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Publié le 01/02/2009 à 22:28
Par blogo

La boudeuse, une goelette trois mâts

Après un tour du monde de trois années et de 100.000 kilomètres consacré à la découverte des peuples de l'eau à travers la planète. La boudeuse Capitaine Patrice Franceschi et son équipage sont de retour à Paris. Dans quelques mois ils repartirons pour une nouvelle campagne d'exploration vers le cap Horn et le grand sud. En attendant, son équipage vous donne rendez vous à bord si vous souhaitez poser un pied, un regard sur ce navire chargé d'histoire, d'aventure et de rencontre.





















Publié le 01/02/2009 à 12:28
Par blogo


Cyrano de Bergerac est la plus célèbre pièce de théâtre d'Edmond Rostand, qui s'est inspiré librement d'un personnage réel, Savinien Cyrano de Bergerac (1619-1655), et l'une des plus célèbres pièces du théâtre français. Elle a été écrite en 1897 et jouée pour la première fois le 27 décembre de la même année au théâtre parisien de la porte Saint-Martin. La pièce, pourtant simple d'accès, est difficile à jouer : elle fait intervenir un grand nombre de personnages, elle est longue, le rôle titre est particulièrement imposant (mille six cents vers, un record), les décors sont très différents d'un acte à l'autre et elle comporte une scène de bataille. Le succès de la pièce était si peu assuré qu'Edmond Rostand lui-même, redoutant un échec, se confondit en excuses auprès de l'acteur Coquelin le jour de la première pour l'avoir entraîné dans une pareille aventure. La suite des évènements démentit le jugement a priori de l'auteur : ce fut un triomphe sans pareil ; non seulement les applaudissements furent copieux – vingt minutes ininterrompues –, mais un ministre vint dans la loge épingler sa propre Légion d'honneur sur la poitrine de l'auteur en expliquant : « Je me permets de prendre un peu d'avance. » Rostand la reçut en effet peu après.

Le succès de Cyrano de Bergerac est à comprendre en rapport avec le contexte de l'époque : omniprésence du théâtre de boulevard, défaite de 1870, affaire Dreyfus, récents attentats anarchistes (dont celui qui coûta la vie au président Sadi Carnot), etc. Dans un tel contexte, cette pièce, grandiose, héroïque, dépeignant un héros qui se bat même lorsque c'est inutile, fut ressentie comme une bouffée d'oxygène dans une époque troublée, et comme un exemple à suivre.

La statue de Cyrano trône sur une des places de la ville de Bergerac. Inspiré librement d'un personnage réel, né à Paris, mort à Sannois, (Val-d'Oise), sieur de Bergerac dans la vallée de Chevreuse sur la commune de Saint-Forget (Yvelines), le personnage de fiction a aujourd'hui pris le pas sur l'authentique Savinien Cyrano de Bergerac.

La tirade

Extrait de
Cyrano de Bergerac
Edmond Rostand

Acte 1, scène IV, "la tirade du nez"

CYRANO, imperturbable.
C'est tout ?...

LE VICOMTE
Mais...

CYRANO
Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme.
En variant le ton,-par exemple, tenez:
Agressif: " Moi, Monsieur, si j'avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse ! "
Amical: " Mais il doit tremper dans votre tasse !
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap! "
Descriptif: " C'est un roc ! . .. c'est un pic ! . . . c'est un cap !
Que dis-je, c'est un cap ?. .. C'est une péninsule ! "
Curieux: " De quoi sert cette oblongue capsule ?
D'écritoire, Monsieur, ou de boite à ciseaux ? "
Gracieux: " Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? "
Truculent: " Ça, Monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ? "
Prévenant: " Gardez-vous, votre tête entrainée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! "
Tendre: " Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! "
Pédant: " L'animal seul, Monsieur, qu'Aristophane
Appelle Hippocampelephantocamelos
Dût avoir sous le front tant de chair sur tant d'os ! "
Cavalier: " Quoi, I'ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau, c'est vraiment très commode! " ,
Emphatique: " Aucun vent ne peut, nez magistral,
T'enrhumer tout entier, excepté le mistral ! "
Dramatique: " C'est la Mer Rouge quand il saigne ! "
Admiratif: " Pour un parfumeur, quelle enseigne ! "
Lyrique: " Est-ce une conque, êtes-vous un triton ? "
Naïf: " Ce monument, quand le visite-t-on ? "
Respectueux: " Souffrez, Monsieur, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue! "
Campagnard: " He, arde ! C'est-y un nez ? Nanain !
C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ! "
Militaire: " Pointez contre cavalerie ! "
Pratique: " Voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, Monsieur, ce sera le gros lot! "
Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot:
" Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l'harmonie! Il en rougit, le traître! "
- Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit:
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n'avez que les trois qui forment le mot: sot!
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, I'invention qu'il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n'en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d'une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve
Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve.

DE GUICHE, voulant emmener le vicomte pétrifié.
Vicomte, laissez donc !

LE VICOMTE, suffoqué.
Ces grands airs arrogants !
Un hobereau qui... qui... n'a même pas de gants !
Et qui sort sans rubans, sans bouffettes, sans ganses !
...

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