrasse une jolie groupie à la barbe de sa véritable petite amie, lorsque se sentant menacé dans son travail, il écrase avec autosatisfaction son concurrent. Comme il s’agit de cinéma, d’un film de super-héros, tout est bien qui finit bien et la mentalité du garçon évolue vitesse V capitale. Ce qu’on appelle du cinéma fantastique…

 

Publié le Mardi 19 juin 2007 à 11:50:47
Par Delphine
Rien que la voix du narrateur James Gandolfini et je suis en immersion totale dans un océan de bonheur cinématographique. C’est ça d’être une inconditionnelle de Tony Soprano. La présence de Travolta n’est pas non plus pour me déplaire. Il est bon, en plus. Costaud. La plongée en cette fin des années 40 est divertissante. Mon utilisation de ce mot peut paraître surprenante au regard d’un film qui se veut noir. Pourtant, malgré tout, le pathos du veuvage, des suicides, de la peine de mort, de la folie, des scènes macabres, Cœurs perdus est divertissant : une bonne histoire, des acteurs talentueux, une reconstitution soignée… J’ai passé un bon moment, me faisant oublier mes tracas, sans pour autant avoir ressenti assister à un chef-d’œuvre. Il n’y a pas beaucoup de surprises dans ce film. Si ce n’est le portrait brossé d’une femme – Salma Hayek étonnante – purement diabolique (ou simplement amoureuse ?), comme on en voit peu. Il y aurait des pages à écrire sur sa psychologie. Cette qualité du film est à double tranchant car à la fois elle en fait le sel principal tout en étant sacrifiée ou plutôt noyée dans les à-côtés de l’histoire. Le personnage méritait un long-métrage à lui seul. En voilà une bonne idée de spin-off !
Publié le Samedi 09 juin 2007 à 01:13:57
Par Delphine
Je crois que pour trouver un intérêt à ce film, il faut qu’il soit le premier vu, de sa vie (il vaut mieux non plus ne pas avoir suivi de séries). Sinon, pas une seule minute est originale (à part sans aucun doute la coupe d’Al Pacino, elle, décoiffante). Toutefois, tout le monde ne cherche pas à être surpris en allant au cinéma, ça se respecte. Si vous êtes capable de vous étonner qu’un serial killer puisse se servir d’une jeune complice (qu’il a séduite), à l’extérieur de la prison qui le retient, pour échapper à la peine de mort – en gros tout le suspens du film est contenu dans cette phrase – alors vous accrocherez peut-être. Ceux qui suivent mes chroniques ciné savent que je n’en suis pas au premier (et que je ne suis pas en reste question séries) et concluront d’eux-mêmes cette bien pauvre critique. Je l’ai voulue à l’image de 88 minutes
Publié le Mardi 05 juin 2007 à 00:30:16
Par Delphine
Quand on assiste aux avant-premières avec, en présence, l’équipe du film, les pauvres comédiens, qui peinent à trouver quelque chose de très original à dire, systématiquement assurent que le film auquel ils ont participé est un « voyage ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Pas la moindre idée, dans la plupart des cas. Mais Zodiac, oui, est un voyage. Il est rare que je me sente ainsi transportée par un long-métrage. La réalisation y est pour beaucoup. Elle est faite de telle sorte qu’on a l’impression d’y être. Voyage dans le temps également puisque la représentation des années 70 est parfaite et ne paraît jamais artificielle. Idem pour la salle de rédaction du journal où l’intrigue se joue pour une grande partie, on semble en faire partie. Idem pour la crim’. On a l’impression d’être aussi dans la peau des flics. Alors, on se promène, passant d’un jour à l’autre, d’un patelin à l’autre, d’un homme à l’autre. Car Zodiac est un film sur les hommes (la gent masculine) et là encore ils sont brossés avec une finesse et une intelligence peu communes. Dans tout cela, finalement, l’intrigue policière reste au second plan. De toute façon, si j’ai bien compris, il s’agit d’une histoire vraie qui n’a pas été clairement résolue. Les polars qui ne connaissent pas de conclusions franches perdent un peu de leur sens. Mais ce n’est pas important. On s’en fout de savoir qui a tué et pourquoi. Le fait est qu’on s’y perd tant la forme mérite à elle seule toute notre attention. Tout ce qui nous passionne c’est la passion de ces personnages à percer les mystères et la passion que met le cinéaste dans sa pellicule. Je sors de là, je ne me sens pas volée. Et je m’interroge sur cette expression à connotation péjorative : « Il fait du cinéma ». Elle devrait n’être utilisée que dans le registre du compliment. Y a-t-il meilleure chose à faire que du cinéma ?
Publié le Dimanche 03 juin 2007 à 12:13:23
Par Delphine
À côté de moi, une espèce de furieuse bruyante qui, chaque minute, fait le commentaire de son effroi ou de son sens de l’humour satisfait. Des cris, des onomatopées, des éructations des « Oh my god ! », alors qu’elle est aussi française qu’on puisse l’être, des « Jesus ! », prononcés « Jizeusse », comme de bien entendu. Évidemment, ce contexte n’est pas idéalement propice à la bonne appréciation d’un film. Quoique… Black Snake Moan étant l’histoire de névrosés, bien atteints, ma voisine collait parfaitement au sujet. Comme s’il s’était agit d’une nouvelle technique de marketing : dans chaque salle, on infiltre un vrai patient de psychiatrie pour que le spectateur se sente plus proche des personnages de fiction qui se déchaînent à l’écran. Intéressant. Donc, un film sur des ploucs de l’Amérique profonde (j’adore), barrés, qui se retrouvent et entament une thérapie de groupe, d’une certaine manière. Quand on aime la réflexion psychologique et le thème des rapports à l’autre, comme votre servante – sans oublier l’idée de musique salvatrice –, Black Snake aurait pu être fait pour moi. Seulement si les acteurs n’en faisaient pas des kilotonnes, conduisant malgré eux le film à n’être qu’une sorte de pastiche. Ce que Scary Movie peut être à Scream, lui-même déjà caricature du genre. Pourtant, on tout de même de Samuel L. Jackson et Christina Ricci, loin d’être les pires de la profession. Black Snake Moan montre qu’il n’y a pas de mauvais sujet, qu’il y en a même de très prometteurs, mais qu’il peut y avoir de sacrés mauvais films. 
