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Publié le 13/12/2006
Par 'DLKToi"

yijing34

Ta Chouang / La Puissance du Grand
En haut Tchen : L'Éveilleur, le Tonnerre
En bas K'ien : Le Créateur, le Ciel

Les grands traits, c'est-à-dire les traits lumineux, forts, sont puissants. Quatre traits lumineux sont entrés dans l'hexagramme par le bas et s'apprêtent à poursuivre leur ascension.
 Le trigramme supérieur est Tchen, l'éveilleur; le trigramme inférieur est K'ien, le créateur.
 Le créateur est fort, l'éveilleur excite le mouvement.
 L'union du mouvement et de la force donne le sens de « puissance de ce qui est grand ».
Cet hexagramme est rattaché au 2° mois (mars avril).

LA PUISSANCE DU GRAND.
La persévérance est avantageuse.

L'hexagramme traduit une époque où la valeur intérieure effectue une ascension vigoureuse et parvient au pouvoir. Mais la force a déjà dépassé le milieu.
 C'est pourquoi le danger menace que l'on se repose sur sa force sans se demander à chaque instant où est le bien, et aussi que l'on veuille se mettre en mouvement sans attendre le moment opportun.
 C'est pourquoi il est ajouté que la persévérance est avantageuse.
Car la force vraiment grande est précisément celle qui ne dégénère pas en pure violence, mais demeure intérieurement liée aux principes de justice et de droit.
 Si l'on comprend que la grandeur et la justice doivent être inséparablement liées, on comprend le sens véritable de tout ce qui se passe dans le ciel et sur la terre.

Le tonnerre est haut dans le ciel :
Image de LA PUISSANCE DU GRAND.
Ainsi l'homme noble ne marche pas dans des chemins qui ne sont pas conformes à l'ordre.

Le tonnerre, la force électrique, s'élève au commencement de l'année.
Ce mouvement est accordé à celui du ciel.
 C'est donc un mouvement en harmonie avec celui du ciel qui produit la grande puissance.
 Mais la vraie grandeur repose sur l'accord avec ce qui est juste.
 C'est pourquoi l'homme noble évite, en temps de grande puissance, de faire quelque chose qui ne soit pas en harmonie avec l'ordre

Neuf à la deuxième place signifie :
La persévérance apporte la fortune.

La situation présupposée ici est celle où les portes du succès s'entr'ouvrent.
 La résistance commence à fléchir.
On va puissamment de l'avant. C'est le point où l'on tombe trop facilement dans la présomption sans pouvoir la réfréner. D'où l'oracle, suivant lequel la persévérance - c'est-à-dire l'équilibre intérieur sans usage exclusif de la puissance - apporte la fortune.

Six à la cinquième place signifie :
Il perd le bouc avec facilité.
Pas de blâme.

Le bouc se caractérise par la robustesse extérieure alliée à la faiblesse intérieure.
Dans la situation présente tout est parfaitement aisé; il n'existe plus aucune résistance.
On peut alors se défaire de la nature belliqueuse semblable à celle du bouc et l'on n'aura pas à rougir.

Ko / La Révolution (la Mue)
En haut Touei : Le Joyeux, le Lac.
En bas Li : Ce qui s'attache, le Feu.

Le sens primitif du caractère désignant l'hexagramme est celui d'une peau de bête qui se transforme en muant au cours de l'année.
A partir de là le terme est appliqué aux mues qui se produisent dans la vie de l'Etat, aux grandes révolutions liées à un changement de régime.
 Les deux signes dont l'union forme l'hexagramme sont, comme dans K'ouei « L'opposition » (n° 38), les deux plus jeunes filles, Li et Touei.
Mais, tandis que dans K'ouei la plus âgée des deux se tient en haut et qu'il n'en résulte pour l'essentiel qu'une opposition de tendances, ici c'est la plus jeune qui occupe la place supérieure et les effets s'affrontent mutuellement; les forces se combattent comme le feu et l'eau (le lac), chacune cherchant à détruire l'autre.
D'où l'idée de révolution.

LA RÉVOLUTION.
En ton jour tu rencontres foi.
Sublime succès favorisant par la persévérance.
Le remords se dissipe.

Les révolutions politiques sont chose excessivement grave. On ne doit les engager qu'en cas d'extrême nécessité quand il ne reste plus d'autre issue.
Tout le monde n'est pas appelé à une telle action, mais seulement celui qui a la confiance du peuple, et il ne l'entreprendra que si les temps sont mûrs.
 Il faut dans une telle affaire procéder de la façon correcte de manière à réjouir le peuple et à éviter les excès en l'éclairant. On doit en outre demeurer exempt de toute visée égoïste et venir réellement en aide aux besoins du peuple.
Alors seulement on n'a pas à se repentir.
Les temps changent et avec eux les exigences.
 Ainsi changent les saisons au cours de l'année.
Il y a aussi dans l'année de l'univers un printemps et un automne des peuples et des nations qui exigent des transformations sociales.

Dans le lac est le feu :
Image de la RÉVOLUTION.
Ainsi l'homme noble règle le calendrier et clarifie les temps.

Le feu au-dessous et le lac au-dessus se combattent et se détruisent mutuellement.
Ainsi, le cours de l'année donne également lieu au combat de la force lumineuse et de la force obscure qui se déroule dans les changements des saisons.
 L'homme se rend maître des transformations de la nature quand il reconnaît leur régularité et divise le cours du temps en conséquence.
C'est ainsi que l'ordre et la clarté sont introduits dans l'apparence chaotique de la succession temporelle et que l'on peut s'adapter, même par avance aux exigences des différentes époques.

34

Le Tao s'étend partout ; il peut aller à gauche comme à droite.
Tous les êtres comptent sur lui pour naître, et il ne les repousse point.
Quand ses mérites sont accomplis, il ne se les attribue point.
Il aime et nourrit tous les êtres, et ne se regarde pas comme leur maître.
Il est constamment sans désirs : on peut l'appeler petit22.
Tous les êtres se soumettent à lui,
 et il ne se regarde pas comme leur maître : on peut l'appeler grand.
De là vient que, jusqu'à la fin de sa vie, le saint homme ne s'estime pas grand23.
C'est pourquoi il peut accomplir de grandes choses.

22. Le Tao voile sa vertu et cache son nom. Il est constamment inerte ; il semble extrêmement petit et délié.
 Le Tao est calme et sans désirs ; il existe et il paraît comme n'existant pas ; il est plein et il paraît vide.
 On peut presque l'appeler petit
.
 

23. Le cœur du saint homme ressemble au Tao.
Quoique sa vertu soit extrêmement grande, jamais il ne se regarde comme grand.
C'est par là qu'il est grand.

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