la France est-elle toujours la patrie des droits de l'homme?
C'est la question qui me taraude depuis que j'assiste, impuissant comme vous, à la visite du dictateur terroriste libyen.
Heureusement de nombreuses voix s'élèvent contre la capitulation de nicolas Sarkozy toujours aussi fasciné par l'argent roi au point d'en oublier ses promesses et de se compromettre avec les pires dictateurs africains, féliciter l'autocrate russe poutine, se laisser cajoler par l'infame bush, visiter la chine contre monnaie sonnante et trébuchante sans évoquer la question des droits de l'homme et acceuillir pour 5 jours sur le sol de France celui qui soutient que le terrorisme est une arme légitime. Des élus UMP, Nouveau Centre, Modem (françois Bayrou),socialistes (Montebourg,Delanoé,hollande,moscovici..), les Verts (mamère),communistes et leaders de la gauche alternative ont protesté pour l'honneur de notre Pays.
Ségolène Royal m'a fait parvenir, comme à d'autres animateurs de Désir d'Avenir, un courrier dans lequel elle condamne sans appel l'action internationale du Président:
S’humilier devant Kadhafi, cautionner l’usage du terrorisme, du système de tortures et de disparitions n’est pas digne de la France.
Après les félicitations « chaleureuses » à Vladimir Poutine qui a organisé des élections en muselant toutes les oppositions, voici la réception, en grandes pompes et en satisfaisant les extravagances de l’intéressé, du dictateur libyen, le colonel Kadhafi. La France accueille un chef d’Etat qui non seulement a laissé emprisonner et torturer les infirmières bulgares et le médecin palestinien sous la fausse accusation d’avoir inoculé le sida à des enfants, mais qui a financé, pendant des années, le terrorisme international. Personne n’a oublié que les responsabilités des services secrets libyens ont été reconnues par la justice internationale dans l’attentat de Lockerbie en 1988 mais aussi dans celui du DC10 d’UTA en 1989 qui a tué de nombreux Français. C’était aussi le régime libyen qui avait organisé un attentat à Orly en 1983. Quant au peuple libyen, il est la première victime du régime : il n’y a jamais eu d’élections, le colonel Kadhafi est désigné comme dirigeant à vie, et ses opposants n’ont de choix qu’entre la mort et l’exil.
Nicolas Sarkozy, qui annonçait, durant la campagne électorale, une rupture avec la politique étrangère de son prédécesseur (« il vaut mieux serrer la main de Bush que celle de Poutine » avait-il déclaré), en accentue les pires traits jusqu’à la caricature et donne de la France une image à la fois détestable et ridicule. Même si chacun peut s’accorder sur le fait qu’une politique étrangère doit prendre en compte la défense de nos intérêts économiques, et que le monde instable et dangereux dans lequel nous vivons demande que nos dirigeants puissent parler aussi à des personnalités peu respectueuses de la démocratie, il y a des lignes rouges qu’il faut savoir ne pas franchir.
N. Sarkozy nous dit qu’il reçoit le chef d’état libyen parce que celui-ci a renoncé à fabriquer des armes de destruction massive et s’est engagé à lutter contre le terrorisme. Outre que le colonel Kadhafi lui a apporté un cruel démenti en défendant le principe du terrorisme avant de venir à Paris, on constate que seule la France accueille Kadhafi avec de tels honneurs. S’il s’agit de « récompenser » celui-ci d’être revenu à un semblant de respect de la légalité internationale, c’est déjà fait, avec la levée des sanctions qui avaient été prononcées contre la Libye après les deux attentats.
Quant aux fabuleux contrats annoncés par le gouvernement, il faudra en mesurer la réalité. Les entreprises britanniques et italiennes sont mieux placées en Libye que les sociétés françaises. Pourtant, le colonel Kadhafi n’a pas été reçu à Londres ou à Rome. En outre, on peut craindre que ces contrats, outre une hypothétique centrale nucléaire civile, ne portent sur des armements destinés à garantir la survie de la dictature. Personne ne menace la Libye qui n’a donc pas besoin de se défendre contre un agresseur extérieur. En revanche, des hélicoptères servent à mitrailler une foule de manifestants ou à surveiller des déplacements. On peut redouter aussi les risques de revente de toute cette panoplie d’armements à toutes les rébellions de la région en fonction des intérêts du régime libyen. Est-ce de cela dont l’Afrique a besoin ?
C’est une politique étrangère dénuée de toute morale et de toute cohérence."
enfin, après la lecture du courrier de Ségolène Royal, je ne voudrais pas terminer ce billet d'humeur sans féliciter madame RAMA YADE, Secrétaire d'état (UMP) aux droits de l'homme qui prend le risque de quitter le gouvernement en déclarant: "le colonel KHADAFI doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort".quel dommage qu'elle n'ait pu en convaincre le chef de l'Etat!