Publié le Jeudi 31 mai 2007 à 09:23:47
Par Delphine
Évidemment, quand on prévoit d’aller assister à la projo de Superman et que, faute de place, on finit devant Les Chansons d’amour, le grand écart psychologique met plus que le temps des pub à être échauffé. S’il en fallait encore une preuve, je ne suis pas une spectatrice Télérama. J’aime lire ce magazine et son esprit, c’en est d’autant plus amusant. Références cinématographiques mises à part, puisque je n’ai pas de culture encyclopédique en la matière, Les Chansons d’amour est intéressant. Très bien joué, surtout naturellement, usant de diverses idées, qui ne passent pas pour artificielles, pour casser une mise en scène qui craint d’être routinière – j’ai, par exemple, apprécié le traitement du décès du personnage incarné par Ludivine Sagnier – et multipliant des thématiques inépuisables (le travail de deuil, le flottement de l’identité sexuelle, l’incommunication, la famille, l’adulescence, l’amour-l’amitié…) traîtées avec finesse, sensibilité et humour, malgré le pathos inhérent au sujet. Le problème, de taille quand il s’agit d’une comédie musicale ou ce qui s’en rapproche, est que les passages chantés m’ont paru misérables. Un texte à la hauteur d’une rédaction de 5ème, une musique à faire couaqué le mot qu’on puisse l’utiliser pour désigner un tel crincrin. Vous aurez compris que ce n’était pas toute la musique que j’aime. Mais qu’est-ce que cela apporte qu’ils se mettent à en pousser une lorsqu’il serait passionnant qu’ils parlent ? Peut-être même auraient-ils eu un texte brillant à jouer. Ça arrive. Oui je sais, maman, que cet espèce de discours intérieur donne à entendre les sentiments refoulés à la barrière de la langue. On extériorise en chanson ce qu’on ne peut pas dire. C’est tout le fond de l’expression artistique. S’attaquer à cette question met le réalisateur face à une réaction doublement personnelle, tout art ne pouvant entraîner qu’un réflexe subjectif. Ainsi, une fois n’est pas coutume, je ne dirai pas quel navet mais je n’ai pas aimé. Pas de quoi en faire une chanson.  
Publié le Lundi 28 mai 2007 à 09:42:08
Par Delphine
Du grand spectacle. Les derniers mois, tous les accessoires, qu’ils soient vestimentaires, décoratifs ou bijoutiers, ont intégré, plus ou moins stylisée, la tête de mort dans leurs collections. Au-delà de ma tendance de fashion victim et de fille à faire enrager sa maman – ça ne lui plaît pas du tout l’imprimé squelette –, je me sentais de façon surnaturelle attirée par le tee-shirt tête de mort mania. J’ai d’ailleurs succombé. Et devrait porter la chose avant qu’elle ne devienne complètement has been, ce qui ne va pas tarder d’arriver. Maintenant, j’ai compris pourquoi il me le fallait. Je suis un pirate ! Je tiens à remercier Johnny Depp, Gore Verbinski, Keira Knightley, Orlando Bloom, Walt Disney… de m’en avoir fait prendre conscience. Je déconne pas. Au-delà d’un divertissement spectaculaire, bien mené, riche ; d’une interprétation deppienne… comment dire… bon, je suis fan de Johnny Depp et alors ? ; du charme romantique d’un couple Bloom-Knightley craquant ; de l’album d’images magnifiques ; d’un humour burlesque ; de passages spirituels ; de réflexions métaphysiques… oui, au-delà de toutes ses qualités qui font de ces 2h45 un moment magique de cinéma populaire mais ambitieux et respectueux ; au-delà, la symbolique politico-historique, la fresque humaine, la psychosociologie sont passionnantes. Pirates des Caraïbes 3, c’est l’universalité prise en sandwich entre une tranche d’effets spéciaux et une autre de marketing, servie avec un cornet de pop-corn. C’est la révolte des opprimés, des mis aux bans contre le pouvoir établi, persécuteur, et dictatorial. L’allégorie du pirate est intéressante car elle rend idéalement l’imperfection humaine. Ces brigands sont moches, crades, filous, imparfaits, des Hommes donc, mais sont prêts à mettre leur vie en danger, leurs intérêts en commun, leur couardise entre parenthèses pour défendre leur trésor : la liberté. Allez, je vais de ce pas hisser mon tee-shirt tête de mort à ma fenêtre et moi aussi rejoindre la résistance.
Publié le Samedi 26 mai 2007 à 10:42:56
Par Delphine
Inadéquation totale entre notre emploi du temps et la programmation des Halles, nous avons été contraintes d’aller voir L’École des dragueurs, obscur film américain dans le genre comédie régressive, que seul l’Orient Express ose mettre à l’affiche. À se demander si L’École des dragueurs n’aura pas fait que deux entrées en France : celle de maman et la mienne. Si d’aventure j’ai sur ce blog des lecteurs récidivistes, ceux-là mêmes doivent finir par se demander pourquoi je passe mon temps à aller voir sciemment des navets et pourquoi je ne m’abstiendrais plutôt pas. Je suis découverte : j’aime aller au cinéma pour aller au cinéma. Surtout si c’est un film américain. Un peu léger, ou d’action primaire. De plus, que serait un mardi sans cinéma en début de soirée ? Ce serait à peu près comme une crêpe sans Nutella, je dirais. Donc, nous sommes, cette semaine, allées voir L’École des dragueurs… Les journalistes qui sont en train de lire ce texte comprennent exactement que je suis en pleine démonstration de déformation professionnelle : je fais du signe sans rien dire parce que je n’ai rien à dire sur le sujet mais qu’il faut quand même que je dise quelque chose. Mais en fait, non. Je ne suis pas obligée ! On ne me paye pas pour rédiger ce blog. 
Publié le Mardi 22 mai 2007 à 00:27:44
Par Delphine

