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Le Blog de Delphine Gaston
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Publié le Samedi 21 avril 2007
Par Delphine
Dans les génériques, les sociétaires de la Comédie française sont signalés comme tels. Pendant le déroulement de celui du Candidat, au début, on sourit de voir que le casting du film en est truffé. Finalement, après coup, on comprend mieux. Ou du moins on se dit que ces comédiens du Français étaient tout à fait à leur place dans ce film à l’esthétique très proche du théâtre. En disant cela, je ne sous-entends absolument pas que le réalisateur aurait failli à sa mission de cinéaste pour verser dans le théâtre filmé, ce qui est, au demeurant, chiant à périr. Il a plutôt insufflé à son long-métrage des images, des poses, des lumières qui renvoient à une certaine idée de théâtre. L’éclairage est magnifique dans le Candidat et rend parfaitement, sensiblement, intelligemment compte des deux faces d’ombre et de lumière de la vie (politique). Dans cette tragédie antique, il y a le héros, rongé par ses doutes, les traîtres, la cour hypocrite, opportuniste et docile, la femme instable, l’ingénue, le palais, le chœur – le téléviseur étant son représentant moderne –, le sacrifié… Les Grecs, les Latins, Shakespeare, Racine étaient-ils modernes ? Assurément. Ou n’avons-nous pas évolué depuis ce temps où les grands dramaturges creusaient la psychologie des Hommes. Notre espèce est-elle ainsi faite qu’elle diffère des singes et de celle suivante mais qu’elle est une entité immuable malgré le temps qui passe ? Les décors ne sont plus les mêmes, les outils, les apprêts… néanmoins les types d’Hommes demeurent inchangés. Et cette universalité, cette intemporalité sont très bien mises en scène par Niels Arestrup. Quant à Yvan Attal, il est grand, jouant le mal-être avec vérité, l’autorité avec maestria, l’émancipation dans la retenue, une bombe à retardement vous donnant froid dans le dos tout en provoquant un élan de satisfaction. Ce qui m’a plu également : l’auteur utilise les clichés de l’imaginaire politique, ne servant que d’exposition. Il n’est jamais dans la dénonciation caricaturale et poujadiste. La politique n’est finalement qu’un prétexte pour faire l’étude de portait d’un personnage. La lenteur, le calme, le temps pris sont d’ailleurs les indices que la politique et ses habituelles gesticulations ne sont pas centrales. Le Candidat est aussi une belle variation sur la thématique du condamné et par conséquent, plus largement, sur la liberté. Inutile d’enfermer des gens dans une prison pour faire passer ce genre de message. Arestrup empreinte malgré tout à la fiction carcérale la séquence obligée du dead man walking, cet homme qui marche, dans le couloir de la mort, vers son destin funeste. L’avancée du Candidat dans le hall de la de la chaîne de télévision au jour du grand débat fait mal dans le bide. C’est parce qu’il transforme une question société, d’actualité en œuvre artistique que ce film est une réussite. Le sujet n’était pas sexy pourtant Le Candidat attire. Arestrup a tout compris à la politique.    
Les commentaires
Publié le Lundi 23 avril 2007
Par Ronan
c 'est cool c'est revenu !
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