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Publié le 18/08/2008 à 08:59
Par Trebor Yles
Z’êtes encore là ?
Y avait longtemps que la rue Pavée d’andouilles n’avait point eu les honneurs de notre visite. C’est chose faite maintenant. Nous revoici plongés au temps de sa pleine activité. La nuit est tombée et chacun vaque à ses obligations, fonctions, loisirs, plaisirs… Tous, Z’êtes bien sûr ? Moi pas.
Y a toujours un empêcheur de tourner en rond qui rôde quelque part. Prêt à semer la zizanie dans le groupe. Regardez bien. M’étonnerait que vous ne l’identifiiez pas.
En attendant, faisons un petit retour en arrière. Cette rue aux amours tarifées ne serait pas ce qu’elle est sans la faune qu’elle accueille la nuit tombée. Mais il y a quelques semaines il n’y a pas que la nuit qui soit tombée. C’était la nuit du 4 août. Pas celle de l’abolition des privilèges puisqu’ils sont toujours présents. D’accord ce ne sont pas les mêmes, mais il y en a de plus en plus.
Hé Duc…, revient à tes moutons!
Je disais donc que cette nuit là les habitants de la rue Pavée d’Andouilles entendirent un camion s’engager et s’arrêter quelques instants dans la rue puis repartir. Curieux certains se levèrent mais ils ne virent rien sur le coup. C’est vrai que la lumière est assez chiche, rapport aux commerces qui s’y traitent.
Ce n’est qu’au petit matin que l’on découvrit le banc. Un banc public qui avait encore de la terre à ses pieds. D’où venait-il ? Qui l’avait abandonné là ? Mystère et les supputations de voir le jour et se multiplier.
C’est Anatole Hélys qui leva le voile. Il avait lu dans la Feuille de Choux Farcie que le maire du Chef lieu avait décidé de remplacer tous les bancs publics de sa commune par des bancs en ciment. Devait donc venir de là-bas. Personne viendrait le réclamer. Aussi décida-t-il de le placer devant sa boutique pour permettre à sa (maigre) clientèle d’attendre à l’extérieur.
Mais le soir venu ce banc fut la convoitise de la "concierge du cent moins un" qui vit en lui un point d’observation inespéré. Elle s’empressa d’en revendiquer l’occupation jusqu’aux aurores.Bien assise avec son ouvrage posé à ses côtés (1), elle observait tout ce qui se passait dans la rue.
Mais oui c’est bien de la mère Vettico dont je vous parle. Elle surveille aussi son gredin de fils Emilio -35 ans, célibataire - qui compte fleurette avec ces Dames avant d’aller rejoindre l’Avalanche (2).
Tout à son repérage là mère Vettico se répand en propos acerbes et très imagés sur la faune qui fréquente la rue. Critiquant, apostrophant, se moquant, accusant, gratifiant chacun et chacune d’un quolibet.
La scène se reproduisant régulièrement chaque soir de paye de l’Emilio, elle finit par marquer l’esprit d’un petit gamin (3) qui, des années plus tard, s’étant souvenu d’elle, lancera sur les ondes d’une radio lyonnaise « les potins de la mère Cottivet » rendus célèbres par cette phrase : « En descendant, montez donc ! Vous verrez le petit comme il est grand.» qui valait son pesant de grattons.
(1) ouvrage qui n’avança pas d’un centimètre tant que le banc fut en place (2) cf. Et à l’écrit ? (3) le créateur - et interprête - du personnage de la mère Cottivet était Elie Périgot Fouquier
Publié le 02/08/2008 à 16:53
Par Trebor Yles
C’est du nougat
Rappelez-vous. C’était à l’aube des années 70, voire un peu plus tard. Enfin c’était au siècle dernier …C’était le grand jour des départs en vacances. Effervescence ce matin là sur la petite place de Touhautour. Cela vous revient ? Alors c’est parti.