Conversation entre deux steppeuse dans mon cours :

- Sinon, ce week-end, je suis allée voir La Faille.

- Oui ! Moi aussi !

- C’était bien. Quels formidables acteurs ! Les joutes entre eux…

- Oui, vraiment bien.

Mais pourquoi suis-je aussi méchante ? Parce que pendant que mes collègues parlaient de leur coup de cœur cinématographique, j’étais justement en train de me demander ce que j’allais bien pouvoir écrire sur ce film que j’avais vu la veille. Avec l’intention de ne pas être très élogieuse. D’abord, je trouve qu’il y en a marre de voir Hopkins en méchant monsieur. Ça ne marche plus. Il fait davantage penser à un vieux bisounours qu’au bras droit de Satan. Que son personnage choisisse une femme moins jeunette s’il ne veut pas qu’elle le cocufie. Pour un film qui relate un crime passionnel, on regrette que si peu de nerf s’en dégage. C’est mou, c’est long, c’est plat, c’est ennuyeux, complètement dénué d’imagination et de suspens. Et puis, le proc’ idéaliste, qui a à peine l’âge d’être en deuxième année de droit, n’est pas là pour élever le débat. Ou aller contre cette vieille ritournelle de la fiction américaine qui veut qu’aux États-Unis, pays de la recherche capitaliste décomplexée du plus gros salaire, seul le procureur préfère sa mission sainte au pognon. C’est beau, c’est noble. Mais pour la finesse, on reviendra. Afin de flouter son schématisme, le scénariste a distribué à chacun de ses personnages un défaut et une qualité. Insuffisant à leur donner une profondeur. Il est dangereux d’appeler un film La Faille. Cela aide les critiques non inspiré(e)s à trouver une chute… 
Publié le Jeudi 17 mai 2007 à 21:33:04
Par Delphine
J’espère que le scénariste ne joue pas au poker parce que s’il est aussi prévisible à une table de jeu, il doit y laisser son slip régulièrement. On pourrait avec difficulté faire plus convenu que ce film. On est capable d’anticiper chaque scène, dialogue, rebondissement, résolution avant qu’ils aient lieu. Alors pourquoi Lucky You m’a, somme toute, assez plu ? Peut-être parce que ma privation de cinéma en ce moment me rend indulgente. Sans doute parce que la joueuse en moi se laisse emporter par le thème. Probablement parce que la relation compliquée à la figure paternelle me parle. Ce fils recherche maladivement dans les cartes à pénétrer la psychologie de son géniteur et en devenant son digne héritier dans cette activité obsessionnelle, il trouve un moyen détourné pour se créer une filiation. La communication entre eux ne passe que par le seul biais du poker, leur unique chance de se retrouver en présence l’un de l’autre c’est de jouer l’un contre l’autre. Et c’est déjà énorme. Finalement, tout le reste autour n’est qu’accessoire. À commencer par la bluette entre Drew Barrymore et Eric Bana qui n’apporte rien à l’histoire. Il était inutile de sortir un personnage féminin aimable pour montrer que le jeune homme avait une sensibilité, sous ses dehors de monomaniaque du brelan d’as. Puisque c’est justement sa vulnérabilité qui le conduit obstinément dans cette salle de casino. Si ce n’est qu’une relation sentimentale pose la question de sa potentielle future propre paternité : sera-t-il le même père que le sien l’a été ? Le problème du schéma parental se dessine en filigrane. Que fait-on des cartes qui nous ont été distribuées ? C’est heureux, comparativement au poker, la vie c’est moins de hasard et plus de libre arbitre.
Publié le Lundi 14 mai 2007 à 13:04:54
Par Delphine

