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Publié le 07/05/2008 à 16:01
Par Trebor Yles
2-114 - Sont forts les Lefort
Vroom ! Vroooooom ! VROOM ! Ce ronflement sourd court le vallon emporté par le vent d’Est. Pour une oreille exercée, il provient du hameau de Bielle. Vous ne savez pas où c’est ? Ben à Machouil la Plaine (1). Là se trouve depuis 1880 le garage des Lefort. Un « vrai » garage comme on en fait plus aujourd’hui. Y œuvrent deux des trois frères Lefort, Maurice et Rémi, des quinquas encore très actifs, épaulés par Cédric, le fils de Rémi.
Par contre, c’est le troisième, Yves, qui est à l’origine de ce vacarme. C’est lui qui fait ronfler un moulin et quel moulin !
Mais pour tout bien comprendre faut revenir plusieurs années en arrière. Du temps où Alain Jexion (2) était en activité. A l’époque où son nom commençait à circuler dans le milieu fermé des courses de circuits. Avant qu’il ne devienne pilote professionnel. Pilote émérite il dut sa chance à Marcel Lefort (3) qui crut en lui et l’assista en préparant les voitures avec lesquelles il s’engageait. Quelques années plus tard Alain Jexion fut le parrain d’Yves Lefort et l’amena souvent avec lui sur les bords des circuits.Il n’en fallut pas plus pour que l’Yves devienne un fondu de vitesse.
Fallait qu’il aille plus vite que les autres. Dès qu’il put monter sur un deux roues à moteur. Ah la mob bleue qui trainait au fond du garage… Elle perdit très vite ses chicanes et lui en valut quelques unes avec la maréchaussée. De guerre lasse son père canalisa son énergie en lui fabricant un kart avec lequel Yves s’illustra de très belle manière.
Mais avoir le cul au ras de la route ne l’amusa qu’un temps. Monsieur voulait s’élever ! Une 205 GTI bricolée maison assura un long intérim puis ce fut le tour d’uns Xsara jusqu’à ce qu’il tombe en arrêt devant un Man de course.
Il venait de trouver sa voie. C’était ça ou rien.
Aussi, lorsqu’ Alain Jexion amena au garage Lefort une Chevrolet Lumina avec laquelle Joe Nomechek courut en Nascar au milieu des années 90 il s’en ouvrit à lui. Celui-ci le mit en relation avec l’importateur Mercedes. Après des essais concluants, un partenariat fut établi et depuis deux saisons Yves Lefort écume les courses de camions au volant du Mercedes qu’il est en train de régler.
(1) cf. http://blog.ifrance.com/fcfretrovision/post/352784-308-cest-comme-le-port-salut-...
(2) Rappelez-vous : Alain Jexion, l’enfant du pays, ancien pilote automobile, amateur puis professionnel, né à Touhautour, s’est retiré fin 2005 dans la propriété familiale de Cernés le Vieux. Aussi collectionneur de voitures de courses, Alain Jexion est parvenu à obtenir de certains de ses anciens employeurs d’acquérir les voitures avec lesquelles il avait participé aux épreuves les plus prestigieuses. Voitures qu’il remise dans les dépendances de sa propriété.
(3) Honoré Lefort fondateur de la dynastie, passa le flambeau à son fils ainé Marcel qui inaugura l’aire du moteur à explosion avant de remettre l’affaire entre les mains de ses fils Maurice et Rémi.
Publié le 03/05/2008 à 16:37
Par Trebor Yles
Victime de nicolithe aiguë
Nous sommes le 17 septembre 2008. Soudain un vrombissement se fait entendre, venant de l’Ouest. Le bruit s’amplifiant les gens du cru reconnaissent un hélico. Mais pas celui de la Protection civile, ni un militaire. Et pour cause, c’est la première fois qu’un Agusta AB 139 survole la région. Celui-ci appartient à Emile Baud-Rivages, informaticien qui a fait fortune en aspirant légalement les centimes invisibles.