La circulation se densifie et ça commence à bouchonner au nouveau feu que la mairie a fait installer au carrefour. D’autant que depuis peu une nouvelle rue permet d’instaurer un sens de circulation pour soulager le trafic. Ce n’est pas pour autant que ça roule mieux. Ce serait plutôt le b….l diraient certains conducteurs. Vu qu’ils ont voulu suivre les conseils de Bison tordu sur les bonnes pistes. Vu qu’ils font des détours pas possibles. Vu que la moyenne a tendance à baisser dangereusement,. Vu que Madame dit que c’était pas une bonne idée. Vu qu’elle vous rappelle que sa mère vous attend pour midi. Vu que les mômes s’énervent et se disputent à l’arrière. Vu que ça n'avance toutes les minutes que de quinze mètres. Vu … (à vous de poursuivre la liste de cette triste litanie)
Bref tout ceci pour définir l’atmosphère qui règne à bord de bien des voitures surchauffées. Et c’est quoi tout ce bruit et cette musique ? Et ces filles qu’est-ce qu’elles font sur la chaussée ? Heureusement pour Monsieur le vent local, le Mistralet, souffle soulevant leurs jupes
_ Nougat Madame ? Nougat monsieur ? Profitez c’est gratuit … _ Maman j’en veux ! J’ai faim ! crie un enfant à l’arrière de la voiture.
Et parvenu à l’orée de la place, le conducteur découvre un attroupement autour d’un camion. _ Profitez de notre promotion exceptionnelle : pour l’achat de deux pneus X la monte est offerte en plus de notre remise de 15 % et pour l’achat de quatre pneus cette remise est de 25 %... _... Et n’oubliez pas qu’avec les pneus Michelin X la route c’est du Nougat ! Et le Nougat c’est … _ Montélimard ! Répond l’assistance bonne enfant. _ Non, c’est « Le Petit Duc » notre partenaire aujourd’hui, qui vous offre ces échantillons de son excellent nougat. « Le Petit duc » que nous vous offrons – en plus de notre promotion exceptionnelle - sous la forme de cette borne de 250 g pour la monte de deux pneus X ou de 750 gr pour la monte de quatre. _ Dépêchez vous car il n’y en aura pas pour tout le monde ! poursuit le bon menteur (pardon, vous dites bonimenteur ?) haranguant le public qui se presse autour de lui mais peu enclin à succomber à ses sirènes.
Pourtant ce n’est pas faute d’avoir amorcé la pompe avec un touriste de passage, qui en attendant, savoure un nougat assis sur le trottoir pendant qu’un mécano procède au changement de pneus qui n’en avaient pas trop besoin. Mais le touriste repartira avec une remise de 50 % pour s’être prêté au jeu.
Publié le 27/06/2008 à 11:07
Par Trebor Yles
T’auras l’air d’un coureur !
Baisse la tête, t’auras l’air d’un coureur !
Qui jadis, n’a pas entendu cette phrase, lancée par un spectateur lors du passage d’un attardé ? C’est l’occasion pour nous d’aller feuilleter les photos dans les vieux albums de famille. Pas celles où il y a les papys et mamys. Non celles là, faut pas y toucher. Des fois que … Mais les autres, celles des vacances, des fêtes. Vous voyez ? Celles qui sont mal rangées dans les boîtes à biscuits. Oui celles en métal sur l’étagère du haut. Là qu’a bien de la poussière.
Après une bonne heure de recherche, Thierry Gaulot vient de retrouver une de ces fameuses boîtes et se plonge dans la contemplation des clichés pris par son père lors du passage du Tour du Cernésy en 1956. Et v’la t’y pas qu’il s’évade vers ces fameuses années 50 où l’on écoutait la radio et lisait Miroir du sport ou Miroir du cyclisme, aux photos vertes ou sépia selon le titre pour suivre les exploits de nos champions.
Les Robert Chapatte (le père de l’autre), Roger Hassenforder, deux coureurs talentueux mais aussi et surtout facétieux qui n’hésitaient pas à s’échapper, puis s’arrêter, se ravitailler et retourner vers le reste de la course pour ravitailler à leur tour leurs équipiers. Ou le Jean Robic, trop léger, qui lestait ses bidons de ferraille pour descendre plus vite. Et j’en passe tant la liste serait longue. Quelle époque ! Que de souvenirs et de rêves car à part les actualités cinématographiques, seule l’imagination pouvait animer ce que l’on entendait ou lisait.
