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Le Blog de Delphine Gaston
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Publié le Samedi 17 octobre 2009 à 11:07:35
Par Delphine


Une véritable encyclopédie en 365 jours. Connaissez-vous les abréviations les plus utiles ? Les couleurs des pierres précieuses ? L'interprétation des rêves ou la composition d'un orchestre symphonique ? Cet Almaniak inattendu vous fera découvrir chaque jour une information, une explication indispensable pour épater vos amis ou tout simplement élargir vos connaissances.
Publié le Mardi 06 octobre 2009 à 00:18:20
Par Delphine


C’est un lupus ? Un wegner ? Une sarcoïdose ? Ou alors une autre maladie rare ? Il n’y a que le docteur House et son équipe pour remonter la piste et résoudre les plus étranges mystères médicaux.
Bien sûr, il est odieux, méchant avec ses proches et franchement déplaisant avec les patients, mais Gregory House est avant tout un médecin génial.

Voici le premier guide indispensable pour retrouver le caractère de chien de House et l’esprit de la série. Chaque épisode est détaillé avec les cas médicaux traités, les dialogues les plus odieux et les plus drôles, les insupportables manies de House, et pour aller plus loin, les symptômes et les diagnostics médicaux expliqués.
Le manuel idéal des fans du docteur House…

Le guide complet de la série, vivement déconseillé aux hypocondriaques !

Publié le Vendredi 11 septembre 2009 à 08:34:14
Par Delphine


Les vampires sont parmi nous ! De Edward Cullen à Lestat en passant par les créatures qui peuplent les films ou les séries comme Buffy, le mythe est, plus que jamais, bien vivant.

Depuis des siècles, les suceurs de sang, princes des ténèbres immortels sont une source inépuisable d’œuvres, de mythes et d’inspiration. Quels sont les véritables pouvoirs des vampires ? Est-ce qu’il est possible de les tuer avec un pieu ou de les faire fuir avec de l’ail ou un crucifix ? Quels sont les plus célèbres vampires dans les films et les livres, et quelle est leur histoire ?

Avec ce livre, véritable petite encyclopédie, découvrez l’univers fascinant des vampires et leur longue histoire.

De A comme Ail à Z comme Zombie en passant par C comme Carpates et D comme Dracula : histoire, mythes et légendes du monde des vampires.

256 pages / Prix : 14,90 €
Publié le Lundi 22 juin 2009 à 16:54:58
Par Delphine


Pourquoi dit-on « le talon d’Achille », « bayer aux corneilles », « toucher du bois », « avoir le cafard », « faire le pied de grue », « filer à l’anglaise », « être au septième ciel » ou « mettre la puce à l’oreille » ?

Certaines expressions populaires françaises sont tellement entrées dans le langage courant que nous ne nous posons plus la question de leur sens initial ou de leur origine.

Et pourtant, ces expressions, très imagées, sont le résultat de notre histoire. Avec humour et rigueur, ce petit dictionnaire détaille l’origine et la signification de centaines d’expressions issues de notre vie quotidienne.

Des expressions à tire-larigot pour ne plus parler français comme une vache espagnole et connaître la langue sur le bout des doigts : l’affaire est dans le sac !
Publié le Mercredi 06 mai 2009 à 10:10:06
Par Delphine


Règnes, batailles, coups d'état, guerres, armistices, mariages, traités, etc : l'Histoire de France est une suite passionnante d'événement et donc de dates permettant de comprendre ce qu'est la France aujourd'hui.
Des dates que l'on ne connaît pas forcément ou bien que l'on a souvent oublié. Savez-vous quand Clovis a été proclamé roi ? Pourquoi la guerre de Cent Ans a-t-elle duré de 1337 à 1453 ? Que s'est-il passé le 22 juin 1940 : l'armistice de Pétain ou la déclaration de guerre ? Les 27, 28 et 29 juillet 1830 : pourquoi appelle-t-on ces jours, les Trois Glorieuses ? Quand Napoléon a-t-il abdiqué ? Et que s'est-il passé à Marignan en 1515 ?
Publié le Mercredi 06 mai 2009 à 10:05:49
Par Delphine


Pourquoi Paris est-elle devenue la capitale de la France en 508 ? Qu’il y a 1 200 différentes espèces animales qui cohabitent à Paris (dont trois espèces de reptiles !) ? Savez-vous que la tour Eiffel pèse plus de 10000 tonnes ? Et pourquoi les bateaux-mouches s’appellent-ils ainsi ? Que la vigne de Montmartre remonte à l’époque gallo-romaine ?

Cet ouvrage promène le lecteur dans la Ville Lumière, assurément la plus belle cité du monde.
C’est une balade dans l’histoire et les particularités de cette ville qui, de tout temps, a fait chavirer les cœurs des visiteurs et des habitants.

Un recueil iconoclaste d’informations à la fois futiles et essentielles. Un livre inclassable et totalement indispensable !

Des miscellanées indispensables aux amoureux de la capitale.
Publié le Mercredi 06 mai 2009 à 10:03:19
Par Delphine


En quelle année a eu lieu la bataille de Marignan ? Et le théorème de Pythagore, c’est quoi déjà ? Savez-vous conjuguer le verbe « aimer » au plus-que-parfait ? Pouvez-vous citer les principales œuvres de Flaubert ? Et les numéros des départements français, vous les connaissez ? Mais où est donc Ornicar, cela vous rappelle quelque chose ?

Ce livre s’adresse à tous ceux qui ont oublié (même un peu) ce qu’ils ont appris à l’école.
Un véritable mémo pratique avec tout ce qu’il faut absolument savoir sur le français, les maths, les sciences physiques, la biologie, l’histoire et la géographie. Indispensable pour réviser des connaissances de base… et ne pas paraître (trop) idiot devant ses enfants !


Un véritable mémo de tout ce que chacun est censé avoir appris à l’école… mais que nous avons bien souvent oublié !

Publié le Lundi 23 février 2009 à 10:08:43
Par Delphine


Comment doit-on accorder le participe passé avec le verbe « avoir » ? Pourquoi conjuguer un verbe à l’imparfait plutôt qu’au passé simple ? Est-ce que les mots « apogée », « armistice » ou « éphéméride » sont masculins ou féminins ? Quand doit-on utiliser le point virgule ? Et les accents sur les lettres ?

Dans ce guide pratique, vous apprendrez à déjouer les pièges et à surmonter les difficultés du français, et notamment :
- Tous les accords
- Les conjugaisons
- Les curiosités orthographiques de la langue
- Les pièges des homonymes et les mots à ne pas confondre
- Les bons usages et les astuces pour les retenir


Publié le Lundi 23 février 2009 à 10:05:35
Par Delphine


En 110 jeux et exercices, ce sont les bases de la gastronomie mondiale qui sont passées en revue avec humour.
Révisez vos connaissances en cuisine… avec gourmandise !
Publié le Mardi 25 novembre 2008 à 11:00:43
Par Delphine


Que vous reste-t-il de vos souvenirs d’école ? Avez-vous gardé un niveau correct ou bien êtes-vous devenu un véritable cancre ?

Vérifiez vos connaissances avec ce cahier de vacances et surtout, détendez-vous tout au long de ces 130 exercices à la fois drôles et intelligents !
Français, histoire, géographie, sciences, maths et beaux-arts… une petite révision de culture générale s’impose. D’ailleurs, connaissez-vous encore les départements et leurs chefs-lieux ? Les grandes dates de l’Histoire de France ? Les tables de multiplication ? Comment se conjuguent les verbes irréguliers ? Et qui a écrit La Légende des Siècles ?

Evidemment, pour ceux qui sèchent, il y a toujours la solution des corrigés….

Le Cahier de vacances pour les cancres : pour réviser ce que vous avez appris (ou pas) à l’école tout en s’amusant !
Publié le Lundi 02 juin 2008 à 16:15:16
Par Delphine


On a parfois des surprises sur ce qu'on ne sait pas et ce qu'on sait...
Publié le Lundi 24 mars 2008 à 20:45:56
Par Delphine
Dans la collection des "Essentiels Milan", mon premier ouvrage sur les séries télévisées américaines sort en ce mois de mars 2008.
J'ai été ravie d'écrire enfin un livre sur mon sujet de prédilection. En espérant que ce soit le premier d'une longue série.

Publié le Samedi 17 novembre 2007 à 12:59:46
Par Delphine


Ma dernière publication en date. Deuxième tome des Miscellanées de France et de Navarre (paru en novembre de l'année dernière). Si Claire, ma mère et ancienne co-auteure, n'a pas son prénom au côté du mien cette fois-ci, c'est à mon plus grand regret. Mais, elle est bien présente entre les lignes de ce livre, son esprit voguant de syllabes en capitales. Merci maman.


« Anthologie : recueil de textes choisis, miscellanées d’informations diverses », dit le dictionnaire. La Nouvelle Anthologie de France et de Navarre répond parfaitement à cette définition.
Recueil iconoclaste de faits et d’anecdotes sur la France, ses traditions, sa culture et son histoire, ce livre est le seul où les signes astrologiques des présidents de la République  voisinent avec les mots d’argot ou les épitaphes les plus singulières.
Le lecteur y découvre également la passionnante histoire de la niniche de Quiberon, de la crème de cassis de Dijon ou encore les mots célèbres de l’Histoire de France. De même, le parcours du sabre de Napoléon, les 149 plus beaux villages de France, les proverbes en provençal, mais aussi les fromages de Normandie ou les palais de la République… ce qui fait la petite (ou grande) spécificité française n’aura plus de secret !
Un recueil iconoclaste d’informations futiles et essentielles. Un livre inclassable mais totalement indispensable !
City Éditions, 2007.

http://www.amazon.fr/Nouvelle-anthologie-futile-essentielle-Navarre/dp/2352881129/ref=sr_1_2?ie=UTF8&s=books&qid=1195299800&sr=1-2

Publié le Vendredi 09 novembre 2007 à 10:05:50
Par Delphine


Une réorientation plus jeune du magazine que je rédigeais. Prenant quelques distances, je n'ai signé que quelques pages de cette nouvelle mouture.
Publié le Lundi 15 octobre 2007 à 00:09:00
Par Delphine
Ingrédients :
400 g de crème de marrons
200 g de Sucre
4 œufs
200 g de farine
200 g de beurre
1/2 sachet de levure

Tambouille
Séparez les jaunes et les blancs d’œufs. Montez les blancs en neige.
Faites fondre le beurre. Incorporez la crème de marrons, le sucre, les jaunes, la farine, la levure, les blancs.
Chemisez votre moule (le mien est rond, 27 cm de diamètre) avec du beurre et une bonne dose de sucre.
Cuire 30 mn à 180°C. (Si le cœur n’est pas très cuit, il n’en est que meilleur ! Il ne faut pas, quand même, qu’il soit cru. À tâtons, comme toujours.)

Publié le Jeudi 27 septembre 2007 à 12:34:36
Par Delphine
Ingrédients :
Un peu moins d’1 pot de 750 g de Nutella® (garder le fond du pot pour accompagner une bonne soirée télé ;))
4 œufs
Une poignée de noix de pécan (environ 50 g – comme ça vous chante, en fait)
300 g de farine
2 sachets de levure chimique
2 sachets de sucre vanillé

Tambouille :
Faites ramollir au bain-marie le Nutella®.
Mélangez les jaunes d’œufs et le sucre.
Montez les blancs en neige.
Mélangez l’ensemble en ajoutant les quelques noix de pécan concassées à la main.
Si vous peinez un peu à touiller, détendez avec un chouille de lait.
Je vous conseille de mettre du papier sulfurisé au fond de votre moule (le mien est rectangulaire, 25x18)
Cuire à 180°C pendant 20 mn. Il est meilleur avec un cœur fondant. Plantez votre couteau au milieu pour vérifier qu’il n’est quand même pas trop cru. Au besoin, rajoutez 5 mn de cuisson. Et revérifiez !

Publié le Samedi 22 septembre 2007 à 23:40:12
Par Delphine
Je crois avoir déjà évoqué dans ces pages ma tendance à rejeter, adolescente, tout ce qui pouvait susciter l’intérêt de mes parents. J’ai été une ado, quoi ; même si je ne comprends toujours pas ce qui peut nous pousser à honnir quelque chose – souvent des plus magnifiques de surcroît – sous prétexte que nos géniteurs sont impliqués. Si seulement je pouvais refaire ma vie et faire psy… dans la vie. Et comprendre. Peut-être parce que j’ai entendu toute mon enfance maman et papa se moquer de la psy.
Selon ce principe de refus massif, la première fois que mes parents m’ont traînée à une exposition de leur ami François Hilsum, j’ai rechigné et manifesté mon peu d’enthousiasme à l’égard de cette peinture moderne et abstraite. L’enfance est désarmée par l’abstraction. Elle n’a pas la liberté de l’envisager.  
Les années ont passé, j’ai grandi, mon esprit est devenu plus indépendant. J’ai eu le coup de foudre pour la peinture de François. Il suffisait, il suffit que je regarde nombre de ses toiles pour comprendre pourquoi je vis. Personnellement, mon existence trouve un sens quand j’éprouve. Et rarement mes émotions sont à ce point jaillissantes que lorsque j’entre en contact avec les œuvres d’Hilsum.  
Je l’aime aussi parce que j’en partage le goût avec maman. Intéressant retournement de situation. Pour son dernier anniversaire, il m’est apparu comme une évidence de lui offrir une toile de l’artiste. Je suis allée dans son atelier regarder, choisir celle qui lui était destinée. J’en pleurais presque de plaisir d’être là, au milieu de ce pur art, aux côtés de cet homme adorable et grand, de sa compagne exactement comme on imagine la femme d’un poète. Puis, j’ai trouvé la toile. Évidemment, je n’avais pas tout à fait les moyens de repartir avec l’une de ces colossales créations qui font aussi son génie, mais je n’en aimais pas moins le petit tableau qui allait devenir la propriété de Claire. J’ai appris rapidement que son titre était « Bonheur bleu ». Décidemment, c’était celle qui me fallait. Bonheur comme ce que je souhaitais lui faire effleurer ; bleu comme son regard sans pareil. Je suis la première à me plaindre de ce qui fait le quotidien de ma profession. La proportion des travaux alimentaires inhérents. En sortant de chez François ce jour-là, toutes les heures passées à écrire, sans passion, sur telle star ou tel potin ont trouvé raison de s’être écoulées. L’argent que j’en avais tiré s’était magiquement transformé en œuvre d’art. Œuvre d’art qui, par-dessus le marché, ne quitterait jamais maman.
En ce moment, François expose une grande partie de son travail, ancien et nouveau, dans ce château de la Roche-Guyon (95780). Fin le 14 octobre. Bien entendu, j’en recommande la visite. Donnez-vous la chance de ressentir au moins le centième de ce que j’éprouve, vous vous serez déplacé pour tout.


Publié le Jeudi 13 septembre 2007 à 05:06:36
Par Delphine


Fans de Prison Break, tous à vos kiosques ! D'autant que la saison 2 commence ce soir sur M6.
Publié le Dimanche 15 juillet 2007 à 13:55:15
Par Delphine
J’ai conscience que le mot est galvaudé pourtant ce film est une fresque. Je ne trouve pas d’autre mot pour le définir. Par extension. Au sens figuré. La métaphore picturale pour une  direction de la photographie magistrale. Mon dieu cette lumière ! J’en ai encore les yeux éblouis. Ce qui me plait, c’est l’exagération. C’est trop beau pour être vrai et donc, on voit que c’est faux, que c’est du cinéma.  Exactement ce que ce film est : du cinéma. Comme la vie de cet homme qui n’est que mensonge, faux-semblant, scénarios et mise en scène. Agent secret ou acteur ? L’un ne pouvant pas aller sans l’autre, De Niro use de ce prétexte pour délivrer un regard, presque testamentaire, sur sa profession de comédien, sur son univers du 7ème art. En la matière, le choix de Matt Damon est une preuve supplémentaire : il est trop beau. Trop beau pour jouer cet individu de l’ombre, lambda malgré son pouvoir. Les acteurs ont un physique souvent beaucoup trop agréable pour jouer des hommes ordinaires. Idem pour Angelina Jolie qui, en plus de son patronyme, affiche une sensualité et une plastique insolentes. Quel mortel peut s’enorgueillir d’avoir une femme comme Angelina ? Si ce n’est Brad Pitt, autre extra-terrestre et ami de Matt Damon… Vraiment, ce film ne parle que d’Hollywood ! Ce qui le rend deux fois plus riche, racontant l’histoire fascinante – mais peu fouillée : je le répète, je ne pense pas que ce soit le sujet – de la CIA au premier plan. On entend souvent que les services secrets américains subventionnent l’industrie Hollywoodienne pour faire leur pub. Est-ce également la volonté du réalisateur de suggérer ce fait ? De l’influence des services secrets américain sur l’histoire mondiale. De l’influence du cinéma américain sur l’histoire mondiale. On redemande à être manipulé quand c’est fait avec tant de brio. Finalement, c’est le dupe-citoyen-spectateur qui a tout le pouvoir. Usez de ce pouvoir d’aller vous faire embobiner par Raisons d’État.    
Publié le Jeudi 12 juillet 2007 à 19:59:08
Par Delphine


Le numéro 2 est en kiosques !
Publié le Lundi 09 juillet 2007 à 10:39:59
Par Delphine

Je me demande si quelqu’un qui n’écrit pas un tant soit peu est à même de goûter la saveur de ce film. J’irais même plus loin : ne faut-il pas avoir été biographe soi-même pour entrer dans la psychologie de cet homme ? Comme lui devient quasiment son sujet – l’excentrique Howard Hughes – plus le film avance. Car c’est vraiment ça être biographe : s’oublier et renaître dans la peau d’un autre. Au péril de son équilibre mental parfois. Pour tous ceux que le thème laisse froids, Faussaire vaut aussi pour son retour historique, son regard satirique sur le monde de l’édition, la truculence de son second rôle, la farce des situations et l’inventivité (« vraie ») de l’arnaque. L’histoire ne dit pas si cette biographie de biographe est le résultat d’une imposture ! Toujours est-il que je ne me suis pas senti volée en sortant.  

Publié le Samedi 07 juillet 2007 à 11:22:53
Par Delphine
Lorsque j’ai décidé de faire vivre ce site en y postant des chroniques, j’avais l’intention de faire des critiques de films et non de téléfilms… En parlant de The Lookout, c’est ce que je sens devoir faire. Sans pouvoir d’ailleurs expliquer pourquoi j’ai ce sentiment qu’il aurait été plus à sa place dans la grille de la fin d’après-midi d’un jour férié de M6 que sur un grand écran de cinéma. Ce n’est pas que ce soit très mauvais, le thème de la mémoire et son absence étant plutôt dans mes prédilections, donc gardant mon œil attentif. Seulement le manque d’envergure de l’ensemble le range dans un mode de consommation immédiate et son souvenir disparaît pas plus tôt le générique de fin lancé. Réussi pour un film qui traite de l’amnésie.
Publié le Samedi 07 juillet 2007 à 10:37:19
Par Delphine

Je suis très partagée. Je n’ai pas pris de plaisir à voir ce film unanimement salué. Je me suis ennuyée, hormis lorsque l’histoire iranienne est – un peu trop – simplement expliquée. Je n’ai éprouvé aucune sympathie pour le personnage principal, qu’elle soit enfant, adolescente ou jeune adulte. Je n’ai pas accroché à l’univers graphique général, quoique certaines images soient assez poétiques, j’en conviens. Le problème est que ce qui m’a majoritairement déplu est sans doute le message principal de Persepolis. À savoir finalement que, quel que soit l’environnement dans lequel elle évolue, une jeune fille reste une jeune fille comme les autres. Et là, on n’échappe pas au catalogue de clichés. Marjane grandit dans un pays où ses proches sont exécutés mais elle reste une petite fille agaçante de curiosité ; ado, elle s’exile seule mais fait une crise carabinée comme majorité de ses semblables, premier chagrin d’amour obligé ; elle rentre ensuite dans son Iran natal devant vivre selon les lois insupportables des intégristes mais déprime  car son mariage n’est pas un conte de fées. Etc. Pourtant l’existence en elle-même de ce film est la preuve que Marjane Satrapi n’est pas une femme ordinaire, j’aurais voulu le ressentir davantage à l’écran.  

Publié le Jeudi 28 juin 2007 à 01:10:25
Par Delphine

Ocean’s 13 m’a porté malheur… La réalité a dépassé la superstition : j’y ai laissé mon téléphone portable. Outre cette perte fâcheuse, que je n’ai pas l’excentricité d’imputer au film ou son numéro prophétique mais seulement à ma négligence, je n’ai pas grand chose de manifeste à raconter à propos du troisième volet des aventures de la bande à Clooney. L’esprit et l’ambiance des précédents sont conservés, mais une certaine paresse se fait sentir. La réalisation est à son minimum syndical (échelon Soderbergh quand même) et le charme de George et Brad est naturel, donc pas besoin de faire beaucoup d’effort à ce niveau. L’histoire n’est pas passionnante. Al Pacino s’est sans doute fait remplacer par une doublure. Les blagues de potaches ne sont pas vraiment inspirées. Reste quelques séquences d’humour au second degré souriantes. Si le but était de transmettre au spectateur que les 13 d’Ocean étaient un peu usés de monter des arnaques brillantes et qu’ils préféreraient que l’âge de la retraite ne soit pas repoussée, c’est réussit ! L’ennui et l’usure sont rendus à la perfection. Si telle n’était pas l’intention, pas de quoi revendiquer un treizième mois.  

Publié le Mercredi 27 juin 2007 à 10:39:12
Par Delphine

Le nom de Jacques Vergès est devenu une espèce de marque déposée. Un peu comme on dit un Picsou pour un avare, on dirait un Vergès pour un avocat galeux. En stylistique, on appelle ça une antonomase. En cinéma, cela s’apparente à un coup marketing. Ce n’est pas critique quand je dis ça. Je constate simplement que ce doc bien orchestré et intéressant, quoiqu’un peu long, ne présente pas exactement ce que son titre annonce. À savoir un portrait de Jacques Vergès. Encore une fois, ce n’est pas tout à fait grave car il permet au spectateur de faire le plein de culture historique, option terrorisme, tout le temps de la seconde moitié du XXe siècle. Ce qui ne peut jamais nuire. D’ailleurs si, comme moi, vous n’avez aucun vernis sur ce sujet, vous avez intérêt à vous accrocher et ne pas relâcher l’attention une minute. Il faut suivre ! Sur le personnage, je regrette que l’on ne retire que cela : il est l’enfant métisse de pays colonisés alors cela explique qu’il ait défendu des terroristes indépendantistes. Je caricature, bien sûr, mais pas tant que ça. On comprend aussi qu’il l’a souvent fait pour l’amour de femmes. C’est sans doute pour cette raison que l’objet fil rouge de ce documentaire est le cigare. Il doit falloir chercher une symbolique là derrière… À la fin du film, un trombinoscope de tous les dictateurs qu’il a défendu. Cela n’apporte rien. Si ce n’est la confirmation que l’auteur est passé, selon moi, à côté de son sujet. 

