Ouvrir le capital de La Poste, comme le souhaite la majorité UMP/Nouveau Centre, serait commettre une erreur monumentale, à l'heure où les marchés financiers s'effondrent, à l'heure où nous n'avons jamais eu autant besoin d'un pôle financier public stable et de maintenir un lien entre toutes les populations, Il serait malvenu de privilégier une logique financière de court terme, une vision dogmatique de l'économie, alors que les événements récents nous offrent l'occasion de conforter des institutions comme La Poste et La Banque postale.
J'observe d'ailleurs que les dogmatismes ne sont pas où l'on croit, puisqu'aux Etats-Unis on remet de l'Etat dans l'économie, selon le vieux précepte: privatiser les bénéfices et transférer les pertes au contribuable de base !
La Poste est une entreprise de réseau par excellence, avec des coûts fixes importants pour couvrir tout le territoire. Ceux-ci ne seraient pas tolérés par des actionnaires privés, très exigeants en termes de rentabilité. La Poste serait forcée de réduire l'étendue de son réseau de bureaux de poste (dans le Gard on ne compte plus le nombre de bureaux fermés) ou à revoir la qualité des prestations. Avec la privatisation de La Poste, adieu les petits bureaux de Poste de campagne ou dans les zones urbaines sensibles comme Valdegour, Pissevin, Mas de Mingues, ici à Nîmes. Fini le courrier au même prix sur tout le territoire, ce qui devrait interroger les habitants en zone de Garrigues !
Encore une fois la droite va détruire du lien social.
Il faut mettre fin au dogmatisme conservateur de Bruxelles, qui nous impose un modèle ultralibéral inadapté au marché et aux besoins des consommateurs européens (rappelons que l'on peut être europhile et antilibéral). Dans quelques années, l'Etat devra se réengager, pour réparer ce qui a été détruit, comme il est déjà fait appel aux communes pour maintenir une présence postale ici et là.
Le modèle de services publics à la française a ceci d'intéressant qu'il permet une tarification au coût mutualisé pour les citoyens. Par ailleurs, le moment n'est pas franchement propice à une privatisation ! Les banques privées n'ont-elles pas déjà du mal à accroître leurs fonds propres?