Au même moment, sur le tarmac de l’aéro-club de Lézieux-Cernés, situé au sud de Cernés le Vieux c’est le branle bas de combat pour le petit détachement de gendarmerie qui a pris position depuis la veille. Et c’est l’arrivée d’un cortège de trois VelSatis qui s’immobilise sous les yeux de l’équipe télé d’Auto-Vidéo qui est là pour couvrir l’événement. Quel événement au fait ? Ben faut que j’avoue… j’en sais rien moi-même alors que j’ai entrepris de vous le narrer. Mais bon, vous connaissez l’époque que nous traversons, où le pouvoir d’achat de chacun s’effrite sans huile ou sans beurre pour les épinards. Où le compte bancaire réussit le régime minceur que Madame tente désespérément de trouver. Certains parviennent, au contraire, à l’obésité… Vaut mieux ne pas faire de dessin.
Donc, je reprends mon récit. Cet hélico transporte le premier titulaire du tout nouveau Secrétariat d’Etat aux gens fortunés. Et qui est-il ? Ben c’est un enfant du pays. Atteint de nicolithe aiguë, il n’a pas hésité à divorcer et se remarier dans la foulée avec Nathalie Baud-Rivages, l’héritière pressentie de son père. Et comme l’on n’est jamais si bien servi que par soi même, et qu’il use tous les parquets avec ses dents, il a mis à profit sa brillante élection comme député de la circonscription pour obtenir cette nomination. Il est vrai que beau-papa a tout fait en hauts lieux pour faciliter la chose. Que voulez-vous ? C’est ainsi que sont le monde et le principe des vases communicants. T’as le fric, lui le pouvoir. Alors échangeons, troquons, roulons, à qui possèdera l’autre.
Et oui, c’est bel et bien Thierry Velaine (1), le tout neuf Secrétaire d’Etat qui vient rendre visite aux édiles locaux de sa circonscription. L’est venu avec Madame et sa suite. Mais sera riche avant l’autre et lui succèdera certainement tant il en veut. En attendant, tous à table au Lion d’or & Bezoci.
(1) cf. 215 – Non, ce n’est pas … sur http://blog.ifrance.com/fcfretrovision
Publié le 19/04/2008 à 17:43
Par Trebor Yles
Il était une foi…… celle du verre à soi
Qui n’a jamais eu soif. Mais vraiment soif. Au moins une fois dans sa vie. A en avoir la pépie. Cela arrive à chacun de nous. Mais pour d’autres, le culte du verre à soi à d’autres origines. Moins avouables le plus souvent. Lorsqu’il quitta ses Abruzzes natales en quête de travail et remonta vers le nord, Vitali Bezoli n’imaginait pas le fabuleux destin qui l’attendait. Ayant franchi les Alpes et ne trouvant toujours rien il finit par s’échouer dans le ru Tabaga tant il avait soif… Ne voyant plus couler l’eau qui alimentait sa citerne Mailar Doise jura tout ce qu’il savait contre son voisin qu’il soupçonnait depuis toujours de vouloir détourner cette eau. Mais qu’elle ne fut sa surprise lorsqu’il trouva le Vitali couché en travers du ru en train de se noyer dans 5 cm d’eau. L’ayant tiré d’affaire il s’enquit de ce qu’il fichait là. - Ben je cherche du travail. - Si tu rechignes pas à l’ouvrage t’es mon homme, tope là. Ce qui fut fait, Vitali devint commis de ferme.
Un soir Dagmar (1) le surprit en train de lansquiner dans la cour. Elle fut impressionnée par ce qu’elle aperçut plus qu’elle ne vit. Faut dire aussi que depuis quelques temps notre Vitali était devenu accro à la chopine. Mais cela n’expliquait pas tout. Faut savoir que comme tous les gars Bezoli depuis des lustres et des lustres, il était bien doté par la nature. Aussi un matin que son homme était parti à la ville elle rusa pour amener le Vitali dans la grange. Quelques semaines plus tard elle commença à prendre des rondeurs qu’elle ne put cacher à son mari. Celui-ci soupçonna tout de suite qui pouvait être le père car il savait depuis longtemps que ses propres cartouches étaient mouillées. Ce n’était pourtant pas faute de changer de cibles mais aucune n’avait bougé. Aussi fut il ravi lorsque Dagmar mit au monde un gars qui ne pouvait renier ses origines. Puis ce fut une cadette et deux autres gars qui vinrent gonfler les rangs de la fratrie. Heureusement pour Mailar Vitali et lui avaient à peu près la même allure pour le haut.
