|
Publié le 03/10/2008 à 17:16
Par Trebor Yles
2-121 - La banane avait des rayures
Ah! Quel historien de pacotille que ce Trebor. Pas foutu de vérifier ses sources. L’aurait besoin de retourner à l’école. C’est vrai qu’à l’époque l’histoire ne le passionnait pas du tout, du tout… Préférait la géo. Ça au moins ça pourrait toujours servir, mais l’histoire … Quelle erreur. Le mal était fait.
Mais pourquoi je vous parle de cela ? Ha, oui, c’est au sujet de la station Esso de Machouil la Plaine. Si effectivement, elle ferma bien en 1994, elle n’en disparut pas pour autant comme le laissait entendre le texte publié il y a quelques semaines (1). Bien au contraire. Les locaux restèrent fermés un certain temps ; pour ne pas dire un temps certain. Puis un beau jour, début 2003, elle retrouva preneur.
Cet été, nouveau changement. Tout d’abord ce fut l’enlèvement des pompes. Puis la pose d’un enrobé devant la station. Et enfin l’affichage de la nouvelle raison sociale. Les légendaires « Les gens d’Aires » revenaient dans le canton de Cernés (2). Enfin faut le dire vite car à prendre le temps de lire l’enseigne, ce n’est qu’un membre du réseau Alain Porta (de Sion) qui s’installe. Un franchisé quoi !
Philogone Desbaff, lyonnais d’origine malgré son nom, présente les nouveaux petits utilitaires Citroën et Peugeot qu’il propose à des tarifs allant jusqu’à – 25 % pour provenir de divers pays européens.
Comme vous le savez, pour bénéficier de ce label il faut faire partie des gens d’Aires. Et Philogone ne fait pas exception puisque sa femme n’est autre que Neryssa le Poil, la petite fille de la célèbre Baya Daires.
Les plus anciens se rappelleront certainement… nous sommes en 1924. La Baya Daires , comme on disait à l’époque, était meneuse de revues et connaissait son heure de gloire avec des danses traditionnelles indiennes qu’elle avait remis au goût du jour au sein d’une troupe connue dans le monde entier pour ses costumes à grosses rayures multicolores. Malheureusement pour elle, quelques mois plus tard Freda Mc Dolnald lui vola la vedette avec sa Revue nègre. Il faut dire que cette dernière se produisait avec pour seuls atours un pagne fait de bananes. C’était Joséphine Baker.
NB - Je rappelle pour les nouveaux que les prénoms que j'utilise sont de vrais prénoms
_ (1) cf. 2-212 – Grandeur et des cadences _ (2) cf. La saga des gens d’Aires sur fcfretrovision (1ère partie)
Publié le 28/09/2008 à 18:09
Par Trebor Yles
120 - De la Chine à Ménoies
Quand on aime, on ne compte pas dit le proverbe. Encore faut-il le pouvoir. Et lui il a pu. Il est vrai qu’il a eu jusqu’à ces dernières semaines la chance de réussir tous ses coups de bourse. Et il ne peut être accusé de délit d’initié. Non, simplement il a toujours eu du nez. Du flair pour sentir les bons coups. Et son entourage y est certainement pour beaucoup. En effet il a épousé May-Lodie Aymard du Tacot, la fille du Président du M.C.Z. (1) et de Mélusine Anchine son épouse.
Ce dernier patronyme ne la pas seulement amusé. Il l’a inspiré.
Et c’est ainsi qu’un beau matin de février 1983 il décida d’aller faire un tour là bas. Mais comme il n’avait pas d’usine à y implanter il s’improvisa intermédiaire pour ceux qui voudraient le faire, bien que pour lui ce fut vraiment du chinois. Mais bon quand on sait s’entourer de ceux qui savent…
C’est ainsi qu’il créa le cabinet BCBG (Buy China Build Gold). _ Kesako ? _ Z’êtes pas de Ménoies. Et ça se voit. Allez y faire un tour. Tout le monde le connait mais personne ne l’a vu. Vu que c’est à la Défonse – pardon, à la Défense – que sont les bureaux.
C’est ce cabinet – parmi quelques autres - qui permit à bon nombre d’entreprises industrielles ou commerciales de trouver les joint-ventures nécessaires à leur installation.
_ L’aurait mieux fait de se casser une jambe ce jour là disent ses détracteurs. Y aurait encore du boulot chez nous.
Mais bon, le mal est fait. Reste à espérer que le remède arrivera assez vite. Vu les temps agités qui se profilent faut espérer que la pièce retombera du bon côté pour nous.
