Sarkozy:
Mes chers compatriotes,
Ce soir, le peuple français s’est exprimé. Il l’a fait avec clarté.
Après tant de scrutins marqués par la montée de l’abstention, ce premier tour de
l’élection présidentielle est une victoire pour notre démocratie. En se rendant
massivement aux urnes, les Français ont exprimé leur volonté de ne laisser
personne décider à leur place.
En me plaçant en tête de ce premier tour et en plaçant Madame Royal en
deuxième position, ils ont marqué clairement leur souhait d’aller au bout du
débat entre deux idées de la nation, deux projets de société, deux systèmes de
valeurs, deux conceptions de la politique.
Ce débat, nous avons la responsabilité, Madame Royal et moi, de faire en sorte
qu’il se déroule dans la clarté, dans la sincérité et dans le respect des personnes.
Nous avons le devoir de donner à travers ce débat une image de dignité qui soit
à la hauteur de la dignité de la fonction présidentielle. Pour ma part je ne
changerai pas de ligne de conduite. Je veux dire à Madame Royal que je la
respecte et que je respecte ses convictions et que je souhaite que le débat de ce
second tour soit véritablement un débat d’idées. Les Français l’attendent depuis
trop longtemps, le réclament avec trop de force pour qu’il soit dénaturé.
Aux 11 millions d’électeurs qui ont voté pour moi au premier tour parce qu’ils se
sont reconnus dans les idées que j’ai exprimées, je veux dire merci du fond du
coeur. Ils m’ont fait confiance. Je ferai tout pour être digne de cette confiance.
Tout au long de la campagne, j’ai souhaité m’adresser à tous les Français au-delà
des partis. J’ai voulu parler à ceux auxquels on ne parlait plus, aux travailleurs,
aux ouvriers, aux employés, aux artisans, aux agriculteurs, à la France qui donne
beaucoup et qui ne reçoit jamais rien, à la France qui est exaspérée et qui
souffre, celle des banlieues en difficulté, des bassins industriels en déclin, des
cantons ruraux abandonnés.
J’ai voulu mettre au coeur de la politique des valeurs comme l’identité nationale,
l’autorité, le travail, le mérite. J’ai voulu parler de morale. J’ai proposé la
revalorisation du travail, l’école de l’excellence, la moralisation du capitalisme
financier, la révolution du développement durable. J’ai dit que ma priorité était
de donner à chacun le moyen d’accomplir ses rêves, de réaliser ses ambitions, de
réussir sa vie.
Ces principes sont le fondement de mon projet politique. Quels que soient les
obstacles, je n’y renoncerai pas, je ne les renierai pas parce que je suis
profondément convaincu que l’avenir de notre pays, sa prospérité, sa place dans
le monde en dépendent. Comme en dépend le bonheur des Français.
Dans les 15 jours qui restent avant le second tour, je veux dire à tous les
Français qui ont peur de l’avenir, qui se sentent fragiles, vulnérables, qui
trouvent la vie de plus en plus lourde, de plus en plus dure, que je veux les
protéger.
Je veux les protéger contre la violence, contre la délinquance, mais aussi contre
la concurrence déloyale et les délocalisations, contre la dégradation de leurs
conditions de travail, contre l’exclusion. Je veux leur redonner le goût
d’entreprendre, d’innover, le goût de l’aventure et du risque. Je veux pouvoir
leur parler de protection sans être accusé de protectionnisme, comme je veux
pouvoir leur parler de la nation sans être accusé de nationalisme.
Je veux parler à tous ceux que la vie a brisés, aux accidentés de la vie, à ceux
qu’elle a usés, à ceux qui sont dans la détresse. Je veux parler aux malades, aux
handicapés, aux personnes âgées, à ceux qu’une pression trop forte a épuisés, à
ceux qui ont trop souffert. Je veux leur redonner de l’espérance. Je veux leur dire
que la France dont je rêve est une France qui ne laisse tomber personne, une
France qui est comme une famille où le plus faible, le plus vulnérable, le plus
fragile a droit a autant d’amour, autant de respect, autant d’attention que le plus
fort, une France où même dans celui qui n’a plus de force on reconnaît la dignité
de l’homme et du citoyen.
