iBLOG précédent iBLOG suivant



Publié le 17/01/2008 à 09:56
Par fcfretrovision
Ça vous gratouille ou ça vous chatouille ? 

A l’heure où l’on s’inquiète de la raréfaction des médecins de campagne et d’une trop grande concentration en certains milieux urbains, j’aimerais vous parler du Docteur Ethan Toylah qui, fraichement émoulu de l’internat de Montpellier, vint s’installer à Consurt lès Bord au lendemain de la guerre. Issu d’une famille bourgeoise dont les principaux revenus provenaient du négoce du pissage de la vigne, Ethan Toylah reprit le cabinet du docteur Théodose Lhumeur que les aléas de la guerre avait obligé à poursuivre son activité jusqu’à plus de 80 ans. Aussi, lorsque le jeune freluquet docteur Ethan Toylah débarqua, bien des portes ne s’ouvrirent pas. Pensez donc, laisser visiter la Germaine par ce Dandy, que nenni ! T’as vu son nom ? Étends-toi là… mais je rêve !  Le père Lhumeur passe encore, il était un peu de la famille, ayant vu naître trois générations au pays. Mais ce bellâtre …

Or, par un bel après-midi d’hiver la Proserpine Deveaux fut victime d’une mauvaise chute dans la cour de sa ferme. Malgré son état, son époux Henri, le plus farouche réfractaire au jeune docteur, refusait de l’appeler, préférant faire appel à  Johnathan Lagoutte le redresseur du coin. Lequel, pas bête, s’en vint vite prévenir le docteur afin qu’il l’accompagne en cachette.

Arrivé au chevet de la Proserpine, Lagoutte pria son mari de s’en quérir au bourg de quelques médecines parallèles. Profitant du champ libre, il fit entrer le jeune docteur qui put ausculter à loisir la mère et faire son diagnostic. Bien qu’attifée d’un tel prénom c’était une sacrée belle femme qui assumait pleinement sa quarantaine bien entamée. Trois semaines plus tard Proserpine trottait à nouveau comme si de rien n’était. Henri, lui, se gobergeait au troquet d’avoir fait appel au jeune docteur. Oui M’sieur ! C’est moi qui ait dit de venir ! L’est bien le petit Ethan !  C’est pas pour autant qu’il lui régla de bonne grâce ses honoraires, mais bon, la Proserpine pouvait à nouveau abattre sa part de labeur et se noyer de temps en temps dans cet étang. Les portes s’ouvrirent enfin devant lui. Et, soutenu par le mari, il devint même un temps, premier adjoint, puis maire de Consurt lès Bord.

  
  
  
  
  
  