Publié le Dimanche 24 juin 2007 à 11:16:33
Par Delphine
Pour se marrer devant ce film, il faut être soit fatigué, soit désespéré. J’étais un peu les deux. J’ai rigolé. Il y a parfois des jours où l’on a une envie presque physiologique de rire, comme s’il en était question de survie. Comme si du volume des décibels que l’on sortait de son thorax dépendait le bien qu’on se faisait. Il fallait que je me bidonne, alors je me suis exécuté. Avec le recul, je mesure à quel point cette réaction était symptomatique et non profonde, car il n’y avait pas de quoi se réjouir de ce film bête à pleurer, plutôt, facile et vulgaire. Pourtant la mid-life crisis chez les hommes est un sujet intéressant et pas si souvent exploité. Évidemment, là, pour se sentir concernée, c’était encore plus balaise que pour Shrek (voir ci-dessous). J’ai été faible, aussi, parce qu’amadouée par Travolta. Il suffit qu’on me mette Travolta devant les yeux pour que je me transporte dans Grease, La Fièvre du samedi soir ou encore Pulp Fiction et Volte Face, et là, ça suffit à faire mon bonheur. J’ai été faible aussi parce que j’ai pu me raccrocher à une brindille d’autodérision face au personnage du geek qui se fait tatouer une pomme sur le bras en Apple addict qu’il est (et que je suis un peu) et qui hésite à partir en virée s’il n’est pas certain de trouver des bornes WIFI sur le parcours. Forcément, je me marre car dix minutes plus tôt, j’expliquais à Sylvaine que je me renseignais sur le Club Med, pour enfin prendre des vacances, mais que j’avais des réserves parce que tous les villages n’avaient pas… le WIFI ! Ah, on rit de se voir si tarte en ce miroir de toile… même sous les traits d’un cinquantenaire désespérant. La bonne nouvelle est qu’il est celui qui rencontre le grand amour à la fin. Et que si je trouve personnellement l’équivalent masculin de Marisa Tomei, je me dis que ça méritait bien d’appartenir à cette catégorie, voire même d’aller se faire tatouer un MacPro entier !    
Publié le Dimanche 24 juin 2007 à 10:23:07
Par Delphine
Décevant. Juste moyen en fait. Un, parce que là où les créateurs avaient misé sur la dérision et presque l’incorrect, il n’y a plus vraiment, dans ce trois, d’audace. C’est devenu gentil comme un Disney. Deux, parce que même s’il y a des gags amusants, ils sont parachutés sur un terrain narratif plat et flasque, sans aucun rythme comique. Trois, parce que la production a voulu encore un peu plus le consensus. Ce Troisième  est un Shrek des familles. Ce qui n’est pas un défaut en soi mais explique que je n’y aies pas complètement trouvé mon compte. Même si je l’ai vu avec ma mannmannn ! Il est clairement pour les gamins, pour les ados aussi – et là je dois dire que, passionnée que je suis par toute la fiction adolescente, j’ai apprécié – et pour les (jeunes) parents – dont les préoccupations sont bien éloignées des miennes et dont les ressorts n’ont donc aucune prise sur moi – qui se reconnaissent dans cette angoisse de Shrek, puis son bonheur dégoulinant, à l’arrivée du premier chérubin. Je n’ai plus qu’à mûrir et devenir une adulte responsable, qui fait des trucs normaux d’adulte, pour savourer enfin ce Shrek… C’est le monde à l’envers ! Far Far Away…
Publié le Mercredi 20 juin 2007 à 16:13:03
Par Delphine


Aujourd'hui est paru le numéro 2 du magazine que j'écris, R&B Addict.
Publié le Mardi 19 juin 2007 à 12:44:42
Par Delphine

J’ai dix ans. Je sais que c’est pas vrai mais j’ai dix ans… Mais si, c’est vrai, dès que je me retrouve devant un film comme Spider-man, j’ai bien dix ans. La même naïveté, le même émerveillement, la même rafraîchissante simplicité. D’accord, c’est manichéen. D’accord, c’est perclus de bons sentiments, vecteur d’une idéologie presque religieuse, bien éloignée de mes conceptions, pourtant. J’ai envie de laisser tout cela et dire que le jeune Spider-man-Peter Parker montre que le côté obscur de l’homme n’est pas forcément où il paraît à première vue. Ce n’est pas tandis qu'il se laisse submerger par ses émotions négatives, qu’il porte sa mèche rebelle et enfile son costume noir que Spidey est mauvais. Il l’est davantage quand il est tout ce qu’il y a de plus humain : lorsque obsédé par sa propre personne, il néglige la douleur de Mary-Jane, lorsque grisé par l’enthousiasme populaire, il fanfaronne et fait le paon, embrasse une jolie groupie à la barbe de sa véritable petite amie, lorsque se sentant menacé dans son travail, il écrase avec autosatisfaction son concurrent. Comme il s’agit de cinéma, d’un film de super-héros, tout est bien qui finit bien et la mentalité du garçon évolue vitesse V capitale. Ce qu’on appelle du cinéma fantastique…

 

Publié le Mardi 19 juin 2007 à 11:50:47
Par Delphine
Rien que la voix du narrateur James Gandolfini et je suis en immersion totale dans un océan de bonheur cinématographique. C’est ça d’être une inconditionnelle de Tony Soprano. La présence de Travolta n’est pas non plus pour me déplaire. Il est bon, en plus. Costaud. La plongée en cette fin des années 40 est divertissante. Mon utilisation de ce mot peut paraître surprenante au regard d’un film qui se veut noir. Pourtant, malgré tout, le pathos du veuvage, des suicides, de la peine de mort, de la folie, des scènes macabres, Cœurs perdus est divertissant : une bonne histoire, des acteurs talentueux, une reconstitution soignée… J’ai passé un bon moment, me faisant oublier mes tracas, sans pour autant avoir ressenti assister à un chef-d’œuvre. Il n’y a pas beaucoup de surprises dans ce film. Si ce n’est le portrait brossé d’une femme – Salma Hayek étonnante – purement diabolique (ou simplement amoureuse ?), comme on en voit peu. Il y aurait des pages à écrire sur sa psychologie. Cette qualité du film est à double tranchant car à la fois elle en fait le sel principal tout en étant sacrifiée ou plutôt noyée dans les à-côtés de l’histoire. Le personnage méritait un long-métrage à lui seul. En voilà une bonne idée de spin-off !
Publié le Samedi 09 juin 2007 à 01:13:57
Par Delphine
Je crois que pour trouver un intérêt à ce film, il faut qu’il soit le premier vu, de sa vie (il vaut mieux non plus ne pas avoir suivi de séries). Sinon, pas une seule minute est originale (à part sans aucun doute la coupe d’Al Pacino, elle, décoiffante). Toutefois, tout le monde ne cherche pas à être surpris en allant au cinéma, ça se respecte. Si vous êtes capable de vous étonner qu’un serial killer puisse se servir d’une jeune complice (qu’il a séduite), à l’extérieur de la prison qui le retient, pour échapper à la peine de mort – en gros tout le suspens du film est contenu dans cette phrase – alors vous accrocherez peut-être. Ceux qui suivent mes chroniques ciné savent que je n’en suis pas au premier (et que je ne suis pas en reste question séries) et concluront d’eux-mêmes cette bien pauvre critique. Je l’ai voulue à l’image de 88 minutes
Publié le Mardi 05 juin 2007 à 00:30:16
Par Delphine
Quand on assiste aux avant-premières avec, en présence, l’équipe du film, les pauvres comédiens, qui peinent à trouver quelque chose de très original à dire, systématiquement assurent que le film auquel ils ont participé est un « voyage ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Pas la moindre idée, dans la plupart des cas. Mais Zodiac, oui, est un voyage. Il est rare que je me sente ainsi transportée par un long-métrage. La réalisation y est pour beaucoup. Elle est faite de telle sorte qu’on a l’impression d’y être. Voyage dans le temps également puisque la représentation des années 70 est parfaite et ne paraît jamais artificielle. Idem pour la salle de rédaction du journal où l’intrigue se joue pour une grande partie, on semble en faire partie. Idem pour la crim’. On a l’impression d’être aussi dans la peau des flics. Alors, on se promène, passant d’un jour à l’autre, d’un patelin à l’autre, d’un homme à l’autre. Car Zodiac est un film sur les hommes (la gent masculine) et là encore ils sont brossés avec une finesse et une intelligence peu communes. Dans tout cela, finalement, l’intrigue policière reste au second plan. De toute façon, si j’ai bien compris, il s’agit d’une histoire vraie qui n’a pas été clairement résolue. Les polars qui ne connaissent pas de conclusions franches perdent un peu de leur sens. Mais ce n’est pas important. On s’en fout de savoir qui a tué et pourquoi. Le fait est qu’on s’y perd tant la forme mérite à elle seule toute notre attention. Tout ce qui nous passionne c’est la passion de ces personnages à percer les mystères et la passion que met le cinéaste dans sa pellicule. Je sors de là, je ne me sens pas volée. Et je m’interroge sur cette expression à connotation péjorative : « Il fait du cinéma ». Elle devrait n’être utilisée que dans le registre du compliment. Y a-t-il meilleure chose à faire que du cinéma ?
Publié le Dimanche 03 juin 2007 à 12:13:23
Par Delphine
À côté de moi, une espèce de furieuse bruyante qui, chaque minute, fait le commentaire de son effroi ou de son sens de l’humour satisfait. Des cris, des onomatopées, des éructations des « Oh my god ! », alors qu’elle est aussi française qu’on puisse l’être, des « Jesus ! », prononcés « Jizeusse », comme de bien entendu. Évidemment, ce contexte n’est pas idéalement propice à la bonne appréciation d’un film. Quoique… Black Snake Moan étant l’histoire de névrosés, bien atteints, ma voisine collait parfaitement au sujet. Comme s’il s’était agit d’une nouvelle technique de marketing : dans chaque salle, on infiltre un vrai patient de psychiatrie pour que le spectateur se sente plus proche des personnages de fiction qui se déchaînent à l’écran. Intéressant. Donc, un film sur des ploucs de l’Amérique profonde (j’adore), barrés, qui se retrouvent et entament une thérapie de groupe, d’une certaine manière. Quand on aime la réflexion psychologique et le thème des rapports à l’autre, comme votre servante – sans oublier l’idée de musique salvatrice –, Black Snake aurait pu être fait pour moi. Seulement si les acteurs n’en faisaient pas des kilotonnes, conduisant malgré eux le film à n’être qu’une sorte de pastiche. Ce que Scary Movie peut être à Scream, lui-même déjà caricature du genre. Pourtant, on tout de même de Samuel L. Jackson et Christina Ricci, loin d’être les pires de la profession. Black Snake Moan montre qu’il n’y a pas de mauvais sujet, qu’il y en a même de très prometteurs, mais qu’il peut y avoir de sacrés mauvais films. 
Publié le Jeudi 31 mai 2007 à 09:23:47
Par Delphine
Évidemment, quand on prévoit d’aller assister à la projo de Superman et que, faute de place, on finit devant Les Chansons d’amour, le grand écart psychologique met plus que le temps des pub à être échauffé. S’il en fallait encore une preuve, je ne suis pas une spectatrice Télérama. J’aime lire ce magazine et son esprit, c’en est d’autant plus amusant. Références cinématographiques mises à part, puisque je n’ai pas de culture encyclopédique en la matière, Les Chansons d’amour est intéressant. Très bien joué, surtout naturellement, usant de diverses idées, qui ne passent pas pour artificielles, pour casser une mise en scène qui craint d’être routinière – j’ai, par exemple, apprécié le traitement du décès du personnage incarné par Ludivine Sagnier – et multipliant des thématiques inépuisables (le travail de deuil, le flottement de l’identité sexuelle, l’incommunication, la famille, l’adulescence, l’amour-l’amitié…) traîtées avec finesse, sensibilité et humour, malgré le pathos inhérent au sujet. Le problème, de taille quand il s’agit d’une comédie musicale ou ce qui s’en rapproche, est que les passages chantés m’ont paru misérables. Un texte à la hauteur d’une rédaction de 5ème, une musique à faire couaqué le mot qu’on puisse l’utiliser pour désigner un tel crincrin. Vous aurez compris que ce n’était pas toute la musique que j’aime. Mais qu’est-ce que cela apporte qu’ils se mettent à en pousser une lorsqu’il serait passionnant qu’ils parlent ? Peut-être même auraient-ils eu un texte brillant à jouer. Ça arrive. Oui je sais, maman, que cet espèce de discours intérieur donne à entendre les sentiments refoulés à la barrière de la langue. On extériorise en chanson ce qu’on ne peut pas dire. C’est tout le fond de l’expression artistique. S’attaquer à cette question met le réalisateur face à une réaction doublement personnelle, tout art ne pouvant entraîner qu’un réflexe subjectif. Ainsi, une fois n’est pas coutume, je ne dirai pas quel navet mais je n’ai pas aimé. Pas de quoi en faire une chanson.  
Publié le Lundi 28 mai 2007 à 09:42:08
Par Delphine
Du grand spectacle. Les derniers mois, tous les accessoires, qu’ils soient vestimentaires, décoratifs ou bijoutiers, ont intégré, plus ou moins stylisée, la tête de mort dans leurs collections. Au-delà de ma tendance de fashion victim et de fille à faire enrager sa maman – ça ne lui plaît pas du tout l’imprimé squelette –, je me sentais de façon surnaturelle attirée par le tee-shirt tête de mort mania. J’ai d’ailleurs succombé. Et devrait porter la chose avant qu’elle ne devienne complètement has been, ce qui ne va pas tarder d’arriver. Maintenant, j’ai compris pourquoi il me le fallait. Je suis un pirate ! Je tiens à remercier Johnny Depp, Gore Verbinski, Keira Knightley, Orlando Bloom, Walt Disney… de m’en avoir fait prendre conscience. Je déconne pas. Au-delà d’un divertissement spectaculaire, bien mené, riche ; d’une interprétation deppienne… comment dire… bon, je suis fan de Johnny Depp et alors ? ; du charme romantique d’un couple Bloom-Knightley craquant ; de l’album d’images magnifiques ; d’un humour burlesque ; de passages spirituels ; de réflexions métaphysiques… oui, au-delà de toutes ses qualités qui font de ces 2h45 un moment magique de cinéma populaire mais ambitieux et respectueux ; au-delà, la symbolique politico-historique, la fresque humaine, la psychosociologie sont passionnantes. Pirates des Caraïbes 3, c’est l’universalité prise en sandwich entre une tranche d’effets spéciaux et une autre de marketing, servie avec un cornet de pop-corn. C’est la révolte des opprimés, des mis aux bans contre le pouvoir établi, persécuteur, et dictatorial. L’allégorie du pirate est intéressante car elle rend idéalement l’imperfection humaine. Ces brigands sont moches, crades, filous, imparfaits, des Hommes donc, mais sont prêts à mettre leur vie en danger, leurs intérêts en commun, leur couardise entre parenthèses pour défendre leur trésor : la liberté. Allez, je vais de ce pas hisser mon tee-shirt tête de mort à ma fenêtre et moi aussi rejoindre la résistance.
Publié le Samedi 26 mai 2007 à 10:42:56
Par Delphine
Inadéquation totale entre notre emploi du temps et la programmation des Halles, nous avons été contraintes d’aller voir L’École des dragueurs, obscur film américain dans le genre comédie régressive, que seul l’Orient Express ose mettre à l’affiche. À se demander si L’École des dragueurs n’aura pas fait que deux entrées en France : celle de maman et la mienne. Si d’aventure j’ai sur ce blog des lecteurs récidivistes, ceux-là mêmes doivent finir par se demander pourquoi je passe mon temps à aller voir sciemment des navets et pourquoi je ne m’abstiendrais plutôt pas. Je suis découverte : j’aime aller au cinéma pour aller au cinéma. Surtout si c’est un film américain. Un peu léger, ou d’action primaire. De plus, que serait un mardi sans cinéma en début de soirée ? Ce serait à peu près comme une crêpe sans Nutella, je dirais. Donc, nous sommes, cette semaine, allées voir L’École des dragueurs… Les journalistes qui sont en train de lire ce texte comprennent exactement que je suis en pleine démonstration de déformation professionnelle : je fais du signe sans rien dire parce que je n’ai rien à dire sur le sujet mais qu’il faut quand même que je dise quelque chose. Mais en fait, non. Je ne suis pas obligée ! On ne me paye pas pour rédiger ce blog. 
Publié le Mardi 22 mai 2007 à 00:27:44
Par Delphine

Conversation entre deux steppeuse dans mon cours :

- Sinon, ce week-end, je suis allée voir La Faille.

- Oui ! Moi aussi !

- C’était bien. Quels formidables acteurs ! Les joutes entre eux…

- Oui, vraiment bien.

Mais pourquoi suis-je aussi méchante ? Parce que pendant que mes collègues parlaient de leur coup de cœur cinématographique, j’étais justement en train de me demander ce que j’allais bien pouvoir écrire sur ce film que j’avais vu la veille. Avec l’intention de ne pas être très élogieuse. D’abord, je trouve qu’il y en a marre de voir Hopkins en méchant monsieur. Ça ne marche plus. Il fait davantage penser à un vieux bisounours qu’au bras droit de Satan. Que son personnage choisisse une femme moins jeunette s’il ne veut pas qu’elle le cocufie. Pour un film qui relate un crime passionnel, on regrette que si peu de nerf s’en dégage. C’est mou, c’est long, c’est plat, c’est ennuyeux, complètement dénué d’imagination et de suspens. Et puis, le proc’ idéaliste, qui a à peine l’âge d’être en deuxième année de droit, n’est pas là pour élever le débat. Ou aller contre cette vieille ritournelle de la fiction américaine qui veut qu’aux États-Unis, pays de la recherche capitaliste décomplexée du plus gros salaire, seul le procureur préfère sa mission sainte au pognon. C’est beau, c’est noble. Mais pour la finesse, on reviendra. Afin de flouter son schématisme, le scénariste a distribué à chacun de ses personnages un défaut et une qualité. Insuffisant à leur donner une profondeur. Il est dangereux d’appeler un film La Faille. Cela aide les critiques non inspiré(e)s à trouver une chute… 
Publié le Jeudi 17 mai 2007 à 21:33:04
Par Delphine
J’espère que le scénariste ne joue pas au poker parce que s’il est aussi prévisible à une table de jeu, il doit y laisser son slip régulièrement. On pourrait avec difficulté faire plus convenu que ce film. On est capable d’anticiper chaque scène, dialogue, rebondissement, résolution avant qu’ils aient lieu. Alors pourquoi Lucky You m’a, somme toute, assez plu ? Peut-être parce que ma privation de cinéma en ce moment me rend indulgente. Sans doute parce que la joueuse en moi se laisse emporter par le thème. Probablement parce que la relation compliquée à la figure paternelle me parle. Ce fils recherche maladivement dans les cartes à pénétrer la psychologie de son géniteur et en devenant son digne héritier dans cette activité obsessionnelle, il trouve un moyen détourné pour se créer une filiation. La communication entre eux ne passe que par le seul biais du poker, leur unique chance de se retrouver en présence l’un de l’autre c’est de jouer l’un contre l’autre. Et c’est déjà énorme. Finalement, tout le reste autour n’est qu’accessoire. À commencer par la bluette entre Drew Barrymore et Eric Bana qui n’apporte rien à l’histoire. Il était inutile de sortir un personnage féminin aimable pour montrer que le jeune homme avait une sensibilité, sous ses dehors de monomaniaque du brelan d’as. Puisque c’est justement sa vulnérabilité qui le conduit obstinément dans cette salle de casino. Si ce n’est qu’une relation sentimentale pose la question de sa potentielle future propre paternité : sera-t-il le même père que le sien l’a été ? Le problème du schéma parental se dessine en filigrane. Que fait-on des cartes qui nous ont été distribuées ? C’est heureux, comparativement au poker, la vie c’est moins de hasard et plus de libre arbitre.
Publié le Lundi 14 mai 2007 à 13:04:54
Par Delphine

Conversation après projection. Richard nous énonce les trois impératifs du film d’horreur :

- Le tueur ne meurt pas du premier coup.

- La victime est une blonde avec des gros seins qui détale en allant s’enfermer dans le seule pièce sans issue (genre salle de bain), souvent à l’étage.

- Il faut une scène de répit, avec un peu de sexe.

C’est pas faux. Mais, alors Hitcher ne répond absolument pas à ces critères. Cela pourrait être signe d’une émancipation salutaire à des codes éculés. Pas une seconde. Car finalement, rien ne remplace ces éléments et le film est un vide scénaristique d’1h30. Puis, il est vendu interdit aux moins de 16 ans, alors on se dit qu’au moins il y aura de la frousse et du sang. Mais pas du tout ! Et pour que je dise ça, moi, âme sensible à tendance abstentionniste, il faut que l’angoisse soit du niveau de l’interdiction aux plus de 106 ans. Et cardiaques. Bref, si vous aimez l’hémoglobine, n’y allez pas. Si vous aimez les blondes, n’y allez pas (même si la petite Bush des Frères Scott, brunette, est mignonne avec sa microjupe en jean et ses bottes mi-mollet en daim). Si vous aimez le beau mâle, cool, comme seuls les teen movies américains savent en dénicher, le cheveu moyennement propre, le jean qui dégringole et la barbe de trois jours… n’y allez pas. Le petit ami est moche comme un cochon d’Inde qui aurait rencontré un homme des cavernes. Si vous aimez sursauter de surprise, n’y allez pas. La seule surprise est, à la fin, de constater qu’on est resté jusqu’au bout. Si vous voulez que votre petite amie se pelotonne contre vous pour se sentir en sécurité, n’y allez pas. Ou piquez-lui son pull et demandez en douce au machiniste qu’il augmente la clim’. Si vous aimez les tueurs psychopathes au regard glaçant et la réplique tranchante, n’y allez pas. Sérieux, mon voisin de palier me fout plus la trouille que leur blondinet décoloré (prix de gros sur le peroxyde, le flic est méché aussi) avec ses yeux de navet. Allez-y, si… Non, n’y allez pas.
Publié le Samedi 12 mai 2007 à 21:37:46
Par Delphine


Il est sorti aujourd'hui mon fameux magazine sur les séries télé. Je vais commencer à travailler au deuxième numéro, pour une sortie prévue le 7 juillet. Je suis, bien entendu, ouverte à toutes les suggestions. Les avis de lecteurs et passionnés de séries me permettront de chaque fois l'arranger. Je suis très contente de cette aventure qui me permet de réfléchir et écrire sur un sujet qui, depuis toute gosse, retient une grande partie de mon intérêt. Le paysage de la presse spécialisée sur les séries a poussé mon éditeur à faire le choix d'une direction éditoriale orientée assez jeune. Cela n'était surtout pas une raison pour manquer d'exigence. Parfois, certains groupes de presse, sous prétexte qu'ils veulent s'adresser à des adolescents, considèrent leurs acheteurs avec mépris et condescendance, sont "gnan-gnan". J'ai voulu éviter cet écueil. J'ai fait, en outre, en sorte qu'un public plus large puisse s'y retrouver. To be continued... comme on dit dans le jargon épisodique.  