Tout ça pour dire qu’à la fin de l’année dernière Richard Dupay prit sa retraite et vendit aussi ses parts dans BCBG. Cela lui permit de faire l’acquisition de cette vieille maison qu’il souhaite faire rénover avant de l’habiter.
Nous le voyons donc en compagnie de Thierry Gollard, architecte et de quelques artisans. Une autre photo nous montre Richard et May-Lodie dans la cour de leur propriété.
...
_ Hé du c.. il a écrit mets l’Audi dans la cour… pas d’entre mettre plusieurs ! _ Trop tard, et toi t’as vu comment qu’elle s’appelle sa meuf ? Me rappelle avoir entendu un jour que je visitais l’Aven Armand qu’à la suite d’une émission incongrue et quelque peu odorante un jeune avait lâché : « c’est Brise d’anus de chez Pête au vent »
(1) Voir défense de doubler
Publié le 18/08/2008 à 08:59
Par Trebor Yles
Z’êtes encore là ?
Y avait longtemps que la rue Pavée d’andouilles n’avait point eu les honneurs de notre visite. C’est chose faite maintenant. Nous revoici plongés au temps de sa pleine activité. La nuit est tombée et chacun vaque à ses obligations, fonctions, loisirs, plaisirs… Tous, Z’êtes bien sûr ? Moi pas.
Y a toujours un empêcheur de tourner en rond qui rôde quelque part. Prêt à semer la zizanie dans le groupe. Regardez bien. M’étonnerait que vous ne l’identifiiez pas.
En attendant, faisons un petit retour en arrière. Cette rue aux amours tarifées ne serait pas ce qu’elle est sans la faune qu’elle accueille la nuit tombée. Mais il y a quelques semaines il n’y a pas que la nuit qui soit tombée. C’était la nuit du 4 août. Pas celle de l’abolition des privilèges puisqu’ils sont toujours présents. D’accord ce ne sont pas les mêmes, mais il y en a de plus en plus.
Hé Duc…, revient à tes moutons!
Je disais donc que cette nuit là les habitants de la rue Pavée d’Andouilles entendirent un camion s’engager et s’arrêter quelques instants dans la rue puis repartir. Curieux certains se levèrent mais ils ne virent rien sur le coup. C’est vrai que la lumière est assez chiche, rapport aux commerces qui s’y traitent.
Ce n’est qu’au petit matin que l’on découvrit le banc. Un banc public qui avait encore de la terre à ses pieds. D’où venait-il ? Qui l’avait abandonné là ? Mystère et les supputations de voir le jour et se multiplier.
C’est Anatole Hélys qui leva le voile. Il avait lu dans la Feuille de Choux Farcie que le maire du Chef lieu avait décidé de remplacer tous les bancs publics de sa commune par des bancs en ciment. Devait donc venir de là-bas. Personne viendrait le réclamer. Aussi décida-t-il de le placer devant sa boutique pour permettre à sa (maigre) clientèle d’attendre à l’extérieur.
Mais le soir venu ce banc fut la convoitise de la "concierge du cent moins un" qui vit en lui un point d’observation inespéré. Elle s’empressa d’en revendiquer l’occupation jusqu’aux aurores.Bien assise avec son ouvrage posé à ses côtés (1), elle observait tout ce qui se passait dans la rue.
Mais oui c’est bien de la mère Vettico dont je vous parle. Elle surveille aussi son gredin de fils Emilio -35 ans, célibataire - qui compte fleurette avec ces Dames avant d’aller rejoindre l’Avalanche (2).
Tout à son repérage là mère Vettico se répand en propos acerbes et très imagés sur la faune qui fréquente la rue. Critiquant, apostrophant, se moquant, accusant, gratifiant chacun et chacune d’un quolibet.
La scène se reproduisant régulièrement chaque soir de paye de l’Emilio, elle finit par marquer l’esprit d’un petit gamin (3) qui, des années plus tard, s’étant souvenu d’elle, lancera sur les ondes d’une radio lyonnaise « les potins de la mère Cottivet » rendus célèbres par cette phrase : « En descendant, montez donc ! Vous verrez le petit comme il est grand.» qui valait son pesant de grattons.