Conversation après projection. Richard nous énonce les trois impératifs du film d’horreur :

- Le tueur ne meurt pas du premier coup.

- La victime est une blonde avec des gros seins qui détale en allant s’enfermer dans le seule pièce sans issue (genre salle de bain), souvent à l’étage.

- Il faut une scène de répit, avec un peu de sexe.

C’est pas faux. Mais, alors Hitcher ne répond absolument pas à ces critères. Cela pourrait être signe d’une émancipation salutaire à des codes éculés. Pas une seconde. Car finalement, rien ne remplace ces éléments et le film est un vide scénaristique d’1h30. Puis, il est vendu interdit aux moins de 16 ans, alors on se dit qu’au moins il y aura de la frousse et du sang. Mais pas du tout ! Et pour que je dise ça, moi, âme sensible à tendance abstentionniste, il faut que l’angoisse soit du niveau de l’interdiction aux plus de 106 ans. Et cardiaques. Bref, si vous aimez l’hémoglobine, n’y allez pas. Si vous aimez les blondes, n’y allez pas (même si la petite Bush des Frères Scott, brunette, est mignonne avec sa microjupe en jean et ses bottes mi-mollet en daim). Si vous aimez le beau mâle, cool, comme seuls les teen movies américains savent en dénicher, le cheveu moyennement propre, le jean qui dégringole et la barbe de trois jours… n’y allez pas. Le petit ami est moche comme un cochon d’Inde qui aurait rencontré un homme des cavernes. Si vous aimez sursauter de surprise, n’y allez pas. La seule surprise est, à la fin, de constater qu’on est resté jusqu’au bout. Si vous voulez que votre petite amie se pelotonne contre vous pour se sentir en sécurité, n’y allez pas. Ou piquez-lui son pull et demandez en douce au machiniste qu’il augmente la clim’. Si vous aimez les tueurs psychopathes au regard glaçant et la réplique tranchante, n’y allez pas. Sérieux, mon voisin de palier me fout plus la trouille que leur blondinet décoloré (prix de gros sur le peroxyde, le flic est méché aussi) avec ses yeux de navet. Allez-y, si… Non, n’y allez pas.
Publié le Samedi 12 mai 2007 à 21:37:46
Par Delphine


Il est sorti aujourd'hui mon fameux magazine sur les séries télé. Je vais commencer à travailler au deuxième numéro, pour une sortie prévue le 7 juillet. Je suis, bien entendu, ouverte à toutes les suggestions. Les avis de lecteurs et passionnés de séries me permettront de chaque fois l'arranger. Je suis très contente de cette aventure qui me permet de réfléchir et écrire sur un sujet qui, depuis toute gosse, retient une grande partie de mon intérêt. Le paysage de la presse spécialisée sur les séries a poussé mon éditeur à faire le choix d'une direction éditoriale orientée assez jeune. Cela n'était surtout pas une raison pour manquer d'exigence. Parfois, certains groupes de presse, sous prétexte qu'ils veulent s'adresser à des adolescents, considèrent leurs acheteurs avec mépris et condescendance, sont "gnan-gnan". J'ai voulu éviter cet écueil. J'ai fait, en outre, en sorte qu'un public plus large puisse s'y retrouver. To be continued... comme on dit dans le jargon épisodique.  

Publié le Vendredi 11 mai 2007 à 08:49:59
Par Delphine
Je n’ai pas vu le I. Si j’ai bien compris, Clerks passait pour une savoureuse réussite du cinéma indépendant américain. Un outsider. En effet, on doit retrouver dans le II l’humour et le politiquement incorrect qui avaient fait la distinction du I. On ne peut pourtant pas dire que Clerks II sorte des sentiers battus et passages obligés du genre buddy movie. Ajoutée à cela une causticité finalement assez entendue et calibrée. Enfin, dans le genre film à sketches certaines scènes sont, il est vrai, plutôt efficaces en terme d’amusement. Les personnages secondaires ne sont pas hilarants. À part peut-être le petit jeune très demeuré, fan du Seigneur des anneaux, qui, ce n’est pas un hasard, est présent dans les bonnes séquences du film. Sinon, c’est le personnage de Randal qui vampirise l’ensemble et porte le film. Son personnage est une réussite scénaristique, car il est exactement comme il doit être : plouc américain sans ambition ni avenir, exorcisant sa solitude en étant graveleux au possible et paradoxalement intelligent spirituel au deuxième degré, presque cultivé et sentimental. J’ai regretté l’homophobie de l’ensemble. J’ai bien compris qu’il s’agit de « dénoncer » l’homophobie primaire d’une catégorie socioculturelle, mais à force de la montrer un peu abusivement et sans finesse, le message de stigmatisation est un peu noyé. Dommage. Sinon, rien de bien original sur l’adulescence et les angoisses des ados attardé, la trentaine dépassée. Leur entrée dans l’âge adulte avec enfant et petite entreprise n’est pas non plus du domaine de la création de génie. Toujours est-il que ce II donne envie de voir le I. Une réaction à double tranchant, à l’interprétation ambivalente : est-ce qu’on en redemande ? Est-ce qu’on se demande s’il n’y a pas eu ratage à la seconde commande…
Publié le Samedi 05 mai 2007 à 11:59:55
Par Delphine
Je crois me souvenir m’être interrogée dans un précédent article sur le double tranchant du film pastiche ; du moins « autodérisoire », pourrions-nous inventer pour la circonstance. Sous couvert d’autodérision, peut-on donner, impunément, au spectateur à voir un manuel complet du parfait scénario. On aurait pu rebaptisé Love… « La Comédie sentimentale pour les Nuls ». Sous-titre : « Écrivez votre premier scénario à la manière des auteurs les plus paresseux d’Hollywood ». Sous-partie : « Les Subtilités du genre simili anglais ». On bouffe donc 1h30 de situations, dialogues téléphonés mais c’est pas grave… c’est pour la bonne cause de l’autodérision ! Entre parenthèses, la mise en abîme du cinéma qui parle de cinéma est également une tarte à la crème à elle seule. Tous ces petits désastres évacués, Love… n’est pas déplaisant, il est même distrayant si on est d’humeur à laisser ses facultés de jugement sur pause, un moment. On est presque tenté, en sortant, de se jeter sur son Mac et entreprendre l’écriture d’une petite histoire racontant les mésaventures sentimentales d’une célibataire endurcie, de son beau voisin, de son attachement pour son couple d’amis homosexuels, de sa sœur volage, de son grand-père vieux beau et riche, de sa copine bientôt mariée mais en constante recherche d’amour et d’attention, de son autre copine lesbienne et manipulable, de la troisième terrorisée par la simple idée de solitude… Puis, on se dit que ce n’est pas si facile que cela en a l’air et qu’on aurait bien besoin d’un exemplaire de « Devenir écrivain pour les Nuls ». 
Publié le Jeudi 03 mai 2007 à 12:47:01
Par Delphine
Fans de Nicolas Cage, nous sommes à la fête cette année. Next est un peu moins décalé que Ghost Rider, si je peux me permettre ce jeu de mot. Parce qu’il est bien question de décalage dans Next. De décalage horaire. Puisque le héros ne vit jamais dans le temps présent, ayant quelques minutes, ou parfois heures, d’avance sur le commun des mortels. Le film n’a pas grand intérêt, n’arrive pas à la cheville d’un quart d’heure de 24, et est vomitif dans son histoire d’amour. On rigole. J’ai rien contre les différences d’âge et comprends que le coup de foudre ne commence pas par enquêter au bureau d’état civil avant de faire son œuvre, mais Nicolas, il va falloir qu’on te mette dans les pattes des petites nanas un peu plus de ta génération, à des fins de crédibilité. Parce que la Jessica, avec ses 18 ans d’écart et ses  bouclettes de petite fille modèle, on a envie de lui dire que des garçons de son âge, il y en a aussi de très bien et de très virils. Alors que tu ferais un si beau couple avec Julianne Moore, Nick. Bref, le côté bluette de Next, avec images vaporeuses et sentiments chevaleresques, ferait presque passer Un automne à New York pour un chef-d’œuvre du genre. Mais c’est divertissant malgré tout. Et il y a Nicolas Cage. L’acteur du décalage. Ce type-là, il vient d’ailleurs, il est au-dessus. Il a une vision. Parce que pour se laisser coiffer comme ça, diriger comme ça, porter des vestes comme ça, il faut être au-delà de l’autodérision, et au moins dans l’omniscience pour saisir qu’il n’y a aucun risque à être ringard. Tant qu’on est un ringard magnifique. 
Publié le Mercredi 25 avril 2007 à 10:47:03
Par Delphine
Il faut croire que les prix étaient attractifs à la dernière quinzaine du cliché. Ainsi, l’auteur-réalisateur de J’veux pas que tu t’en ailles a pu s’en sortir à moindre frais. Rien ne nous est épargné sur l’image du psy, de ses patients, rien sur le mariage, l’adultère, le tout est bien qui finit bien. Bien qui finit bien dans le sens où le sacro-saint mariage est sauf. Ouf. Vous me direz, la lourdinguerie est presque écrite dans les règles du boulevard. Je rétorquerais soit, mais que le rythme aussi, et que ce film est aussi punchy qu’un encéphalogramme plat. Je ne voudrais pas que le psy fasse du Christian Clavier et comprends que sa retenue honore sa fonction. C’est bien d’ailleurs par la seule qu’il l’honore. Retenue que Berry joue tellement bien qu’on en vient à se demander ce qui est du ressort de la composition ou de l’ennui mortel. Il n’empêche qu’il y a une différence entre gesticulation et énergie comique. Il faut dire que le texte à jouer ne motive pas à donner de sa personne. Julien Boisselier est bien. Bien mignon. Il est vrai beaucoup plus sexy et attirant que le bedonnant, chiant et indisponible légitime. Alors pourquoi la Godrèche fait pourtant le choix de ce dernier ? Et vous, pourquoi ne gardez-vous pas toujours un pot de Nutella dans votre placard ? 
Publié le Samedi 21 avril 2007 à 10:16:18
Par Delphine
Dans les génériques, les sociétaires de la Comédie française sont signalés comme tels. Pendant le déroulement de celui du Candidat, au début, on sourit de voir que le casting du film en est truffé. Finalement, après coup, on comprend mieux. Ou du moins on se dit que ces comédiens du Français étaient tout à fait à leur place dans ce film à l’esthétique très proche du théâtre. En disant cela, je ne sous-entends absolument pas que le réalisateur aurait failli à sa mission de cinéaste pour verser dans le théâtre filmé, ce qui est, au demeurant, chiant à périr. Il a plutôt insufflé à son long-métrage des images, des poses, des lumières qui renvoient à une certaine idée de théâtre. L’éclairage est magnifique dans le Candidat et rend parfaitement, sensiblement, intelligemment compte des deux faces d’ombre et de lumière de la vie (politique). Dans cette tragédie antique, il y a le héros, rongé par ses doutes, les traîtres, la cour hypocrite, opportuniste et docile, la femme instable, l’ingénue, le palais, le chœur – le téléviseur étant son représentant moderne –, le sacrifié… Les Grecs, les Latins, Shakespeare, Racine étaient-ils modernes ? Assurément. Ou n’avons-nous pas évolué depuis ce temps où les grands dramaturges creusaient la psychologie des Hommes. Notre espèce est-elle ainsi faite qu’elle diffère des singes et de celle suivante mais qu’elle est une entité immuable malgré le temps qui passe ? Les décors ne sont plus les mêmes, les outils, les apprêts… néanmoins les types d’Hommes demeurent inchangés. Et cette universalité, cette intemporalité sont très bien mises en scène par Niels Arestrup. Quant à Yvan Attal, il est grand, jouant le mal-être avec vérité, l’autorité avec maestria, l’émancipation dans la retenue, une bombe à retardement vous donnant froid dans le dos tout en provoquant un élan de satisfaction. Ce qui m’a plu également : l’auteur utilise les clichés de l’imaginaire politique, ne servant que d’exposition. Il n’est jamais dans la dénonciation caricaturale et poujadiste. La politique n’est finalement qu’un prétexte pour faire l’étude de portait d’un personnage. La lenteur, le calme, le temps pris sont d’ailleurs les indices que la politique et ses habituelles gesticulations ne sont pas centrales. Le Candidat est aussi une belle variation sur la thématique du condamné et par conséquent, plus largement, sur la liberté. Inutile d’enfermer des gens dans une prison pour faire passer ce genre de message. Arestrup empreinte malgré tout à la fiction carcérale la séquence obligée du dead man walking, cet homme qui marche, dans le couloir de la mort, vers son destin funeste. L’avancée du Candidat dans le hall de la de la chaîne de télévision au jour du grand débat fait mal dans le bide. C’est parce qu’il transforme une question société, d’actualité en œuvre artistique que ce film est une réussite. Le sujet n’était pas sexy pourtant Le Candidat attire. Arestrup a tout compris à la politique.    
Publié le Mercredi 18 avril 2007 à 10:15:03
Par Delphine
Navet intergalactique. Sylvaine avait bien résumé la situation si ce n’est que c’était avant le début du film et qu’on aurait pu l’accuser d’avoir des préjugés. Si ce n’est qu’intergalactique… Je doute que si intelligence extraterrestre il y avait, elle produirait tel navet. Pascal et Richard, eux, avaient annoncé, après projection, de belles images. Absolument pas d’accord mes très chers amis. Je n’y ai trouvé aucune esthétique visuelle, voire même un relent carton-pâte des séries Z de science-fiction des années 80, pour ne pas dire fin des années 70. J’y allais aussi pour le huis clos, thématique qui me passionne et qu’un voyage en vaisseau spatial ne peut que favoriser. Rien de remarquable. À peine une scène et demie de bagarre entre un cocker et un pitbull. À moins que c’est été deux hommes. Alors, on se dit que le psy n’aurait pas dû se sacrifier parce qu’il était de loin l’élément vital de l’équipage. Oui, parce que l’idéologie douteuse de Sunshine tendrait à établir une espèce de hiérarchie d’importance entre les Hommes. Qui doit mourir pour que vive qui de droit ? Sympa. J’ai une idée : faisons mourir ce film pour qu’un autre prenne sa place à l’affiche.  
Publié le Dimanche 15 avril 2007 à 10:11:07
Par Delphine
Halle Berry joue comme un pied. Devant sa prestation, on est pris du fantasme de traverser l’écran pour lui foutre une baffe si d’aventure, dans la scène suivante, elle nous resservait le regard exorbité et larmoyant dès qu’elle doit faire passer une émotion, quelle qu’elle soit. Ce qu’elle ne manque jamais de reproduire. Mais elle présente bien, on ne peut pas dire le contraire. Quant à Bruce Willis – qui présente très bien lui aussi, de toute façon, là, je manque complètement d’objectivité ; à classer dans la catégorie des Nicolas Cage et Hugh Grant – c’est un peu comme s’il jouait en dehors du film. Il est fantomatique. Je propose qu’on organise une grande quête à son attention, car il doit avoir sérieusement besoin d’argent pour tourner dans des Dangereuse séduction. Toujours est-il qu’on apprécie son effort de composition : ce n’est pas si souvent qu’il joue les séducteurs triomphants et pétés de tune. L’intrigue n’a aucun intérêt, elle est embrouillée et ne mérite pas une minute qu’on cherche à la débrouiller. On reste le temps du film à regarder les images, passivement, distraitement sans jamais entrer et accrocher. On préfère rester à l’extérieur, plus près de Bruce. La multiplication de personnages soupçonnables, histoire de créer un suspense, est artificielle et inutile. La pseudo scène torride entre Berry et Warrick – ah oui, non, c’est pas les Experts… –  donc entre Berry et son ex, sous le regard envieux et dissimulé de Giovanni Ribisi – qui ne peut pas s’empêcher de jouer les pervers lorsqu’il en a fini avec les débiles légers – est ridicule. On se dit : « L’intention est-elle vraiment de lorgner du côté de Basic Instinct ? Pas possible… » On avait bien compris que le bon copain, un peu geek, donc forcément frustré, craquait pour sa collègue. On a d’ailleurs de la peine pour lui dès qu’elle s’approche un peu trop près de lui, la salope. Ainsi le réalisateur devait vouloir suggérer une tension sexuelle entre eux. Raté. La blessure secrète de l’héroïne abusée sexuellement étant enfant est encore plus convenue. Le chat porno sur le net est grotesque – le plan de haut sur les mains de Berry tapant sur le clavier, répétitif. De surcroît, on se demande comment Willis peut diriger une boîte comme la sienne, être marié et passer son temps connecté au réseau – en plus avec une supposée nana tellement ordinaire qu’on peine à croire qu’il en soit tout émoustillé, lui qui ne serre que des bombes. La morale de l’histoire, paranoïaque et pas franchement originale, est qu’Internet vous manipule, pénètre dans votre intimité, peut tout savoir de vous – le fameux « Google is watching you » – mais qu’il faudrait presque encore plus se méfier des voisins, qui mâtent aussi sans avoir besoin d’ordinateur ni de connexion ADSL. C’est vrai que ça fout les jetons… Quand je pense que des gens m’ont vu regarder Dangereuse séduction. Les boules. Il y aurait de quoi me faire chanter.   
Publié le Dimanche 08 avril 2007 à 15:58:35
Par Delphine

