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Le blog de fabre-pujol
Publié le Samedi 01 mars 2008
Par fabre-pujol

Le nouveau projet de Scène de musiques actuelles (SMAC) à Nîmes.

Il est recuit le projet de SMAC de Nîmes ! En 2001, c'est l'équipe Clary/Fabre-Pujol qui le validait : terrain disponible, projet architectural finalisé, financement acquis, dossier d'appel d'offres prêt à être envoyé; le chef de projet recruté, avait fait connaître le contenu artistique et culturel.

Pourtant, contre toute attente, la municipalité Fournier abandonnait le projet en perdant près de 1 M€ engagés pour les études, la rémunération des architectes, des bureaux de contrôle, du chef de projet…

Et 7 ans plus tard, comme par hasard à quelques encablures d’une nouvelle échéance électorale, on annonce un nouveau projet.

Que doit-on en penser ?

Contrairement aux projets de cette nature, la Smac bis proposée par Fournier n’a fait l’objet d'aucune étude de faisabilité sérieuse. Qu’est ce qui dans ce contexte, garantit que ce projet a réellement du sens en regard du territoire sur lequel il est censé rayonner, des acteurs et du public qui y vivent, et de la réalité économique des musiques actuelles en 2008 ? Absolument rien !

Surprenant aussi le coût d’objectif annoncé qui n’a d’ailleurs cessé d’augmenter depuis que ce dossier est rouvert. On a d'abord parlé d’un budget de 8 à 10 M€  puis le concours lancé pour le choix de l’architecte se situait à 10 M€ mais le projet retenu est chiffré à 13 M€ pour 1300 places debout. Par comparaison le précédent équipement, pour 1000 places, était estimé à moins de 4 M€... Vertige de l'augmentation du coût de la construction !

Pourtant le budget de fonctionnement envisagé, sensiblement le même qu’en 2001,  correspond au coût d’un équipement existant en Rhône-Alpes, d’une dimension équivalent au tiers à peine du projet nîmois.

C'est dire que,

soit on aura une SMAC au rabais avec une programmation bas de gamme et une équipe insuffisante et sous-payée,

soit ce lieu se transformera en « garage à concerts » au plus grand bonheur des producteurs privés, les mêmes qui s’engraissent allègrement lors des concerts organisés l’été dans les arènes.

Le choix des jauges avec une grande salle de 1300 places debout et une petite salle de 400 places laisse entrevoir ce qui pourrait se passer à l’ouverture du lieu : une main mise sur la plus forte jauge des producteurs privés, seuls à même d’assumer quelques dates rentables au gré des tournées avec le soutien des maisons de disques qui rachètent un à un les entrepreneurs de tournées… et une salle alibi de petite capacité pour se donner bonne conscience vis-à-vis des groupes locaux qui pourraient en disposer ponctuellement.

Enfin, ce projet est présenté comme une potentielle « tête de réseau d’un maillage du territoire par d’autres salles polyvalentes (sic !) qui pourront accueillir des musiciens pour travailler et se produire » (Jean-Paul Fournier, le Midi libre du 16/02/2008). Mais de quels équipements parle-ton ? A notre connaissance, ils n’existent pas à ce jour, pas plus techniquement qu’en termes de projets artistiques et de moyens qui permettraient leur développement.

Une tête de réseau sans corps en quelque sorte…

Et pourtant, la prise en compte des musiques actuelles et des cultures urbaines à Nîmes est une nécessité urgente. OUI, il faut une salle de spectacle adaptée aux musiques actuelles à Nîmes MAIS IL FAUT également PENSER un vrai projet au niveau de l’agglomération en créant :

des pôles de pratique et de répétition harmonieusement répartis,

donner les moyens aux lieux existants (petites salles, bars…) de poursuivre voir de développer leurs projets dans un cadre acceptable,

penser enfin à la complémentarité entre ces différents équipements et les autres structures de la cité (théâtre, Périscope, Centre socioculturel de Valdegour…).

Plus directement, nous voulons :

replacer les artistes et le public au cœur d’une véritable politique culturelle, assise sur une logique de permanence artistique et de soutien à la création,

casser les logiques de chapelles en arrêtant de construire des projets en enfermant les publics  (du lyrique pour les « vieux », des musiques actuelles pour les « jeunes », du théâtre pour les intellos…).

« Les socialistes pour l’union ».

Catherine Calmet-Roatta,

Annette Haas,

Emmanuel Carrière,

Christian Dupuy,

Christophe Geneix,

Serge Velay.


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