Samedi 2 Juin 2007 à partir de 15 heuresMaison Carrée
Cet été 2007, le Ministère de l'Intérieur va ouvrir un Centre de Rétention Administrative de 126 places à Nîmes. Ce Centre fait partie d'un vaste plan de création de grosses structures destinées à détenir des familles, avec femmes et enfants. Une politique d'expulsion de grande ampleur, de rafle de familles d'enfants scolarisés, s'organise sur le territoire de notre République. Ses objectifs nous scandalisent. Ces personnes sans papiers ne sont pas des délinquants. Elles sont victimes de tragédies (guerres, guerres civiles, oppression des femmes, répression des associations, misère). Elles ont cherché à y échapper en croyant trouver asile en France. Ces personnes ne sont pas des poids économiques, elles ne veulent pas d’assistanat, elles veulent contribuer à la production de notre pays. Beaucoup d'entre elles sont déjà insérées dans le secteur agricole et celui du bâtiment. Leurs enfants sont intégrés dans nos écoles, depuis plusieurs années. Ils sont des camarades d'étude, de jeu, de sport de nos enfants. Ils représentent une richesse humaine, culturelle, une jeunesse, une chance pour notre pays.
La mise en œuvre de ces orientations favorise le racisme, la xénophobie, l’exclusion. Elle fabrique des "boucs émissaires" face aux difficultés
économiques, elle amalgame jeunesse et délinquance. La France doit rester une terre d'asile, qui s'enrichit de son ouverture aux peuples du monde. Nous en appelons à chacune et à chacun, dans la diversité de ses choix, pour faire prévaloir une solution humaine à la régularisation des familles sans papiers d'enfants scolarisés. Nous rejetons celle qui a éliminé plus de 24000 des 31000 dossiers examinés pendant l'été 2006 et a augmenté, dans le Gard, les expulsions de plus de 120% en un an. Nîmes se barricade, avec la vidéosurveillance, le Centre de Rétention Administrative, le Centre Educatif Fermé, … Nous refusons une vision excessivement sécuritaire de notre société et du monde, qui emprisonne, oppresse, construit des ghettos et entretient la haine, au mépris de l'être humain. A l’initiative du Resf du Gard,voici la liste des organisations signataires dont la fédération du Gard du Parti Socialiste qui s'est engagée à Nîmes sur ma demande:
| Réseau Education Sans Frontières | CIMADE | Association de Promotion des Travailleurs Immigrés |
| Ligue des Droits de l’Homme | M.R.A.P. | Observatoire International des Prisons |
| SNES et Fédération FSU | Syndicats CGT | Syndicats SUD |
| Syndicat de la Magistrature | ATTAC | SNMPMI : Syndicat National des Médecins de la Protection Maternelle Infantile |
| UGEG FSE (Fédération Syndicale Etudiante) | C.N.T. | Ligue de l’Enseignement du Gard |
| Solidaires 30 | Les Alternatifs | La Confédération Paysanne |
| Parti Radical de Gauche | SCALP 30 | Ligue Communiste Révolutionnaire |
| Parti Communiste Français | RESF 13 | Comité de Résistance à une Société Sécuritaire (Nîmes) |
| Les Verts du Gard | RESF 34 | Comité Alésien Résistance à la Délation (Alès) |
| Parti Socialiste, fédération du Gard | RESF 74 | Ras le Front |
| Gauche Alternative2007 | RESF84 | Langue Culture et Communication |
En France les centres de rétention administrative ont vocation à recevoir les étrangers qui sont sous le coup d’un arrêté préfectoral de placement en rétention et placés sous la surveillance de la police ou de la gendarmerie. La CIMADE est la seule association habilitée à se rendre dans les CRA afin d’en surveiller les conditions de rétention. Que dit son rapport 2005 ? « Nous voyons chaque jour un peu plus l’inacceptable. Il est de notre devoir aujourd’hui - ne pas parler ce serait cautionner - de dire haut et fort que trop, c’est trop ! Quand on commence à « gérer » l’expulsion de personnes comme une usine gère et prévoit sa production, on peut s’attendre au pire. Et le pire arrive. Il faut arrêter cette politique du chiffre, il y a urgence. » Comment expliquer le droit à des personnes interpellées à leur domicile ou dans leur quartier à l’occasion d’un contrôle policier ? Lors de ces rafles, tous les passants qui ont l’air étrangers sont arrêtés. Le tri entre les personnes expulsables ou non est prévu plus tard, au centre de rétention. Les situations rencontrées tous les jours sont aussi insupportables que :
- Des parents d’enfants français régulièrement renvoyés
- Des femmes enceintes, des nourrissons
- Des futurs époux amoureux dont la famille et les amis vont témoigner auprès de la préfecture et de la presse de l’intensité de leur relation mais qu’un fonctionnaire aura dénoncés
- Des personnes malades qu’on pourrait soigner en France mais à qui on dit « ce n’est pas assez grave, vous pouvez repartir dans votre pays »
- Des enfants que la police est venue chercher à l’école pour les placer en rétention avec leurs parents ou qu’on escorte dans les tribunaux
- Des demandeurs d’asile qui ont 5 jours pour rédiger en Français, sans interprète, leur requête
- Des ressortissants français pour qui il faut batailler 10 jours avec l’administration afin qu’ils soient libérés
- Des étrangers en situation régulière pour qui personne ne prend le temps de vérifier leur statut et qui sont renvoyés…