Publié le 22/11/2007 à 09:00
Par fcfretrovision
La triplette de Ménoies 

C’était au crépuscule des années 40.
Mimile la Jonquaille, de son vrai nom Emile Bahl, écumait la région en rançonnant les tenanciers de boîtes et de bistrots. Cela lui valut quelques démêlés et déboires avec eux mais aussi les forces de l’ordre et la Justice. Mais tout bascula un certain soir de 1947 lorsque deux mondes se rencontrèrent.
Elles avaient obtenu de leurs parents la permission de sortir fêter leur majorité (1) sans chaperon. La soirée avait bien commencé et s’annonçait très fade au chef-lieu où Adrien Aciret, l’homme à tout faire de la famille, les avaient conduites quelques heures plus tôt. De son côté Mimile était parti en java à L’abat-jour rose, le seul lieu encore animé la nuit tombée.
Dès qu’elles le virent, elles tombèrent tout de suite sous son charme. C’est vrai que son sourire brillait sous l’enseigne. Pensez-vous du 32 carats garantis pur jus suite à un bris de mâchoire qui ne devait rien à une mauvaise chute.
La triplette de Ménoies venait de succomber. Les sœurs Fures de la Dess, des triplées de la Haute pour être plus précis : Denise-Marie, Eliane-Angèle et Martine-Monique que la guerre avait fait échouer à Ménoies sous Vairges.  
Sous ses airs de mauvais garçon, Mimile avait un cœur de Midinette mais là, devant ces trois grandes perches, il en perdit le peu de latin qu’il avait entendu dans son enfance. Ne pouvant ou ne voulant choisir, il entreprit de les séduire. Mais cela alla si vite et au-delà de ses attentes, que, pour reprendre le dessus, Mimile leur proposa un marché. Il serait leur amant à tour de rôle. D’accord mais à une condition répondirent-elles en chœur : abandonner toute activité illicite. Oh ! Vu son bas de laine, Mimile n’eut pas de mal à se ranger des voitures, vu qu’il venait juste de toucher le produit de son dernier troc au marché noir et qu’il avait quelques visées en tête.
Avec l’appui de leur père (2) il put acheter un petit immeuble qui avait abrité un entrepôt qu’il transforma rapidement en garage et se mit à vendre des voitures d’occasion, puis des neuves.
Pour en revenir à ses dames, il organisa leur vie de telle sorte que chacune eut les mêmes joies et peines que les deux autres : même appart, même voiture, mêmes fringues et le même travail : démonstratrice-essayeuse.
Ainsi les retrouvons-nous en 1954, le long des trottoirs proposant un essai des derniers modèles Simca. Tout en trois. « Si Monsieur veut bien essayer …et signer le bon de commande ». Le succès fut au rendez-vous grâce à une règle d’or : ne jamais vendre deux voitures identiques dans un même secteur (3)
Ah ! Mimile, quel précurseur ! 

(1) 21 ans jusqu’à la loi du
05 juillet1974 votée sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.
(2) Honoré-Ernest Manvrais Fures de la Dess, comme beaucoup de notables de l’arrondissement, fréquentait lui aussi assez régulièrement L’abat-jour pour compenser et côtoyait ainsi Mimile avec qui il fut plus d’une fois en affaire.

(3) Afin que Madame ne descende pas de la même qu’une autre… et fasse une scène à Monsieur. A l’époque s’était encore facile vu la faiblesse du parc automobile, mais plus aujourd’hui.

  
  
  
  
 

Publié le 25/10/2007 à 10:00
Par fcfretrovision

Le privilège du bouilleur de cru

Fut une époque, pas si révolue que cela, qu’à l’entrée de l’hiver l’on voyait arriver dans les campagnes, un drôle d’équipage, le plus souvent bâché. Il s’arrêtait sur une placette et l’on voyait surgir des attelages, carrioles, voitures et autres moyens de transports apportant force récipients. Gamins l’on se précipitait pour regarder cette étrange machine dont la chaudière était alimentée au bois, voire parfois au charbon. Ah ! Qu’il faisait bon autour alors qu’il gelait parfois juste derrière nous. Et quelle odeur se dégageant de l’ensemble. Et puis, tout à coup, branle bas autour du robinet où un liquide blanc s’écoulait. Qui présentait une bonbonne, qui une berthe… Et quel plaisir, quand tout était fini, de pouvoir passer son doigt sous le robinet qui goûtait encore. Ah ! ce goût d’interdit qui s’en dégageait.

 Aujourd’hui cette scène est de plus en plus rare, aussi remercions Victor Boillot d’avoir ressorti pour l’occasion le vieil alambic avec lequel il a longtemps œuvré sur le canton de Cernès et qui fonctionne toujours. D’ailleurs il sera exceptionnellement autorisé à procéder une ultime distillation dans quelques semaines. Nous le voyons ici procédant à une démonstration.

  
  
  
  
  

Publié le 20/09/2007 à 03:27
Par fcfretrovision
Jo le taxi 

Etre taxi dans certaines villes ou quartiers, peut avoir du charme. Tout dépend de l’endroit où vous travaillez. Ainsi, Joseph Démars exerçait son métier au volant d’une 401. Il travaillait surtout la nuit bien entamée. Nombre de ses clients étaient du genre « Chauffeur, rue pavée d’Andouilles », ce qui était pour lui l’espoir de bons pourboires pour acheter son silence (cf. 612). Ainsi put-il un jour troquer cette 401 par la nouvelle 402 que ses clients apprécièrent pour son confort mais critiquèrent pour la perte d’espace… Tiens une nouvelle qui débarque.

