|
Publié le Samedi 09 mai 2009
Par fabre-pujol
Et si nous profitions de ce W.E. pour réfléchir à notre mode de vie? Voici une façon décapante d'ouvrir la réflexion avec un article paru dans LIBERATION:
Interview intéressante lundi 4 Mai au matin lors de l'émission Médialogues sur la RSR. Vincent Cheynet y expliquait en quoi les médias participent à cette furia, cette obsession, cette idée fixe de la "croissance économique" comme seul et unique objectif. Furia particulièrement exprimée en temps de crise, où ils s'agit uniquement de la "relancer", de la "remuscler", de la "soutenir", on en passe et des meilleurs. Cheynet se concentre sur la critique des médias, propriétés en majeure partie de "puissances économiques", qui ont intérêt à cautionner cette "doxa dominante", à nous pousser dans le sens de "la croissance et de la consommation sans limite". Les vrais limites sont pourtant bien réelles, concrètes et palpables: celle de vivre dans un espace fini (la terre) et d'aller au pas de course face à un mur (la fin des réserves naturelles). L'idée de décroissance et d'anti-productivisme est dès lors déconsidérée, ostracisée, peu relayée, etc.
Mais il y a, semble-t-il, un autre angle à prendre, un autre terrain où ce débat devrait naître et se développer de façon contradictoire: l'entreprise elle-même, le monde du travail pardi! Car cette obsession de la croissance permanente va avec ses corollaires dans le cadre de l'organisation du travail, de notre façon même de penser notre vie en société. D'autres maux en découlent en effet, que nous subissons tous: - l'obsession de la productivité: avec l'idée que la consommation nationale est un ventre sans fin qu'il faut gaver, au sortir des chaînes de production matérielles (héritage du fordisme et du taylorisme) mais aussi servicielles (immatérielles). Avez-vous déjà visité un call center (centre de contacts)? On y comprend de suite cette folie furieuse du "toujours plus, toujours plus vite" pas si éloigné du stakhanovsime...
- l'obsession de la performance: exprimée dans les +20% et +30% fixés comme objectifs permanents par des directions et managers qui perdent le sens de la mesure, et surtout ne donnent pas les moyens de les réaliser... D'où la prise en étau.
- l'obsession de l'évaluation: modèle anglo-saxon de plus en plus imposé chez nous, qui place l'audit en méthode de management opérationnel et l'évaluation des salariés (avec entretien et notation) en outil RH (ressources humaines, ndlr) incontournable.
- l'obsession du paraître: sur-travailler, sur-produire, sur-consommer...tout cela a aussi ses codes, son langage, son imaginaire. Qui s'exprime par des vestimentaires dispendieux, 4x4 imposants, panoplie high tech envahissante...
- l'obsession de la possession: qui est aussi une forme de névrose, de course à combler un manque (lequel?) inscrit dans notre éducation même. Les "anciens" accumulaient les denrées alimentaires par réflexe, en ayant connu le manque sous la guerre; les "jeunes" accumulent par habitude et rythmique, sans plus de discernement.
A l'étage supérieur, nous entrons au cœur d'une certaine rhétorique libérale qui bouleverse les repères, déstabilise et bloque toute contestation. Et qui a eu des précédents. Je l'avais par exemple noté dès 2003 sur le webzine Econobug, avec cette question de "la croissance, c'est + ou -?", face à des discours d'analystes particulièrement brumeux et imprécis; puis en 2005 sur Les Médiaboliques, avec cette idée de "la croissance qui détruit", dite par un certain Guillaume Sarkozy, alors n°2 du Medef... Non seulement on baigne dans le culte de la croissance permanente, mais en plus on nous fait perdre les repères évidents sur ce qu'elle embrasse. Le journaliste -Fabrice Gaudiano, de la rubrique économique de la RSR- qui s'exprimait en contrepoint après Cheynet ce lundi matin, relativisait aussi grandement sa critique. Un peu comme une douche froide après "l'enfièvrement" de la pensée. Une claque quoi! Pour lui, le modèle est très aisé à comprendre, il ne souffre pas d"analyse socio-comportementale compliquée ni de façon de couper les cheveux en quatre. Son équation: "Si les gens ne consomment pas, il n'y a pas de croissance, s'il n'y a pas de croissance les entreprises ferment et les gens se retrouvent au chômage... c'est aussi simple que cela". La boucle est bouclée? Cet horizon est unique? Sans aller jusqu'au "détravail" ou à "l'anti-travail", on pourrait sans doute repenser notre façon de nous imaginer, de bâtir nos vies et nourrir nos projets. Encore une fois (c'est un leitmotiv sur Serial Worker ;-) vous l'avez compris...), replacer l'humanisme au cœur de nos actions. Pour prolonger : quelques sources en ligne à consulter et explorer, dans une forêt de blogs, sites travaillant quotidiennement ce sujet et portant ce débat sur la place publique.