Aujourd’hui, vautré dans son fauteuil, la zappette à proximité de la main pour passer de France 2 à France 3, y a plus qu’à regarder sa télé.
Pourtant c’était toute une épopée pour aller voir passer les coureurs, même pas trop loin de chez soi. La préparation du casse-croute, l’embarquement des paniers, vaisselles métalliques, des pliants et de la petite table dans le coffre de la voiture familiale. Suivaient les kilomètres interminables pour se retrouver au bord d’une route gravionneuse à souhait, où nombre de genoux se sont couronnés.
Ha, la sélection de l’emplacement idéal ! Enfin on s’installe, on mange et on attend.
On attend. On attend. Puis une première voiture passe. On attend. Puis une autre. On attend. Enfin un bruit qui s’amplifie annonce l’arrivée des coureurs. On se bouscule un peu pour voir mieux que les autres. Mais ça passe si près et si vite que t’as rien vu. Ou si peu. Tiens, il y a déjà la voiture balai qui passe. Papa regarde sa montre. C’est l’heure de rentrer. Faut tout replier et ranger à nouveau dans la voiture.
Tout ça pour moins de deux minutes de spectacle !
Nostalgie quant tu reviens…
Publié le 14/06/2008 à 14:29
Par Trebor Yles
La der des ders
Nous sommes fin décembre 1992. Chez l’agent Renault de Lézieux-Cernés, la S.A. du Losange où Xaver Tisseur , le commercial, se trouve auprès de Thomas Onepartoux et de sa fille. Cette dernière vient d’obtenir le permis de conduire. Et comme elle a aussi brillamment passé le bac quelques mois plus tôt, ses parents lui offrent sa première automobile. Le choix s’est porté quinze jours auparavant sur une des dernières Renault 4. En fait ce sera la dernière sortie des chaînes qui lui sera livrée. Nous voyons donc Claire Onepartoux près de sa voiture au moment de la remise des clés.
Publié le 28/05/2008 à 17:09
Par Trebor Yles
Grandeur et des cadences (1)
Quand on ne s’intéresse pas à l’histoire d’un village on ne peut imaginer les hauts et les bas que certains ont connus. Tel n’est pas notre cas puisque depuis bientôt trois ans nous étudions la vie du canton de Cernés.
Aujourd’hui nous revenons à Machouil la Plaine. Tout le monde connaît son garage aux couleurs d’Azur, l’ancien pétrolier absorbé par Total. Celui qu’a repris l’agent Citroën du village depuis le milieu des années 1990. Ce garage connut une longue période d’oubli due en partie à cette absorption qui n’eut pas l’heur de plaire au gérant d’alors Etienne Bancal, mais aussi et surtout à la création d’une route destinée à desservir une zone pavillonnaire. Ce qui fit germer une idée à celui-ci.
Etienne s’en ouvrit au propriétaire des murs. Celui-ci vit tout le bénéfice qu’il pourrait tirer de cette idée. Que lui avait dit Etienne ? Que son contrat avec son pétrolier allait être à renégocier et que c’était peut être l’occasion à saisir pour s’installer ailleurs.
Si l’idée de fermer le garage plut à Omer Dalors car de gros travaux de remise aux normes l’attendaient, voir partir Etienne l’était moins. Aussi lui proposa-t-il un marché. Oui il acceptait la fermeture du garage, mais pas son départ. Pour cela il entreprit les démarches nécessaires à l’autorisation de créer une nouvelle station service qu’il fit construire à l’arrière du garage, sur un terrain lui appartenant et bordé par cette nouvelle route. Etienne, de son côté choisit son avitailleur. Ce fut Esso qui remporta l’affaire. Ce n’est qu’en 1994 que la station ferma et céda la place au garage que nous connaissons aujourd’hui.
(1) Pourquoi un tel titre ? Ben il en fallait bien un... alors celui-là ou un autre ? Y a des jours sans ... comme aujourd'hui.