  
  
  
  
  

Publié le 04/08/2007 à 17:05
Par fcfretrovision
En voiture Simone !   

Il n’y a pourtant pas si longtemps que cela, chacun n’avait pas sa voiture pour se déplacer. Loin s’en faut. Aussi, pendant longtemps les déplacements furent l’apanage des transports en commun. Et quels transports ? Non, pas les crapuleux… mais les fumeux dans de vieux autocars comme les Saurer à conduite à droite ou les Isobloc avec le coffre moteur à l’arrière de l’habitacle qui nous servait de siège au grand dam du chauffeur. Que de kilomètres parcourus ainsi pour aller au collège, au lycée ou à la ville et en revenir  au milieu des paquets et des volailles en cages. Que de souvenirs d’éclats de rire à se moquer d’untel ou d’unetelle mal accoutré(e) ou des accents pointus. En hommage à cette période voici quelques photos du Saviem SC1 de Norev. Alors en service sur le canton de Cernés.

 
  
  
  
  

Publié le 08/07/2007 à 18:03
Par fcfretrovision
Le coup du Bléro ou La tanière de M° Bléro 

Il faut nous reporter à l’été 1970. A l’époque je travaillais au contentieux immobilier et étais en relation permanente avec les notaires de la place. Un jour je suis allé voir le clerc de M° Bléro dont l’étude se trouvait en face de nos bureaux. Passée la salle d’attente, je suivais une secrétaire le long d’un couloir bordé de chaque côté de piles de dossiers montant jusqu’au plafond, ne laissant au regard que la vision des courbes de la personne qui me précédait. Courbes d’autant plus agréables qu’elle était très court vêtue. Arrivé dans le bureau du clerc, je découvrais celui-ci entouré de trois autres secrétaires, toutes aussi accortes et court vêtues, l’une d’elle étant même assise sur son bureau, laissant voir une jolie culotte bleu ciel. Malgré les apparences, cette étude jouissait d’une très bonne cote.
Puis  un sombre matin, dès potron-minet le bruit s’est répandu que M° Bléro aurait disparu dans la nuit. La rumeur s’amplifia  jusqu’à l’arrivée de la presse de l’après-midi. Et oui, à l’époque le journal local paraissait vers
14 heures.
Et là tout le monde sut que m° Bléro avait effectivement mis les voiles. Puis le coup de grâce fut donné par l’arrivée des forces de police qui mirent les scellés sur la porte de son étude. Et oui, M° Bléro avait précipitamment quitté la France la nuit précédente, laissant un trou de plusieurs centaines de millions de Francs de l’époque. Lorsque son domicile fut investi à son tour, le mobilier avait disparu. Il était censé avoir été planqué dans un garde-meubles en banlieue parisienne.
Mais en réalité il avait suivi son propriétaire dans sa nouvelle tanière en Amérique latine. La foule commenta longuement cette déconfiture et il y eut même des malaises.


Voici le récit que fait Thierry Baude, le propriétaire actuel d’une fort jolie Fiat 130 qu’il a acheté lors d’une vente aux enchères des Domaines il y a déjà quelques années et ayant appartenu (très peu de temps) à M° Bléro et retrouvée à l’aéroport de Genève peu de temps après sa fuite à l’étranger.

 
  
  
  
  

Publié le 18/05/2007 à 16:27
Par fcfretrovision
L’apporteuse de pains 

Retour dans la rue Pavée d’Andouilles. Nous sommes au milieu des années 1950. La faune  a disparu et avec elle l’effervescence d’une époque révolue. La rue est devenue calme. Très calme. Trop calme. Le garage végète. Les commerces du bout de la rue vont bientôt fermer. Le pédicure Anatole Hélys va prendre sa retraite sans regret. Sa principale clientèle n’est plus là. C’est vrai qu’il en a soigné des pieds. Et quels pieds ! C’est vrai aussi que la station debout les abimait. Et quelles jambes ! Il en aurait des souvenirs à raconter l’Anatole...
 Mais personne n’en veut de sa boutique. Ni de celle du teinturier attenante. C’est vrai que les travaux de nettoyage sont partis eux aussi. Et aujourd’hui où l’on nous prône les vertus du travail et de la libre entreprise, je n’irai pas plus loin dans mes propos. Non mais !