Pourtant, au bourg personne n’était dupe, même si le Vitali avait fini par épouser la Mauricette Taimieux, la veuve d’Alcée mort lors de la guerre 14-18 et qui avait hérité de l’usine séricicole (2) qu’elle gérait, aidée de sa fille Lucette. Mais la Mauricette faisait des envieuses dans le bourg. Un brin avide, elle s’en ouvrit à Vitali qui saisit la balle au bond. Puisqu’il y avait une partie de la maison qui n’était pas employée, il l’aménagea en nid douillet où il put répondre à la demande. Toutefois, devant le succès de son entreprise il se trouva de plus en plus souvent à cours de ressources. Il fit alors appel à cinq de ses frères et cousins qu’il installa dans ce qui inspira JP Mocky pour son film l’Etalon avec Bourvil.
Un Dimanche matin, Vitali et Mauricette virent arriver une partie des notables de Ménoies qui venaient faire part de leurs doléances. Ils crurent que leur commerce les dérangeait. Mais non, bien au contraire, cela les déchargeait de devoir accomplir certain devoir. Non ce qu’ils voulaient, c’était qu’ils fassent la même chose pour eux car la maison où ils avaient leurs habitudes à Cernés avait changé de propriétaire et ce n’était plus ce que c’était. Un peu d’huile sur les rouages et les travaux commencèrent pour aménager un hôtel bourgeois à la place de leur appartement et les messieurs de Ménoies purent reprendre leurs habitudes sans faire trop de kilomètres.
Vint la guerre de 39-45 qui vit repartir frères et cousins. Puis la loi Marthe Richard sonna la fin de la maison de rendez-vous et sa transformation en simple hôtel de tourisme. La fusion des deux n’intervint que quelques années plus tard avec le mariage des familles Tansay-Taimieux
(1) Mme Doise – Dagmar Doise si vous préférez (2) Usine où l’on avait longtemps déroulé les cocons de vers à soie pour les soyeux lyonnais.
Publié le 19/04/2008 à 07:46
Par Trebor Yles
Au nom de l’Aronde
La polémique avait surgit par un après-midi pourtant ensoleillé mais frais. Pepper Mint affirmait qu’il existait quatre macarons de couleurs différentes ayant vanté les records mondiaux glanés par l’Aronde. Sépia, fort de sa connaissance en ce domaine lui répliquait qu’il n’y a en avait eu juste deux : un bleu ciel apposé sur les berlines et coachs de l’AM 1958 et un rouge pour les mêmes modèles de l’AM 1959. En clair le bleu ciel pour la dernière AM de la ligne Océane ; le rouge pour la première AM de la P60. De son côté, Trébor, comme à son habitude, pataugeait lamentablement dans la semoule sur ce point. C’est alors que Sépia lui demanda de voir si du côté de Lézieux-Cernés une manifestation ne pouvait se dérouler pour obtenir d’Ixo le respect de ces attributs sur les Simca de la collection Altaya. Contact fut établi avec le Président du M.C.Z. = Mini Club Zieuté - le club des collectionneurs de miniatures de Lézieux-Cernés, c'est-à-dire Jean Aymard du Tacot. Celui-ci fit valoir qu’en cette période où d’autres préoccupations plus importantes se faisaient jour – crise des subprimes, faim dans le monde, hausse des prix des matières premières et des denrées alimentaires, le sujet était vraiment très mince et question de spécialistes pour justifier une manifestation. Pour lui s’était presque de l’intégrisme. Par contre il n’était pas hostile à une rencontre avec les différents protagonistes pour discuter de cette collection. Aussi retrouvons nous Jean Aymard du Tacot entouré de Sépia, Pepper et Trébor autour de la bonne table du Lion d’or à Ménoies sous Vairges. Chacun est venu avec sa voiture personnelle : Jean Aymard du Tacot avec une Alfa Roméo 2600 SZ signée Zagato, Pepper son Horizon, Sépia son cabriolet 404 et Trébor … sa Laguna. A la fin de repas, ils convinrent que le seul compte rendu de cette réunion suffirait à attirer l’attention de M. Ixo sur cette épineuse question du respect de la couleur du macaron suivant l’année modèle de l’Aronde : bleue pour l’AM 1958, rouge pour l’AM 1959.