(1) ouvrage qui n’avança pas d’un centimètre tant que le banc fut en place (2) cf. Et à l’écrit ? (3) le créateur - et interprête - du personnage de la mère Cottivet était Elie Périgot Fouquier
Publié le 02/08/2008 à 16:53
Par Trebor Yles
C’est du nougat
Rappelez-vous. C’était à l’aube des années 70, voire un peu plus tard. Enfin c’était au siècle dernier …C’était le grand jour des départs en vacances. Effervescence ce matin là sur la petite place de Touhautour. Cela vous revient ? Alors c’est parti.
La circulation se densifie et ça commence à bouchonner au nouveau feu que la mairie a fait installer au carrefour. D’autant que depuis peu une nouvelle rue permet d’instaurer un sens de circulation pour soulager le trafic. Ce n’est pas pour autant que ça roule mieux. Ce serait plutôt le b….l diraient certains conducteurs. Vu qu’ils ont voulu suivre les conseils de Bison tordu sur les bonnes pistes. Vu qu’ils font des détours pas possibles. Vu que la moyenne a tendance à baisser dangereusement,. Vu que Madame dit que c’était pas une bonne idée. Vu qu’elle vous rappelle que sa mère vous attend pour midi. Vu que les mômes s’énervent et se disputent à l’arrière. Vu que ça n'avance toutes les minutes que de quinze mètres. Vu … (à vous de poursuivre la liste de cette triste litanie)
Bref tout ceci pour définir l’atmosphère qui règne à bord de bien des voitures surchauffées. Et c’est quoi tout ce bruit et cette musique ? Et ces filles qu’est-ce qu’elles font sur la chaussée ? Heureusement pour Monsieur le vent local, le Mistralet, souffle soulevant leurs jupes
_ Nougat Madame ? Nougat monsieur ? Profitez c’est gratuit … _ Maman j’en veux ! J’ai faim ! crie un enfant à l’arrière de la voiture.
Et parvenu à l’orée de la place, le conducteur découvre un attroupement autour d’un camion. _ Profitez de notre promotion exceptionnelle : pour l’achat de deux pneus X la monte est offerte en plus de notre remise de 15 % et pour l’achat de quatre pneus cette remise est de 25 %... _... Et n’oubliez pas qu’avec les pneus Michelin X la route c’est du Nougat ! Et le Nougat c’est … _ Montélimard ! Répond l’assistance bonne enfant. _ Non, c’est « Le Petit Duc » notre partenaire aujourd’hui, qui vous offre ces échantillons de son excellent nougat. « Le Petit duc » que nous vous offrons – en plus de notre promotion exceptionnelle - sous la forme de cette borne de 250 g pour la monte de deux pneus X ou de 750 gr pour la monte de quatre. _ Dépêchez vous car il n’y en aura pas pour tout le monde ! poursuit le bon menteur (pardon, vous dites bonimenteur ?) haranguant le public qui se presse autour de lui mais peu enclin à succomber à ses sirènes.
Pourtant ce n’est pas faute d’avoir amorcé la pompe avec un touriste de passage, qui en attendant, savoure un nougat assis sur le trottoir pendant qu’un mécano procède au changement de pneus qui n’en avaient pas trop besoin. Mais le touriste repartira avec une remise de 50 % pour s’être prêté au jeu.
Publié le 22/07/2008 à 19:13
Par Trebor Yles
Avertissement
Fut un temps il existait à la télévision une émission que diffusait des films muets sous le tire d' "Histoires sans paroles". Voici pour une fois un délire sans photos qui me trottait trop dans la tête pour être correctement illustré. Qu'en pensez-vous ?
Connie la terrible
Connue sous le nom de Nicole Aufion Mais à l’état civil Nicolas Dufion
Au cours de l’année 1961 le canton de Cernés fut le théâtre d’une succession de faits d’hiver, bien qu’ils eurent lieu de mai à novembre. C’est vrai que dans cette histoire, tout était approximatif, alors l’orhtographe ou la grandmère …. Bof ! A chacun de retrouver ce qu’il cherche.