 
  
  
  

Publié le 03/05/2007 à 11:58
Par fcfretrovision
Rue pavée d’andouilles 


Ah ! Cette rue Pavée d’Andouilles. Si elle pouvait parler ! Elle pourrait en raconter des histoires… et des croustillantes. Laissons ces dames à leurs activités et avançons-nous dans cette rue. Voici le garage de Dédé Calamine. Et oui, il est bègue. Cela arrive même à des gens très bien. Ce garage végéterait s’il ne servait de bases arrière à divers merlans du quartier et autres carambouilleurs. Voici d’ailleurs  Marcello Zeille qui arrive au volant de sa Panhard, le petit caïd de la rue voisine. Sa spécialité ce sont les œuvres d’art rectangulaires et vertes où l’on trouve le sigle $, de préférence de fabrication locale qu’il écoule lors d’interminables parties de poker. Pas celui pour fillettes que l’on voit aujourd’hui sur une chaîne cryptée. Non le vrai celui à 5 cartes en main. Non mais ! Toujours tiré à quatre épingles il taille le bout de gras avec Dyna la notaire pendant que Dédé Calamine sent le pigeon en la personne du quidam qui tourne depuis un moment autour de cette traction à l’origine incertaine.

 
  
  
  
  

Publié le 30/04/2007 à 17:23
Par fcfretrovision
De l’avant Marthe 

Interdit aux moins de 18 ans
 

Fut un temps, chaque ville avait ses rues aux amours tarifées.  Gérard Manpassoif a retrouvé des photos prises par son père Gervais Manpassoif de la rue Pavée d’Andouilles où ces dames exerçaient leur commerce. Tandis que les passants passent et repassent, puis s’arrêtent Oreste Tauran surveille discrètement que le gagne pain turbine correctement, assis derrière son journal.
Tiens c’est le jour de passage du Dr Blaineau pour la visite régulière qui s’entretient avec « Lolo les copeaux » et « Dyna la notaire ».Puis c’est au tour de Frédo Dhô de passer pour récolter la recette journalière. Mais le photographe s’est fait repérer…

Et oui, c’était avant que Marthe Richard n’obtienne satisfaction et que l’on voit ce qu’il en est advenu aujourd’hui…

  
  
  
  
  

Publié le 28/04/2007 à 11:04
Par fcfretrovision
« Tourne vents » et le ministre 

C’était au temps où les vents dominants faisaient que le Député-Maire de Lézieux-Cernés avait l’investiture de l’URP (Union Républicaine et Populaire) de centre droit. (cf. n° 604 – La campagne à la ville). Très en cour, grâce à l’entregent effréné de son épouse Joséphine-Marie Lebléhé-Lambrouille, il briguait le poste de secrétaire-d’Etat  au commerce industriel. Sa femme avait tout fait pour…
Le voici donc, devant la Préfecture du Département, avec son staff comme l’on dit aujourd’hui, en train d’attendre l’arrivée d’Emile Legrand-Carrouf, ministre du petit et moyen commerce. Cette visite devrait être l’occasion pour Jérémi Lambrouille de se voir confier ce portefeuille. C’est pourquoi il a convié le ministre à diner dans la propriété des Lebléhé-Hanoux.


 
  
 
  
  
Pages : 1 2
Mon calendrier
< Jui. 2008  
L M M J V S D
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031   
Trafic
Noter ce blog :
1 5
2 connectés
42555 visiteurs
Ce blog est classé 1640ème
Score de ce blog : 3,82
Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo