Le nom de Jacques Vergès est devenu une espèce de marque déposée. Un peu comme on dit un Picsou pour un avare, on dirait un Vergès pour un avocat galeux. En stylistique, on appelle ça une antonomase. En cinéma, cela s’apparente à un coup marketing. Ce n’est pas critique quand je dis ça. Je constate simplement que ce doc bien orchestré et intéressant, quoiqu’un peu long, ne présente pas exactement ce que son titre annonce. À savoir un portrait de Jacques Vergès. Encore une fois, ce n’est pas tout à fait grave car il permet au spectateur de faire le plein de culture historique, option terrorisme, tout le temps de la seconde moitié du XXe siècle. Ce qui ne peut jamais nuire. D’ailleurs si, comme moi, vous n’avez aucun vernis sur ce sujet, vous avez intérêt à vous accrocher et ne pas relâcher l’attention une minute. Il faut suivre ! Sur le personnage, je regrette que l’on ne retire que cela : il est l’enfant métisse de pays colonisés alors cela explique qu’il ait défendu des terroristes indépendantistes. Je caricature, bien sûr, mais pas tant que ça. On comprend aussi qu’il l’a souvent fait pour l’amour de femmes. C’est sans doute pour cette raison que l’objet fil rouge de ce documentaire est le cigare. Il doit falloir chercher une symbolique là derrière… À la fin du film, un trombinoscope de tous les dictateurs qu’il a défendu. Cela n’apporte rien. Si ce n’est la confirmation que l’auteur est passé, selon moi, à côté de son sujet.