Je veux m’adresser à tous les Français pour leur dire que la société du plein
emploi est un moyen et que l’objectif c’est la société de la pleine citoyenneté. Je
ne souhaite qu’une chose : rassembler le peuple français autour d’un nouveau
rêve français, celui d’une République fraternelle où chacun trouvera sa place, où
personne n’aura plus peur de l’autre, où la diversité sera vécue non comme une
menace mais comme une richesse.
Cette France fraternelle, c’est celle qui m’a tout donné. Je lui dois tout. Et à mon
tour je veux tout lui rendre. Cette France fraternelle j’invite tous les Français de
bonne volonté quelles que soient leurs origines, leurs croyances, leurs partis à
s’unir à moi pour qu’ensemble nous puissions la bâtir.
Vive la République !
Vive la France !
Royal:
Français, Françaises mes chers compatriotes à vous qui m’avez apporté si nombreux vos suffrages, aujourd’hui, je vous exprime ma joie et ma profonde gratitude.
Un élan civique s’est levé, la très forte participation, que j’avais appelé de mes vœux, est là. Je mesure la responsabilité éminente et qui m’honore, que vous me confiez ce soir.
Je n’en tire aucune gloire personnelle, vous me donnez une responsabilité majeure, celle de porter le combat du changement pour que la France se relève.
Pour que la France se relève quelle retrouve son optimisme et qu’elle fasse le choix de l’audace et de la sérénité une nouvelle campagne s’ouvre. Dans 15 jours, la France va choisir son destin et son visage.
Je lance un appel a toutes celles et ceux qui veulent que la France fasse triompher la République du respect parce que nous savons qu’il n’y a pas de liberté sans justice, qu’il n’y a pas d’efficacité économique sans progrès social. Nous aurons le 6 mai prochain un choix clair entre 2 voix très différentes.
Et je tends la main a toutes celle et ceux qui pensent comme moi qu’il est non seulement possible mais urgent de quitter un système qui ne marche plus.
Mes chers compatriotes je vous invite à inventer une France neuve a la fois protectrice et dynamique, une France a la fois fraternelle et conquérante et qui permet à chacun de construire et de réussir sa vie.
J’appelle ce soir au rassemblement de toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs du pacte présidentiel, et qui pensent que l’on peut réformer la France sans la brutaliser, qui veulent faire triompher toujours les valeurs humaines sur les valeurs boursières, qui veulent mettre fin aux insécurités et aux précarités qui se sont douloureusement creusées au cours de ces dernières années, qui veulent faire reculer toutes les formes de violence grâce a un ordre juste et à de nouvelles sécurités durables.
Je continue a faire le pari de l’intelligence des français et je refuse de cultiver les peurs. il s’agit de mettre la priorité sur l’éducation, de consolider les familles, d’épauler les plus fragiles et notamment nos anciens et les personnes en situation de handicap dont les conditions de vie se sont gravement détériorées au cours de ces cinq dernières années.
J’entends instaurer des règles justes dans la mondialisation, maintenir en France nos centres de décision et notre tissu industriel, refuser la régression sociale qu’entrainerait l’abandon à un libéralisme effréné.
Nous ferons de l’emploi tous ensemble notre combat principal et nous le gagnerons avec des entreprises performantes et conquérantes, qui respectent les salariés grâce à une démocratie sociale rénovée.
Je comprends la déception de toutes celles et ceux dont le ou la candidate n’est pas au second tour. Mais je voudrais leur dire ceci : Je serai la présidente garante d’un Etat impartial
Car vous le savez, je suis une femme libre comme vous êtes un peuple libre
Je ne suis l’otage d’aucun clan, d’aucun groupe de pression, d’aucune puissance financière.
Nous sommes nombreux et nombreuses aujourd’hui, au delà de notre vote du premier tour, a ne pas vouloir d’une France dominée par la loi du plus fort ou du plus brutal, et verrouillée par les puissances de l’argent ou tous les pouvoirs sont concentrés entre peu de mains, toujours les mêmes.
Avec moi je vous propose de choisir une démocratie ou l’on respire librement avec un parlement qui délibère et contrôle, un gouvernement qui a des résultats et qui rend des comptes un Etat sans gaspillage une justice indépendante des médias pluralistes et des libertés publiques garanties.
Oui, je veux une république refondée et non garrotée un état exerçant une autorité juste et ferme des régions dynamiques des services publics modernisés et performants avec des citoyens libres, éduqués par notre école, conscients de leurs droits comme de leurs devoirs.
Si vous me confiez la charge de présidente de la république, j’aurais à cœur de défendre les intérêts de la France en Europe et dans le monde
Le patriotisme républicain trouvera tout son sens dans la construction d’une Europe socialement et économiquement redressée et capable de peser, dans un mode multipolaire.
Les Français seront appelés à se prononcer par référendum sur le nouveau traité européen, celui ci ne se fera pas à leur insu.
Cette Europe sera au service de la paix, elle œuvrera au dialogue des cultures au co-développement avec les pays du sud et à la préservation des équilibres de la vie sur la planète
Avec vous, je vais rendre à la France la fierté de son histoire qui renoue avec ses valeurs universelles car quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du monde.
Je veux une France qui renoue avec l’idéal de la République des lumières les droits de l’homme et de la femme et de la citoyenneté qui ont faire sa force et sa beauté. Venez hommes et femmes de France de tous âges, de tous milieux, de tous territoires et de toutes origines, venez ; forces vives de notre belle nation, venez, serrons-nous les coudes, ensemble nous allons rendre le sourire à notre pays. ensemble nous allons conjurer les mauvais démons de la déprime et du déclin.
Chers compatriotes rassemblons nous ce sont nos idées notre idéal qui vont gagner car elles sont au service de la France et des Français, de la paix civile et de l’harmonie sociale.
J’appelle toutes les énergies et l’espérance a se mettre en mouvement pour une France victorieuse, une France présidente, fière d’elle même pour que les Français s’aiment en elle.
Notre victoire est possible car l’audace et la générosité sont la c’est une question de volonté et de cohérence, je les ai. J’ai besoin de vous parce que la France a besoin de vous
Vive la république vive la France.
Bayrou:
J’ai une bonne nouvelle pour vous. A partir de ce soir, la politique française a changé et elle ne sera plus jamais comme avant. Malgré des manoeuvres innombrables, malgré l’alliance objective du Parti socialiste et de l’UMP, malgré des sondages manipulés – je veux rappeler que certains instituts n’hésitaient pas à annoncer ces dernières heures encore que l’extrême droite allait être devant nous, malgré ces forces considérables, plus de 7 millions de Français se sont réunis pour porter une magnifique idée du changement.
C’est à ces millions de Français que je pense : ils ont fait une magnifique campagne électorale. Ils ont formé une force nouvelle, La seule force nouvelle de la politique française. Ils ont ouvert un chemin d’espoir pour la France et ce chemin d’espoir ne s’arrêtera pas. Il y a enfin un centre en France. Un centre large, un centre fort, un centre indépendant capable de parler et d’agir au-delà des frontières d’autrefois. Ceux-là, ces millions de Français, ont compris que la vieille guerre des deux camps ne répondait plus au mal de la France. Je vous le dis le mal de la France est plus grave qu’on ne le croit dans les deux partis qui sont encore ce soir arrivés en tête.
Nous ne sortirons pas la France de la situation qui fait souffrir tant de femmes et d’hommes qui ont besoin qu’on s’occupe d’eux et pas des guerres de partis. Nous n’en sortirons pas sans un changement profond. Ceux-là, ces millions de citoyens ont voulu qu’on ne raconte pas d’histoire au pays, que l’on ne fasse pas de fausses promesses, qu’on les regarde comme des citoyens c'est-à-dire comme des responsables. Cette espérance que nous avons fait naître, j’en ai la charge, je ne l’abandonnerai pas, ni une minute, ni une seconde pendant les jours, les semaines et les mois qui viennent. J’aime cette espérance. Je mettrai toutes mes forces à rénover la politique française. Je l’ai rénovée hier, je la rénoverai demain. Je n’abandonnerai aucune de ces convictions. Je ne reviendrai pas en arrière.
Je récuse et je récuserai toujours l’idée qu’il n’y ait en France que deux idées de l’avenir. L’avenir de la France exige au contraire qu’on fasse vivre ensemble les valeurs des uns et des autres. L’avenir de la France exige une démocratie profondément nouvelle, honnête avec des rêves et des principes si souvent bafoués depuis longtemps. Toutes les décisions que je serai amené à prendre dans les jours qui viennent, toute les positions que nous adopterons, seront inspirées par cette seule conviction : la nouvelle politique est en train de naître, cette espérance est grande et juste, et personne, vraiment personne ne l’arrêtera.
Je vous remercie







