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Publié le Dimanche 03 juin 2007
À côté de moi, une espèce de furieuse bruyante qui, chaque minute, fait le commentaire de son effroi ou de son sens de l’humour satisfait. Des cris, des onomatopées, des éructations des « Oh my god ! », alors qu’elle est aussi française qu’on puisse l’être, des « Jesus ! », prononcés « Jizeusse », comme de bien entendu. Évidemment, ce contexte n’est pas idéalement propice à la bonne appréciation d’un film. Quoique… Black Snake Moan étant l’histoire de névrosés, bien atteints, ma voisine collait parfaitement au sujet. Comme s’il s’était agit d’une nouvelle technique de marketing : dans chaque salle, on infiltre un vrai patient de psychiatrie pour que le spectateur se sente plus proche des personnages de fiction qui se déchaînent à l’écran. Intéressant. Donc, un film sur des ploucs de l’Amérique profonde (j’adore), barrés, qui se retrouvent et entament une thérapie de groupe, d’une certaine manière. Quand on aime la réflexion psychologique et le thème des rapports à l’autre, comme votre servante – sans oublier l’idée de musique salvatrice –, Black Snake aurait pu être fait pour moi. Seulement si les acteurs n’en faisaient pas des kilotonnes, conduisant malgré eux le film à n’être qu’une sorte de pastiche. Ce que Scary Movie peut être à Scream, lui-même déjà caricature du genre. Pourtant, on tout de même de Samuel L. Jackson et Christina Ricci, loin d’être les pires de la profession. Black Snake Moan montre qu’il n’y a pas de mauvais sujet, qu’il y en a même de très prometteurs, mais qu’il peut y avoir de sacrés mauvais films.
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