Je disais donc, qu’une série de faits divers alimentèrent les chroniques de la Feuille de Choux Farcie. Ils permirent à Gérard Manpassoif de se faire un nom. Parmi ceux-ci il y eut l’attaque de la poste de Cernés le Vieux par une belle soirée d’été. Attaque qui se révèlera fatale pour son auteure. Hé oui, que voulez-vous, aujourd’hui il faut tout écrire au féminin lorsqu’il s’agit d’une femme. Et quelle femme ! Connie la terrible ! On avait fini par la repérer. C’est vrai qu’elle opérait dans la plus grande discrétion en circulant sur les petites routes du canton à bord d’un cabriolet Chevrolet BelAir de 1957 conduit par Mimile la Jonquaille (1). Les forces de l’ordre la connaissaient sous le nom de Nicole Aufion pour l’avoir déjà enchristée. Du moins le croyaient-elles. Au cours de la nuit qui s’en suivit ladite attaque de la Poste, une véritable chasse à l’homme, pardon à la femme, s’engagea. N’exagérons rien cependant. Faut rester raisonnable. Faut relativiser et ramener les proportions aux moyens disponibles à l’époque. Toujours est-il que sur le coup des 4h30 quelques jours plus tard et à plus de deux kilomètres de là, Nicole Aufion fut arrêtée à un barrage. Mais lorsque la maréchaussée s’en saisit elle eut la sensation de s’être fait berner une fois de plus. Elle venait d’arrêter un homme portant robe et perruque du nom de Nicolas Dufion. ...................
Pourquoi cela revient-il à la surface aujourd’hui ? Tout simplement parce qu’ Arpel Hycule vient d’immortaliser cette histoire pour la TV. Et comme sa script avait la tête on ne sait où, le film dont vous avez vu la bande annonce est plein d’approximations. A l’image de la fameuse scène du film « Il ne faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages » où Bernard Blier fait une cascade au volant d’une Simca 1300 grise alors que l’image d’avant il est au volant d’une 1501 également grise et qu’il passe alternativement de l’une à l’autre pendant cette scène. ………………
Entre-temps …
_...? _ Oui, Brigadier, c’est arrivé just’après 18 heures. J’étais en train de refermer ma serviette lorsque j’ai entendu une clé tourner dans la porte de derrière. J’ai cru que c’était Duhaut(2) qui arrivait … _ Qui c’est ce Duhaut ? _ Ben, Gontran, le facteur qui emporte le courrier au chef lieu avec la 203. _ Et c’était pas lui ? _ Ben non pisqu’ vous êtes là. _ Alors c’était qui ? _ Une rousse avec une mitraillette qui voulait l’argent… _ Vous lui avez donné ? _ Disons que j’ai cédé. Vu que j’ai pas fait la guerre, cause à mon asthme… _ Et vot’ coffre ? _ Ce vieux machin que les boches ont laissé … un ouvre boite et y a qu’à se servir. _ Et vous alliez où avec cet’ serviette ? _ Ben chez moi, comme tous les soirs. _ Devait connaître vos habitudes la rousse ? _ Sais pas, jamais vue ici en tout cas… _ Et elle était comment ? _ Pas très grande, moins que vous en tout cas … dirai 1m50 – 55 … mais carrée d’épaules… et une poitrine ! (admiratif) gonflés qu’ils devaient être… _ C’est tout que vous avez remarqué ? _ Non, ses yeux cachés par des miroirs en guise de lunettes … comme les pilotes de chasse dans les films. _ Et comment qu’elle était habillée ? _ Chic… oh oui, très chic même… j’ai cru que c’en était une de la ville… savez, Paris. _ Un signe particulier ? _ Sa façon de parler : "file la serviette et casse toi pauvre con !" … d’un vulgaire… ça n’allait pas avec le reste… et pis, maintenant que j’en parle… je son de sa voix… _ La voix de son maître ? _ Pourquoi dites vous ça Brigadier ? _ Parc’que je vous parie que vous allez dire que ça ressemblait à une voix d’homme. _ S’avez deviné. Et puis très nerveuse et agitée qu’elle était… alors j’ai tendu la serviette et disparu sous le bureau. _ Et elle est partie ? _ Ouais. Aussi vite qu’elle était entrée. _ Ben avec ça je vais aller loin… enfin bon… si quéque chose vous revenait, passez à la brigade. _ J’y manquerais pas Brigadier…
Reconduisant le brigadier à la porte, le receveur des Postes, revient aux civilités d’usage. _ Bon, maintenant que t’as tous les détails, Agathon (3), comme j’t’ connais, t’as déjà une piste. _ J’ peux rien te cacher Serge (4). L’on est sur une piste… celle de la Nicole Aufion, t’ sais ben, la Camamity Janes du Centr’Est comme l’écrit L’Echos du Morvan. Manquait plus qu’ait vienne par chez nous. Vais devoir ouvrir l’œil. Bon ben salut et n’oublie pas … _ T’inquiète ! Veux retrouver les sous, moi ! Sinon c’est pour ma pomme… _ T’es pas assuré ? _ Ben non, c’était l’ancien, le père Larampe (5) qui l’était… moi j’ crois pas. Vais téléphoner au centre. _ Bonne chance et à demain soir chez Léontine (6) … _ A demain et bonne chasse
……..Et le lendemain soir chez la Léontine. Agathon, en civil, est rejoint par Serge Mandeux. _ Alors, cette enquête ? Elle avance ? _ Semblerait …. Aurait été vue du côté d’Epinal. C’est vrai que c’est une belle image qu’on a là.
