Tout a commencé par l'envie de restaurer de nouveau une moto ancienne, puis de trouver une occaz pas trop chère. Je suis passé à côté d'un CX 500 bien dans son jus et sympa comme tout. Enfin l'idée de profiter du capital constitué par des heures de remise en état et de restauration des véhicules en ma possession m'a fait progressé vers mon but. Petit-à-petit les cibles se sont présentées à moi : un GSXR 750 version street qui ne plaisait pas trop, une Venture superbe que j'ai loupée, et puis est apparu dans l'horizon encore sombre un CBR 1000 F, routière sportive, type de moto qui effleurait mes rêves à cadence régulière... Après beaucoup de patience pour moi qui n'ai pas bénéficié de cette option à la naissance, accompagné de mes angoisses récurrentes grâce à ce formidable cerveau qui baigne dans l'anxiété et l'adrénaline, le doute et le blues comme fuel domestique, j'ai pris la route un dimanche d'avril vers Saint-Etienne (il n'y a pas de hasard, que des connexions qu'on n'explique pas...), 450 km en voiture à douter que l'opération s'annule après une mauvaise nuit, et en quelques minutes je me retrouve à côté de la bête, seul face à mon retour. 450 km de pluie, de vent latéral, de viaducs que mon vertige hait déjà en voiture, de douleur dans les épaules et dans les mains, comme le prix à payer de mes rêves, affronter les éléments pour atteindre son but, je rentre à la maison au guidon de celle qui symbolise 21 ans cahotiques de moto (une majorité motarde ?). Maintenant qu'elle est là, il ne reste plus qu'à écrire de nouvelles pages dans ce vieux bouquin de routes parcourues et de souvenirs, car la moto transforme un trajet d'un point A à un point B en une aventure qu'on se raconte entre copains, entre frères et soeurs, entre amoureux bien des années plus tard...