Publié le Samedi 02 mai 2009
Par fabre-pujol
Après l’unité dans la rue, quelles conditions pour un rassemblement dans les urnes? Mardi 5 mai 2009 à 19 heures, Brasserie La Grande Bourse avec Clémentine AUTAIN  et Cristophe CAVARD, conseiller général du Gard, Avec Alain Fabre-Pujol (ancien député du gard), Pietro Truddaiu (membre du PCF), Georges Pons (membre du NPA), Silvain Pastor (Conseiller régional Les Verts), Geneviève Blanc (Gauche Alternative), Françoise Guyot (membre du Parti de gauche), Janie Arnéguy (Les Alternatifs), Philippe Gasser (responsable syndical) et les 150 citoyens engagés présents dans la salle.
Publié le Jeudi 30 avril 2009
Par fabre-pujol
Appel unitaire des partis de Gauche Après les mobilisations des 29 janvier et 19 mars, c'est un 1er mai exceptionnel qui se prépare dans toute la France, rassemblement à 10h., monument des martyrs de la résistance (av.J. Jaurès) à Nîmes. Pour la première fois depuis longtemps, en effet, toutes les organisations syndicales y appellent ensemble et prévoient plus de manifestations qu'il n'y en a eu le 19 mars. Cela fait maintenant plusieurs mois que la colère sociale grandit dans le pays, multipliant les actions les plus diverses. La défense de l'emploi et le refus des licenciements sont à l'origine de conflits de plus en plus nombreux. Des secteurs comme l'université et l'éducation, la santé ou la Poste sont mobilisés depuis des mois. D'autres comme EDF-GDF intensifient leurs actions. Le 1er Mai peut constituer une étape supplémentaire dans la convergence et la généralisation de mobilisations sociales dont le mouvement des Antilles, notamment, a montré l'efficacité. Bien que les choix politiques du gouvernement soient de plus en plus largement mis en cause, celui-ci refuse d'entendre les exigences sociales qui se sont exprimées, entre autres, au travers de la plate forme intersyndicale du 5 janvier et dans les journées des 29 janvier et 19 mars. Le gouvernement loin d'apporter une quelconque réponse aux urgences sociales du pays, une quelconque réponse efficace à la crise, laisse faire les plans de licenciement, continue de mettre en œuvre des choix qui font payer aux populations l'addition de la crise et s'enfonce à tous les niveaux dans un autoritarisme et un mépris insupportables. Tous les clignotants de la situation sociale et économique du pays restent au rouge. Il faut mettre un coup d'arrêt à la politique de Nicolas Sarkozy et du Medef et contribuer à faire grandir l'exigence d'autres choix de justice et de solidarité Cela concerne notamment l'opposition aux suppressions d'emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public, l'augmentation des salaires, du SMIC, des minimas sociaux et des retraites; la défense et le développement des services et de l'emploi publics ; l'annulation des lois Bachelot et Pécresse, la réorientation des richesses vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un tout autre mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques. La réunion du G20 présentée par Nicolas Sarkozy comme un grand succès n'a fait que conforter les choix qui sont à l'origine même de la crise. Aucun des mécanismes d'accumulation financière à l'origine de celle-ci n'est mis en cause, l'essentiel pour N. Sarkozy comme pour les dirigeants des grandes puissances étant la sauvegarde même de ces mécanismes. De plus en plus en difficulté, le gouvernement semble aujourd'hui tenté par une stratégie de la tension dans laquelle il agite à nouveau le thème de l'insécurité. Il renforce sa volonté de criminaliser l'action sociale et collective, tente d'instrumentaliser les « séquestrations de patrons » que soutient une majorité de la population et lance une nouvelle loi sécuritaire stigmatisant les jeunes. Les enquêtes d'opinion ont montré que l'exaspération sociale était largement partagée. Nous refusons toutes atteintes aux libertés qui visent à museler la contestation sociale et politique. La question de l'emploi devient cruciale. Face à des groupes qui sacrifient leurs salariés au profit de la rémunération des actionnaires et des plus hauts dirigeants patronaux, il est temps de stopper au plus vite les licenciements et d'éliminer toute conséquence du chômage partiel pour les salarié-e-s. Nous agirons dans ce sens aux côtés de celles et ceux qui sont concerné-e-s. Nos organisations, comme elles l'ont fait lors des précédents rendez-vous de mobilisation sociale, appellent à la réussite d'un 1er mai 2009 historique. Elles seront aux côtés de l'ensemble des organisations syndicales, des salarié-e-s, de tous les travailleurs, de toute la population pour amplifier la mobilisation populaire afin d'obtenir les changements de cap politiques nécessaires. Signataires : Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PS, La Gauche Unitaire, Le Parti de Gauche, Le MRC, Le PCOF, La Fédération, Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire, La Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU). et, à Nimes, le Groupe municipal "les Socialistes pour l'Union".