Je voudrais m'excuser auprèsq de Sépia et Pepper pour ne pas disposer de modèles de la même couleur que les leurs.
Publié le 10/04/2008 à 14:39
Par Trebor Yles
Le chant de l’Aronde
Tel le cygne du ballet, l’Aronde vit ses derniers instants de commercialisation en cette année 1962. Pourtant elle a encore ses adeptes. C’est pourquoi Paul Hyttick fait un effort pour présenter la dernière mouture de la Monaco que lui a commandé Eléazar Faytoux, l’ancien gérant du Comptoir d’épicerie fine. Celui-ci vient de se mettre à son compte sous une enseigne alors peu connue : Le…c. Faut dire que la Loterie nationale lui a sourit quelques mois plus tôt avec le billet des Bleuets de France que lui a proposé « Nicotine » le buraliste (1). Pensez donc 250.000 NF qu’il a gagné. Alors il a acheté les murs de sa boutique et la maison voisine de la mère Cedesbenz (2) où jadis était un commerce de bois et charbon. Du coup avec plus de 800 m2 de plancher pour son magasin et 300 m2 de remise, sans compter les 400 m2 de la cour intérieure, il a le plus gros commerce du bourg. Bobonne, elle ça lui a monté à la tête ; a changé tout son trousseau ; en a eu assez de poser ses fesses dans la Commerciale qu’à déjà l’âge de mon aîné ! Qu’elle a dit, l’Elvira née Surlel, veux une vraie automobile et plus belle que celle de la bouchère (3). Eléazar résista tant bien que mal à la charge et se résigna à commander cette Monaco Spécial dont il prendra livraison lundi, jour de fermeture de son magasin. Il aurait préféré attendre un peu d’avoir tout payé ses travaux et s’offrir une 1500…
(1) surnommé ainsi pour ses doigts jaunis – à croire qu’il fume tout son fonds de commerce. C’est aussi que faut voir comme il pratique. C’est un rouleur de cibiches. Mais un manuel. Il prend une feuille OCB. Lui donne la forme d’une gouttière. Met son tabac dedans. Puis roule les deux extrémités. Se colle l’engin entre les lèvres et l’allume. Effet immédiat, ça s’embrase… Il tire deux ou trois goulées et jette le reste - pour éviter un second incendie - dans une boîte de bombons faisant office de cendrier. Quel gâchis ! Y aurait de quoi s’en rouler beaucoup d’autres. C’est vrai qu’en forme de bonbec une cloppe n’a rien de terrible. (2) la veuve de Dalmar Cedesbenz (3) une 403
Publié le 30/03/2008 à 15:46
Par Trebor Yles
L’Annexe
Toute chose a une fin. Même la meilleure.C’est ainsi qu’un beau matin les rares habitants de Cernés qui n’en étaient pas encore au courant, eurent la surprise de voir Gérard Manpassoif photographier la nouvelle équipe de l’Ambassade du Beaujolais. Cela faisait un bail que le vieil Ernest Aurant se cramponnait à son comptoir. A un point tel que le zinc de son comptoir manquait là où il aimait se tenir pour veiller sur ses clients. Et puis v’la t’y pas qu’un soir après la fermeture, ce fut pour lui une fermeture définitive. Soudaine, d’accord mais paisible malgré tout. Sa veuve s’enquit d’un repreneur. Elle le trouva en la personne de d’Yves Respublick qui lui acheta son fonds de commerce, vu qu’elle voulait garder les murs pour elle et ses enfants. Une condition fut mise à la vente, pouvoir changer de nom, ce qui permit une économie au repreneur. Voici donc le nouveau propriétaire de ce qui deviendra rapidement « l’Annexe », et son équipe composée de Dino Fourneaux, le cuisinier, d’Edvin Versais, le sommelier et des deux serveuses, Servanne et Lauranca. Aussi quand Madame demandera à Monsieur où il va, celui-ci lui répondra tout naturellement. Mais, à l’Annexe ma Chère…. Ce qui fut bénéfique à son chiffre d’affaires.
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