Publié le 19/04/2008 à 17:43
Par Trebor Yles
Il était une foi…… celle du verre à soi
Qui n’a jamais eu soif. Mais vraiment soif. Au moins une fois dans sa vie. A en avoir la pépie. Cela arrive à chacun de nous. Mais pour d’autres, le culte du verre à soi à d’autres origines. Moins avouables le plus souvent. Lorsqu’il quitta ses Abruzzes natales en quête de travail et remonta vers le nord, Vitali Bezoli n’imaginait pas le fabuleux destin qui l’attendait. Ayant franchi les Alpes et ne trouvant toujours rien il finit par s’échouer dans le ru Tabaga tant il avait soif… Ne voyant plus couler l’eau qui alimentait sa citerne Mailar Doise jura tout ce qu’il savait contre son voisin qu’il soupçonnait depuis toujours de vouloir détourner cette eau. Mais qu’elle ne fut sa surprise lorsqu’il trouva le Vitali couché en travers du ru en train de se noyer dans 5 cm d’eau. L’ayant tiré d’affaire il s’enquit de ce qu’il fichait là. - Ben je cherche du travail. - Si tu rechignes pas à l’ouvrage t’es mon homme, tope là. Ce qui fut fait, Vitali devint commis de ferme.
Un soir Dagmar (1) le surprit en train de lansquiner dans la cour. Elle fut impressionnée par ce qu’elle aperçut plus qu’elle ne vit. Faut dire aussi que depuis quelques temps notre Vitali était devenu accro à la chopine. Mais cela n’expliquait pas tout. Faut savoir que comme tous les gars Bezoli depuis des lustres et des lustres, il était bien doté par la nature. Aussi un matin que son homme était parti à la ville elle rusa pour amener le Vitali dans la grange. Quelques semaines plus tard elle commença à prendre des rondeurs qu’elle ne put cacher à son mari. Celui-ci soupçonna tout de suite qui pouvait être le père car il savait depuis longtemps que ses propres cartouches étaient mouillées. Ce n’était pourtant pas faute de changer de cibles mais aucune n’avait bougé. Aussi fut il ravi lorsque Dagmar mit au monde un gars qui ne pouvait renier ses origines. Puis ce fut une cadette et deux autres gars qui vinrent gonfler les rangs de la fratrie. Heureusement pour Mailar Vitali et lui avaient à peu près la même allure pour le haut.
Pourtant, au bourg personne n’était dupe, même si le Vitali avait fini par épouser la Mauricette Taimieux, la veuve d’Alcée mort lors de la guerre 14-18 et qui avait hérité de l’usine séricicole (2) qu’elle gérait, aidée de sa fille Lucette. Mais la Mauricette faisait des envieuses dans le bourg. Un brin avide, elle s’en ouvrit à Vitali qui saisit la balle au bond. Puisqu’il y avait une partie de la maison qui n’était pas employée, il l’aménagea en nid douillet où il put répondre à la demande. Toutefois, devant le succès de son entreprise il se trouva de plus en plus souvent à cours de ressources. Il fit alors appel à cinq de ses frères et cousins qu’il installa dans ce qui inspira JP Mocky pour son film l’Etalon avec Bourvil.
Un Dimanche matin, Vitali et Mauricette virent arriver une partie des notables de Ménoies qui venaient faire part de leurs doléances. Ils crurent que leur commerce les dérangeait. Mais non, bien au contraire, cela les déchargeait de devoir accomplir certain devoir. Non ce qu’ils voulaient, c’était qu’ils fassent la même chose pour eux car la maison où ils avaient leurs habitudes à Cernés avait changé de propriétaire et ce n’était plus ce que c’était. Un peu d’huile sur les rouages et les travaux commencèrent pour aménager un hôtel bourgeois à la place de leur appartement et les messieurs de Ménoies purent reprendre leurs habitudes sans faire trop de kilomètres.
Vint la guerre de 39-45 qui vit repartir frères et cousins. Puis la loi Marthe Richard sonna la fin de la maison de rendez-vous et sa transformation en simple hôtel de tourisme. La fusion des deux n’intervint que quelques années plus tard avec le mariage des familles Tansay-Taimieux
(1) Mme Doise – Dagmar Doise si vous préférez (2) Usine où l’on avait longtemps déroulé les cocons de vers à soie pour les soyeux lyonnais.
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