Publié le Vendredi 11 mai 2007 à 08:49:59
Par Delphine
Je n’ai pas vu le I. Si j’ai bien compris, Clerks passait pour une savoureuse réussite du cinéma indépendant américain. Un outsider. En effet, on doit retrouver dans le II l’humour et le politiquement incorrect qui avaient fait la distinction du I. On ne peut pourtant pas dire que Clerks II sorte des sentiers battus et passages obligés du genre buddy movie. Ajoutée à cela une causticité finalement assez entendue et calibrée. Enfin, dans le genre film à sketches certaines scènes sont, il est vrai, plutôt efficaces en terme d’amusement. Les personnages secondaires ne sont pas hilarants. À part peut-être le petit jeune très demeuré, fan du Seigneur des anneaux, qui, ce n’est pas un hasard, est présent dans les bonnes séquences du film. Sinon, c’est le personnage de Randal qui vampirise l’ensemble et porte le film. Son personnage est une réussite scénaristique, car il est exactement comme il doit être : plouc américain sans ambition ni avenir, exorcisant sa solitude en étant graveleux au possible et paradoxalement intelligent spirituel au deuxième degré, presque cultivé et sentimental. J’ai regretté l’homophobie de l’ensemble. J’ai bien compris qu’il s’agit de « dénoncer » l’homophobie primaire d’une catégorie socioculturelle, mais à force de la montrer un peu abusivement et sans finesse, le message de stigmatisation est un peu noyé. Dommage. Sinon, rien de bien original sur l’adulescence et les angoisses des ados attardé, la trentaine dépassée. Leur entrée dans l’âge adulte avec enfant et petite entreprise n’est pas non plus du domaine de la création de génie. Toujours est-il que ce II donne envie de voir le I. Une réaction à double tranchant, à l’interprétation ambivalente : est-ce qu’on en redemande ? Est-ce qu’on se demande s’il n’y a pas eu ratage à la seconde commande…
Publié le Samedi 05 mai 2007 à 11:59:55
Par Delphine
Je crois me souvenir m’être interrogée dans un précédent article sur le double tranchant du film pastiche ; du moins « autodérisoire », pourrions-nous inventer pour la circonstance. Sous couvert d’autodérision, peut-on donner, impunément, au spectateur à voir un manuel complet du parfait scénario. On aurait pu rebaptisé Love… « La Comédie sentimentale pour les Nuls ». Sous-titre : « Écrivez votre premier scénario à la manière des auteurs les plus paresseux d’Hollywood ». Sous-partie : « Les Subtilités du genre simili anglais ». On bouffe donc 1h30 de situations, dialogues téléphonés mais c’est pas grave… c’est pour la bonne cause de l’autodérision ! Entre parenthèses, la mise en abîme du cinéma qui parle de cinéma est également une tarte à la crème à elle seule. Tous ces petits désastres évacués, Love… n’est pas déplaisant, il est même distrayant si on est d’humeur à laisser ses facultés de jugement sur pause, un moment. On est presque tenté, en sortant, de se jeter sur son Mac et entreprendre l’écriture d’une petite histoire racontant les mésaventures sentimentales d’une célibataire endurcie, de son beau voisin, de son attachement pour son couple d’amis homosexuels, de sa sœur volage, de son grand-père vieux beau et riche, de sa copine bientôt mariée mais en constante recherche d’amour et d’attention, de son autre copine lesbienne et manipulable, de la troisième terrorisée par la simple idée de solitude… Puis, on se dit que ce n’est pas si facile que cela en a l’air et qu’on aurait bien besoin d’un exemplaire de « Devenir écrivain pour les Nuls ». 
Publié le Jeudi 03 mai 2007 à 12:47:01
Par Delphine
Fans de Nicolas Cage, nous sommes à la fête cette année. Next est un peu moins décalé que Ghost Rider, si je peux me permettre ce jeu de mot. Parce qu’il est bien question de décalage dans Next. De décalage horaire. Puisque le héros ne vit jamais dans le temps présent, ayant quelques minutes, ou parfois heures, d’avance sur le commun des mortels. Le film n’a pas grand intérêt, n’arrive pas à la cheville d’un quart d’heure de 24, et est vomitif dans son histoire d’amour. On rigole. J’ai rien contre les différences d’âge et comprends que le coup de foudre ne commence pas par enquêter au bureau d’état civil avant de faire son œuvre, mais Nicolas, il va falloir qu’on te mette dans les pattes des petites nanas un peu plus de ta génération, à des fins de crédibilité. Parce que la Jessica, avec ses 18 ans d’écart et ses  bouclettes de petite fille modèle, on a envie de lui dire que des garçons de son âge, il y en a aussi de très bien et de très virils. Alors que tu ferais un si beau couple avec Julianne Moore, Nick. Bref, le côté bluette de Next, avec images vaporeuses et sentiments chevaleresques, ferait presque passer Un automne à New York pour un chef-d’œuvre du genre. Mais c’est divertissant malgré tout. Et il y a Nicolas Cage. L’acteur du décalage. Ce type-là, il vient d’ailleurs, il est au-dessus. Il a une vision. Parce que pour se laisser coiffer comme ça, diriger comme ça, porter des vestes comme ça, il faut être au-delà de l’autodérision, et au moins dans l’omniscience pour saisir qu’il n’y a aucun risque à être ringard. Tant qu’on est un ringard magnifique. 
Publié le Mercredi 25 avril 2007 à 10:47:03
Par Delphine
Il faut croire que les prix étaient attractifs à la dernière quinzaine du cliché. Ainsi, l’auteur-réalisateur de J’veux pas que tu t’en ailles a pu s’en sortir à moindre frais. Rien ne nous est épargné sur l’image du psy, de ses patients, rien sur le mariage, l’adultère, le tout est bien qui finit bien. Bien qui finit bien dans le sens où le sacro-saint mariage est sauf. Ouf. Vous me direz, la lourdinguerie est presque écrite dans les règles du boulevard. Je rétorquerais soit, mais que le rythme aussi, et que ce film est aussi punchy qu’un encéphalogramme plat. Je ne voudrais pas que le psy fasse du Christian Clavier et comprends que sa retenue honore sa fonction. C’est bien d’ailleurs par la seule qu’il l’honore. Retenue que Berry joue tellement bien qu’on en vient à se demander ce qui est du ressort de la composition ou de l’ennui mortel. Il n’empêche qu’il y a une différence entre gesticulation et énergie comique. Il faut dire que le texte à jouer ne motive pas à donner de sa personne. Julien Boisselier est bien. Bien mignon. Il est vrai beaucoup plus sexy et attirant que le bedonnant, chiant et indisponible légitime. Alors pourquoi la Godrèche fait pourtant le choix de ce dernier ? Et vous, pourquoi ne gardez-vous pas toujours un pot de Nutella dans votre placard ? 
Publié le Samedi 21 avril 2007 à 10:16:18
Par Delphine
Dans les génériques, les sociétaires de la Comédie française sont signalés comme tels. Pendant le déroulement de celui du Candidat, au début, on sourit de voir que le casting du film en est truffé. Finalement, après coup, on comprend mieux. Ou du moins on se dit que ces comédiens du Français étaient tout à fait à leur place dans ce film à l’esthétique très proche du théâtre. En disant cela, je ne sous-entends absolument pas que le réalisateur aurait failli à sa mission de cinéaste pour verser dans le théâtre filmé, ce qui est, au demeurant, chiant à périr. Il a plutôt insufflé à son long-métrage des images, des poses, des lumières qui renvoient à une certaine idée de théâtre. L’éclairage est magnifique dans le Candidat et rend parfaitement, sensiblement, intelligemment compte des deux faces d’ombre et de lumière de la vie (politique). Dans cette tragédie antique, il y a le héros, rongé par ses doutes, les traîtres, la cour hypocrite, opportuniste et docile, la femme instable, l’ingénue, le palais, le chœur – le téléviseur étant son représentant moderne –, le sacrifié… Les Grecs, les Latins, Shakespeare, Racine étaient-ils modernes ? Assurément. Ou n’avons-nous pas évolué depuis ce temps où les grands dramaturges creusaient la psychologie des Hommes. Notre espèce est-elle ainsi faite qu’elle diffère des singes et de celle suivante mais qu’elle est une entité immuable malgré le temps qui passe ? Les décors ne sont plus les mêmes, les outils, les apprêts… néanmoins les types d’Hommes demeurent inchangés. Et cette universalité, cette intemporalité sont très bien mises en scène par Niels Arestrup. Quant à Yvan Attal, il est grand, jouant le mal-être avec vérité, l’autorité avec maestria, l’émancipation dans la retenue, une bombe à retardement vous donnant froid dans le dos tout en provoquant un élan de satisfaction. Ce qui m’a plu également : l’auteur utilise les clichés de l’imaginaire politique, ne servant que d’exposition. Il n’est jamais dans la dénonciation caricaturale et poujadiste. La politique n’est finalement qu’un prétexte pour faire l’étude de portait d’un personnage. La lenteur, le calme, le temps pris sont d’ailleurs les indices que la politique et ses habituelles gesticulations ne sont pas centrales. Le Candidat est aussi une belle variation sur la thématique du condamné et par conséquent, plus largement, sur la liberté. Inutile d’enfermer des gens dans une prison pour faire passer ce genre de message. Arestrup empreinte malgré tout à la fiction carcérale la séquence obligée du dead man walking, cet homme qui marche, dans le couloir de la mort, vers son destin funeste. L’avancée du Candidat dans le hall de la de la chaîne de télévision au jour du grand débat fait mal dans le bide. C’est parce qu’il transforme une question société, d’actualité en œuvre artistique que ce film est une réussite. Le sujet n’était pas sexy pourtant Le Candidat attire. Arestrup a tout compris à la politique.    
Publié le Mercredi 18 avril 2007 à 10:15:03
Par Delphine
Navet intergalactique. Sylvaine avait bien résumé la situation si ce n’est que c’était avant le début du film et qu’on aurait pu l’accuser d’avoir des préjugés. Si ce n’est qu’intergalactique… Je doute que si intelligence extraterrestre il y avait, elle produirait tel navet. Pascal et Richard, eux, avaient annoncé, après projection, de belles images. Absolument pas d’accord mes très chers amis. Je n’y ai trouvé aucune esthétique visuelle, voire même un relent carton-pâte des séries Z de science-fiction des années 80, pour ne pas dire fin des années 70. J’y allais aussi pour le huis clos, thématique qui me passionne et qu’un voyage en vaisseau spatial ne peut que favoriser. Rien de remarquable. À peine une scène et demie de bagarre entre un cocker et un pitbull. À moins que c’est été deux hommes. Alors, on se dit que le psy n’aurait pas dû se sacrifier parce qu’il était de loin l’élément vital de l’équipage. Oui, parce que l’idéologie douteuse de Sunshine tendrait à établir une espèce de hiérarchie d’importance entre les Hommes. Qui doit mourir pour que vive qui de droit ? Sympa. J’ai une idée : faisons mourir ce film pour qu’un autre prenne sa place à l’affiche.  
Publié le Dimanche 15 avril 2007 à 10:11:07
Par Delphine
Halle Berry joue comme un pied. Devant sa prestation, on est pris du fantasme de traverser l’écran pour lui foutre une baffe si d’aventure, dans la scène suivante, elle nous resservait le regard exorbité et larmoyant dès qu’elle doit faire passer une émotion, quelle qu’elle soit. Ce qu’elle ne manque jamais de reproduire. Mais elle présente bien, on ne peut pas dire le contraire. Quant à Bruce Willis – qui présente très bien lui aussi, de toute façon, là, je manque complètement d’objectivité ; à classer dans la catégorie des Nicolas Cage et Hugh Grant – c’est un peu comme s’il jouait en dehors du film. Il est fantomatique. Je propose qu’on organise une grande quête à son attention, car il doit avoir sérieusement besoin d’argent pour tourner dans des Dangereuse séduction. Toujours est-il qu’on apprécie son effort de composition : ce n’est pas si souvent qu’il joue les séducteurs triomphants et pétés de tune. L’intrigue n’a aucun intérêt, elle est embrouillée et ne mérite pas une minute qu’on cherche à la débrouiller. On reste le temps du film à regarder les images, passivement, distraitement sans jamais entrer et accrocher. On préfère rester à l’extérieur, plus près de Bruce. La multiplication de personnages soupçonnables, histoire de créer un suspense, est artificielle et inutile. La pseudo scène torride entre Berry et Warrick – ah oui, non, c’est pas les Experts… –  donc entre Berry et son ex, sous le regard envieux et dissimulé de Giovanni Ribisi – qui ne peut pas s’empêcher de jouer les pervers lorsqu’il en a fini avec les débiles légers – est ridicule. On se dit : « L’intention est-elle vraiment de lorgner du côté de Basic Instinct ? Pas possible… » On avait bien compris que le bon copain, un peu geek, donc forcément frustré, craquait pour sa collègue. On a d’ailleurs de la peine pour lui dès qu’elle s’approche un peu trop près de lui, la salope. Ainsi le réalisateur devait vouloir suggérer une tension sexuelle entre eux. Raté. La blessure secrète de l’héroïne abusée sexuellement étant enfant est encore plus convenue. Le chat porno sur le net est grotesque – le plan de haut sur les mains de Berry tapant sur le clavier, répétitif. De surcroît, on se demande comment Willis peut diriger une boîte comme la sienne, être marié et passer son temps connecté au réseau – en plus avec une supposée nana tellement ordinaire qu’on peine à croire qu’il en soit tout émoustillé, lui qui ne serre que des bombes. La morale de l’histoire, paranoïaque et pas franchement originale, est qu’Internet vous manipule, pénètre dans votre intimité, peut tout savoir de vous – le fameux « Google is watching you » – mais qu’il faudrait presque encore plus se méfier des voisins, qui mâtent aussi sans avoir besoin d’ordinateur ni de connexion ADSL. C’est vrai que ça fout les jetons… Quand je pense que des gens m’ont vu regarder Dangereuse séduction. Les boules. Il y aurait de quoi me faire chanter.   
Publié le Dimanche 08 avril 2007 à 15:58:35
Par Delphine

C’est quand même pas de bol. J’aurais pu beaucoup aimé ce film. Mais pas une minute je n’ai cessé de penser à Truman Capote, sorti quelques mois avant et traitant exactement du même sujet. L’ironie est que j’ai l’impression d’avoir préféré le second. Je dis « impression » car je ne me souviens pas vraiment du premier. Néanmoins, je m’en rappelle encore assez pour avoir été perturbée à la projection d’hier. Tout cela n’est pas très clair, je l’accorde. Étant donné qu’il s’agit d’une histoire vraie, on ne devrait pas être gêné de l’avoir déjà vue-entendue, elle pourrait même avoir été lue, puisque le film raconte le processus d’écriture d’un livre archi-célèbre. Pourtant, je l’ai été. Et finalement, je me dis que cela aurait été préférable que les deux long-métrages sortent avec moins d’intervalle. Ainsi la comparaison n’aurait pas été parasitée par l’effort de mémoire.

Laissant cela, j’ai le sentiment d’avoir préféré le comédien incarnant Capote de Scandaleusement célèbre. On a tellement glosé sur le précédent qu’il en était devenu agaçant. On le sentait trop dans la performance d’acteur, il asphyxiait son personnage. Le petit nouveau, au contraire, réussit à être exactement naturel dans la démesure exigée. On peut saluer également le travail du chef opérateur, Sigourney Weaver dansant le twist et l’inélégance de Sandra Bullock mais contester quelques partis pris de réalisation convenus et inutiles. Pourquoi ces témoignages des amis comme dans un documentaire ? Avec des comédiens ayant la même apparence que dans le film qui est en train de se dérouler ? Le personnage ne devrait pas avoir besoin de cet artifice pour être psychologiquement compris du spectateur. Pourquoi faire un plan répété sur une montre pour exprimer que le temps passe ? Pourquoi faire parler et cadrer sur le personnage qui écrit une lettre quand le destinataire en fait la lecture ? Plein de détails comme ceux-là, un peu simplistes, qui sont en totale inadéquation avec la finesse du personnage. Scandaleusement célèbre est un film un peu niais sur un personnage extraordinairement brillant. Après, toute la question est de savoir s’il vaut mieux ça ou le contraire.  
Publié le Vendredi 06 avril 2007 à 13:20:22
Par Delphine
Je ne suis pas militante communiste. Juste eu peut-être la chance d’avoir des parents communistes, comme on dit. Mon père s’est détourné du parti depuis de longues années maintenant, bien avant même que j’aie l’âge d’avoir une conscience politique. Être la fille de l’ancien maire – communiste de surcroît – n’a pas toujours été facile à porter. Mais sans doute aurait-il été autre chose que cela n’aurait pas été plus simple. Par réaction contre lui, j’ai renié cette culture politique ancrée en moi, comme un temps j’ai rejeté les livres parce qu’ils me le rappelaient trop. Aujourd’hui, je suis publiée, j’écris pour vivre et me passionne de débats et autres émissions politiques ou de société, pense à m’engager. Je suppose que c’est ça devenir adulte : arrêter de faire des choix parce qu’ils vont à l’encontre ou dans le sens de ce qu’attendent ses parents. Être adulte, c’est aimer ce qui nous plaît vraiment, au profond. Débarrassée de mes blocages psychologiques, la curiosité décomplexée et tenant à être à la hauteur de la publication – à deux reprises maintenant – d’extraits de mon blog dans le forum des lecteurs de L’Humanité Dimanche, j’ai voulu assister au meeting de Marie-George Buffet, dimanche, à Bercy. Pour voir. Entraînant maman dans cette lubie, notre journée prenait des allures d’école buissonnière. Des embouteillages entravaient ce périple initiatique, nous avons arrêté la voiture et sauté dans le métro. L’ironie de l’histoire est que la rame qui nous acheminait au pays de la défense des travailleurs, des syndicalistes mobilisés, du service public renforcé était celle-là même qui avait laissé à quai le conducteur au profit de l’électronique. La ligne 14 ne fait pas grève. Elle ne crée pas d’emplois non plus. Arrivées sur l’esplanade du Palais Omnisport de Paris-Bercy – que nous avions fréquenté la dernière fois pour entendre chanter Elton John, moyennement – nous gravissons les nombreuses marches placées là comme pour mettre à l’épreuve la motivation des visiteurs. La prise de Bercy. Dehors, quelques groupes de militants discutent et fument une cigarette. Il y en a toujours pour rester dehors. Après tout, on attend du parti qu’il soit dans la rue. Nous entrons et nous dirigeons vers la tribune où Bernard Hugo nous a réservé des places. Ancien maire de Trappes (pendant trente ans) et ami de la famille, il m’a donné les bonnes infos. Nous sommes agréablement surprises de constater que le POPB est quasi plein. Cela rassure sur l’implication des gens. Difficile de me rendre compte de la classe d’âge. Sur le gradin où nous nous trouvons, bien sûr il y a les vieux de la vieille mais aussi de juvéniles minois. Il fait chaud. Des drapeaux s’agitent. Au milieu de ceux rouges du PCF, beaucoup arborent les couleurs de l’arc-en-ciel, étendard de la communauté gay. Ça me plait. Au-dessus de la tribune, un carré d’écrans géants permet à chaque spectateur, d’où qu’il se trouve, de voir plus en détail les intervenants. Notre petit retard nous projette directement dans le dossier européen. Plusieurs eurodéputés de différents pays viennent apporter leur soutien à la candidature de Marie-George Buffet. Ils le précisent dans leur langue et se laissent traduire par un interprète. Toutes les interventions de l’après-midi sont également retranscrites en langue des signes. Nous le constatons à l’écran. Après les Européens et le témoignage émouvant d’une Africaine, viennent les jeunes. En rang serrés, sémillants et accrochés à une longue banderole comme au temps glorieux de la lutte contre le CPE. Une porte-voix de ces jeunes concernés a été choisie pour intervenir. On comprend tout de suite pourquoi : elle a un avenir certain dans la harangue des foules. Un malicieux slameur fait une démonstration tout aussi convaincante. On peut l’applaudir. Et ce les deux fois où il prend la parole, la seconde se faisant accompagner d’une brillante contrebassiste apportant poésie et finesse à cet ensemble hétéroclite éminemment sympathique. Puisqu’il est question de jeunes, il semble adéquat que le Secrétaire général du Mouvement des jeunes communistes français s’exprime. Cédric Clérin le fait avec chaleur et véhémence à la fois, sans notes, de sa voix plaisante et familière. J’en oublierais presque qu’à l’âge de dix ans, nous nous connaissions déjà. En fait, non, j’y pense avec un sentiment mêlé de fierté toute maternelle et d’admiration : Cédric devant 15 000 personnes, à Bercy, défend ses idées et ce que lui dicte son cœur. Bravo.
C’est le moment. Le tour de la candidate de monter au pupitre. Jusqu’ici, elle se tenait un peu en retrait avec pudeur et humilité, souriant, remerciant au fur et à mesure toutes celles et ceux qui se succédaient pour lui assurer leur soutien. J’imagine que pendant le discours d’une petite heure – selon maman – elle n’a pas énoncé des choses radicalement différentes de ce que j’avais pu lui entendre dire dans les différents médias dont je suis abreuvée, pourtant les mots et les idées prennent une toute autre dimension dans le contexte et c’est en cela que cette expérience m’a captivée. Tout devient concret, on entend mieux, on réagit, on écoute les autres réagir, on acquiesce, on applaudit, on s’abstient, on s’abandonne complètement, porté qu’on est par un enthousiasme collectif, en partage, dans un esprit de communion. Même si les idées ne sont pas toujours les miennes, même si je n’ai pas tout à fait arrêté mon choix électoral, j’y ai un peu plus encore mesuré la noblesse de l’exercice de la citoyenneté.



Publié le Jeudi 05 avril 2007 à 09:09:06
Par Delphine


Cette semaine est sorti en kiosques R&B Addict, une revue plutôt destinée aux adolescentes consacrée à la musique R&B et dont je suis intégralement l'auteur. Le numéro 2 est déjà prêt mais la production ayant pris du retard, il ne sortira qu'en juin, j'imagine. C'est le premier journal que je réalise ainsi de A à Z (textes, recherche iconographique, rubriques, etc. En fait, tout en dehors de la maquette, de l'impression et de la distribution !) et l'expérience a été très enrichissante. J'attends qu'on me passe commande d'un numéro 3. Entre temps, j'ai été approchée pour concevoir, encore intégralement, un magazine sur les séries télé : ma grande passion. Je suis en plein dedans ! Il est prévu qu'il sorte le 5 mai.
Publié le Mercredi 04 avril 2007 à 11:34:35
Par Delphine

Un film biographique d’une dessinatrice conteuse qui, dans sa forme, est de médiocre intérêt. Si ce n’est que l’animation des petits animaux illustrés peuplant l’œuvre de cette Miss Potter est assez élégante et mignonne.  C’est dans le fond de l’histoire de cette créatrice que le long-métrage mérite d’être vu. Si toutefois seulement on est curieux de ce que je pense être le sens de la réflexion, la problématique du film. Sinon, n’y allez pas, vous ne le trouverez que mielleux, mélo et bouffi – un peu comme son actrice-titre – de bons sentiments.

J’y ai vu la démonstration d’un combat féministe avant l’heure où une femme corsetée par une éducation rigide, archaïque et bienséante de long terme d’une famille de la bonne société aristocratique car parvenue – la pire – s’émancipe sur la seule force de son caractère et de l’exploitation vitale de son talent. Cette Beatrix Potter était moderne. Sa vision pour la femme dépassait les simples convenances d’un mariage d’argent et de caste. Plutôt encore être célibataire à 32 ans et sans doute pour la vie que d’épouser n’importe quel homme contrefait sous prétexte que ses situations sociales, financières sont des plus convenables. Cela parlera à beaucoup d’entre nous, même 100 ans plus tard.

J’y ai vu une variation sur le thème de l’artiste maudit. Jeune fille, sa non-adéquation aux aspirations de son monde, de sa mère, la conduit à créer un autre univers, le sien, forcément sublimé, intime, tout en réussissant à être universel. Mais il y a une espèce de contrepartie exigée par l’Œuvre. Possessive, elle empêche fatalement l’artiste de trouver le bonheur ailleurs : elle fait le vide autour d’elle, allant même jusqu’à tuer son fiancé. Mais l’Œuvre, pas chienne, réconforte et fait le service après veuvage, est même payée pour sa manœuvre : Ah, frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie, le fameux.  

J’y ai vu une raison supplémentaire de regretter que l’élection présidentielle snobe la culture car Miss Potter est une preuve, encore, que l’art est indispensable à l’évolution d’une société, des mœurs, de la condition de chacun ; l’Artiste ayant été choisi pour avoir dans les mains le destin de l’Homme et se battre. Le négliger, le museler, le moquer revient à s’automutiler. Cultivez-nous, nous végétons. 
Publié le Lundi 02 avril 2007 à 09:58:35
Par Delphine
Pour moi, déjà, le téléphone est un enfer. Sonnant trop. Ne sonnant pas. Violemment intrusif et ultime instrument d’un égoïsme qui consiste à déranger autrui quand il ne l’a pas choisi. Alors, l’idée justement d’un téléphone infernal qui prend le contrôle de la vie d’un individu ne pouvait que me séduire. Cela étant, l’emballage d’un film français estampillé teen movie – ce que les Américains peuvent réussir avec une certaine décontraction –, réalisé par l’artisan du contestable Brice de Nice et mettant en vedette le mignon mais hyper starisé petit Choriste me laissaient craindre le pire. Eh bien, j’ai ri. De bon cœur. Appréciant l’effort de création d’un univers visuel original et plein de fantaisie, l’audace des situations, du langage, de l’immoralité, le travail sur la peinture de personnages archétypiques adolescents, le texte enlevé, le rythme endurant et la réappropriation d’une culture cinématographique et littéraire sans sombrer dans l’escroquerie du calque. C’est nouveau et frais. Rassurant aussi qu’il perdure un semblant de liberté de ton dans ce pays de la langue de bois et du politiquement correct. Ça casse et ça passe.
Publié le Dimanche 01 avril 2007 à 10:10:19
Par Delphine
À quelques critiques de là, je me souviens avoir à peu près écrit qu’Hypertension était le film le plus vulgaire que j’avais vu depuis longtemps. Il en a fallu peu pour que j’en subisse un autre : Alpha Dog. Et quand je dis « vulgaire », je ne fais aucunement référence à un texte qui case un « fuck » toutes les trois syllabes. À priori, ce tic ne me dérange pas. Pour preuve, je trouve qu’il est partie des nombreux charmes de Soprano. Le « fuck » n’est donc pas répulsif s’il a du fucking talent autour. Entre parenthèses, il serait intéressant de savoir comment ils s’en sont dépêtrés dans la version française, le « fuck » étant très difficilement adaptable, surtout s’il n’y a quasiment pas d’autres mots auxquels le raccrocher. Que ceux qui, par hasard, auraient vu Alpha Dog en V.F. éclairent ma lanterne. Par avance, merci. 
La vulgarité d’un Alpha Dog est d’autant plus difficile à avaler qu’elle affiche une prétention artistique, voire sociologico-documentaire. Je supporte mal qu’on se targue de condamner une espèce état de fait alors que ce n’est finalement qu’un prétexte pour montrer, mal sainement. Les gosses de riches de Californie peuvent se comporter aussi criminellement que les gosses de pauvres peuvent se comporter ; pire, ils les singent en essayant de vivre comme dans les clips de rap diffusés en boucle sur MTV, censés mettre en scène les mecs des bas quartier qui ont réussi dans le biz.  
On deale, on se bourre la gueule, on glande, on traite les filles de « bitches », on voit des pédés partout, on baise dans des piscines, on déconne en bagnole, on insulte ses parents, on glorifie Scarface, on planque son calibre – extension limpide d’attribut masculin pour des ados à peine finis – à la ceinture de son jean… Alors, tout ça c’est la faute à la télé ? au cinéma ? aux parents démissionnaires ? En voilà un débat qu’il est original. Ce n’est pas tant ce que je remets en question car il est possible de faire de très bons films avec des sujets aussi simples et convenus que celui-ci. Là où Alpha Dog se mord la queue, c’est en ce qu’il se fait vulgaire pour montrer la vulgarité sans aucun arrière-fond ni perspective. Il est juste plat, en une dimension, ainsi à l’exacte bassesse de qu’il semble fustiger. Le seul aspect narratif qui aurait pu représenter un semblant d’intérêt dans cette autoroute du nivellement par le bas est l’insertion ponctuelle de témoignages recueillis après coup de protagonistes de l’histoire, face caméra. Intérêt qui implose quand vient le tour d’une Sharon Stone maquillée de trente kilos et pleurnichante comme un cochon qui apprend qu’il va finir sa vie chez Madrange. Ça va, hein, la prestation je-suis-canon-mais-comme-je-suis-surtout-une-super-actrice-trop-canon-pour-être-prise-au-sérieux-je-joue-un-rôle-de-grosse-moche. Vite, un Oscar ! 
Sinon, Timberlake est peut-être le « moins pire », avec une certaine expression inespérée dans le regard, si ce n’était la tarte à la crème qui consiste à dire : « Ouaiiiis… Timberlake, l’idole propre sur lui des adolescentes et des homosexuels se met en danger en jouant les vilains garçons, la preuve, il dit plein de gros mots et a des faux tatouages partout… » Faudrait arrêter de nous prendre pour des cons quand même. Fuck. 
Publié le Jeudi 29 mars 2007 à 12:22:51
Par Delphine
Puisqu’il faut bien qu’on trouve un prétexte pour y aller souvent, on ressort le bon vieil argument : « on va aller à L’Apparemment, au moins on sera au calme ». Il est vrai que l’Apparemment Café est l’un des restos les plus tranquilles que maman et moi connaissons à Paris. Et j’ai déjà dit à quel point le presque silence était important pour moi. Mais la quiétude – malgré la constante fréquentation – de ce grand établissement n’est pas la seule attraction à nos papilles. Il est ludique. L’Apparemment Café a fait sa réputation sur son offre de jeux de société : on y va pour jouer entre amis. Le resto fournit jeux, cocktails (je crois me souvenir qu’une copine trouvait la piña colada excellente) et assiettes garnies. Maman et moi n’y allons pas pour jouer (le démon du jeu de sa grand-mère paternelle est passé directement dans mes synapses, en sautant deux générations). Alors pourquoi disais-je que les dîners à L’Apparemment étaient forts ludiques ? Tout est dans la carte. Ou plutôt dans la non-carte. La ravissante serveuse toute gentille, très stylée et avec de superbes cheveux, vous apporte un papier, un bic rouge et au client de faire joujou. Sur cette feuille, une liste d’ingrédients classés par catégories : fromages, charcuterie, légumes, fruits, poissons, antipasti… et il n’y a plus qu’à faire des petites croix en désignant ce qu’on veut dans son assiette. Génial, le plat complètement à la carte ! Évidemment, plus on coche, plus on paye (7 ingrédients – quels qu’ils soient – coûtent, par exemple, 16,50 €). Ce n’est pas spécialement donné mais les produits sont de qualité et les quantités généreuses. Quant à l’environnement, je ne vais pas répéter qu’il en vaut le coup. Dans sa grande générosité, l’Apparemment nous offre trois petites choses supplémentaires, à choisir entre noix, raisins secs, ciboulette, basilic, cornichons, crème fraîche, etc. La sauce de salade est également soumise au vote entre cinq ou six candidates, toutes plus réussies les unes que les autres (demandez qu’elle soit mise à part). Présenté comme ça, on se dit que les possibilités offertes sont infinies. En fait – enfin, je parle pour moi ; et un peu pour ma mère, quand même – on mange, à quelques exceptions près, toujours la même chose. Vous me direz, ce n’est pas parce que j’ai la chance de pouvoir mettre des rillettes d’oie, du jambon et du bleu dans mon plat que je vais la saisir. Donc, en gros, mon top personnel c’est la sauce Bikini ou pesto, le brie, le pamplemousse, le blini-tarama, les carottes râpées, les tomates, la pita-tsatsiki, les rillettes de thon, le saumon fumé, les noix, les raisins secs, les olives vertes… Le passage au dessert n’est pas spécialement à la hauteur de l’enthousiasme qui précède, mais la carte – classique cette fois – reste honnête. Mention spéciale pour le fromage blanc, absolument extraordinaire, lui, pour le coup. On a l’impression de manger une coupe de crème fraîche – et il est de notoriété publique que j’adore la crème fraîche. Tellement il est dense, onctueux, doux. Sinon, je recommande le Supplice, espèce de délice au chocolat et nougatine. Ça, c’est vraiment très bon. Le brownie n’est pas mal non plus, pas vraiment à la hauteur de Joe Allen ou du Coffee parisien, mais mangeable. Il paraît que leurs tartes aux fruits sont également savoureuses. Idem du crumble (un avis que je ne partage pas, surtout après avoir goûté celui du Café, rue Tiquetonne. Je crois en avoir déjà parlé). Finalement, ils sont pas mal les desserts de l’Apparemment… Ce qu’on peut reprocher à L’Apparement Café est d’être plus que souvent complet. Ceux qui ont eu la curiosité de lire jusqu’ici auront compris pourquoi.
Publié le Mercredi 28 mars 2007 à 10:53:17
Par Delphine
Question de maman :  
- Tu ne trouves pas qu’« Ensemble, c’est tout » est un mauvais titre ? 
Ben, non. C’est tout ce qui compte, tout ce dont on a besoin, toute notre vie...
Et là, tout notre système s’en était trouvé inversé. Elle, l’optimiste, moi, la pessimiste, elle voyait le verre à moitié vide, je le voyais à moitié plein. Dans ma tête, tout pour l’ensemble, dans la sienne, tout dans la restriction. C’est tout ? Comme on peut se dire dans une crêperie quand on commande une galette au Nutella et qu’en la voyant arriver, on s’exclame : c’est tout ce qu’ils ont mis comme Nutella ? Encore !

Mais finalement, elle comme moi avions raison à propos du film de Berri. Pour ces trois personnages écorchés par la vie – et autre question : tous les artistes sont-ils hypersensibles ou tous les hypersensibles sont-ils prédestinés à devenir artistes ? – l’autre est finalement tout et le rapport à autrui la seule vraie richesse de l’existence et donc symétriquement, un tout de spoliation dans notre société de surconsommation, de recherche du trop plein, de l’angoisse du vide et du simple. Cela peut paraître léger et ridicule à certains qu’on leur explique que, parfois, un brin de convivialité, de soutien, d’amitié, d’amour suffisent à s’en sortir, à se recréer. Ensemble, c’est tout 
est un film sur la renaissance. Si on est mal né, on peut toujours avoir la chance de renaître ailleurs, au sein d’un autre environnement. Concomitamment, celui qui reprend vie peut redonner vie. Elle fait un peu cul-cul la praline dite comme ça mon histoire, voire échappée de je-ne-sais quelle secte de l’Illumination du Moi, et il y en aura pour trouver que le film itou. Pas moi. Je trouve qu’au contraire c’est assez fin dans le film de Berri. Subtile, intelligent, sensible, psychologiquement réussi et humoristiquement relevé. Et bien jouer. J’abandonne un instant mon idolâtrie pré pubère pour Nicolas Cage ou Hugh Grant – j’ai encore Johnny Depp dans mon chapeau – pour chérir une nouvelle icône : Guillaume Canet, en passe de devenir le meilleur comédien français de sa génération (d’ailleurs, sur l’instant, je peine même à me souvenir s’il en existe d’autres). Passons sur sa belle gueule, mi ado, mi crado, mi bobo… Ça fait beaucoup de mi, néanmoins, ensemble, c’est tout mimi. Gueule d’ange, on dit. Ouais, tout à fait ça. Surtout, quel acteur. Il est d’un naturel que cela pourrait jouer en sa défaveur en ce qui concerne ses talents : facile pour lui ! Il joue pas là… il doit être comme ça. Une qualité de ce film supplémentaire. Souvent, lorsqu’on voit des films français, ils sont tellement empesés, coincés du cul, pas naturels et reflets d’aucune réalité qu’ils en sont irregardables. Ensemble, c’est tout, et spécialement par le biais de Canet, ne souffre d’aucun décalage de comportement et de langage qui seraient susceptibles de le laisser tomber à côté. Guillaume Canet réussit à être le boy next door, le bad boy et le playboy à la fois. Pour le coup, à la fin du film, la frustration se fait sentir. C’est tout ? Encore !


 

       

  

 

 

Publié le Lundi 26 mars 2007 à 13:50:55
Par Delphine
Je ne dois pas être assez intello. D’abord je n’ai pas aimé le parti pris du mélange des genres. Documentaire ? Tragi-comédie ? Farce ? Fresque historique ? Drame ? Pamphlet politique ? Parodie de Titanic ? – là c’est moi qui plaisante, mais je dois dire que je n’ai pu m’empêcher d’y penser lors de la scène de turbulences dans la cale du bateau. Était-ce voulu ? Aux vues de certaines loufoqueries assumées, on peut légitimement se demander. Cette fantaisie dont je parle et qui scande le film est celle-là même qui m’agace là où Sylvaine la trouve lyrique. Golden Door a en effet peut-être cela de poétique qu’il est complètement dépendant de la subjectivité du spectateur. Il s’aliène une partie lorsqu’il s’en attache une autre. Moi, j’ai juste trouvé ça chiant. Alors que le sujet de l’immigration – de pauvres siciliens vers l’espoir du rêve américain au début du XXe – est très intéressant et presque d’une actualité criante en ces temps de débats sur l’identité nationale et autre ministère de l’immigration ou encore diplôme de bonne citoyenneté française. Rien que pour cela il mérite d’être vu avant d’aller déposer son bulletin de vote. Regardez ce que les Américains faisaient il y a un siècle – 100 ans ! – et demandez-vous si c’est ce que vous voulez pour la France de demain…
Publié le Samedi 24 mars 2007 à 13:39:10
Par Delphine

Je suis en ce moment en train de relire le manuscrit d'un ami et j'ai flashé – comme il peut m'arriver souvent – devant ce mot : « palinodie ». Je ne le connaissais pas, il fallait que je répare immédiatement cette carence et que je partage avec le plus grand nombre ce coup de foudre. Alain Rey – toujours Le Robert Culturel – m’apprend qu’une palinodie est une « parole ou écrit exprimant une rétractation. Changement d’opinion, désaveu. » Et de citer un passage de La Prisonnière de Proust : « (…) les hommes politiques ne se souviennent pas du point de vue auquel ils se sont placés à un certain moment, et quelques-unes de leurs palinodies tiennent moins à un excès d’ambition qu’à un manque de mémoire. » Voilà un mot exquis qui mettrait un peu de beauté dans la somme excessive des commentaires en cette période électorale. Il est en plus tellement approprié.   

 


Publié le Vendredi 23 mars 2007 à 10:25:42
Par Delphine
Il fallait au moins bien ça. Hier, le tout français – et indien, cette année – de l’édition se retrouvait porte de Versailles pour l’inauguration du Salon du livre. Pas mondaine pour deux ronds, ni coureuse de cocktails à petits fours et champagne à discrétion, je m’imposais néanmoins d’y aller. Pas par curiosité parce que je sais exactement ce qui s’y passe. Pas par ambition parce que je ne m’attendais pas à y décrocher le contrat de mes rêves. Pas par obligation parce que personne ne m’y espérait. Par amusement sans doute, par amitié aussi parce que c’était l’occasion d’y retrouver Francis que je ne n’avais pas revu depuis longtemps et qui m’avait gentiment proposé que je l’y accompagne. Francis, attaché de presse rencontré à mon époque MusicBook, traîné chez City Éditions et aujourd’hui freelance. Francis, dépêche-toi d’ouvrir ton blog professionnel pour que je puisse l’ajouter à mes liens Coups de cœur ! Il n’y a pas grand chose à dire de l’inauguration du Salon du livre, si ce n’est le brouhaha sourd des conversations – mais que peuvent-ils tous se raconter ? –, le fourmillement des visiteurs, l’entassement des cadavres de flûtes à champagne en plastique, le non-respect – rafraîchissant – le la loi d’interdiction de fumer dans les lieux publics, la chaleur croissante, la bousculade incessante et la honte d’un étalage de livres ne semblant être là que pour faire office de sous-verres. Personne ne les regarde. À se demander s’ils n’ont pas été remplacés par des factices, décors ne servant que de prétexte à une réunion d’alcooliques anonymes, ou célèbres. En dehors de la gentillesse d’un Francis toujours prêt à vanter mes mérites d’auteur à ses connaissances, de la rencontre lointaine de mon idole universitaire, Georges Forestier, le racinien à moto et la découverte de la parution d’un nouveau dictionnaire Le Robert sur les cococurrences semblant passionnant et que je vais m’empresser d’aller acheter, il y avait peu à tirer d’une telle soirée. Toutefois, en sortant de là, j’ai eu la réjouissante surprise. Francis me propose d’aller dîner avec son amie attachée de presse, Géraldine, fort sympathique. Je leur dis, pour les avoir vaguement testés, que les restos alentours sont plutôt à éviter. Ils m’entraînent alors rue de la Gaité, quartier Montparnasse, au Backstage Café. Resto-bar cosy et élégant faisant le bonheur des sorties des théâtres de la rue. Une carte comme je les aime, variée – et que ceux qui veulent des détails sur mes goûts culinaires se reportent à ma note précédente. Des serveuses adorables et prévenantes, des people dans la salle – enfin, tout est relatif, je parle de François Berléand et Bruno Salomone – et dans les assiettes une copieuse et bonne salade, relevée d’une sauce pesto tout à fait convenable. Quand même le clou du repas, justifiant à lui seul toute l’histoire que j’ai commencé par raconter, pour n’en venir que là : le dessert. Un tiramisu au Nutella à ne plus vouloir avaler autre chose. Jamais. Depuis que le Starcooker2, rue des Archives, a supprimé de sa carte son inénarrable crumble au Nutella, je n’étais jamais plus tombée sur un resto cuisinant le Nutella en dessert. Il y a bien toujours le Pain de campagne, Cour Saint-Émilion à Bercy, auquel on doit rendre hommage d’accompagner leurs – très moyennes – crêpes et gaufres de Nutella à volonté, pot familial sur la table. Bien qu’extraordinaire ça reste moins original qu’un dessert préparé au Nutella. Je lance ici un appel officiel : que tous ceux qui connaissent des restaurants mettant à sa carte des desserts à base de Nutella ne me laissent pas dans l’ignorance. En contrepartie, je leur donnerai ma recette du brownie au Nutella et à la noix de coco. Bien plus plaisante de ce Salon du livre à la noix. 
Publié le Jeudi 22 mars 2007 à 12:28:51
Par Delphine

N’en déplaise à Pascal, je souhaite réhabiliter le Comptoir du commerce. Pas les conversations ras des pâquerettes tenues les coudes appuyés alternativement sur le zinc d’un café de province – quoiqu’elles aient leur charme – mais le restaurant sis dans le prolongement de la rue Montorgueil, au quartier des Halles de Paris. Quand on sort du cinéma UGC Ciné Cité Les Halles après la séance de 20h, c’est-à-dire aux alentours de 22h30, c’est une peu la croix pour trouver à être servi. Pourtant, le secteur n’est pas le plus mort de la capitale. Il y a toujours l’éternel Joe Allen, mais il faut être raisonnable. Aventurier, plutôt. Dit-elle, ne fréquentant que les dix toujours mêmes restos ! Et ne voulant jamais faire d’excentricités. Genre, entrer dans n’importe quel établissement parce que la déco est jolie ou que la carte semble sympathique. Genre, s’il est question de cuisine fusion, trop française, chinoise, indienne, péruvienne ou autre tibétaine, de tapas, etc. Oui, j’aime les pâtes, les crêpes, les hamburgers, les tartines gratinées d’une bonne épaisseur de fromage, les big salades ; et je les aime tellement qu’il est hors de question que j’aille à l’aveuglette, n’importe où, prenant le risque d’être déçue, à la hauteur de mon goût pour ces mets. Aventurière, je vous dis. Bref. Il y a pas mal de temps maintenant, j’ai entraîné Pascal et Richard – peut-être Bérengère était-elle présente ce soir-là, mais était-ce cette première fois ? – au Comptoir du commerce que j’avais testé quelques semaines avant avec maman. J’avais trouvé les desserts forts engageants et m’étais personnellement régalée de mon péché mignon : le fromage blanc-crème de marron. Qu’avais-je pris en résistance ? Aucune idée. Le marron éclipse tout le reste. Nous sommes mal tombés avec les garçons. D’abord, le serveur n’était pas au top de son amabilité. Désagréable de bout en bout, il a fini en beauté en refusant d’ajouter de la crème de marron à mon fromage blanc. Saligaud. On me prive pas de crème de marron. Incompréhension, étant donné que le marron était à la carte des crêpes, donc existant en cuisine, et qu’on m’en avait servi dans le mois. Il n’en a pas démordu, blâmant son patron du refus. Après, je crois qu’on a eu une autre embrouille au moment du paiement, sans me souvenir exactement de la teneur. Pascal a dit : plus jamais ! En fait, le temps passant, la direction a changé et je l’ai convaincu d’y retourner, ayant eu moi-même à nouveau une bonne expérience (un tiramisu je crois cette fois). De toute façon, le fromage blanc avait été définitivement retiré de la carte alors il n’y avait plus de raisons de litiges. Je m’étais avancée. Peut-être Pascal était-il encore sur ses gardes, toujours est-il que le serveur avait changé mais son remplaçant n’a été guère plus satisfaisant. Et là, c’en était fini du Comptoir du commerce. Il est devenu un passage obligé, une private joke de chaque débat de recherche d’un resto :

Delphine : Qu’est-ce qu’on mange ?

Richard : Ah, me regardez-pas ! C’est pas moi qui décide !

Pascal : Je sais pas.

Delphine : On va au Comptoiiiir ?

Pascal : Ah non, hein ! Va mourir avec ton Comptoir !

C’est devenu un jeu. Mais on y est jamais retourné. Étant quelqu’un de presque influençable, j’ai fini par avoir des doutes moi-même sur l’établissement et j’avais certaines appréhensions à y retourner bien qu’appréciant leurs plats et le calme de l’endroit (j’en peux plus des restos bruyants). Et maintenant que je boycotte les non-fumeurs avant l’heure – faut pas déconner, février 2008 arrivera assez tôt – ça commence à limiter un peu plus les choix. Il était donc urgent de refaire une tentative Comptoir du commerce. Bien m’en a pris. Les tartines étaient bonnes, XXL, les frites aussi (j’aime bien les tartines accompagnées de frites avec la salade, c’est rare), la salade de maman paraissait appétissante, la planche de la voisine donnait envie, ainsi que le faux-filet de son compagnon – alors que je n’aime même pas ça – , l’assiette du monsieur derrière je l’aurais bien goûtée, la charlotte au coulis de fruits rouges de mam, délicieuse, ma mousse aux deux chocolats, une déchirure, le serveur, enfin, d’une gentillesse confondante. J’y retournerai. Pascal, ça te dit ? 
Publié le Mercredi 21 mars 2007 à 10:19:07
Par Delphine
Ou comment le cinéma érige la vulgarité en système créatif. Cependant, on doit reconnaître au scénariste un certain génie. On l’imagine face à cette problématique : quelle nouvelle astuce trouver pour répondre à la demande d’un public gavé de pop corn, shooté à la violence et réceptif uniquement à un langage composé à 98 % d’injures ? Je devrais ajouter à cela l’impératif d’une illustration sonore assourdissante, oscillant entre rock agressif et hip-hop ordinaire. Eh bien, ce monsieur a trouvé un filon infaillible, un enjeu dramatique justifiant à lui seul une agitation qui aurait pu paraître, en tout autre circonstance, complètement irrecevable tant elle est excessive. Car, dans Hypertension, la gesticulation et donc l’action sont intrinsèquement obligatoires et requises, a fortiori admissibles. Le personnage est amené à mourir s’il n’est pas enragé, drogué, survolté puisque sa survie ne dépend que de son aptitude à faire monter le taux d’adrénaline circulant dans ses veines. Ainsi, tout ce qui est bon pour le faire crever le plafond, le spectateur le prend en pleine gueule, un peu comme la réplique d’une secousse sismique. Le résultat n’est alors plus très original puisqu’on assiste à une enfilade de scènes de torture, de coups de feu, de cascades, de courses de voiture-taxi-moto-à-pied-en-hélicoptère, de baise sur la place publique, d’auto-électrochocs assez amusantes. Il faut reconnaître qu’au douzième degré, le côté quand même parodique du film le rend divertissant, une fois passée, par adaptation, la nausée conséquence d’une réalisation sous amphétamine, forcément enchaînée au sujet. Heureusement, ça ne dure que 1h23. On se demande s’il aurait été possible d’en supporter deux minutes davantage. On pense forcément à la série 24 en regardant Jason Statham courir contre la montre, Neveldine abuser de la technique du split screen et on a envie de lui dire qu’un thriller peut être haletant, bourré de suspens en usant de beaucoup moins d’artifices. On se rend un peu plus compte de la supériorité de 24 qui, sans lasser, tout au contraire, ni créer d’inconfort, titille l’adrénaline du spectateur le temps d’un épisode. Que dis-je, le temps d’une saison. Que dis-je de 5. Bientôt 6. La production d’Hypertension ne s’y est pas trompée qui fait mourir son « héros » à la fin, alors que Jack Bauer est toujours debout. Immortel. Si seulement.
Publié le Lundi 19 mars 2007 à 14:12:39
Par Delphine
Ronan va encore pouvoir dire que je ne suis pas objective dans ma critique… Parce que, oui, Ron, tu dois savoir que Hugh Grant est bien 2 dans ma groupie-ing liste. Et comme ces dernières années il s’est fait très rare, beaucoup plus que Nick Cage, ce retour parfaitement nommé, ne pouvait que me réjouir. Une part du boulot était déjà faite. Le reste n’est qu’une comédie sentimentale calibrée mais bien envoyée, les répliques comiques, faisant souvent leur petit effet, s’enchaînent à un rythme frénétique. On sourit largement si on est dans de bonnes dispositions, on rigole bruyamment – comme moi – si on est dans de très bonnes dispositions et qu’on a laissé son sens critique dans le parking souterrain du cinéma. Un conseil : arrivez à l’heure et ne loupez pas le générique qui fait 98 % de l’aimable humeur. Tous ceux ayant vécu les années 80 seront hilares, avec un sentiment mêlé de nostalgie et d’autodérision : c’est la musique qu’on aimait, les looks qui nous faisaient vibrés, le langage du corps qu’on singeait. Ça fout un coup. Rire à ses propres dépends, c’est aussi ce qui ravit masochistement dans ce Come-back. Parce qu’en ce qui concerne les réflexions sur le phénomène lolita façon Britney Spears, sur la création, l’inspiration, le blocage, sur la « fanitude », la ringardise, le show-business, sur la rencontre amoureuse d’opposés… rien de vraiment excitant. Drew Barrymore, charmante malgré sa tignasse crado, mais dans sa partition habituelle de la farfelue un peu bitnik et gauche, Hugh Grant craquant avec ses chemises blanches manches mousquetaires, ses cheveux négligemment en l’air, son collier ras du cou et sa bague au majeur. Et puis, qui joue du piano est forcément séduisant – remarque à nouveau complètement subjective et assumée. On se demande juste pourquoi son regard est à ce point fuyant. Est-ce un défaut de mise en scène ? Toujours est-il qu’on a l’impression qu’il ne regarde jamais ses interlocuteurs dans les yeux et cela devient gênant au bout d’un moment car ce travers tend à l’exclure du film. On pense qu’il n’est pas à ce qu’il fait et, comme son personnage, joue dans ce film parce qu’il faut bien entretenir son train de vie, tout en ayant conscience qu’il se compromet. En tout cas, le réalisateur a bien compris qu’il tenait dans le générique la centrale curiosité de son long-métrage ainsi même si le film plus il avance plus il désintéresse, la banane revient aux lèvres quand la lumière se rallume puisque Le Come-back finit comme il a commencé et on oublie tout à coup la sirupeuse ambiance de la dernière demie heure, on se reprend à garder ses yeux scotchés sur l’écran, la bouche ouverte de stupéfaction, les yeux brillants de ravissement, et dans la tête la musique exécrable mais néanmoins imprimée pour tout le reste de la soirée. Un film avec un bon début et une bonne fin ne peut pas être complètement mauvais. Surtout si Hugh Grant joue dedans.           
Publié le Vendredi 16 mars 2007 à 14:03:08
Par Delphine
Passée la première hilarité d’entendre Juliette Binoche déclamer un accent yougoslave, Par effraction est un film assez séduisant. Cependant, il est difficile de verbaliser le pourquoi. Ce qui n’est d’ailleurs pas un argument à charge. Au-delà du charme de Jude Law et de la – décidément incontestable – cinégénie du matériel Macintosh, ce long-métrage a un pouvoir d’attraction instinctif. Car si on regarde de plus près, on déplore sa longueur (mais qui participe de la langueur), son gimmick d’images floues, faussement artistiques, vraiment inutiles, son irréalisme et cette volonté de peut-être trop en dire. La manière de charger la mule de thématiques diverses et multiples vient sans doute d’un souci d’ancrer la fiction dans la vie mais c’est l’effet inverse qui se produit. On ne crée pas une épaisseur psychologique par profusion de données. Car les thèmes abordés – effleurés pour être plus juste – ne manquent pas : une union où la passion a laissé place à l’indifférence, une femme plus âgée que lui, une femme en exil – que dis-je, deux femmes en exil – un père qui élève l’enfant de sa compagne comme si elle était la sienne, mais pas tout à fait, une enfant mentalement perturbée, une thérapie familiale, un quartier insécure, une criminalité acrobatique, adolescente et immigrée, une mère célibataire, une prostituée au grand cœur, un patron timidement amoureux d’une employée, une petite frappe pleine de scrupules, victime d’un système et d’une hérédité, une relation extraconjugale, l’aveu, la compréhension, l’explosion, la réconciliation, le retour au pays… Ça fait beaucoup. Alors, je serai optimiste et espérerai que ce n’est qu’un moyen pour que le spectateur, avec toutes ces cartes en main, choisisse ce qu’il a envie d’y voir et, comme l’architecte, personnage central, construise à partir de sa vision. Là où certains y verraient un film sur les relations hommes-femmes ou d’autres sur le quartier King’s Cross de Londres, j’y ai personnellement trouvé une approche de la maternité. Comment ces deux femmes, déracinées, désirées par ce même homme le laissent en dehors de leur vie sous prétexte qu’elles sont avant tout des mères. Fascinant déterminisme le dirigeant vers une maîtresse prête à tout pour son fils alors qu’il cherche justement à se consoler d’une légitime qui ne vit que pour le mieux de sa fille. Un  film sur le complexe d’Œdipe ? D’ailleurs l’extrême juvénilité de Jude Law ne fait qu’appuyer ce sentiment. En tout cas, on a bien envie de le dorloter.
Publié le Jeudi 15 mars 2007 à 11:29:56
Par Delphine

J’ai mal à mon voisin. Voilà une comédie psychologique plutôt réussie. On peut d’ailleurs se demander si elle n’a pas été subventionnée par l’association française des psychiatres de ville car elle est un excellent vecteur de pub. Après la projection, on est convaincu que tout le monde a besoin d’une bonne thérapie. Ce qui n’est pas loin d’être mon avis.

Ma place au soleil – titre selon moi mal choisi – s’attaque aux relations que chacun entretient avec son prochain. Comment elles déterminent ce que nous sommes ou comment elles sont déterminées par ce que nous sommes ; comment elles nous affectent ou comment nous sommes affectés par la manière dont elles se déroulent. Bien ou mal. En l’occurrence, assez difficilement dans le film de Montalier. Les caractères et les situations sont archétypiques sans pour autant sombrer dans la caricature et le rudiment. Les séquences fantasmagoriques sont assez rafraîchissantes. Les comédiens sont bien dirigés même si l’on peut regretter que le réalisateur, sans doute perclus d’admiration devant son casting – des acteurs stars qui l’ont suivi sur un premier film – laisse Dussolier faire Dussolier, Garcia faire du Garcia, Cluzet du Cluzet, Dutronc du Dutronc, Bouchez du Bouchez, etc. Mais finalement puisque l’idée est de montrer les Hommes dans leur vérité démasquée, ce n’est pas si dissonant. Les jeux de mise en scène et de superposition, les silences, les voix-off, les mouvements de caméra confèrent à l’ensemble une originalité évitant au long-métrage de boire la tasse dans cette vague de mode du film choral, sans pour autant paraître artificiels et taper sur les nerfs, risque que prend un réalisateur lorsqu’il use d’effets ostensibles. C’est souvent casse-gueule quand même.

Ma place au soleil s’inscrit dans une tendance qui, espérons, fera du XXIe siècle celui de la compréhension de l’autre et de la recherche du bien-être personnel. Le Tout ne peut vivre que si chaque individu, qui en est partie, se rend compte de son rôle à jouer pour la pérennité de l’ensemble. On se sent petit pourtant nos actes ne sont et produisent que des réactions en chaîne. Tolérance, bienveillance et empathie, c’est ce que ce film cherche à promouvoir tout en ne cherchant pas à nier l’importance des rapports de force. Même si « L’ enfer, c’est les autres » et je vais citer Maud Fontenoy que j’entends à la télé pendant que je suis en train d’écrire cette chronique : « On a vraiment besoin des autres pour être heureux » ce n’est pas vraiment révolutionnaire mais ça m’amuse de recevoir ce message à l’instant. Elle sait de quoi elle parle, elle vient de passer cinq mois seule sur son bateau. Un message universel, donc, scénarisé par Montalier auquel, alors, on peut reprocher de l’avoir mis en images sans grande variété et polychromie. Je ne suis pas sûre d’être pour la méthode, pourtant là je n’ai pu m’empêcher de penser qu’un peu de discrimination positive ne nuirait pas. Car le sujet dépasse largement la poignée de bobos, CSP ++, blancs comme linge. Un peu de relief et de réalisme n’auraient que servi le propos. Parce que si sa thèse est qu’on peut être beau, riche, cultivé, inséré et malheureux, cela rend l’ensemble beaucoup moins intéressant. Voire s'avérer complètement contre-productif puisqu'on en vient à souhaiter qu’ils laissent un peu de place au soleil pour les autres. 
Publié le Lundi 12 mars 2007 à 10:37:10
Par Delphine

On parle beaucoup de la mainmise de la télévision sur le cinéma français. Contre-enquête en est une preuve : un comédien star de la télé, l’omniprésence de M6 dans la progression dramatique et un scénario du style Cordier, juge et flic. On se demande un peu pourquoi ce film, nous le regardons dans un multiplexe et non à 20h50, un lundi soir, sur TF1. Que l’intrigue soit cousue de fil blanc est un euphémisme. Que ceux qui cherchent à se creuser la tête sur la résolution de cette contre-enquête passent dans la salle voisine. Évidemment, si vous atterrissez devant Le Nombre 23, vous ne serez pas vraiment mieux servis. Mais le problème vient-il du scénar ou de la mise en scène ? Cela tient parfois à des détails, comme cette table de petit-déjeuner tout droit sortie d’une publicité pour Ricoré ou d’un épisode de Sous le soleil. Dites-moi qui sert le lait du matin dans une carafe ? Mais des détails qui empêchent le spectateur de garder son sérieux. Ce qui est terrible regardant un film dont le sujet est quand même le viol et le meurtre d’une enfant !

Bon, mais ce n’est pas désagréable à voir. Puis, on a toujours plaisir à plonger ses yeux dans ceux diaboliquement expressifs de Laurent Lucas, finalement seule caution cinématographique de Contre-enquête. Laurent Lucas n’est pas un comédien de téléfilm. Enfin, j’aime souvent un livre pour une phrase, une expo pour un tableau, un chanteur pour un morceau, etc. Je n’irais pas dire avoir aimé Contre-enquête mais j’ai trouvé qu’il méritait d’avoir été vu uniquement pour entendre cette pauvre femme, rappelant certains Deschiens, rentrer dans sa caravane en appelant à ses pieds son doberman : « Sarko ! » Inespéré. 
Publié le Jeudi 08 mars 2007 à 11:00:13
Par Delphine

Le début est pas mal. Carrey y dégage une intensité tout à la fois tendre, humoristique froide et digne, séduisante, lointaine de ses habitudes de jeu qu’elles soient comiques ou dramatiques. J’apprécie également la mise en scène du roman qui se met en image au fil de la lecture, avec double partition des protagonistes. L’esthétique noire et proche de la bande dessinée est assez recevable. Puis tout bascule dans cette séquence où Carrey va voir le professeur de fac, ami trop proche de sa femme, qui commence à lui énumérer toutes les superstitions se rattachant au nombre 23, avec un plan sur une espèce de vitrail religieux et là, tout à coup, on sombre dans le ridicule et la farce. Le film n’a plus de thriller que le label marketing qu’on lui a collé. Tout suspens est éventé avant même qu’on ait le temps de se dire qu’il y a potentiellement suspens.

Demeurent les thèmes intéressants – dont on sent bien qu’ils ne sont que prétexte au regard de leur sous-exploitation – de l’écriture comme échappatoire, thérapie, possibilité unique de supporter la culpabilité et de combattre la folie passagère à totale. Ensuite, le sujet de l’amnésie post-traumatique comme autre recours ; ou comment le cerveau devient le gardien, le Cerbère du reste de l’individu, assurant sa seule – seconde – chance de survie.    

Je ne le conseillerai ni le déconseillerai. En tout cas, on peut l’envisager sans s’énerver et le recevoir presque indifféremment, comme une distraction de dimension limitée. Qui s’oublie en vingt-trois secondes, à vue de nez. Un peu facile. Il a dû déteindre.         
Publié le Samedi 03 mars 2007 à 16:50:25
Par Delphine

J’ai essayé le « 721 » ou « After work » ou « Before Party ». Vous savez, ces soirées de trentenaires CSP sup qui sortent le jeudi soir après le bureau mais ne voulant pas se coucher trop tard parce que le vendredi matin il faut bien retourner au même dominant bureau et que la productivité ne peut qu’en prendre un coup si l’on s’est couché à 5h du matin la veille. Le principe est donc qu’à 1h du matin max, on s’en retourne à la maison et qu’à 1h15, on est au lit.

Il semble que le lieu soit variable. Jeudi, le rendez-vous était fixé au Qin Élysées, sorte de resto-bar-lounge-fusion, mouvance asiatique, près des Champs-Élysées. J’arrive un peu plus tard que 19h, pas vraiment au fait des conventions, en avouant aussi que la ponctualité dans le loisir n’est pas mon fort. Là, je tombe sur une file d’attente interminable et interloquente. J’avise le portier et lui demande s’il y en a pour long. De son expérience, au moins une demi-heure. No way. Prête à rebrousser chemin, gelée que j’étais et déjà d’un naturel impatient, je me voyais mal faire le pied de grue si longtemps. Ma copine étant à l’intérieur, j’eus quelques scrupules. J’essaye de la joindre mais, évidemment, son téléphone est coupé. Nous réussissons finalement à nous parler et, débrouillarde, elle réussit à me faire entrer en grillant la politesse à tous les honnêtes participants qui attendent leur tour. Une fois à l’intérieur, mise au fait de l’organisation des festivités, je comprenais pourquoi il y avait du monde à la porte. Le concept : de 19h à 21h pour un tarif de 12 euros l’entrée, la boisson – alcoolisée – et la nourriture sont à volonté. Ah. Alors, on commence à faire la queue – disons plutôt l’agglutinement – au bar, histoire de commencer par se désaltérer. Le temps étant compté, il faut en plus avoir bu un maximum en un minimum de temps. Rentabilité. Champagne de mise. Et là, l’ancienne barmaid en moi a eu beaucoup de compassion pour le pauvre serveur face à cette meute d’adulescents assoiffés. Il faut garder son verre la durée de l’open bar si l’on veut y revenir. Le « champagne » est aussi imbuvable qu’il est, au final, peu onéreux. Qu’importe le champagne pourvu qu’on ait l’ivresse, si on veut. Ayons une pensée émue pour les estomacs, héroïques de supporter tel outrage.

Ensuite, on m’initie à la seconde étape ludique de ce périple, cette aventure dans l’esprit « Survivor » : la recherche de vivres. Encore pire qu’au bar. Enfin pareil. Deux tables de buffet sont installées au milieu de la salle et un attroupement de personnes, qui semblent jouer leur vie pour trois grains de riz, donne l’impression d’une espèce de meute de hyènes comme dans les dessins animés de Walt Disney. Ils ont payé 12 euros, ils en veulent pour leur argent. Même s’ils le font dans des costumes Hugo Boss ou des montres Gucci au poignet. Dans des espèces de grands plats de cantine en inox sont proposés une plâtrée de riz, cantonnais de loin, des spaghettis à la sauce chinoise, une espèce de soupe rougeâtre indéfinissable et autres pâtes papillons avec quelque garniture de légumes. Enfin, c’est ce que j’ai cru voir passer dans de petites assiettes remplies à raz bord histoire de ne pas gâcher leur potentiel substantifique. Il est vrai qu’il paraît difficile de se dire qu’on reviendra pour du rab tant la première fois s’apparente déjà à une mission suicide. Donc, la plupart du temps, un copain ou deux se dévouent et on se jette à plusieurs sur la même auge. Convivial, vous me direz. Je rappelle que nous sommes dans un contexte où – d’apparence ? – le public de jeunes cadres dynamiques ne semble pas faméliques. Alors, je me dis que cela fait partie du jeu de se battre pour se sustenter. De bouffe dont je suis certaine que la plupart vomiraient si elle leur était servie dans un autre contexte. Comme d’habitude, je ne suis pas très fun et ne suis pas entrée dans la course. Je n’ai pas mangé. En même temps, je ne dîne jamais vraiment avant 21h alors ce n’est pas parce tout le monde était vorace et que j’avais payé mon sésame, mon droit à l’être, que tout à coup j’allais avoir faim.

Ma première, deuxième, troisième impressions étaient par conséquent assez mitigées, cependant j’étais avec mon amie et contente que nous discutions, ce qui comptait après tout. 21h tout s’arrête. On débarrasse les plats, les assiettes et les bouts de nouilles éparpillées sur les tables pour que la musique soit poussée à fond et que la seconde partie de la soirée démarre. Et là je dois avouer avoir été agréablement surprise. Il est 21h, à cette heure-ci d’habitude je travaille encore, toute la salle se met à danser et délirer. Comme lors du combat pour le dîner, les participants jouent le jeu et créent une espèce d’émulation bonne enfant, une communion autour d’un son générationnel entre années 70, 80, 90, 2000. De bons choix, d’efficaces enchaînements, sans surprise mais simplement satisfaisants. Les gens dansent en groupe ou tous ensemble au centre de la piste principale. On est venu à plusieurs, on se retrouve d’une fois sur l’autre, on tisse de nouveaux liens, on se séduit. Car il faut bien imaginer qu’au-delà de bouffer, de boire presque gratos et veiller raisonnablement, ce type de soirée est dévolue à la recherche d’une moitié dans une catégorie sociale et intellectuelle proche de la sienne. Alors on se scrute beaucoup, cherchant dans les yeux de l’autre s’il est venu pour la même raison. Et s’il y a moyen. C’est quand même toujours plus humain que Meetic. Est-ce que ça marche ? Honnêtement, au bout d’un moment j’avais faim et après avoir dansé une heure et demie avec le plus grand plaisir, j’ai quitté les lieux sans m’être vraiment préoccupé de faire une « touche ». Mais je pense réitérer l’expérience. Pas parce que j’aurai enfin décidé de me faire écraser les pieds ni même d’écraser les pieds des autres pour avoir la part de bouffe et de liquide m’étant due. Pas parce que je pense une minute y trouver l’homme de ma vie, mais parce que j’ai aimé l’idée de ne pas avoir à attendre 1h du mat’ en boîte – voire plus tard – pour pouvoir commencer à me défouler sur une piste de danse. Être rentrée chez soi à 23h30 et avoir bougé ce qu’il faut, c’est top. Ça fait un peu vieille conne. Toujours est-il que je ne vais plus en discothèque depuis longtemps parce que je n’ai pas le courage de sortir de chez moi, pomponnée, après minuit et que quand je vais au resto, la plupart du temps, après, je n’ai qu’une seule envie : rentrer me coucher et non repartir pour un tour dans je ne sais quel club. Ainsi, le « Seven To One » me semble un excellent compromis et j’ai mesuré à quel point j’adorais – toujours – danser et j’en étais privée. Cela mérite bien de faire une incursion au pays des pique-assiettes.             
Publié le Jeudi 01 mars 2007 à 11:37:10
Par Delphine

J’ai envie de dire que Chronique d’un scandale est un film animal. En ce que l’homme n’est qu’un membre de cette espèce. Dans cet ordre, il y a les forts et les faibles et le film se donne pour but de montrer leur interdépendance. Il le fait froidement, brillamment, avec une pince d’ironie qui fait tout son sel. La narration est parfaite, servie par une voix off – la plus grande gageure du cinéma – toute légitime qui sait se taire, la rendant alors encore plus précieuse. Les mots choisis de cette femme manipulatrice (Judy Dench, fascinante), presque diabolique, nous plongent exactement dans sa psychologie borderline. Elle est terrible mais juste ce qu’il faut pour ne pas être grandguignolesque. La victime Cate Blanchett, quant à elle, est aussi bien croquée, suffisamment programmée pour tomber dans tous les pièges mais charmante à souhait, elle ne provoque pas l’agacement chez le spectateur. Finesse est le mot qui vient à l’esprit après vision de ce long-métrage. S’il avait été juste manichéen et amené avec de gros sabots, mettant en scène des personnages schématiques, il avait tout pour être très mauvais. Jamais on approche tel écueil. Ce n’est pas un hasard si les deux femmes sont professeurs car l’école est le lieu idéal pour montrer ces rapports de maître à disciple, de protecteur à protégé car elle poursuit le travail parental s’y substituant, s’y confondant avec pour objectif éducation et émancipation mais aussi, insidieusement, elle influence et façonne. C’est aussi un film sur la solitude, celle qui à première vue est isolée n’étant pas forcément la plus esseulée, du moins elle fait tout pour en sortir et trouver une nouvelle proie, enfermée qu’elle est dans son cercle vicieux et sa psychose. C’est un film sur la maternité – et par conséquent, en revers, sur la paternité –, c’est un film sur la création. Il ne faut pas se laisser embarquer par le terme « scandale » qui tend à vendre le film comme une histoire extraordinaire. Au contraire Chronique d’un scandale est une tranche de vie ordinaire et sa maîtrise touche d’autant plus. Le réalisateur fait de types universels, parlants à chacun, un film original et étrange. On apprécie qu’il ne soit pas seulement un produit de consommation instantané comme beaucoup  et qu’à l’inverse il nous pousse une heure après, deux jours après, à continuer de réfléchir sur notre propre rapport aux autres. Alors, dominant ou dominé ? Les deux en général. 

Publié le Mercredi 28 février 2007 à 10:05:41
Par Delphine
Quelle déception ! Depuis l’âge de, disons, 13-14 ans, je suis adepte de soul music. Diana Ross, puisque c’est elle dont il s’agit en filigrane, je l’ai découverte par « You Are Everything », magnifique duo avec Marvin Gaye. Puis, marchant par compulsion, j’ai élargi à son registre entier, ainsi qu’à celui de ses alter ego. C’est une musique autoproclamée de l’« âme », pour moi sa résonance est physique : la soul me prend en tripes. Alors ce n’est rien de dire que je partais à la projection de Dreamgirls toute excitée à l’idée de plonger 2h10 dans un pays merveilleux et révolu où la musique soul et ses protagonistes les plus prestigieux étaient rois. Tu parles. Je n’ai vu que carton-pâte et entendu que musique de compilations de supermarché. Au cœur de Dreamgirls un paradoxe inextricable : ce n’est pas une biographie de Diana Ross et les Supremes mais une histoire inspirée – c’est d’ailleurs la seule trace d’inspiration qu’on peut trouver à ce film. Si on part du principe qu’il y a un brin de fiction, on s’attendrait à un peu de surprise. Pas la peine de compter là-dessus car pour qui connaît un peu la soul, son histoire, sa culture, son époque, il est possible d’anticiper chaque image du film, chaque procédé narratif ou dramatique, parfois même chaque note ou parole de chanson sans même, bien évidemment, avoir entendu la bande-son – originale… – au préalable. Tout est d’un académisme, d’une pauvreté consternante. Pas une minute surpris ou remué, on en vient même à chopper la hantise que les personnages ouvrent une nouvelle fois la bouche. Un vrai supplice. À un moment, sans exagération aucune, je me suis dit que j’allais vomir si je les entendais encore interpréter un morceau. Je vous avais prévenu que ma réaction à la musique était physique. En plus, on a l’impression d’assister à une espèce de concours de celle qui gueulera le plus fort, comme si la qualité d’une chanteuse de soul se résumait au volume de décibels qu’elle était capable de sortir sur le vif. J’ai conscience que l’objet du film est aussi de montrer comment, à cette époque, on a essayé d’ouvrir la musique noire américaine à des sonorités pop pour élargir l’audience et s’arroger  le public blanc. Mais le livret de Dreamgirls n’est pas au niveau de la pop et s’apparente plutôt à une espèce de soupe indigeste et indigente. Toujours impeccablement proche d’une réalité, je le reconnais, mais sans aucune trace de génie, ce qui ne manquait certainement pas à la Motown, sans la moindre saveur jouissive, sans une once d’âme. Il ne suffit pas d’être un bon copiste pour devenir un maître. Maîtriser une technique n’a jamais fait de personne un artiste. 
Publié le Lundi 26 février 2007 à 10:20:50
Par Delphine
Dieu que Nicolas Cage est sexy ! Ce n’est pas d’hier que je le pense et cela a toujours fait marrer mes copines cette attirance que j’ai à son endroit. Tout dans la subjectivité car si l’on considère froidement le cas Cage, il est loin du frais jeune premier, de l’idéal cover boy. Mais à moi, son physique me parle. Je n’en rajouterai pas sur sa voix… À se pâmer. Bon, je pense en avoir suffisamment fait pour passer pour une midinette – il le fallait pour que le lecteur de ma critique mesure mon manque total d’objectivité , a priori, pour un film qui a déjà à la base la grande qualité d’être porté par Nick – alors maintenant venons-en à Ghost Rider. Euh… Il y a Nicolas Cage… Déjà dit. 1h50 durant. Mais un tout nouveau Nicolas Cage avec des tablettes de chocolat d’une autre galaxie, des cheveux sur le front, un visage presque juvénile. On est au cinéma, donc là pour rêver. D’autant que Ghost Rider n’est pas du genre réaliste. Je dirais qu’il est quand même dommage et un peu gâché de prendre Nicolas pour lui faire endosser la panoplie d’un super (anti – il a signé un pacte avec Méphisto lui-même, c’est pas négligeable) héros qui lors de sa transformation n’est plus qu’un squelette décharné en feu. Ça m’a rappelé les grandes heures des Contes de la crypte. D’ailleurs, l’esprit au 666ème degré n’est pas très éloigné et c’est ce sens de la dérision et l’humour noir, dans la mouvance gothique, qui rendent Ghost Rider regardable, supportable voire jouissif. Un nanard total méritant de passer culte. Ce film ne se prend absolument pas au sérieux et ce décalage au-delà du kitch en fait un divertissement qui joue intelligemment avec les codes du genre. Peut-être un peu trop d’effets spéciaux à ma convenance. Mais j’imagine qu’il faut aussi plaire à ceux qui n’auraient pas la même grille de lecture que moi et prendraient Ghost Rider au « sérieux ». Fort de réussir à satisfaire à une réception au premier degré : un super héros, des super pouvoirs, une super moto, des super méchants, une super gonzesse, de la super baston, du super rock abrutissant, du super mauvais goût… et simultanément à une autre plus en recul, qui apprécie la parodie et s’en paye même une bonne tranche. Vivement le 2 ! Et Nicolas… ne change rien. 
Publié le Vendredi 23 février 2007 à 10:40:44
Par Delphine

Au-delà de 6 ans, s’abstenir. Ce qui n’est pas le cas de tous les films d’animation. Le graphisme n’est pas plaisant, les gags ne sont pas drôles, il n’y a aucun rythme et toutes les situations sont attendues. Il ne suffit pas de transposer des réactions humaines à des animaux de la ferme pour créer de l’originalité. La Ferme en folie en est complètement dépourvue et la fantaisie supposée dans le titre n’est que publicité mensongère. Enfin, je dis qu’il n’y a que les tous petits qui puissent trouver leur compte – et encore, l’innocente jeunesse ne devrait pas être prétexte à accepter une qualité mauvaise – mais je trouve quand même qu’une des idées sur lesquelles repose le film est susceptible d’être assez traumatisante pour un enfant. À savoir que l’on ne peut que gagner un sens aigu des responsabilités du moment que son père a rendu l’âme. C’est un peu dur quand même comme philosophie du passage à l’âge adulte. Même si c’est un classique de la psychanalyse, est-il vraiment nécessaire de la balancer à la figure de marmots qui viennent pour se marrer un coup ? Finalement, à bien réfléchir et ajoutant à charge l’idéologie préfabriquée, chrétiennement bien pensante et propagandiste, je ravise mon jugement et déconseille ce dessin animé au moins de 6 ans, voire aux moins de 13. À tous ceux qui n’ont pas encore les armes, le recul critique et la maturité intellectuelle pour n’être pas atteints par le premier degré d’une telle doctrine véreuse. On ne sert pas nos enfants à leur faire entrer dans le crâne, par le biais du sournois divertissement, un système de valeurs cadenassé et sans nuances.

Un film au cours duquel on n’a qu’une envie : qu’ils la ferment enfin.
Publié le Mercredi 21 février 2007 à 10:03:34
Par Delphine

Ce qui était sensible dans le précédent Taxi l’est d’autant plus dans celui-là. Les deux stars Sami Naceri et Frédéric Diefenthal – sans mentionner Marion Cotillard, l’absente – révélés par Taxi premier du nom l’ont été tellement bien qu’ils ont désormais d’autres chats à fouetter – d’autres videurs dans le cas de Naceri – que passer des jours en terres marseillaises sur le tournage d’un Taxi. D’autant que la « qualité » est sérieusement le dernier souci, de plus, des scénaristes. Ainsi Émilien et Daniel apparaissent quasiment comme des seconds rôles. Le taxi lui-même semble s’être lassé et préfère rester au garage peinard, craignant un peu de ternir son image dans une telle galéjade. Finalement, il n’y a plus que le commissaire à bien vouloir se dévouer et essayer – avec excessivité – de donner un semblant de comique au film. Marseille aussi reste en retrait et ne semble plus se résumer qu’à son club olympique de football. Ce qui perdure, en revanche, ce sont les bonnes vieilles grosses ficelles qui ont fait de Taxi une franchise commerciale : les beats de rap, la connerie des flics et leur privilège d’être fournis en herbe de première taf, les carambolages de voitures, les clichés sur les Phocéens, les fusillades et signes extérieurs de richesse. Pas beaucoup d’imagination avec cependant une nouveauté qui est justement tout le contraire : le basculement dans la parodie. On a dû dire aux scénaristes que le public visé par Taxi n’avait de référence cinématographique que Scarface et ils n’ont rien trouvé de mieux que de s’en approprier les références mythiques. Grotesque. C’est à double tranchant car qui respecte Tony Montana et sa légende ne peut apprécier de les voir ainsi salis. Mieux vaut voir quatre fois un Scarface qu’une fois Taxi 4

Publié le Mardi 20 février 2007 à 11:59:42
Par Delphine
Théoriquement, un film doit être vu et apprécié comme une œuvre à part entière, dans laquelle on peut entrer, vierge, si je puis dire, sans culture ni background. Si en 2007, je vais voir The Good German – par exemple parce que j’aime le cinéma de Soderbergh ou les regards appuyés de George Clooney – sans aucune connaissance du cinéma des années 40, je dois pouvoir y trouver mon compte, être absorbée par l’histoire, réfléchir, ressentir, etc. Qu’on reproche unanimement à Soderbergh de s’être contenté d’un exercice de style me dérange et me conforte dans mes idées sur les critiques cinématographiques allant à la facilité. C’est intéressant l’exercice de style. On ne peut pas rejeter ainsi tout un pan de l’art, ni empêcher un metteur en scène de faire de la forme. Sous quel prétexte le cinéma serait-il le seul genre où l’on ne puisse pas pratiquer l’art pour l’art ? Après, ce n’est qu’une question de ressenti et d’adhésion du spectateur. Doit-on attendre du cinéma qu’il ne soit qu’une fabrique à intrigue plus ou moins bien ficelée et haletante, ou le Da Vinci Code serait la référence de base ? Donc, Soderbergh veut faire du style. Soit. La lumière est bien travaillée. Et j’imagine qu’il colle assez bien au genre auquel il veut rendre hommage. Oui, mais le spectateur ignorant de ces codes reste à la porte et c’est là qu’est l’échec. Car son film est non seulement inintéressant dans sa progression dramatique et en plus il laisse complètement froid. Contrairement sans doute à beaucoup de long-métrages qu’il singe. On se fout complètement de ce qui se joue devant nous et ce n’est pas parce que c’est en noir et blanc ou tourné comme si le cinéma n’avait pas existé entre les années 40 et 2007, uniquement qu’il manque ce qui fait la différence entre un bon et un mauvais film : le transport.  
Publié le Dimanche 18 février 2007 à 10:12:08
Par Delphine

Piaf me renvoie à deux souvenirs.

Je ne sais pas quel âge j’ai. La soirée est déjà bien avancée. Je pense que nous regardons le film de seconde partie mon père et moi. Il s’agit d’Edith et Marcel de Lelouch. Nous sommes en train de fabriquer une étagère. Du moins, dans mon souvenir c’est une étagère. Ce film m’a plu. Je serais incapable de dire ou de me remémorer pourquoi. Au fond, je me demande si cela ne tient pas tout simplement au contexte, de ce partage de travaux de menuiserie avec papa.

Le second souvenir se situe dans des conditions plus professionnelles. À une époque j’étais hôtesse d’accueil et occasionnellement je faisais de la figuration dans des émissions de télé. On nous payait pour constituer un public décoratif. Un jour, j’ai participé à une spéciale Édith Piaf, préparée par Nagui. Je ne connaissais pas vraiment la musique de Piaf à cette époque et je me rappelle avoir pensé, découvrant la thématique de la soirée, que j’allais bien m’emmerder à écouter de telles vieilleries pendant des heures. D’autant que dans ce genre d’émissions enregistrées parfois il est possible de recommencer la même séquence par trois fois.

Malheur à l’ignorante que j’étais. J’ai eu le coup de foudre pour sa musique. Je n’étais pas la première, ni la dernière mais je veux bien manquer d’originalité tous les jours si c’est pour ressentir à chaque fois une telle émotion. Le lendemain, j’ai acheté un disque. Que j’ai passé et repassé ; que je repasse encore. Édith Piaf est de ces interprètes qui me font jaillir les larmes (à l’instar de Brel et Aznavour) et ce n’est pas une figure de langage. Ce sont de vraies larmes qui coulent lentement sur mes joues.

Alors, rien que de voir la bande-annonce de La Môme, j’en avais déjà des frissons. Avant la projection, j’ai donc pris mes dispositions : pas de maquillage (pour ne pas avoir l’air d’un clown triste à la sortie) et un paquet de Kleenex dans le sac à main. Mes yeux sont restés intacts, mes lentilles aussi sèches qu’en plein mois d’août par temps de mistral. C’est donc, à mon niveau, un mauvais point pour le film. Il ne m’a pas déplu ; je dirais plutôt qu’il ne m’a pas émue. Pourtant, il y avait la musique – un peu –, le pathos – « destin tragique » devient un cliché euphémistique dans ce cas – et une interprétation impeccable de Marion Cotillard. Il faut féliciter Olivier Dahan de s’être honorablement sorti d’une pareille gageure. Il a réussi à combiner le film d’auteur au film académique grand spectacle. La construction éclatée de La Môme est intéressante, seulement elle a les défauts de ses qualités. Je finis par penser que c’est cet éparpillement chronologique qui empêche l’émotion de se mettre en place. Ces touches de vie ne laissent pas le spectateur entrer dans le film. Il reste dans la salle, exclu.

Par ailleurs, et tout en mesurant bien l’importance du rouge, je trouve que le long-métrage de Dahan ne gagne pas à être en couleur. Toute cette brillance, cette luminosité lui donnent un air factice.

En conclusion, je ne dirai pas que j’ai passé un mauvais moment, ni que j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps, simplement que La Môme était en dessous de mes attentes et qu’il est quand même terrible de ne pas y avoir retrouvé cette viscérale sensation éprouvée à l’occasion d’une émission TV de variétés au rabais.

Peut-être faudra-t-il que j’attende la diffusion du film sur petit écran, un soir de montage de bibliothèque… Si seulement mon père pouvait.  
Publié le Jeudi 15 février 2007 à 10:34:58
Par Delphine
Au moins, lorsque l’on sait qu’on va voir un navet, on ne peut qu’être agréablement surpris. Espèce de film de Noël après l’heure, La Nuit au musée est le film familial par exemple, que l’on va voir un après-midi de pluie (ou de neige au mieux) entre Noël et le jour de l’an, quand on ne sait plus quoi faire des enfants qui, en prime, ont invité deux copains de classe encore plus turbulents qu’eux. Bon, ce qui n’est absolument pas mon cas puisque je n’ai pas de gamins, que le film est sorti le 7 février et que je suis allée le voir à 20 heures, avec ma mère – voilà, on retrouve l’impératif familial – à défaut de trouver autre chose. Et, il faut l’avouer, préférant toutes les deux une comédie bas de plafond américaine, qu’une énième prise de tête – pas un gage de qualité en plus – française. Donc… La Nuit au musée. Ma foi, ça aurait pu être pire. Nous avons souri. Nous avons mis de côté les grimaces et le comique de répétition stillerien pour ne garder à l’esprit que l’originalité de l’idée : l’Histoire, la zoologie et les civilisations prenant vie la nuit, à l’abri des regards des rares visiteurs diurnes et à la surprise du nouveau gardien. Ça paraît con comme ça. Un peu quand même. Surtout que la lutte contre les habitants du musée se termine forcément dans la joie et la musique disco et que la motivation du héros à jouer son rôle… héroïque est l’admiration perdue et à la fin retrouvée de son fiston chéri, enfant du divorce. Ce qui est appréciable, c’est la simplicité-bien-pensante-crétine intelligente, ce qui est le cas. Car toutes ces époques, ces personnages historiques de la préhistoire, l’Antiquité égyptienne, la Rome antique à la guerre de Sécession en passant par la conquête de l’Ouest, sont mis en scène et en interaction avec une certaine subtilité. Enfin, le mot est peut-être un peu exagéré mais ça fonctionne. Et c’est tout ce qu’on demandait. Pas de prétention. On se détend. 
Publié le Lundi 12 février 2007 à 09:35:44
Par Delphine

Nous assistons là à une opération de marketing. Partons du principe que vous voulez faire un thriller de série B. Vous êtes sûr d’augmenter vos entrées de 75 % si vous avez un label, une marque déposée. Vous associez votre nanard au nom d’Hannibal Lecter, le plus fameux cannibale de l’Ouest hollywoodien, et le tour est joué. Seulement voilà, le dit Hannibal commence à avoir des kilomètres au compteur et le film à suspens du quatrième âge est encore trop d’avant-garde. D’autant qu’à près de quatre-vingts ans, on craindrait que le cannibale y laisse son dentier sur un bout de chair trop ferme. Qu à cela ne tienne, les monstres ont aussi été des enfants et il suffit de remonter le temps. Ce qui donne en prime l’avantage de verser dans la psychologie de bas étage sur le thème : les méchants ont des circonstances atténuantes et sont souvent eux-mêmes d’abord des victimes. On attend un prochain opus, un peu ésotérique, où l’on verrait son âme damnée dans une ancienne incarnation. Qu’a-t-il fait dans une autre vie pour mériter de passer son XXe siècle à croûter ses congénères ? À creuser.

En attendant cela, d’où proviennent les troubles du comportement alimentaire de Lecter ? Eh bien, pendant la guerre, dans son Est lituanien natal – parce que la Transylvanie était déjà prise par Dracula – de méchants pillards opportunistes, à court de vivres, ont boulotté sa petite sœur, Miiiiischaaaaaa. Lui s’en est sorti de justesse. Encore plus héroïque, il a survécu aux communistes ! Hallucinante cette scène dans le pensionnat rouge, devant laquelle on se demande si on n’est pas en train de regarder un film du temps de la Guerre froide, où l’on tue à coup de faucille ! Mais Hannibal s’échappe ; pour arriver dans un pays tout aussi corrupteur… la France.

En fait, ce film n’est pas vraiment sur le cannibalisme d’Hannibal, il faut dire un peu éculé, réchauffé et – permettez – digéré par les spectateurs depuis des lustres, mais explore plutôt les mécanismes de la vengeance. Hannibal Lecter : Les Origines du mal tourne alors en une espèce de Kill Bill des années 50 – avec d’ailleurs un nombre d’anachronismes réjouissants – dans lequel notre serial killer va traquer puis punir les goulus tortionnaires de sa sœurette à coups de sabre de samouraï… J’déconne pas.

Allez Dark Vador, tombe le masque… on t’a reconnu ! 
Publié le Vendredi 09 février 2007 à 13:06:42
Par Delphine

La campagne électorale présidentielle nous fait beaucoup nous interroger sur ce qu’on entend par richesse et pauvreté, notamment sur les questions de fiscalité ou de cette fameuse fracture sociale. Je trouve qu’on pourrait appliquer ces considérations à la notion de jeunesse. Les programmes de nos candidats s’arrêtent, c’est heureux, à l’occasion de plusieurs paragraphes de propositions, sur la condition des jeunes dans notre société. Mais aucun ne semble vouloir commencer par définir ce que c’est qu’être jeune, comme si cela tombait sous le sens et que ce mot à lui seul portait intrinsèquement une classe d’âge. Mon dictionnaire fétiche (le Dictionnaire culturel dirigé par Alain Rey, éditions Le Robert) dit : « Peu avancé en âge, par rapport à la durée de vie moyenne de son espèce (êtres vivants) ou à la durée normale, attendue. » L’espérance de vie augmentant, on peut imaginer que le temps de la jeunesse s’allonge symétriquement.

Désolée, pour moi l’âge de la jeunesse n’est pas une évidence. Les mesures gouvernementales et autres systèmes de réduction ou toutes cases qui cherchent sans cesse à nous enfermer et labelliser situent la date limite de jeunesse à 25 ou 26 ans tout au plus. J’ai 28 ans et je m’estime néanmoins jeune. Peut-être à tort. Toujours est-il que je ressens avoir les mêmes problèmes que beaucoup de « jeunes » : précarité, voire même terrible difficulté à trouver un emploi, chance nulle de louer un appartement sans solide caution parentale, encore plus exclu l’accès à la propriété, peur panique de l’avenir, sensation d’être laissée pour compte, méprisée et paradoxalement de devoir porter un poids colossal sur mes épaules… Toutefois, au regard de nos instances dirigeantes et têtes pensantes, je ne suis pas jeune. Et je me retrouve dans un grand vide ; le cul entre deux chaises. Ma génération, souvent gratifiée de la péjorative qualification d’« adulescente », ne mérite pas un tel dédain. Elle souffre d’être renvoyée sans cesse à cette transparence qui est déjà, maladresse de l’Histoire, sa fêlure profonde. Et qui dit exclusion dit repli défensif. Cette habitude de mettre les gens dos à dos commence à suffire. Il faut arrêter d’urgence d’opposer les Hommes. Les pauvres et les riches, employés du secteur privé et fonctionnaires, intellectuels et manuels, l’anonymat et la célébrité, parents et professeurs, Français d’adoption et Français de naissance, les banlieues et les villes et les campagne et Paris et la province, croyants et athées, fumeurs et non-fumeurs, patrons et employés, les politiques et les citoyens, hommes et femmes, les jeunes et les vieux et… les entre-deux. Etc. L’inventaire du manichéisme est sans fin. Que l’humanité soit fondée sur une dualité qui remonte aux origines du bien et du mal, je ne peux pas le contester. Et si d’ailleurs, il faut bien commencer : pourquoi accepter un raisonnement binaire et sans nuance sous prétexte qu’il est ancien et digéré ? Alors, je ne suis ni très jeune mais je comprend les inquiétudes de la jeunesse, je ne suis ni très âgée mais je revendique une certaine maturité et un avancement dans la vie adulte et je ne cherche pas à tout prix à me situer dans une de ces deux catégories pour avoir une identité et pouvoir m’inscrire en opposition avec une autre.

J’ignore combien nous sommes dans cette tranche d’âge oubliée mais je suppose quand même que nous avons un certain poids électoral et que nos voix ne sont pas totalement à mépriser. Alors, qui va avoir la bonté de venir les chercher et nous parler ? Ou ne serait-il pas plutôt l’heure pour nous de l’émancipation, de la libération d’une culpabilité sans objet et de la conquête d’un pouvoir qui jusqu’ici nous néglige et sacrifie.

Qu’est-ce qu’être jeune ? C’est avoir la vie devant soi. Une bonne raison de vouloir qu’elle change.
Publié le Vendredi 09 février 2007 à 11:01:22
Par Delphine

J’ai essayé. J’aimerais avoir l’occasion de demander à l’auteur si son film (tiret livre) est du domaine du douzième degré ou s’il est à prendre pour ce qu’il paraît : une niaiserie de la plus simple espèce.

Cela devient une habitude, mais je ne vais pouvoir en parler que pour ce que j’en ai vu : une bonne (piètre) demie heure. J’avais faim et je ne réussissais pas à me sortir de l’esprit les alléchants croques du Café (rue Tiquetonne, 75002). Odette Toutlemonde ne nourrissait pas mon esprit, mon estomac ne demandait qu’à ce que ce vide soit comblé.

Il est rare de mettre en scène un tel mépris. Autant pour les petites gens – Odette Toutlemonde, comme l’annonce très finement son patronyme, est une Française moyenne – que pour les présupposées élites intellectuelles. Sans néanmoins un poil d’autodérision. Les vendeuses en parfumerie – comme en librairie d’ailleurs – sont forcément nunuches, les coiffeurs sont implacablement homosexuels, les écrivains à succès se tapent comme un dû leurs attachées de presse sexy, les critiques littéraires vomissent le roman populaire et les femmes sont des groupies écervelées. Les tentatives musico-onirico-dansantes se rapprochent davantage de la publicité pour brosses à dents que du cinéma d’auteur.

Albert Dupontel, selon moi, l’un de nos meilleurs comédiens, est ici fantomatique. Entre parenthèses, ce n’est pas sa période car Président était déjà une fameuse horreur ; encore un peu plus nauséabonde, cependant.

Quelqu’un de ma nature, très attaché à l’écrit et convaincu du rôle indispensable qu’il joue dans la vie de chacun aurait pu être séduit par l’idée. Montrer à quel point la littérature – et au-delà, toute forme d’art – est à même de transformer l’existence, au moins la rendre plus supportable et la trouver embellie. Cette femme, Odette, se dit sauvée par la lecture, inestimable échappatoire à un quotidien ronronnant, étriqué et gris. Et si le cinéaste-écrivain a délibérément conçu un film tartignol, pour calquer les codes de la littérature de gare, on ne la sens pas juste transposée mais, encore une fois, prise de haut. Si tant est que le créateur réussisse vraiment à s’élever. Il n’y a aucune tendresse dans ce long-métrage. Et s’il a voulu, en un sens, défendre un genre qui ne fait de tort à personne et même en ravit un grand nombre, c’est complètement raté.

On ne croit pas une minute à la prise de conscience suicidaire du personnage de l’auteur qui, parce qu’un critique bon teint descend son travail de pourvoyeur de bons sentiments et de vitrines de Relais H, découvre qu’il n’est pas Racine. Il ne s’en doutait pas ?

N’ayant pas vu la fin, je ne peux que mettre à contribution mon imagination : il va enfin écrire un chef-d’œuvre sous prétexte qu’il est très malheureux. Selon l’inusable vers de Musset « Ah ! Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Ce n’est pas mon style de souhaiter de la peine aux gens, mais je me dis que c’est peut-être ce qui manque à Schmitt pour qu’il soit moins mauvais.
Publié le Mercredi 07 février 2007 à 16:56:11
Par Delphine

Énième variation sur le thème du rêve américain. Quoi de neuf sous le soleil californien (l’action se passe à San Francisco) ? C’est une histoire vraie, Will Smith n’est pas mauvais, son fils est très mignon. On comprendra que le soleil n’est pas la plus grande préoccupation du personnage. Si ce n’est que son errance ne se fait pas sous les neiges d’un Chicago par exemple, c’est déjà ça.

Comment, nous Français, percevoir cette spécificité outre-atlantique ? On admire, bien sûr, le courage de cet homme ordinairement héroïque et bon papa, on se décourage plus vite que lui face à l’enchaînement des tuiles, on s’essouffle par compassion à force de le voir courir pendant deux heures. Le film est d’ailleurs un peu long, l’exposition un poil trop insistante et lourdement édifiante. Le récit de ce destin d’exception aurait été encore assez mélodramatique et pathétique sans cela. On regrette aussi un peu le manichéisme. Bref, la finesse n’est pas la plus grande qualité de ce long-métrage.

Il est possible de jalouser cette liberté que semblent avoir les Américains de pouvoir tenter leur chance dans n’importe quel domaine, sans aucune qualification, avec un CV vierge, juste sur la force de leur volonté et combativité (néanmoins, ne soyons pas gogos, dans quelle mesure est-ce véritablement la réalité, ou du moins dans quelle proportion cela se produit-t-il ?). En France, le problème ne serait pas tant de tenter sa chance que de se la voir offerte, sur sa seule aisance avec la géométrie dans l’espace et la foi d’une bonne répartie. Car, en gros le personnage incarné par Will Smith est retenu par les patrons de l’entreprise tant convoitée parce qu’il réussit, en un temps record, à résoudre un Rubik’s Cube et qu’il sort une bonne vanne lors de l’entretien d’embauche – auquel il se présente en street wear et couvert de peinture. On est loin de l’idée de CV anonyme. Toutefois, doit-on se féliciter d’une société dans laquelle un couple travaillant dur, la femme enchaînant même deux services, ne boucle pas ses fins de mois, loin de là, et économise sur le jus d’orange ? Le « travailler plus pour gagner plus » cher à Nicolas Sarkozy ne semble pas y être suffisant. Doit-on envier un système où un homme est obligé de vendre son sang pour ne pas faire dormir son fils par terre, sur un lit improvisé de papier-cul, dans les toilettes pour hommes d’une station de métro ? Doit-on applaudir un libéralisme décomplexé qui met au turbin vingt stagiaires, avec zéro rétribution pendant six mois, pour au final n’en garder qu’un et demander aux dix-neuf autres une éternelle reconnaissance d’avoir eu cette chance de participer au jeu du capitalisme, d’avoir pu frôler le rêve américain ?

Alors l’argent fait le bonheur ? Évidemment ! Quand il est question de loger son fils et de ne pas crever la dalle ou de la meilleure estime de soi que procure le travail et l’ascension sociale en découlant.

Réflexion de mon voisin de devant quand la salle s’est rallumée : « Il galère pendant deux heures pour cinq minutes de bonheur ! » La réaction est assez saine. Le garçon a associé la joie à cet instant où Smith est employé par l’entreprise, signifiant la fin de la dèche et non au paquet de pognon qu’il se sera fait par la suite, même si l’un est la suite logique de l’autre. Mais était-ce vraiment le message véhiculé par À la recherche du bonheur ? Et ne peut-on pas imaginer qu’il y ait un juste milieu souhaitable entre les foyers d’hébergement et les Ferrari ?

Toujours est-il que ce film m’a éclairée sur ma propre relation avec la notion de recherche. La recherche a, de tout temps et sous toutes ses formes, été ma passion. J’ai même une amie qui m’a surnommée Lycos. Si je ne me considère pas toujours heureuse n’est-ce pas justement parce mon bonheur ne s’exprime que dans la recherche permanente ? Donc, en fait, je suis heureuse puisque j’ai fait du bonheur une de mes quêtes. CQFD. 
Publié le Lundi 05 février 2007 à 11:15:52
Par Delphine
On ne peut que saluer la bonne intention de cette production visant à sensibiliser le plus grand nombre d’occidentaux sur l’état de violence et de désespérance – mot très en vogue ces jours-ci dans la bouche de nos présidentiables, y avez-vous prêté attention ? Avez-vous une interprétation ? – de trop de pays de l’Afrique noire. Mais à part engendrer une certaine et vague – fausse – bonne conscience, que le spectateur peut ressentir en sortant de la salle, sous prétexte de s’être justement offusqué de cette situation, en plus, complètement négligée par nos dirigeants, voire voulue, diront les plus paranoïaques, Blood Diamond n'est pas à la hauteur de ses prétentions. J’admets, avant de parler, n’avoir aucune connaissance de ce qui se trame dans cette partie du monde. Pour preuve de mon ignorance de géopolitique et économie africaine, j’ai même dû sortir le petit planisphère, qui ne me quitte jamais, pendant la séance afin de bien resituer les pays dont il était question. Alors, oui, au début je n’étais pas mécontente qu’un cinéaste me montre cette réalité, je me demandais même pourquoi n’avoir pas choisi plutôt le documentaire. C’est vrai, quel intérêt finalement de faire jouer des comédiens hollywoodiens pour défendre un propos qui gagnerait à être développé sous la forme du reportage. Sans doute qu’il n’est pas aisé de tourner des images d’une sauvagerie et d’un banditisme qui restent clandestins. Et on imagine qu’un homme, caméra à l’épaule, ne survivrait pas à une rencontre avec une horde de rebelles sanguinaires. Je crains que l’option du film – d’aventure – a été choisie pour avoir la liberté d’enfiler les poncifs. Incroyable. Je répète ne rien connaître à la situation africaine – encore moins au trafic des diamants et ses ramifications internationales – , en revanche, je m’y entends un peu plus en cinéma et je sais repérer les clichés quand je les vois. Et là, nous n’en avons vraiment pas été épargnés. Fascinant à quel point Blood Diamond est calibré. La toile de fond est la contrebande de diamants en Afrique, mais le scénario, les personnages, les motivations semblent tellement interchangeables que l’on pourrait s’en servir, tels quels, pour faire un long-métrage sur le trafic de drogue, d’armes, de médicaments, et que sais-je encore. Sur tout ce qui est susceptible de créer commerce parallèle, violence, cupidité… Et ce, dans les quatre coins du monde. Mais en ce moment, il semble que la mode soit africaine. On se serait volontiers passé de la love story entre Jennifer Connelly, la journaliste baroudeuse et intègre et Leonardo Di Caprio, le mauvais-garçon-qui-n’a-pas-un-mauvais-fond-mais-doit-bien-survivre – tuer ou mourir, c’est un peu la philosophie grossière de ce film – ; on se serait bien passé de l’agonie bruyante du même Caprio à la fin – si ce n’est qu’elle a été l’occasion d’un éclat de rire, jamais perdu. On se serait bien passé de Leo, en fait. À bien y réfléchir, on aurait pu aisément se passer de voir Blood Diamond.
Publié le Samedi 03 février 2007 à 21:42:47
Par Delphine

Georges Bernard Shaw a écrit : « Il y a deux tragédies dans la vie. L’une est de ne pas réaliser ses rêves, l’autre est de les réaliser. »

Que faire de cette citation ? Si ce n’est de constater qu’elle est un frein à quantités de circonstances de la vie. La tragédie est qu’elle force l’attentisme, qu’elle oblige la stagnation, qu’elle crée une fatale frustration, une anxiété de tous les instants. Les rêves font-ils peser sur nous un poids trop lourd à porter ? Eux qui sont pourtant notre seul moteur valable. Il faudrait, à mon sens, ajouter une troisième tragédie, arrivant première, celle ne n’avoir aucun rêve, justement par peur de ne pas les réaliser ou au contraire de les rendre réalité.

Un ami m’a dit un jour m’avoir percée à jour, que si j’étais si immobile, que je manquais de confiance en moi, ce n’était non par peur de l’échec mais par angoisse de la réussite. Je repense à lui aujourd’hui que je disserte sur cette phrase de Shaw. Finalement se complaire dans une situation d’échec n’est que l’expression d’une terreur de ce qui est inconnu, terreur qui dépasse largement la notion de rêve. Se complaire dans une situation d’échec, c’est tenter d’être à la hauteur de la mauvaise idée qu’on se fait de soi, paradoxalement beaucoup plus sécurisante. Réussir, c’est bouleverser tout son système de fonctionnement, tellement ancré, qu’on se sentirait démuni face à l’obligation de se retrouver étranger dans sa propre psychologie.

C’est tellement facile de faire passer la chronique insatisfaction pour de la simple exigence. Il faut se battre contre la procrastination et passer à l’action. Militer, aimer, écrire, non pas pour réaliser des rêves mais pour se sentir vivre, chaque jour davantage. À bien y réfléchir, les rêves sont destinés aux dormeurs, qu’ils restent leur délicieuse chasse gardée. Le jour est le domaine des envies, nettement moins tyranniques, tout autant motivantes et ne demandant qu’à être contentées. 
No more drama. 
Publié le Mercredi 31 janvier 2007 à 12:01:13
Par Delphine

Le film choral, c’est bien, quand il a des visées humoristiques et sentimentales. Quand elles sont historiques et politiques, c’est encore mieux.

Gamine, j’ai été teinté d’histoire américaine par une mère particulièrement intéressée par le mandat et l’assassinat de JFK. L’attentat contre son cadet, Bobby, quatre ans et demi plus tard faisait aussi partie de la soif de lire et de comprendre de maman. J’étais donc heureuse de partager avec elle cette séance de Bobby. Toutefois, le long-métrage d’Emilio Estevez n’est pas un documentaire sur le meurtre du sénateur RFK, en campagne pour les présidentielles de 68 et sur le point de devenir le 37ème président des États-Unis. Au contraire, cette tragédie internationale – car Robert Kennedy, au moyen de ses idées, engagements et intentions aurait pu changer la face de notre Monde, en conduisant sa nation sur la voie d’un salutaire progrès – sert de toile de fond à la mise en scène par touches, de drames personnels : ceux des hommes et femmes présents dans l’hôtel où le crime sera commis. Le film retrace leur journée à tous, avec ses petits bonheurs ou ses chaudes larmes, ses colères ou évasions, journée qui se terminera dans le sang et le désespoir collectif. Servie par un casting brillant (et je retiendrai notamment cette magnifique scène entre Demi Moore et Sharon Stone dans le salon de coiffure) et une musique 60’s qui est toujours une joie pure à entendre, l’émotion vient justement de cette superposition simple mais pas toujours évidente et comprise entre existence personnelle et destin de la communauté. Nous sommes une partie d’un tout et le tout, nous en faisons partie. C’est exactement ce que dit cet admirable discours, prononcé par Robert Kennedy, que l’on peut entendre à la fin du film et qui à lui seul mérite le déplacement. On pourrait difficilement mieux et sans prétention ni emphase parler de fraternité, d’union et d’espoir. Bobby, contrairement à ce que son titre laisse à penser, n’est pas un film sur un homme mais sur l’humanité.
Publié le Mardi 30 janvier 2007 à 11:49:18
Par Delphine

Le verdict a été rendu ce matin par voie de téléphone : je n’ai pas été retenue pour être rédactrice du Fontenay Info

Rappel des faits : au mois de novembre, décidée à prendre ma vie professionnelle en main, je me rends sur le site Internet de Fontenay-le-Fleury, ma vie natale, jamais quittée. En fait, je ne vais pas du tout sur sa page web pour trouver une orientation de carrière. Mon geste était, dans la réalité, plus trivial : il fallait m’assurer de la date exacte de ma manifestation locale préférée : le loto. Oui, j’ai décidé de m’exposer aujourd’hui ! J’entends d’ici penser et dire que je suis un peu trop jeune – ou trop vieille aussi – pour attendre, fébrile, cet événement communal biannuel, mais qu’importe, j’assume. Ce que j’assume nettement moins c’est de n’avoir jamais gagné… pas la moindre serviette éponge, le plus petit confit de canard. Et de faire mentir l’adage « malheureuse au jeu, heureuse en amour », qu’on me répète comme une déclinaison latine depuis toujours, perdante chronique que je suis à pas mal de jeux, car même pas gâtée à ce niveau non plus. Mais ce n’est pas le sujet du jour. Bref, j’adore le Bingo.

Et là je vois que Fontenay recrute. Exactement ce que je voulais faire : la com’ de la ville, l’animation, la culture, les relations avec les journalistes, les élus, LA rédaction du Fontenay Info : autre de mes petites joies simple dans l’existence. De tout temps, j’ai adoré ouvrir ma boîte et recevoir ce petit fascicule qui nous apprend simplement tout ce qui s’est passé d’essentiel dans notre commune : le carnaval des enfants, la soirée des personnes âgées, la galette du personnel communal, la remise de décoration à Monsieur Untel qui a tant fait pour je ne sais quoi, l’ouverture d’un magasin de volets roulants, le concours du balcon le mieux décoré ou du jardin le plus fleuri, les naissances, les décès, les mariages… La vie quoi. Le Fontenay Info, c’est un concentré de vie de 10 pages, une pièce du grand puzzle mondial. L’universel dans sa proximité.

Alors pensez-vous que j’avais envie d’y apporter mon concours. Puis, l’âge avançant, la période de réaction était passée. Plus jeune et en rébellion obligée contre mon père, je vomissais ma ville : trop morte, trop loin de Paris, trop plouc. Il fallait bien que je la déteste proportionnellement à l’amour qu’il lui vouait. Son cinquième enfant. Il en avait été le maire pendant 12 ans (71-83). Il y mourrait. N’entrons pas dans la psy à 2 balles, comme dirait certain, mais il est possible que je déclarais abhorrer Fontenay devant papa par provocation, ou bien c’est à elle vraiment que j’en voulais, de m’avoir privée de sa totale présence étant enfant. Aujourd’hui, je le répète, même si je n’affirme pas y rester quoi qu’il se passe, Fontenay est ma ville. J’ai fait le choix de m’y installer à mon tour, de m’y investir. J’y chante, déjà.    

Honnêtement, face à cette annonce, je n’étais pas très optimiste quant à mes chances d’être recrutée. D’abord, persuadée que j’étais qu’un poste de com’ dans une commune est un brin politique et que mon patronyme de fille d’ancien maire pas du tout du même bord que l’actuel jouerai en ma défaveur. Mais comme j’y tiens, j’envoie quand même ma candidature. Adressée à Monsieur le Maire, se trouvant être le père d’un de mes meilleurs amis de quatrième. Une petite ville. Et encore, j’ignore à ce moment que je passerai mon entretien en présence d’une DRH employée à l’époque par mon père, à un poste plus subalterne, et une directrice de la communication avec laquelle j’étais au collège.

Un entretien, j’ai même cru que je n’en aurais jamais. Un mois et demi après mon courrier, je n’avais toujours aucune nouvelle et était un peu en pétard d’un tel manque de correction. Merde, j’étais quand même la fille de l’ancien maire ! Je méritais quelques égards. Fille de l’ancien maire, c’est seulement quand ça m’arrange, on l’a bien compris. Lorsque j’ai eu un message de la mairie au sujet de ma candidature, je n’y croyais plus. L’entretien était prévu encore deux ou trois semaines plus tard. Patience.

Donc, j’étais en terrain connu face à ces deux femmes. Ce qui n’était pas pour faciliter les choses paradoxalement. On commence par parler de mon père. Forcément. De sa mauvaise santé. Je n’en attendais pas moins. J’apprends que 400 personnes ont, comme moi, le rêve d’écrire le Fontenay Info… À la mairie, on a été stupéfié de recevoir autant de lettres de motivation, de la France entière. Alors qu’on parle quand même d’un CDD de 6 mois, au sein d’une commune de 13 000 habitants du fin fond des Yvelines ! Belle preuve de l’épouvantable actuelle situation de notre marché du travail. Alors évidemment, ils ont l’embarras du choix et vont à coup sûr se diriger vers un postulant ayant une expérience en collectivité locale. Ça leur fait une belle jambe les petites nanas qui ont écrit des livres sur Johnny Hallyday. Je les comprends. Pourquoi on me reçoit ? Bonne question. J’habite Fontenay, j’ai déjà ça pour moi. Dommage qu’il n’y ait pas une espèce de loi de discrimination positive qui imposerait un quota de locaux, car là j’aurais peut-être eu une chance ; dans un emploi protégé...

Je pense que mes nombreuses horloges ne tournent pas à la même vitesse que celles du monde extérieur. Pas de nouvelles. Alors, sur conseils avisés de toute part, je décroche mon téléphone et mets en sourdine mon illustre réserve pour ne pas rester dans ce flou paralysant. Putain, je la dérange. C’était sûr. Elle me rappellera. Et c’est reparti.

Voilà, une semaine et demie plus tard, j’ai le fin mot de l’affaire. Elle est désolée… Quelqu’un à l’expérience en collectivité… Pensera à moi, si un jour, autre opportunité… Bonne continuation…    

Je resterai lectrice du Fontenay Info à défaut d’en être actrice, avec cette évidence pour seule consolation : il vaut parfois mieux ne pas connaître tous les dessous au risque de voir son rêve abîmé. 
Publié le Dimanche 28 janvier 2007 à 13:59:08
Par Delphine

Malgré mes 28 ans et mes bien trois ans d’expérience dans mon domaine professionnel, j’ai toujours beaucoup de difficulté à me définir. La tâche est donc d’autant plus périlleuse quand il s’agit de me présenter à un tiers. Inconnu, lointain ou pas tant que ça, d’ailleurs. Je ne suis pas infirmière, avocate, enseignante, informaticienne, chirurgien, boulangère, agent immobilier… même pas vraiment journaliste, même pas écrivain. Surtout pas écrivain : à tort ou à raison, je mets encore bien trop de valeur, d’admiration, d’envie aussi, sans doute, dans ce terme d’invocation supérieure pour me l’attribuer avec décomplexion. Ce dernier mot n’existe pas. Du moins dans le sens que je lui adjuge. Et alors ? C’est lui, tel quel, qui exprime, à ce moment-là, le mieux ma pensée. Je me demande pourquoi l’opinion est si conservatrice au sujet de la création linguistique. Le problème du mot « bravitude » renvoie-t-il justement trop nos autoproclamés détenteurs du savoir et des bonnes manières langagières à leur propre mollesse testiculaire ? Je ne défends pas ici celle par qui le mot a été lâché – sciemment ou non – mais une certaine liberté créative, un droit à l’humour ou au second degré, voire quelque fantaisie, bonheurs de base qui ne sont pas en odeur de sainteté dans notre pays. S’il faut se faire écrivain pour tenter d’y remédier, alors je ferai tout pour le devenir.

En attendant, qu’est-ce que je fais dans la vie ? Dans mon esprit : je paye mon loyer en écrivant. Évidemment, c’est pas très vendeur présenté comme ça.

Oui mais si je dis que je suis journaliste, on me demande dans quel journal. Vu que je ne suis attachée à aucun journal… Ou on me demande si j’ai la sacro-sainte carte de presse. Vu que je n’ai pas la carte de presse… Inutile d’expliquer qu’il faut, pour être membre du club, toucher x % de ses revenus d’un organe de presse ou être diplômé d’une école de journalisme. Non, là j’ai vraiment pas envie d’entrer dans les détails.

Oui mais si je dis que je suis écrivain… Ah oui, non, je ne peux pas dire que je suis écrivain. Donc, c’est bien ça. J’écris des trucs et on me paye – enfin dans les bons jours ! – pour ça. Toute de suite, ça fait un peu crève-la-faim comme CSP dans l’esprit des autres. Et caprice de petite fille gâtée dont il faut que jeunesse se passe. Voilà pourquoi les bons conseils de gens raisonnables affluent.

Pas plus tard qu’hier, grosse réunion familiale chez ma demi-frangine. Une famille recomposée que comme on en voit dans les téléfilms de TF1, tellement c’est un cas d’école : son père et sa mère ont divorcé, ils se sont chacun remariés et ont eu des enfants dans leur nouvelle configuration amoureuse (je fais partie d’un de ceux-là). Le père et la mère de son mari (mon demi-beauf’, 200 % blaireau) sont divorcés et ont chacun refait leur vie. Résultat des courses pour les mômes de ma sœur : 4 papis, 4 mamis… et pour nous, de belles perspectives de soirées. Je passe sur les conversations obligées de la campagne présidentielle, des OGM, de l’abbé Pierre, des méfaits du lait de vache sur l’organisme, de l’interdiction de fumer dans les lieux publics, de la beauté de Tom Cruise ou plutôt Brad Pitt ou plutôt Robert Redford (les générations ont parlé), des chers disparus de la famille ou de la vieille mémé qui bien que centenaire a toujours bon pied, bon œil et surtout toute sa tête – à quelques détails superflus près – , de la recette de ce cake délicccccciiiieuuuux apporté par Tati truc, de la coloscopie du cousin machin ou de l’interrogation éventuelle des enfants de la maison sur « comment on fait les bébés ? » et des gros mots qu’ils rapportent de l’école, de la télé ou, excusez-moi de le dire, des parents eux-même… pour ne retenir que, très égocentriquement, les recommandations faites au regard de mon inquiétante situation professionnelle – c’était le sujet dévolu à cet article, je ne prends pas le lecteur en traître. De toute façon, sur la soirée entière, cet entretien n’a duré que 5 minutes, ne mobilisant qu’1 ou 2 personnes en tout. Même au moment où ma sœur a exhibé le numéro d’Isa dans lequel je l’avais fait témoigner et poser et qu’alors des questions auraient pu fuser sur ma condition de fourmi ouvrière des rotatives et devenir ainsi un moment la reine de la soirée, rien n’est venu. C’était du concret ça pourtant, ils avaient le magazine entre les mains ! Je n’ai donc parlé « business » qu’avec le père de ma demi-sœur. Avant d’aller au fond de choses, on commence par une remarque extérieure et générale sur ma taille 34 et son anormalité. Ok. Mais, je ne suis pas sûre que peser 115 kg soit un idéal auquel aspirer non plus. N’est-ce pas, cher interlocuteur ? Comme finalement recevoir des conseils de ce même homme diplômé de Central – ou de quelque autre fabrique d’ingénieux cotée – à la belle carrière, mais mis à la porte à 50 ans et jamais retourné à l’emploi jusqu’à l’âge légal de la retraite. Et pourtant, il ne se dégonfle pas de dire qu’il me faut trouver un « vrai métier », et que je devrais postuler dans la banque. Ils recrutent. Moi j’ai beaucoup de respect pour les gens qui travaillent dans la banque… mais quand je lui rétorque que j’ai un DEA de lettres modernes et que mon expérience est dans la presse et l’édition, il me répond que la formation – surtout littéraire – n’est rien et que d’ailleurs la fac laisse sortir des milliers de diplômés en psycho qui ne servent à rien et qui n’auront jamais d’emploi. Entre parenthèses, je trouve au contraire que face à des caractères et des systèmes de pensée comme celui-ci, la psychologie a de belles années devant elle.
Publié le Vendredi 26 janvier 2007 à 20:54:42
Par Delphine

J’ai encore quitté la salle avant la fin. D’emblée je dois dire que je ne suis pas lectrice de Fred Vargas dont le film est l’adaptation d’un des livres. Donc, je ne serai pas en mesure de déclarer que l’auteure a été trahie, en revanche je peux affirmer qu’il y a bien ratage quelque part. Évidemment, je suis mal placée pour être bonne juge du genre ésotérico-mystico-occulte, n’étant pas une fan en général. Mais au-delà de cet a priori qui me regarde le long-métrage de Warnier se range dans une catégorie de cinéma de gare du pire effet. Déjà la direction d’acteur est désolante. J’aime beaucoup José Garcia. Il est ici tout bonnement mauvais. S’il cherche à sortir du jeu comique qui a fait son succès, je ne peux qu’applaudir, mais il devra renouveler l’expérience dans un projet futur car là on le sent bien empêtré en flic éconduit, hargneux et taciturne. Serrault, à la diction de plus en plus empâtée, est ridicule ; et puis, en fait, ils sont tous mauvais. Spécialement, le subalterne de Garcia, le pire de tous. Je ne pourrai pas me prononcer sur Marie Gillain car je suis partie avant qu’elle n’apparaisse vraiment, si tant est qu’elle doive avoir un plus grand rôle que celui qui lui était réservé dans la première heure. Cela restera un mystère pour moi. Dont je me remettrai aisément.

Qu’ai-je retiré de ce film ? Oui, que les Français sont vraiment des moutons et que lorsqu’on leur apprend que la peste est de retour à Paris, ils se précipitent dans les pharmacies pour acheter des médicaments au point de conduire à des ruptures de stock. La fameuse panique générale. Aussi que, sans doute grâce à Jacques Toubon et sa croisade pour la sauvegarde de notre belle langue française face à l’envahisseur américain, un happening, cher aux artistes activistes, se dit « intervention ». Voilà qui sonne plus ministère de l’Intérieur ou de la Santé que ministère de la Culture, mais soit. Je remarque aussi, et je m’en félicite, que les bibliothécaires de la BNF sont drôlement compétents et qu’il suffit de leur montrer un vague dessin, relevant du code, pour qu’ils sachent exactement dans quel volume – unique et vieux comme les chemins – il en est fait mention. Respect.

Le réalisateur a bien vu Les Experts, NIH et le Da Vinci Code… il aurait déjà dû veiller à ce que le son de Pars vite et reviens tard soit meilleur. Pourtant, il doit bien y avoir des techniques aujourd’hui pour prévenir ce type de désagrément, non ? Et si ce film était lui-même malade de la peste ? Vite, en quarantaine !
Publié le Vendredi 26 janvier 2007 à 09:55:47
Par Delphine

Ce film est la preuve que la fiction peut traiter de sujets tous bêtes, universels et intemporels comme le carpe diem, le destin, l’amour, la vie, la mort avec originalité et intelligence. Et bien sûr celui de la création littéraire, de l’angoisse de la page blanche, du décalage du romancier et de la sécheresse du monde de l’édition.

D’habitude, je n’aime pas le principe de la voix off, mais quand c’est celle d’Emma Thomson qui nous fait la narration, ce subterfuge cinématographique devient réjouissant. Autre technique pouvant être factice et qui s’avère ici enrichissante : l’incrustation de chiffres, schémas et autres croquis sur l’image.

On pourrait aussi trouver que la symbolique de la montre, véritable second premier rôle du film est un peu facile au sein d’une histoire où le temps est l’un des thèmes majeurs. Il n’en est rien et une fois encore le réalisateur et son scénariste emballent les clichés dans la plus belle bobine.

Magnifique l’idée de confier son angoisse à un professeur de littérature en lieu et place d’un psy. Encore mieux si ce ponte de l’université est encore plus farfelu que celui qui devrait l’être. Encore mieux s’il est incarné par Dustin Hoffman, désopilant.

C’est un peu le problème. Hoffman et Thomson sont tellement grands que Ferrell et Gyllenhaal, pourtant très bien, deviennent oubliables. N’oublions pas le personnage incarné par Queen Latifah, assistante tout risque envoyée par les publieurs pour que l’écrivaine accélère la cadence et plie son assassinat en série littéraire, gratifié d’une belle partition.

Enfin on regrette un peu la conclusion attendue et hollywoodienne mais qu’est-ce qu’être frustré 10 minutes lorsqu’on a été plaisamment surpris pendant 1h35 ?
Publié le Jeudi 25 janvier 2007 à 11:41:40
Par Delphine

Tout ce que réussissent à rabâcher les critiques ciné c’est que L’Illusionniste rappelle Le Prestige, film récemment sorti. La belle affaire ! Oui, bien sûr, ils sont censés tous les deux mettre en scène des magiciens. Quoi qu’il faille s’en convaincre qu’Edward Norton dans L’Illusionniste incarne, en effet, un prestidigitateur ! Si tant est que prétendre faire apparaître des fantômes puisse être considéré comme de la magie… Admettons.

Au début du film (après un générique n’en finissant pas et faussement ancien – et pour cause, « l’action » se déroule au début du XXe et à Vienne, en plus – sous prétexte que l’image est passée au sépia), le personnage de Norton fait quand même quelques tours devant un public forcément ébahi et gogo. Il explique que le temps peut être trafiqué, accéléré ou ralenti et l’on voit une orange qu’il lâche et dont la normale course vers l’attraction terrestre est freinée. On pige alors pourquoi le film est si longuet : il a subi le même sort que l’agrume. En résumé, qu’est-ce qu’on se fait chier ! Edward Norton (raide alors qu’il essaye d’être charismatique, mou alors qu’il se veut zen, soporifique au lieu d’hypnotique) et tous les autres acteurs, d’ailleurs, ont l’air de s’emmerder autant que les spectateurs et on les comprend parce que la soupe qu’ils servent est bien tiède et fade.

Qu’il s’agisse de l’amourette impossible entre la gosse de riches et le fils des paysans du coin, que les retrouvailles des années après soient si simples (ils s’aiment toujours) et si compliquées (la belle est promise à un homme de son rang : le prince héritier), que ce dernier soit forcément arrogant, alcoolique, violent et jaloux, que le flic – sorte de mix entre Javert et Sarkozy – soit ambitieux, soumis au pouvoir – jusqu’à ce qu’il ait un sursaut de bonne conscience et de compassion – et berné par les gentils héros (les amoureux qui se retrouvent à la fin, libres, heureux et vivants dans une campagne hospitalière et bucolique. Quelle surprise !)… il n’y a pas un pet’ d’inattendu.

Enfin, il faudrait, de toute urgence, dire aux cinéastes qui tournent des « thrillers », avec des semblants d’enquêtes policières, qu’ils arrêtent d’user de l’artifice qui consiste à ce que le personnage qui capte – oh génie ! – enfin tout (alors que le public est au courant depuis une bonne heure) se refasse le film de l’intrigue avec images et répliques clés à l’appui. C’était déjà difficilement supportable de les voir une fois, alors deux…
Publié le Lundi 22 janvier 2007 à 13:08:43
Par Delphine

Hier, je confiais à Sylvaine,  mon amie et coach expérimentée, particulièrement douée – entre parenthèses, je transfère ses coordonnées professionnelles à tout ceux qui auraient besoin de ses compétences – mon désir de développer ce blog au-delà de la fonction que je lui avais attribuée en premier lieu. À savoir, mettre en ligne les descriptions de mes ouvrages afin de les présenter à qui cela intéresse. Puisqu’en ce moment je n’écris pas de livres, mon blog ne peut plus être alimenté par mes parutions. Alors que raconter ? Dans le même temps, je tiens vraiment à m’y atteler car il est un bon moyen de me discipliner, ayant un peu de mal à écrire lorsque je n’ai pas de contrat en cours et beaucoup de difficulté à livrer une prose plus personnelle. Double frein donc. Face à mes doutes et essayant de me sortir de l’impasse dans laquelle je restais bloquée, Sylvaine a immédiatement eu cette suggestion. Elle m’a conseillé un exercice bien connu des créatifs de tous poils : ouvrir un livre, n’importe lequel, s’arrêter sur une page, au hasard et pointer du doigt, les yeux fermés, un mot. Puis partir de ce dernier pour écrire ce qu’il inspire. Bien qu’étant au restaurant – et j’en profite pour recommander aux habitants de Versailles (78) et des alentours le Sisters’ café, un diner américain bien sympa, 15 rue des Réservoirs – nous avions un livre à portée de main et avons pu tout de suite mettre en action ce principe. Le mot « physique » s’est offert à moi…

Je dois dire que j’ai été bluffée que ce soit celui-ci justement ; car passionnée de psychologie, j’ai un grand intérêt pour tout ce qui regarde les interactions entre système mental et manifestations corporelles. Étant moi-même une grande angoissée ainsi que ce que l’on a coutume d’appeler une « hypersensible » – amusant comme un mot peut avoir une résonance péjorative sous les dehors d’une construction a priori positive – mon corps et mon organisme me rappellent sans cesse ces traits de mon caractère. Je suis donc assez peu en paix avec mon « physique »… par réflexe. Même si j’ai conscience qu’il n’est qu’un bouc émissaire.

De surcroît, il se trouve que « physique » me renvoie à une seconde réflexion. Il est somme toute encore question de cerveau mais cette fois pas en ce qu’il est mais en ce qu’il peut produire. Je plaquerais pour tentative d’explication et de comparaison cette opposition éculée entre « nature et culture ». Si ce n’est qu’alors je ne sépare pas le psychisme de l’intelligence. J’ai toujours eu la sensation, et j’ai bien conscience que je ne suis absolument pas un cas isolé en l’espèce, que mon physique, tel qu’il est, jouait dans l’équipe adverse à ma matière grise. L’antique « sois mignonne et tais-toi ». Ce qui finalement m’a conduit à avoir la certitude que je n’avais rien d’intéressant à dire et qu’en plus je n’étais pas spécialement agréable à regarder. Mon grand-père maternel m’a fait beaucoup de tort en ce sens, à ne s’intéresser à moi (et encore le mot est très mal choisi puisque jamais il n’a eu d’autre intérêt que le sien propre) qu’après ma majorité parce que je présentais bien et que ce n’était pas trop une honte d’entrer à mes côtes dans un restaurant huppé. Dix ans plus tard, rien n’a changé. J’ai eu beau faire de longues études, avoir eu de nombreuses expériences professionnelles et publié plusieurs livres, quand il propose de faire jouer ses relations pour me trouver un emploi, il me renvoie mon CV estimant que ma photo est trop moche. Et moi j’ai encore la naïveté de penser que si je trouve du travail, c’est par mes compétences, pour ce que j’ai écrit, pour ma façon de le faire et non parce que le petit bout de photo collé en haut à droite de mon CV est plus ou moins flatteur.    

Malheureusement, ce que j’ai vécu lui donne raison. Cet éditeur qui me laissait espérer du boulot et qui, le jour où j’ai repoussé sa main de ma cuisse, n’a plus donné signe de vie, ce professeur d’université qui s’engageait à me prendre en thèse de doctorat (mon rêve, mon regret…) si nous établissions une amitié « particulière » (sic)… et les exemples ne manquent tristement pas dans mon cursus. Rien d’original, je le répète mais la banalité d’une situation ne la rend pas plus supportable ou acceptable. Au contraire.

Mon physique, je vis avec ; je n’existe que par mon esprit.

Oh mince ! On va dire que je plagie Descartes maintenant…

Cependant, avoir l’impression de ne vivre que pour et par sa tête n’est pas toujours très sain, ni bien sûr équilibré. Il est arrivé un moment où je n’avais plus aucune activité physique (le travail intensif devant un ordinateur laisse peu d’occasions de se remuer) et que ma tête avait nié mon corps, tentant peut-être même de le faire disparaître. Alors, je me suis inscrite dans le club de gym de ma ville et au moins quatre fois par semaine mon enveloppe charnelle est à l’honneur. La grande réconciliation…
Publié le Samedi 20 janvier 2007 à 12:40:16
Par Delphine

Toujours en recherche de travaux d’écriture, au mois de décembre, un ami d’un ami m’a fait entrer en relation avec le magazine féminin Isa. Lorsque la rédactrice en chef m’a proposé une pige, j’étais contente. Déjà, les opportunités dans la presse sont rares quand, comme moi, on n’a pas un réseau de connaissances extrêmement étendu, alors dans le presse féminine c’est carrément la croix et la bannière.

Ma mission : recueillir six témoignages illustrant un dossier sur la séduction. Il n’était ici absolument pas question de séduction amoureuse ou sexuelle mais de celle dont peuvent user les femmes dans le cadre de leur activité professionnelle. En d’autres termes, quels sont leurs atouts charme et comment elles les exploitent pour arriver à leurs fins. Même si je n’aime pas beaucoup cette expression toute faite.

Je me mets en quête de mes six témoins, ayant soin de veiller à ce que leurs métiers et fonctions soient propices à livrer des déclarations intéressantes. Nous sommes deux à réaliser ces interviews, chacune devant débusquer ses six drôles de dames. Le corps du dossier est écrit par une troisième journaliste, en charge de nous chapeauter. Après quelques aléas, je livre mon papier ainsi que les six photos qu’il m’incombait de réaliser.

Puis, plus de nouvelles d’Isa. J’ai reçu la semaine dernière le numéro en question de ce mensuel, daté de février 2007. Oh surprise ! Le dossier s’y trouve bien, sous le titre Séduire, disent-elles… (p74), mon nom également, aux côtés de mes deux co-rédactrices, toutefois deux de mes témoins sont passées à la trappe et globalement il ne reste plus une syllabe de ce que j’avais écrit.

C’est pour cette raison que je profite de mon blog pour éditer mon texte original et intégral, aussi par respect pour les six jeunes femmes qui m’ont accordé leur temps, leur confiance et m’ont aidé à faire mon baptême dans la presse féminine. Je les en remercie vivement, même si au final l’expérience s’est avérée peu concluante !     

 

SONIA, 28 ans, Responsable juridique, contentieux, foncier et assurances d'une collectivité territoriale

« Pour ma part, c'est une manière de se présenter, de s'habiller, d'évoluer : sexy sans être vulgaire, classe sans être hautaine, en mettant en avant ses atouts personnels sans trop en faire. Il faut trouver un équilibre et ne pas oublier qu'on est dans un contexte professionnel : pas question de perdre sa crédibilité par une mauvaise attitude. Le secret est de savoir jouer de son charme par son regard, son sourire, son allure. C'est aussi un discours : une manière de parler agréable et enjouée, tout en ayant du caractère. Il faut être piquante, Être à l'écoute de son interlocuteur masculin lui laissant croire qu'il a une relation particulière avec vous, en tout bien tout honneur bien sûr ! Ça passe par des conversations plus personnelles et des compliments exagérés. C'est simple, mais l'ego masculin est vite comblé. C'est alors gagné, il fera le maximum pour vous aider ou régler vos problèmes. »

 

TEENANE, 25 ans, barmaid dans une discothèque

« Vous devez bien avoir conscience que barmaid dans une boîte de nuit n’est pas un job toujours facile : la fumée, le bruit, les cartons de jus ou d’alcool à porter et les gens moitié ivres. Quant au salaire, il est assez dérisoire sachant qu’on est rarement couché avant 8 heures du matin, lorsque le ménage du bar est enfin terminé. Malgré tout, il ne faut pas perdre de vue qu’on fait partie d’une fête et que les pourboires sont les bienvenus ! Ainsi, pour rendre les clients généreux, il faut les motiver. Bien entendu, le sourire et l’amabilité sont indispensables, mais être à l’écoute est encore plus nécessaire. Souvent ils se sentent seuls et leur montrer de l’intérêt, c’est les rendre importants. Pour moi, le petit plus est de toujours me souvenir de leur boisson préférée et de leur servir avant même qu’ils ne l’aient commandée ! »

 

ANNE, 38 ans, professeur de français et anglais dans un lycée professionnel de ZEP

« En début d’année, je fais tout pour instaurer un climat de confiance. Puis, petit à petit, je découvre mes "terreurs" individuellement. Ainsi, je cherche à m’adapter à chacun, à caler mon attitude en fonction de leurs attentes. Celui-là va avoir besoin d’être materné, cet autre en a gros sur le cœur, il cherche une oreille et les conseils d’une grande sœur, celui-ci veut tester son potentiel de séducteur et se motive à vouloir me charmer… Il se ravise dès que je lui apprends que je suis une femme mariée ! Ce n’est pas une science exacte et je n’ai pas fait des études de psychiatre comportementaliste pour arriver à cette façon de procéder. Juste de l’expérience et du feeling. En fait, les élèves fonctionnent beaucoup à l’affectif. Là où ils devraient travailler pour eux-mêmes, ils choisissent souvent  de se démener pour vous faire plaisir, si vous avez leur sympathie. Parfois, je découvre que certains ne viennent qu’à mes cours ! Souvent pour ne rien faire d’ailleurs, ou pas grand-chose, mais il sont présents car ils m’aiment bien.»

 

JULIE, 26 ans, consultante

« Mon métier m’entraîne à avoir une bonne capacité d’adaptation car chaque mission me conduit dans une nouvelle entreprise, dans laquelle je reste à plus ou moins court terme. Cela peut sembler superficiel, il n’empêche que la première impression se fait sur le style vestimentaire. Je m’habille, en tout cas au début, d’une manière assez stricte. Étant en plus assez jeune en rapport au poste que j’occupe, je ne veux pas que l’on mette en question une minute mon professionnalisme et fais tout pour afficher mon sérieux. La bonne présentation est également une marque de respect envers le client. Concernant les rapports interpersonnels, je veille à avoir un maximum de contacts visuels et n’économise pas mes gestes. Le corps doit s’exprimer tout autant. Une fois que l’ambiance est détendue, il ne peut pas être mauvais d’introduire un peu d’humour. Enfin, et surtout, il est bien de recourir à un langage simple pour que ceux qui ne maîtrisent pas des détails parfois très techniques ne se sentent jamais exclus mais toujours le plus à l’aise possible. »


SARA, 39 ans, responsable de formation et coach diplômée

« Je fais partie de cette nouvelle catégorie professionnelle qui travaille essentiellement par téléphone. Cela bouleverse les modes communs et passés de la communication, sachant qu’en théorie cette dernière passe pour 93 % par le non-verbal. Au téléphone, il ne reste que ce qui est dit et je me garde bien d’interpréter le message. Pour cette raison, j’ai recours à une technique d’écoute active un peu poussée. Elle consiste à poser un maximum de questions, puis systématiquement reformuler les réponses de mon interlocuteur afin de m’assurer que j’ai bien compris ses dires et pour que, dans le même temps, lui-même se sente écouté et compris. Ce qui est l’idéal de chacun ! Je deviens alors quelqu’un de rare à ses yeux, quelqu’un qui a su l’entendre. Ce qui marche avec les clients, marche aussi avec  les formateurs de mon équipe. J’en ai eu la confirmation lorsque j’ai pris mes fonctions à un poste que je créais. Ils ont montré une certaine réticence à me voir arriver, mais à force d’écoute, je suis aujourd’hui tout à fait légitime à leurs yeux. En ce qui concerne mes activités de coach, tout à fait dissociées, l’écoute active est aussi très importante, mais il n’y a, alors, aucun rapport de séduction : ce serait contraire à notre éthique. Mon écoute est, dans ce cas, à 100 % au bénéfice de la personne que je coache. »

 

FABIENNE, 29 ans, ergothérapeute

« Qu’est-ce que l’ergothérapie ? Une rééducation de patients ayant un handicap – qu’il soit moteur ou mental – par un travail physique ou manuel, adapté à leurs capacités. L’objectif est de permettre leur réinsertion dans la vie sociale. Personnellement, j’ai choisi d’apporter mon aide à de grands psychotiques. Toute la difficulté est de les amener à l’atelier (l’endroit où se passent les séances – de poterie, couture, dessin, etc.). J’utilise déjà la première rencontre comme espace thérapeutique. Je commence par me présenter mais j’écoute plus que je ne me décris afin que le patient se sente mis en valeur et exprime sa demande. Je reformule cette demande car, souvent, elle ne sort pas telle qu’elle est réellement désirée. La difficulté avec les schizophrènes et les paranoïaques avec lesquels je travaille est de décoder une demande dont ils n’ont pas conscience. C’est grâce à ce désir que je vais conduire mon patient en thérapie, la demande de soin devant être un mouvement psychique venant de lui seul. Et bien sûr, je dois bien me garder de désirer pour l’autre au-delà de son besoin. Cette écoute et la bienveillance sont indispensables pour arriver à créer une relation de confiance, seul préalable à la relation thérapeutique. Le patient doit éprouver une sécurité affective, garante du contexte de sécurité thérapeutique. »


Publié le Vendredi 19 janvier 2007 à 10:32:07
Par Delphine

Mardi, je me suis rendue à mon habituelle avant-première hebdomadaire à l’UGC, complexe auquel je suis abonnée.

Tout a mal commencé lorsque les membres présents de l’équipe du film, en bout de course promotionnelle se sont mis à balancer, en comparaison à leur long-métrage Truands, des noms comme Shakespeare, des titres comme Les Affranchis, etc. C’est souvent mauvais quand ça tourne de cette façon. Je dois cependant avouer que je partais avec un a priori bien défavorable. J’avais trouvé le précédent film du réalisateur, Frédéric Schoendoerffer, Agents secrets (avec Monica Bellucci et Vincent Cassel), d’un ennui mortel. Mais l’échec fait partie intégrante de l’art et le navet jouxte souvent le chef-d’œuvre dans une filmographie. Puis, j’ai une tendresse pour Benoît Magimel.

Après quelques fadaises supplémentaires, les camelots (auxquels d’ailleurs Magimel ne s’était pas joint) s’éclipsent, la lumière s’éteint, le film commence. Déjà le générique laisse perplexe et rappelle l’illustration commerciale de la société de production Focus, bien connue des cinéphiles. Bizarre.

J’aurais pu partir au bout de cinq minutes. Je me demande encore comment j’ai tenu une heure. Sans doute mon optimisme et ma ténacité me faisant toujours espérer que les choses vont s’arranger. L’amélioration ici n’est jamais venue. Alors j’ai quitté la salle.

Comme il est de bon ton de chanter les louanges de Philippe Caubère – et je crois qu’objectivement il fait un honnête travail lors de ses prestations théâtrales marathon – j’étais heureuse d’avoir l’occasion de l’apprécier sur grand écran. Seulement, et c’est la première grande déception de Truands, il est lamentable. Pas crédible une minute, surjouant faux à vrai dire. Il doit paraître méchant au regard de l’affreux personnage qu’il est censé incarner, il n’est que risible.

Le metteur en scène déclare à tort et à travers qu’il a voulu faire un film « réaliste », comme si toute son intention se résumait à ce vocable. Si réalisme veut dire « large spectre de banalités mises bout à bout » alors Schoendoerffer a réussi son coup. Le pire, à mon sens, est qu’il n’a pas finalement enchaîné les clichés renvoyant à l’idée de gangstérisme mais plutôt ceux du genre cinématographique associé. Ce qui nous donne un film fait de clichés de clichés. Bonjour le réalisme…

Monsieur Schoendoerffer, ce n’est pas parce qu’on truffe la bobine d’« Enculé », de « fils de pute » à toutes les répliques, ce n’est pas parce qu’on ajoute des scènes de torture, de fusillades, ce n’est pas parce qu’on tourne la moitié des scènes en boîte de nuit, ce n’est pas parce qu’on fait défiler des gros calibre devant le cadre, ce n’est pas parce que les méchants mâchent du chewing-gum ou conduisent des grosses cylindrées ou baisent des putes de l’Est par derrière au-dessus d’une cuvette de chiotte – lorsqu’ils ne se font pas pomper, la mine extatique – ou boivent de l’alcool – du whisky bien sûr – à toute heure de la journée ou jouent au poker ou sniffent de la coke dans un hôtel de luxe – entourés de putes… – ou se convertissent à l’islam en prison ou se trahissent, s’embrassent, s’entretuent… qu’on réussit un film sur le milieu, monsieur Schoendoerffer. 

Je ne sais pas si vos truands le sont vraiment, en revanche, vous êtes bien un bon escroc du septième art. Voilà au moins une réalité. 


Publié le Jeudi 18 janvier 2007 à 12:48:40
Par Delphine

Le début de l’année 2005 avait été difficile. Ayant quitté le domicile familial, je vivais seule. M’étant lancée à corps perdu dans l’édition et l’écriture de livres, je travaillais seule. Beaucoup. Cet isolement normalement supportable coïncidait avec une période douloureuse

de rupture amicale ; avec quelqu’un qui était une compagnie de presque tous les instants. Je prenais conscience que la vie qui était la mienne, chez mes parents, ne l’était pas tant que ça. Pour maintes raisons familiales, je niais mon existence pour mieux la mettre à disposition. Fraîchement émancipée, il fallait que je me crée. Qui avais-je envie d’être ? Comment ajouter à mon emploi du temps des plages de plaisir personnel (mon plaisir, vaste interrogation), quelle activité trouver pour combler mon besoin d’interagir avec d’autres. Si, en plus, je pouvais satisfaire mon plus grand bonheur : apprendre.

Si j’ai surtout écrit sur la musique, si j’ai réussi à la faire entrer dans le cadre de mes strictes études de lettres, c’est qu’elle revêt, pour moi, une importance toute particulière. Nous sommes nombreux à partager cette inclination mais je pousserais jusqu’à dire, me concernant, qu’elle est une partie vitale de ce tout que j’incarne. Néanmoins, jusqu’ici, je ne l’avais jamais étudiée. Les explications (ou tentatives d’explications) à cela sont légion : une ancienne directrice de l’école de musique de ma ville traumatisante à mes yeux d’enfant, une tendance à la paresse rechignant à l’idée d’un apprentissage « scolaire » supplémentaire, un manque de confiance me poussant à imaginer que je n’en avais pas la capacité intellectuelle, la certitude que mes parents n’avaient pas l’argent pour financer telle fantaisie artistique…

Plusieurs fois, j’avais entendu une amie de mes parents, et médecin de mon adolescence – la seule à avoir vraiment saisi mon (profond) mal de l’époque – faire la publicité de la chorale de Fontenay dont elle faisait partie, à l’instar son mari. Soudain, j’en ai eu envie. Avec une réserve cependant. Le film Les Choristes venait de battre tous les records d’entrées au cinéma et avait lancé toutes sortes de polémiques. Partout en France, les cours de chants – le phénomène Star Academy n’y était pas non plus étranger – connaissaient un engouement sans précédent. Éprouvant toujours énormément de difficulté à la perspective de me voir bêler avec le troupeau, je n’avais pas envie d’entrer dans ce genre de statistiques et je dois avouer que cela aurait pu me retenir. Pourtant, j’ai laissé de côté ce principe ridicule et je n’ai écouté que mon désir de me laisser aller à cette tocade musicale. On m’assurait que chaque année des débutants rejoignaient le chœur et que mon incompétence totale ne serait pas trop invalidante. Tout de même, ne pas lire la musique n’a jamais joué en ma faveur ! Je me sers de mon oreille pour combler ce manque. Des nouveaux, il y en a eu sans doute au début. Puis, petit à petit, certains ne sont pas revenus. Contrairement à moi qui prenais chaque cours comme un enchantement. Pendant ces deux heures hebdomadaires, j’étais transportée par ce que je voyais, j’entendais, je finissais par apprendre. David, notre chef de chœur, est fascinant. Frêle physiquement, sa voix et son énergie sont, a priori, en complète contradiction avec ses dehors de moineau tombé du nid. Mais cet oiseau chante et les notes qu’il sort ne sont pas des cris des SOS… mais des témoignages oraux de la plus grande assurance. Il a aussi cette rigidité et cette dignité qui poussent à se demander si elles sont la preuve d’une grande arrogance ou d’une grande réserve ainsi dissimulée. Menu mais charismatique, il tient sans difficulté une classe de pipelettes trop heureuses de retrouver les copains-copines après la semaine écoulée et d’échanger les dernières nouvelles. À coup de « chhhuuuutt », nerveusement – et à force inconsciemment – répétés, il se fait entendre. Pédagogue tout en étant sec, sec tout en étant pédagogue, il est un prof extraordinaire, ses résultats sur nous tous le prouvent. Le portrait de maître Baconnet ne serait pas complet – si tant est que l’on puisse saisir un tel personnage en l’espace de quelques lignes ou de l’année et demie que je l’observe de la salle – sans faire mention de son sourire. Et de l’humour qui s’y attache. David est drôle et sait magnifiquement bien doser ce trait de caractère pour parfaire l’ensemble de sa personnalité. Là où il n’aurait pu que paraître raide, il ne s’avère finalement qu’extrêmement sympathique.   

Après avoir étudié et chanté une messe de Mozart, un extrait de West Side Story, un chœur de La Flûte enchantée, nous avons entamé, au début de l’année dernière, l’apprentissage de la partition de l’opéra féerie d’Offenbach : Orphée aux Enfers (version définitive de 1874). Jusqu’aux grandes vacances, nous avons chanté ; à partir de septembre, nous avons dansé. En effet, à la rentrée David a dévoilé sa vision scénique de l’œuvre. La grande rigolade a commencé. Il nous en avait réservé de bonnes. Tant sur les costumes – spécialement la hippie attitude du Ier acte – que sur la chorégraphie. Ces cours ont été assez fatigants étant donné que nous étions tout le temps debout, en mouvement ou allongés sur le sol froid et peu avenant de notre modeste, parce qu’exiguë, salle de répétition ; mais qu’est-ce que nous avons ri. Puis, nous avons eu le plaisir de découvrir qui seraient nos autres stars. Les solistes, membres de l’atelier lyrique, travaillant de leur côté, eux aussi, depuis des mois. Tout prenait forme. Même si certains pas étaient oubliés d’une semaine sur l’autre. Les répétitions se sont multipliées. Parfois, nous voyions aussi les jeunes danseuses prévues pour de nombreux interludes de ballets.

J’eus une mauvaise surprise à la vieille des vacances de Noël. Une méchante otite s’est déclarée, le type de maladie que je n’ai jamais eu, même étant enfant. Plus la date de la représentation d’Orphée se rapprochait, plus j’étais anxieuse à l’idée que je ne pourrais y participer. J’étais sensible au bruit autant que je l’étais à ma propre parole. Il n’aurait pas été question de chanter. Moins d’une semaine avant le spectacle, je n’avais pu me joindre aux autres lors d’une après-midi de répétition. Heureusement, le mardi, jour de la première prise de contact avec la salle de théâtre de Fontenay, j’allais beaucoup mieux.

Dans les loges, en coulisses, sur scène, on sentait le groupe se resserrer, créant une dynamique et une complicité qui, à mon sens, nous a aussi valu d’offrir au public, par trois fois, de belles représentations.

Pour ma part, cette proximité et expérience m’ont permis d’apprécier un peu plus… la majesté de Séverine, la répartie et la force comique de Sophie, le charme d’Adrien, la douceur de Véronique, l’énergie de Christine, le sourire réconfortant d’Alice, la bonhomie de Juan, la fraîcheur de Gaëlle, la toute puissance d’Yves, la chaleur de Bernadette et Michel, le pompon de Joëlle, l’accent chantant de Georges, la jeunesse pailletée d’Yvette, la disponibilité de Patricia, la gentillesse de Carole, l’espièglerie de Georges, la fantaisie de Marie-Noëlle, le port altier de Bruno, la délicatesse d’Emmanuelle, la malice de Pierre-Yves, l’obsession de bien faire d’Élisabeth, le mordant de Lydie, la discrétion de Claire, la juvénilité de Carla, le bleu regard de Catherine, les talents de pâtissière de Sylvie, l’enthousiasme communicatif de Karine, l’autodérision de Jean-Marie, la suavité de Véronique, la prestance de Claire, la voix de basse d’Henry, l’innocence de Priscilla, l’excellence de David, le feu sacré de Benjamin…

Que celles des alti que j’oublie me pardonnent, notre séparation en loges et sur scène m’ont empêché de les découvrir toutes. Mais l’aventure continue, les retrouvailles toujours heureuses et l’attente de la prochaine mise en chantier d’une telle entreprise est comblée par la reprise hebdomadaire de notre routine, toutefois systématiquement novatrice.  

Je sens que cette expérience m’a fait évoluer en tant qu’individu ; au moins me fait approcher de la personne que je veux devenir. J’ai l’espoir également que par quelque chemin détourné et merveilleux, elle fasse grandir mon écriture. 

Publié le Dimanche 12 novembre 2006 à 15:53:46
Par Delphine
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« Miscellanées : recueil d’écrits divers, littéraires et scientifiques », dit le dictionnaire. Les Miscellanées de France et de Navarre répondent parfaitement à cette définition.

Recueil iconoclaste d’informations en tout genre, le lecteur y trouve, par exemple :

- le nombre de tonnes de métal utilisé dans la Tour Eiffel

- toutes les manières de dire « bonjour » dans les dialectes régionaux

- les surnoms des équipes de foot

- la liste des numéros des départements avec les préfectures

- les rois de France décédés de mort violente

- les dictons les plus populaires et les plus absurdes

- les pluriels des noms composés

- …et mille et une autres informations futiles et essentielles !

Vous avez aimé les Miscellanées de Mr. Schott en les trouvant parfois trop « british » ? Vous allez adorer les Miscellanées de France et de Navarre ! Un livre inclassable mais indispensable.

http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=1890245&OrderInSession=0&Mn=4&SID=5190ccbf-e475-cbe9-ac7c-0c044756ee5e&TTL=131120061323&Origin=fnac_google&Ra=-1&To=0&Nu=3&UID=0f9ff67dd-7ae8-0940-6b2b-6a60a0133867&Fr=3

Publié le Dimanche 12 novembre 2006 à 15:48:18
Par Delphine
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Des œufs, un peu de farine et une tonne d'idées : voilà tout ce qu'il faut Pour réussir ses cakes maison, toujours bien moelleux, savoureux et surtout inratables ! Qu'ils soient froids ou chauds, sucrés, ou salés, les cakes, sont adaptés à toutes les Circonstances, pour un brunch ou un goûter, en entrée comme en plat principal ou en dessert. Avec les 110 idées classiques ou originales de ce livre, vous ne serez jamais en manque d'inspiration Pour satisfaire toutes les envies gourmandes de la famille ou des amis. Recettes classiques, terroir, exotiques, légères ou audacieuses, il y en aura pour tous les goûts !

Cake armoricain à la lotte, cake d'Espelette au thon et poivrons, cake crétois à la feta, cake sister's au cheddar, cake « le orange est ma couleur », cake Purple Rain aux myrtilles, cake delphinien au Nutella, crème de marron et chantilly, cake Pascal au chocolat blanc...
http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=1846878&OrderInSession=0&Mn=9&SID=5190ccbf-e475-cbe9-ac7c-0c044756ee5e&TTL=131120061311&Origin=fnac_google&Ra=-1&To=0&Nu=2&UID=0f9ff67dd-7ae8-0940-6b2b-6a60a0133867&Fr=3
Publié le Dimanche 12 novembre 2006 à 13:30:17
Par Delphine
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Une légende, un mythe, un géant, un talent immense : Johnny Hallyday, véritable père du rock français promène sa voix grave et sa guitare sur les scènes depuis plus de 40 ans. Avec un incroyable succès réunissant toutes les générations. Comment expliquer cette exceptionnelle carrière ? D'abord par une rage de vaincre et de conquérir le cœur du public depuis son enfance saltimbanque dans les coulisses des cabarets d'Europe. Et puis Johnny est un séducteur qui charme par sa simplicité, sa sincérité de chanteur populaire, un peu voyou et toujours à fleur de peau. L'idole parfaite ! La vie de Johnny le rebelle au grand cœur est un roman d'aventure au souffle épique, un livre d'amour avec les femmes de sa vie et son public, une œuvre de démesure où l'on passe du monde de la nuit aux concerts géants. De A comme « Amnesia » à Z comme « Zazie » en passant par B comme « Belgique », D comme « Drogue », V comme « Vartan » ou Y comme « Yé-yé »... entrez dans la vaste histoire et l'univers de Johnny Hallyday.

http://www.amazon.fr/Lint%C3%A9grale-Johnny-Hallyday-Tout-%C3%A0/dp/2352880041/sr=1-1/qid=1163334161/ref=sr_1_1/171-0473469-2122656?ie=UTF8&s=books

Publié le Dimanche 12 novembre 2006 à 13:19:54
Par Delphine
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Prêtes en un tour de main, savoureuses, colorées et légères : les salades réunissent tous les atouts. Pourtant, bien souvent, l’inspiration manque quand on veut sortir des sentiers battus… C’est pourquoi, l’auteur propose 115 recettes originales, étonnantes et inventives. Salées (salade de flétan aux petits légumes, salade de penne à la romaine, salade Popeye, salade de poulet aux agrumes...) mais aussi sucrées (salade de pastèque et grenadine, salade crumble...), sans oublier les sauces. Les salades sont à la fête.

Des recettes originales et des conseils pour réveiller vos salades.
http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=1818123&OrderInSession=0&Mn=9&SID=5190ccbf-e475-cbe9-ac7c-0c044756ee5e&TTL=131120061303&Origin=fnac_google&Ra=-1&To=0&Nu=3&UID=0f9ff67dd-7ae8-0940-6b2b-6a60a0133867&Fr=3

Publié le Dimanche 12 novembre 2006 à 13:08:13
Par Delphine
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Vingt-cinq ans après sa tragique disparition, Bob Marley reste l’icône qu’il incarnait de son vivant. Toutes générations confondues et à travers le monde entier, on écoute toujours sa musique et on se reconnaît dans ses paroles de paix, d’espoir et de lutte contre l’oppression. L’inventeur du reggae, qui a grandi au cœur des ghettos de Kingston, a laissé derrière lui une œuvre digne des plus longues carrières. Une œuvre universelle qui plonge ses racines dans de riches croyances religieuses et un contexte social qui n’a pas tellement changé. Mais Marley, devenu une légende, avait aussi ses faiblesses : son infidélité chronique, ses accès de colère, ses a priori, son perfectionnisme tyrannique… Cet homme, à la fois blanc et noir, moitié ange et moitié démon, ne pouvait finir que demi-Dieu du Reggae. Une biographie collector retraçant, en texte et en images, le parcours et l’œuvre d’un artiste de légende.

http://www.amazon.fr/Bob-Marley-Delphine-Sloan/dp/291532090X/sr=1-4/qid=1163326652/ref=sr_1_4/171-0473469-2122656?ie=UTF8&s=books

Publié le Dimanche 12 novembre 2006 à 13:00:40
Par Delphine
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San Antonio disait de Renaud qu’il « faisait le boulot de Verlaine avec des mots de bistrots ». Bel hommage d’un poète à un autre poète qui a su s’imposer dans le panthéon de la chanson française auprès de Brassens ou Ferré comme un chanteur à la fois sensible et engagé. Lorsqu’il fait ses débuts à la fin des années 70, Renaud n’est encore qu’un adolescent pour qui le succès vient très vite avec des titres comme « Marche à l’ombre » ou « Laisse Béton », qui le propulsent sur le devant de la scène. Les années 80 lui apportent la consécration publique avec « Morgane de toi » ou « Mistral Gagnant ». Brutalement le succès s’arrête et le chanteur sombre peu à peu dans la dépression et l’alcoolisme. Mais Renaud a encore des choses à dire et il fait un grand retour en 2002 avec l’album Boucan d’enfer qui se vend à plus d’un million d’exemplaires. Le personnage, mais aussi sa langue, l’argot et les thèmes de ses chansons séduisent alors plusieurs générations.

L’Intégrale Renaud : Renaud et son univers, de A à Z. Les clés indispensables pour appréhender l’œuvre d’un chanteur directement inspiré par Brassens et Ferré.

De A comme « Amoureux de Paname » ou « Alcool » à Z comme « Zénith » ou « Zut ! » en passant par B comme « Betancourt », M comme « Miss Maggie » ou L comme « Laisse béton »...

http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=1796672&OrderInSession=0&Mn=3&SID=5190ccbf-e475-cbe9-ac7c-0c044756ee5e&TTL=131120061238&Origin=fnac_google&Ra=-1&To=0&Nu=3&UID=0f9ff67dd-7ae8-0940-6b2b-6a60a0133867&Fr=0

Publié le Dimanche 12 novembre 2006 à 12:47:58
Par Delphine
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Il a vendu près de 30 millions de livres, ce qui en fait l'un des auteurs les plus lus au monde, et pourtant Dan Brown est quasiment un inconnu. Que sait-on de lui ? Presque rien, sinon qu'il est à l'origine d'un extraordinaire phénomène littéraire et de l'une des plus grandes polémiques de ces dernières années ! Pour la première fois, une biographie lève un coin du voile. Produit typique de l'élite américaine, Dan Brown est le fils d'un professeur de mathématiques qui lui donne le goût des énigmes. Pour s'affranchir de cette petite bourgeoisie familiale, il monte un groupe de rock et trente de devenir une star. En vain. Il n'est pas fait pour la musique ? Va pour l'écriture. Ses premiers livres sont des échecs ? Tant pis ! Dan Brown ne se décourage pas et, avec l'aide de son épouse, historienne de l'art, élabore le Da Vinci Code. Depuis son succès planétaire, l'écrivain vit reclus dans un grand manoir. Il reste pourtant en permanence sous les feux médiatiques. Nul doute que son prochain livre, consacré à la franc-maçonnerie, suscitera également des controverses à la mesure de ses autres best-sellers... La première biographie, un document à la rigueur irréprochable, qui dévoile la vie du créateur du Da Vinci Code et d'Anges & Démons, et donne les clés pour comprendre une œuvre polémique.

http://www.amazon.fr/Sur-traces-Dan-Brown-Sloan/dp/2915320683/sr=1-2/qid=1163331575/ref=sr_1_2/171-0473469-2122656?ie=UTF8&s=books


Publié le Dimanche 12 novembre 2006 à 12:35:00
Par Delphine
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Star hollywoodienne par excellence, Brad Pitt incarne à la fois le glamour d'une icône masculine et le professionnalisme d'un acteur exigeant. Ses choix de carrière (Et au milieu coule une rivière, Seven, Fight Club, Sept ans au Tibet, Ocean's Eleven, etc.) en ont fait un acteur de tout premier plan. Souvent comparé à James Dean ou Robert Redford pour son jeu tout en subtilité et son physique avantageux, il rivalise aujourd'hui avec les plus grands. Brad Pitt, c'est aussi un homme à la vie privée tumultueuse et exigeante, un caractère entier qui refuse les compromis. Ayant désormais dépassé le cap de la quarantaine, il rêve de fonder une famille. Car, au-delà de son image publique, Brad Pitt est un homme simple qui a bien l'intention de réussir aussi sa vie privée, loin des projecteurs. Une biographie collector retraçant, en textes et en images, le parcours de l'un des acteurs majeurs du cinéma américain.

http://www.amazon.fr/Brad-Pitt-Hollywood-Delphine-Sloan/dp/2915320497/sr=1-2/qid=1163326652/ref=sr_1_2/171-0473469-2122656?ie=UTF8&s=books

Publié le Dimanche 12 novembre 2006 à 12:18:20
Par Delphine
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Flagada ? Fourbue ? Sans énergie ? Pas de panique : voici 1001 solutions toutes simples pour retrouver la forme. Des conseils très pratiques, concis et clairs, que l'on peut mettre en pratique facilement. Basés sur les dernières recherches médicales et découvertes scientifiques, ou sur les « recettes de grand-mère », ces 1001 petits secrets de santé proposent des solutions efficaces en matière de nutrition, bien-être, fitness, santé féminine, mais aussi de soins du corps et de l'esprit. Indispensable pour retrouver la forme et la garder !Boire de l’eau glacée pour maigrir, réduire la cellulite grâce à l’huile de tournesol, l’huile de noix pour affermir la peau, lutter contre l’insomnie grâce aux huiles essentielles… Au sortir de l’automne et avant d’entrer au cœur de l’hiver, c’est le guide idéal pour garder la forme et améliorer son bien-être.

http://www.amazon.fr/1001-petits-secrets-sant%C3%A9-solutions/dp/2915320551/sr=1-2/qid=1163329617/ref=sr_1_2/171-0473469-2122656?ie=UTF8&s=books


Je suis la traductrice de cet ouvrage, originellement en langue anglaise.
Pages : 1 2

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