Arrive la Martine (7) pour prendre les commandes. Et la regardant, le visage de Mandeaux s’éclaircit et celui-ci s’entend déclarer : _ Agathon, j’ souviens maintenant … la rousse… celle d’hier… et ben, elle n’avait pas de vernis aux ongles mais elle était maquillée, pire qu’une des bagnoles à Carambouille (8). T’aurais du voir le tableau… _ Et c’est maintenant qu’tu dis ? _ Ben, c’est en regardant Martine que ça m’est revenu. _ Rien d’autre ? Poursuit Caminot reprenant vite ses habitudes de gendarme. _ Si, maintenant que tu demandes … la montre … _ Quelle montre ? _ Celle de la rousse… _ Et bien, vas-y, dis … _ Elle était grosse et voyante… avec plein de créneaux… tu vois c’qu’j’ veux dire ? _ Une montre d’aviateur ? _ Ouais, c’est ça… plus j’y pense, plus m’dis qu’était peut’être pas une femme après tout …_ Qu’est-ce que tu me chantes là ? Pas une femme ? On est tous sur les traces de la Aufion. Tu vas me dire que c’est pas elle qu’à fait le coup chez toi ? _ J’dis pas ça ! J’ dis qu’c’était plus un homme qu’une femme qu’a fait le coup à force de t’ répondre. _ Bon… calme toi, on en reparlera plus tard… Martine ! Une autre tournée ! _ ‘Scuze-moi Agathon, mais êtes vous sûr que vot’ Nicole Aufion soit bien une femme ? _ Qu’est-ce t’insinues là ? _ Moi rien. Qu’une supposition. Qui la vraiment vue d’aussi prêt que moi ?
Martine ramène deux verres pleins et les dépose sur la table. Les deux la détaillent des pieds à la tête. Ou dans l’autre sens. C’est vous qui voyez. Ou plutôt qui la regardez. _ Ben, à côté de la Martine, la rousse c’était pas une femme… j’en mettrais ma main au feu. _ Voilà que t’ remets ça sur le tapis. T’ veux pas en démordre ? _ Non, suis de plus en plus certain. Demande donc à tes collègues ce qu’ils en pensent. _ On verra ça lundi matin. Maintenant parlons d’autre chose…
….. Ainsi fut fait et le lundi matin, aux aurores Agathon actionna la manivelle de son téléphone et demanda à l’opératrice de lui passer le chef de la brigade de Beauchâteau le Chevelu qui coiffait l’affaire. C’est le cas de le dire. _ Allo, ici le Brigadier Caminot de Cernés. _ Brigadier-chef Lieu de Canton, à l’écoute. _ C’est au sujet de l’affaire Aufion… J’ai un témoin qui affirme que c’ serait pas une femme mais un homme… _ L’est certain vot’ gars ? Vous le connaissez bien ? _ Pour le connaître, ça fait depuis la communale qu’on s’ connaît. L’avais perdu de vue depuis l’armée mais l’ai retrouvé quand j’ai été muté à Cernés y a cinq ans. _ Et alors ? _ Alors il est persuadé que c’est quelqu'un qui en a deux. Pour lui c’est un type déguisé en femme. Et qui veut pas en démordre. _ … _ Aussi, j’ m’ suis dis que peut être les autres témoins, ils l’ont mal vue l’Aufion… _ Qu’est-ce que ça veut dire Brigadier ? _ Vous emportez pas Brigadier-Chef. Mais le Serge … pardon mon témoin… il n’était qu’à un mètre de la rousse qui l’a agressé… alors il l’a bien vue. _ D’accord, Brigadier, d’accord… _ C’ qu’ j’ veux dire, c’est si les autres étaient aussi près et si ils ont bien vu ? _ Je prends note de votre demande Brigadier et je vous tiens au courant.
