Il faut nous reporter à l’été 1970. A l’époque je travaillais au contentieux immobilier et étais en relation permanente avec les notaires de la place. Un jour je suis allé voir le clerc de M° Bléro dont l’étude se trouvait en face de nos bureaux. Passée la salle d’attente, je suivais une secrétaire le long d’un couloir bordé de chaque côté de piles de dossiers montant jusqu’au plafond, ne laissant au regard que la vision des courbes de la personne qui me précédait. Courbes d’autant plus agréables qu’elle était très court vêtue. Arrivé dans le bureau du clerc, je découvrais celui-ci entouré de trois autres secrétaires, toutes aussi accortes et court vêtues, l’une d’elle étant même assise sur son bureau, laissant voir une jolie culotte bleu ciel. Malgré les apparences, cette étude jouissait d’une très bonne cote.
Puis un sombre matin, dès potron-minet le bruit s’est répandu que M° Bléro aurait disparu dans la nuit. La rumeur s’amplifia jusqu’à l’arrivée de la presse de l’après-midi. Et oui, à l’époque le journal local paraissait vers 14 heures.
Et là tout le monde sut que m° Bléro avait effectivement mis les voiles. Puis le coup de grâce fut donné par l’arrivée des forces de police qui mirent les scellés sur la porte de son étude. Et oui, M° Bléro avait précipitamment quitté la France la nuit précédente, laissant un trou de plusieurs centaines de millions de Francs de l’époque. Lorsque son domicile fut investi à son tour, le mobilier avait disparu. Il était censé avoir été planqué dans un garde-meubles en banlieue parisienne.
Mais en réalité il avait suivi son propriétaire dans sa nouvelle tanière en Amérique latine. La foule commenta longuement cette déconfiture et il y eut même des malaises.
Voici le récit que fait Thierry Baude, le propriétaire actuel d’une fort jolie Fiat 130 qu’il a acheté lors d’une vente aux enchères des Domaines il y a déjà quelques années et ayant appartenu (très peu de temps) à M° Bléro et retrouvée à l’aéroport de Genève peu de temps après sa fuite à l’étranger.







