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Publié le Dimanche 15 avril 2007
Halle Berry joue comme un pied. Devant sa prestation, on est pris du fantasme de traverser l’écran pour lui foutre une baffe si d’aventure, dans la scène suivante, elle nous resservait le regard exorbité et larmoyant dès qu’elle doit faire passer une émotion, quelle qu’elle soit. Ce qu’elle ne manque jamais de reproduire. Mais elle présente bien, on ne peut pas dire le contraire. Quant à Bruce Willis – qui présente très bien lui aussi, de toute façon, là, je manque complètement d’objectivité ; à classer dans la catégorie des Nicolas Cage et Hugh Grant – c’est un peu comme s’il jouait en dehors du film. Il est fantomatique. Je propose qu’on organise une grande quête à son attention, car il doit avoir sérieusement besoin d’argent pour tourner dans des Dangereuse séduction. Toujours est-il qu’on apprécie son effort de composition : ce n’est pas si souvent qu’il joue les séducteurs triomphants et pétés de tune. L’intrigue n’a aucun intérêt, elle est embrouillée et ne mérite pas une minute qu’on cherche à la débrouiller. On reste le temps du film à regarder les images, passivement, distraitement sans jamais entrer et accrocher. On préfère rester à l’extérieur, plus près de Bruce. La multiplication de personnages soupçonnables, histoire de créer un suspense, est artificielle et inutile. La pseudo scène torride entre Berry et Warrick – ah oui, non, c’est pas les Experts… – donc entre Berry et son ex, sous le regard envieux et dissimulé de Giovanni Ribisi – qui ne peut pas s’empêcher de jouer les pervers lorsqu’il en a fini avec les débiles légers – est ridicule. On se dit : « L’intention est-elle vraiment de lorgner du côté de Basic Instinct ? Pas possible… » On avait bien compris que le bon copain, un peu geek, donc forcément frustré, craquait pour sa collègue. On a d’ailleurs de la peine pour lui dès qu’elle s’approche un peu trop près de lui, la salope. Ainsi le réalisateur devait vouloir suggérer une tension sexuelle entre eux. Raté. La blessure secrète de l’héroïne abusée sexuellement étant enfant est encore plus convenue. Le chat porno sur le net est grotesque – le plan de haut sur les mains de Berry tapant sur le clavier, répétitif. De surcroît, on se demande comment Willis peut diriger une boîte comme la sienne, être marié et passer son temps connecté au réseau – en plus avec une supposée nana tellement ordinaire qu’on peine à croire qu’il en soit tout émoustillé, lui qui ne serre que des bombes. La morale de l’histoire, paranoïaque et pas franchement originale, est qu’Internet vous manipule, pénètre dans votre intimité, peut tout savoir de vous – le fameux « Google is watching you » – mais qu’il faudrait presque encore plus se méfier des voisins, qui mâtent aussi sans avoir besoin d’ordinateur ni de connexion ADSL. C’est vrai que ça fout les jetons… Quand je pense que des gens m’ont vu regarder Dangereuse séduction. Les boules. Il y aurait de quoi me faire chanter.
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