La communication fut coupée sans aucune autre forme de procès. Restait plus qu’à attendre la suite des événements. Ce qui ne fut pas très long. A peine une paire de jours…
Ainsi, le jeudi suivant, sur le coup des 7 du mat le téléphone sonna à la brigade de Cernés. _ Adjudant-chef Beaurepas de Roule sous Lefut… je voudrais parler au Brigadier Caminot. _ Quittez pas, je l’appelle... Et quelques minutes plus tard : _ Ici Brigadier Caminot, j’écoute ? _ Nous venons d’arrêter la Nicole Aufion il y a une paire d’heures maintenant… _ Bravo et vous avez récupéré l’argent ? _ Oui, mais c’est pas pour ça que je vous appelais … _ Ah bon ! Et pourquoi alors ? _ Vous devinez pas ? _ Non… _ Ben, parce que vous aviez raison… Votre témoin avait bien vu … C’était bien… ou plutôt c’est bien un homme qui s’habillait en femme pour faire ses coups. D’ailleurs il est toujours accoutré ainsi en ce moment.
(1) De son vrai nom Emile Bahl (cf. 618 - Les triplettes de Ménoies) (2) de son état-civil complet : Gontran, Amédée, Pantruche Duhaut du Ponlevis (3) Agathon Caminot, brigadier natif de Morgelas (Bugey). (4) Serge Mandeux, contrôleur principal au bureau de poste de Cernés le Vieux, et assurant les fonction de receveur par intérim depuis la mort du père Larampe (presqu’à plein temps - qu’il dirait - vu que ça fait déjà 3 ans et 12 mois qu’ j’ fais fonction de. Sont pas pressés en haut pour nommer un autre) (5) Sébastien Larampe (qui l’a lâchée au petit matin sur son journal, il y a … voir en (4)) (6) Léontine, la veuve du regretté Albin Thurque et tenancière du bistrot des Dardanelles en souvenir d’un ancien très bon client Ladal Ampante (cf. 405 – Mais qui est la dame en jaune ?) (7) Martine Pizoli, surnommée « la pisseuse » allez savoir pourquoi, accorte jeune femme, serveuse de son état. (8) Oscar Rambouil dit Carambouille, ferrailleur-casseur et occasionnellement vendeur de voitures d’occasion plus que douteuses
Publié le 16/07/2008 à 08:33
Par Trebor Yles
Mattra Harry
Lorsqu’il lut le synopsis qu’il avait reçu quelques semaines plus tôt et qui traînait sur son bureau, sous une pile de propositions diverses, Ludovic Sconti eut le déclic. Voilà une idée intéressante se dit-il et chercha à joindre son auteur. Le temps de le faire son idée se dégonfla tel un soufflet. Non ce ne serait pas son prochain film. Il repoussa le texte si violemment vers la corbeille que le contenu de celle-ci se renversa sur le sol. Il se dit qu’il devrait peut-être la vider carrément. Ce serait un gros effort pour lui qui vivait dans un véritable capharnaüm d’ouvrages et de scénarii. Il se baissa malgré tout et dans un effort qu’il jugea surhumain il ramena sur son bureau tout ce qui avait chu. C’est alors qu’il découvrit une pette pochette verte qu’il avait ignorée trois jours plus tôt. Intrigué par ce sursaut de curiosité, il se décida à l’ouvrir et en retira quelques photos. Elles représentaient Jean-Pierre Beltoise au volant d’une Matra-Simca lors d’un grand prix de Spa auquel il avait assisté à l’époque. Il se souvint alors qu’au cours d’une soirée sans eau bien qu’assez arrosée il avait évoqué ce grand prix avec d’autres invités. C’était l’un d’eux qui les lui avait envoyées. C’est alors qu’il eut l’idée d’une histoire d’amour entre une spectatrice et un pilote l’ayant pour cadre. Ce n’était pas d’une grande originalité en convint-il mais il n’avait pas trouvé mieux. Il appela un soit disant scénariste à qui il dicta la trame de l’intrigue. Puis il se mit en quête d’un spécialiste capable de lui fabriquer une réplique de la Matra-Simca qu’il avait sous les yeux.
C’est ainsi qu’un beau jour Gérard Manpassoif eut l’honneur d’immortaliser avec son nouvel APN ce qu’il vit dans l’atelier des Lefort. Jay-Filémon Bas et son assistant en train de procéder aux derniers assemblages et réglages de la réplique de cette ancienne formule I. A croire certaines images les essais sur les petites routes autour de Bielles ne furent pas de tout repos.
 |
|
<
|
Nov. 2009 |
|
| L |
M |
M |
J |
V |
S |
D |
| | | | | | | 1 | | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | | 30 | | | | | | |
Noter ce blog :
1193 connectés
15190 visiteurs
|