C’est quand même pas de bol. J’aurais pu beaucoup aimé ce film. Mais pas une minute je n’ai cessé de penser à Truman Capote, sorti quelques mois avant et traitant exactement du même sujet. L’ironie est que j’ai l’impression d’avoir préféré le second. Je dis « impression » car je ne me souviens pas vraiment du premier. Néanmoins, je m’en rappelle encore assez pour avoir été perturbée à la projection d’hier. Tout cela n’est pas très clair, je l’accorde. Étant donné qu’il s’agit d’une histoire vraie, on ne devrait pas être gêné de l’avoir déjà vue-entendue, elle pourrait même avoir été lue, puisque le film raconte le processus d’écriture d’un livre archi-célèbre. Pourtant, je l’ai été. Et finalement, je me dis que cela aurait été préférable que les deux long-métrages sortent avec moins d’intervalle. Ainsi la comparaison n’aurait pas été parasitée par l’effort de mémoire.

Laissant cela, j’ai le sentiment d’avoir préféré le comédien incarnant Capote de Scandaleusement célèbre. On a tellement glosé sur le précédent qu’il en était devenu agaçant. On le sentait trop dans la performance d’acteur, il asphyxiait son personnage. Le petit nouveau, au contraire, réussit à être exactement naturel dans la démesure exigée. On peut saluer également le travail du chef opérateur, Sigourney Weaver dansant le twist et l’inélégance de Sandra Bullock mais contester quelques partis pris de réalisation convenus et inutiles. Pourquoi ces témoignages des amis comme dans un documentaire ? Avec des comédiens ayant la même apparence que dans le film qui est en train de se dérouler ? Le personnage ne devrait pas avoir besoin de cet artifice pour être psychologiquement compris du spectateur. Pourquoi faire un plan répété sur une montre pour exprimer que le temps passe ? Pourquoi faire parler et cadrer sur le personnage qui écrit une lettre quand le destinataire en fait la lecture ? Plein de détails comme ceux-là, un peu simplistes, qui sont en totale inadéquation avec la finesse du personnage. Scandaleusement célèbre est un film un peu niais sur un personnage extraordinairement brillant. Après, toute la question est de savoir s’il vaut mieux ça ou le contraire.  
Publié le Vendredi 06 avril 2007 à 13:20:22
Par Delphine
Je ne suis pas militante communiste. Juste eu peut-être la chance d’avoir des parents communistes, comme on dit. Mon père s’est détourné du parti depuis de longues années maintenant, bien avant même que j’aie l’âge d’avoir une conscience politique. Être la fille de l’ancien maire – communiste de surcroît – n’a pas toujours été facile à porter. Mais sans doute aurait-il été autre chose que cela n’aurait pas été plus simple. Par réaction contre lui, j’ai renié cette culture politique ancrée en moi, comme un temps j’ai rejeté les livres parce qu’ils me le rappelaient trop. Aujourd’hui, je suis publiée, j’écris pour vivre et me passionne de débats et autres émissions politiques ou de société, pense à m’engager. Je suppose que c’est ça devenir adulte : arrêter de faire des choix parce qu’ils vont à l’encontre ou dans le sens de ce qu’attendent ses parents. Être adulte, c’est aimer ce qui nous plaît vraiment, au profond. Débarrassée de mes blocages psychologiques, la curiosité décomplexée et tenant à être à la hauteur de la publication – à deux reprises maintenant – d’extraits de mon blog dans le forum des lecteurs de L’Humanité Dimanche, j’ai voulu assister au meeting de Marie-George Buffet, dimanche, à Bercy. Pour voir. Entraînant maman dans cette lubie, notre journée prenait des allures d’école buissonnière. Des embouteillages entravaient ce périple initiatique, nous avons arrêté la voiture et sauté dans le métro. L’ironie de l’histoire est que la rame qui nous acheminait au pays de la défense des travailleurs, des syndicalistes mobilisés, du service public renforcé était celle-là même qui avait laissé à quai le conducteur au profit de l’électronique. La ligne 14 ne fait pas grève. Elle ne crée pas d’emplois non plus. Arrivées sur l’esplanade du Palais Omnisport de Paris-Bercy – que nous avions fréquenté la dernière fois pour entendre chanter Elton John, moyennement – nous gravissons les nombreuses marches placées là comme pour mettre à l’épreuve la motivation des visiteurs. La prise de Bercy. Dehors, quelques groupes de militants discutent et fument une cigarette. Il y en a toujours pour rester dehors. Après tout, on attend du parti qu’il soit dans la rue. Nous entrons et nous dirigeons vers la tribune où Bernard Hugo nous a réservé des places. Ancien maire de Trappes (pendant trente ans) et ami de la famille, il m’a donné les bonnes infos. Nous sommes agréablement surprises de constater que le POPB est quasi plein. Cela rassure sur l’implication des gens. Difficile de me rendre compte de la classe d’âge. Sur le gradin où nous nous trouvons, bien sûr il y a les vieux de la vieille mais aussi de juvéniles minois. Il fait chaud. Des drapeaux s’agitent. Au milieu de ceux rouges du PCF, beaucoup arborent les couleurs de l’arc-en-ciel, étendard de la communauté gay. Ça me plait. Au-dessus de la tribune, un carré d’écrans géants permet à chaque spectateur, d’où qu’il se trouve, de voir plus en détail les intervenants. Notre petit retard nous projette directement dans le dossier européen. Plusieurs eurodéputés de différents pays viennent apporter leur soutien à la candidature de Marie-George Buffet. Ils le précisent dans leur langue et se laissent traduire par un interprète. Toutes les interventions de l’après-midi sont également retranscrites en langue des signes. Nous le constatons à l’écran. Après les Européens et le témoignage émouvant d’une Africaine, viennent les jeunes. En rang serrés, sémillants et accrochés à une longue banderole comme au temps glorieux de la lutte contre le CPE. Une porte-voix de ces jeunes concernés a été choisie pour intervenir. On comprend tout de suite pourquoi : elle a un avenir certain dans la harangue des foules. Un malicieux slameur fait une démonstration tout aussi convaincante. On peut l’applaudir. Et ce les deux fois où il prend la parole, la seconde se faisant accompagner d’une brillante contrebassiste apportant poésie et finesse à cet ensemble hétéroclite