Publié le Samedi 11 avril 2009
Par fabre-pujol
TEL AVIV marque ce samedi les 100 ans de sa fondation, un événement célébré avec ferveur par la première ville israélienne au terme d’une année de festivité. Fondée le 11 avril 1909 sur un désert de dunes au nord du port arabe de Jaffa, TEL AVIV est devenue la ville la plus peuplée d'Israël avec 400.000 habitants. TEL AVIV héberge aujourd'hui les principales institutions politiques et militaires de l'Etat. C’est là que j’ai eu le plaisir de rencontrer, il y a quelques années, le Prix Nobel de la Paix, Shimon PERES, aujourd’hui Président de l'état hébreu  "Jérusalem n'est pas une ville, c'est un symbole et un lieu que les habitants préfèrent quitter", explique Yael Dayan, présidente du conseil municipal de TEL AVIV et fille de Moshé Dayan, général et grande figure politique du pays. "Ma ville est l'exact opposé: c'est la cité du vivre et du laisser vivre, un modèle pour le futur d’Israël." C’est ce visage de grande liberté que je veux garder de ce pays où se mêlent juifs orthodoxes et non pratiquants, agnostiques et chrétiens, musulmans et athées, jeunes occidentalisés, homo et hétérosexuels, cadres dynamiques et vieux agriculteurs. C’est un autre visage qui est sous nos yeux. Celui d’un gouvernement paranoïaque, guidé par une volonté de normalisation religieuse, refusant tout processus sérieux de paix A l’heure où j’écris ces lignes un ministre du Likoud se dit d’accord avec le leader d’extrême droite Avigdor Lieberman, ministre des affaires étrangères pour dire son opposition aux accords d’Annapolis et remettre à plus tard la feuille de route qui doit conduire à la création de 2 états indépendants, vivant côte à côte dans la paix. Alors que des organisations non gouvernementales, une commission d’enquête militaire, de nombreux témoignages convergent pour condamner l’attitude de Tsahal lors du dernier conflit armé il me semble, citoyen de gauche et ami d’Israël, que je ne peux rester plus longtemps silencieux. Imaginez en France un gouvernement présidé par SARKOZY dont Martine AUBRY, première secrétaire du PS serait ministre de la défense et jean marie Le Pen, ministre des affaires étrangères, avec françois Bayrou dans l’opposition ; personne ne peut le croire ! C’est ce qui se passe avec la forfaiture d’Ehud Barak qui a entraîné avec lui le Parti Travailliste. Une seule chose peut être faite pour condamner cette alliance contre nature, pour condamner la guerre, sans soutenir les terroristes d’où qu’ils viennent, c’est demander que le Parti Travailliste Israélien quitte l’Internationale Socialiste. Ce serait un geste fort, équivalent au boycott de l’Autriche lorsque l’extrême-droite participait à un gouvernement de coalition avec la droite. Ce n’est pas un geste de colère mais l’expression que personne ne peut, ne doit collaborer, avec les porteurs de haine et de mort que sont les représentants de l’extrême droite sans se salir et salir ses ancêtres, sans injurier l’avenir.
 |
Noter ce blog :
4151 connectés
123148 visiteurs
|