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Publié le 22/03/2009 à 11:43
Par Trebor Yles
2-131 - Et pourquoi ?
Qui n’a pas au moins une fois dans sa vie était victime d’une rafale de « Et pourqoui ? » de la part d’un enfant ? Quelle joie de voir sa progéniture s’intéresser enfin à quelque chose mais quel supplice quand, après chaque "pourquoi ?" il nous faut donner la bonne explication.
Si le plus souvent cela ne pose pas trop de difficultés, il est des fois où le terrain est mouvant et semble se dérober sous nos pieds, tant le sujet est délicat ou brûlant. A chacun de mettre derrière ces mots les sujets qu’il redoute d’aborder.
Toujours est-il qu'en ce dimanche matin, c’est le jour du grand départ chez les Lefort. Souvenez-vous (1), c’était y a quelques semaines. Un vol avez été commis dans les nouveaux bâtiments des Lefort. Une caisse contenant les casques, combinaisons et chaussures des pilotes a été dérobée, alors que les Lefort procédaient à la construction de répliques de voitures de courses pour le film « Le drapeau à damier » que doit tourner Lucien Levon sur la carrière d’Alain Jexion, l’ancien pilote professionnel.
Ce matin donc, branle-bas de combat pour charger les deux voitures que la production du film est venue chercher. Et comme à l’habitude, et malgré l'heure matinale et une température très frisquette des badauds sont là. Amateurs de voitures de courses ou pas, tous ceux qui ont eu vent de la chose, sont là.
Mais il n’est pas question de s’approcher des voitures. Des barrières ont été disposées à l’entrée de la cour et il faudra se contenter de miettes car les camions cachent en grande partie les voitures qu’ils vont transporter jusqu’au lieu du tournage. Ils devront se contenter de les regarder passer sur leurs plateaux lorsqu’elles sortiront dans quelques minutes.
Et pourtant, une petite voix s’élève tout à coup.
_ Dis Papa, pourquoi les deux voitures, elles ont le même numéro ? _ T’en es sûr ? _ Ben oui, regarde, dis, pourquoi qu’elles ont le même numéro 7 ?_ T’as raison…
_ Et pourquoi elles ont le même numéro ? _ … C’est au cas où ils en casseraient une. _ Et pourquoi quand t’as cassé la tienne, t’en avais pas une autre pareille ? _... ! _ Et pourquoi qu’ils la casseraient ? _ Tu sais, dans les courses il y a souvent des accidents ? _ Et pourquoi ? … Sont comme toi ? ... Y savent pas conduire ? _ Si, mais ils ne sont pas tout seuls, et il y a les autres. _ Et pourquoi qu’y a les autres ? _ Ben, pour faire la course, pardi.
_ Et y savent pas conduire, les autres ? _ Si ! _ Et pourquoi qu’y a des accidents, alors ? _ … ?
_ Reculez, S’il vous plait ! Les camions vont sortir…
Ouf, se dit le père, sauvé du supplice par la diversion causée par le départ des spider CG-Simca MC. _ (1) cf. Fric-frac chez les Lefort
Publié le 15/03/2009 à 16:39
Par Trebor Yles
2-130 - Plus rude sera la chute
Tout souriait à Philogone Desbaff (1) jusqu’à l’année dernière où il divorça de Neryssa le Poil. Or celle-ci faisait partie des gens d’Aires. Aussi son divorce rompit les liens professionnels qu’il avait avec ceux-ci. Il dut rendre son panonceau et se reconvertir.
Heureusement pour lui, il y avait encore sur le canton une forte colonie de retraités britanniques amoureux de voitures à conduite à droite. Fort de leur sollicitation, il se lança dans l’importation de modèles entre deux âges en provenance d’Australie.
C’est en effet, là-bas que Phil Desbaff - puisqu’il voulait qu’on le nomma ainsi - avait trouvé une source d’approvisionnement de voitures en bon état. Il fit donc repeindre son enseigne aux couleurs d’Holden, son principal fournisseur.
Nous le voyons ici en discussion avec ses premiers clients britanniques.
Premiers, mais aussi derniers, car si les importateurs russes de Vladivostok ne peuvent plus importer de voitures japonnaises, lui, se sont les clients qui ne viennent plus. La crise est passée par là, et la forte baisse de la Livre a eu raison des envies britanniques dont beaucoup songent à retourner au pays.
Las, Phil Desbaff dut vite déposer le bilan et aujourd’hui son garage est à vendre. Lui est à l’ANPE et les gens d’Aires lui réclament des arriérés.
_(1) cf. 2-121 – La banane avait des rayures
Publié le 13/03/2009 à 16:52
Par Trebor Yles
2-503 - L’homme à la voiture rouge (*)
La brigade de Cernés était fière cet après-midi là. Elle avait droit à une des dernières 403 Trafipax encore en service. Mais s’il y avait du poisson sur la route peut se faisait prendre dans le filet. Quand, tout à coup un vrombissement se fit entendre au loin. Un son sourd et envoutant qui augmentait au fur et à mesure que la voiture approchait. _ Lucien… tu me reçois ? _ Affirmatif ! Cinq sur cinq… _ Je crois que je vais avoir un client pour toi… _ Maurice, la rouge à 128 ! _ Lucien, t’as entendu ? Une voiture rouge avec des bandes noires… 128 _ Bien reçu… à 128 une rouge et noir _ Affirmatif… Lucien t’es toujours à l’écoute ? _ Affirmatif… _ Il manque un phare à la voiture… _ Affirmatif, je l’ai en visuel et Clément est en train de la faire ranger. _ Gendarmerie nationale ! Pouvez-vous présenter les papiers afférents au véhicule ? _ Sans difficulté, répondit Pédro Barbosa. Car c’était lui le conducteur du bolide. Faut dire qu’avant sa dernière mésaventure avec son Holden Premier il avait passé commande auprès des gens d’Aires d’une Monaro GTS qu’il venait de recevoir. Mais à peine réceptionnée on lui avait cassé le phare gauche sur un parking. Et aujourd’hui c’était la gendarmerie qui l’interceptait… Quelle guigne cette bagnole pensa-t-il en attendant la fin de l’examen de ses papiers
_ Vous êtes doublement en infraction ! Se vit-il répondre au bout de quelques minutes… Défaut d’éclairage du côté gauche, le plus dangereux ! Et défaut de rétrovision du même côté… Quant à la vitesse… 128 km/h… vous avez de la chance que la limitation à 90 n’intervient que dans 3 jours. Pédro Barbosa restant muet, le gendarme poursuivit : _ Votre voiture doit être présentée aux Mines sous huitaine pour pouvoir être immatriculée. En attendant faites réparer votre phare et présentez vous sous 48 heures à la brigade pour vérification. Après s’être acquitté du montant de son amende et comme il était arrêté devant le garage de Philogone Desbaff (**), Pédro Barbosa traversa le terre-plein et appela un mécano. Celui s’enquit de son besoin et appela le chef mécano, Oreste Comeneuff qui souleva le capot rien que par curiosité, sachant d’avance qu’il n’avait pas de phare de rechange sous la main. _ Navré M. Barbosa, mais je vais devoir faire appel au réseau des gens d’Aires pour trouver une telle pièce. Elle va certainement arriver d’Australie elle aussi. Va falloir être persuasif avec la maréchaussée et reprendre votre Premier en attendant. C’est pas mon jour de chance, et dire que c'est un vendredi 13 ! _(*) en mémoire d’un célèbre feuilleton radiophonique au titre éponyme des années 50 ou 60 _(**) cf. La banane a des rayures
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